L’Envers du Culte: Malevil (1981), Invasion of The Body Snatchers (1978)

Malevil: S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette belle adaptation du roman (éponyme) de Robert Merle, c’est bien la poésie morbide qui émane de ses paysages désolés et des personnages qui errent parmi les ruines (on sent bien le passif de son réalisateur, Christian de Chalonge, jusqu’alors spécialisé dans les documentaires). Porté par un impressionnant/étonnant casting (Serrault, Dutronc, Villeret, Trintignant, Dhéry et j’en passe) et fouillant dans la psyché de ses personnages, le film est sans doute sorti trop tôt pour être réellement apprécié à sa juste valeur… Abordant des thématiques lourdes (solitude, deuil, espoir, humanité, civilisation, reconstruction,…), plutôt avare en dialogues, musiques et effets spéciaux (c’est du cinéma russe ou bien?), doté d’un rythme lancinant, Malevil n’est clairement pas fait pour le grand public. Il n’empêche que ce métrage revient régulièrement dans les meilleurs films post-apocalyptiques (nucléaire ici)… un univers où les français se sont finalement peu risqués! Avant gardiste donc mais d’autan plus marquant, il présente la survie quotidienne (et réaliste) de campagnards isolés au prise avec l’incompréhension, le deuil et bientôt les tensions avec des bandes rivales. Pas si loin d’un Threads visiblement!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082701/

Anecdotes:

  1. Le film a été tourné en Aveyron (Bertholène, Séverac l’Eglise) et dans l’Hérault (Le Caylar, Saint Thibéry).
  2. La fin (plutôt curieuse d’ailleurs) est totalement différente de celle du roman, c’est une des raisons qui poussera Merle à demander à ce que son nom soit retiré au générique.
  3. Le métrage fera tout de même 1,4 millions d’entrées lors de sa sortie en salles.

Invasion of The Body Snatchers/L’Invasion des profanateurs : Version sans doute plus connue que l’original (sympa mais vieillot) de 1956 ou que l’inutile remake de Ferrara, cette revisite bénéficie d’une jolie photographie et d’un beau casting (Sutherland, Nimoy, Adams, Goldblum, Cartwright). Nous suivons donc ici un groupe de résistants dans un San Francisco progressivement gangrené par des doppelgängers générés par un organisme extraterrestre inconnu… Plus body horror que science fiction comme son aîné… et surtout plus moderne, on retrouve la critique sociale si chère à Romero, notamment dans cette vision de la société de consommation et des sphères de pouvoir (très seventies finalement)! Mais… car il y a un gros mais, le gros problème du métrage est qu’il met énormément de temps à démarrer (une heure ou presque), ne montre jamais réellement les conséquences de l’invasion en dehors de ce quatuor et se perd même dans beaucoup de dialogues… Alors oui, le film joue beaucoup sur son ambiance fiévreuse/paranoïaque héritée des fifties qui monte crescendo, sur la suggestion… mais il faut bien avouer que quand le rythme s’emballe vraiment, pas mal de monde a déjà quitté le navire! De la même façon, je ne suis pas sûr que le monolithique Sutherland ait été un choix judicieux pour le rôle principal… Un remake mitigé donc!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0077745/

Anecdotes:

  1. Pas mal de cameos parsèment le film: Robert Duvall (qui nous a récemment quitté), Don Siegel (réalisateur du premier film), Kevin McCarthy (acteur principal de la première adaptation), Michael Chapman, Philip Kaufman lui même…
  2. Ce film a bénéficié d’un réel travail sur le son, ainsi, au fur et à mesure que l’invasion progresse, les bruits naturels (oiseaux, criquets) disparaissent, remplacés par le bruit urbain et oppressant des alarmes et des voitures…
  3. Veronica Cartwright jouera dans une autre adaptation du roman de Walter Braden Finney: Invasion, sorti en 2007.
  4. Durant la scène finale, l’effroi de Cartwright est réel, ne sachant pas comment le film se terminait.

L’Envers du Culte: The Hitcher (1986), L’Etrange créature du lac noir (1954)

The Hitcher: Il y a des films que vous regrettez de ne pas avoir vu plus tôt dans votre vie… The Hitcher est de ceux là! Déjà, il y a Rutger Hauer (et son énorme charisme) dans le rôle d’un énigmatique auto-stoppeur, psychopathe, inarrêtable et imprévisible. Rien que ça, j’ai déjà envie de voir le film… Et il est vrai que sans lui, le film ne serait qu’une sympathique série B! A la croisée du western crépusculaire sur fond de désert californien, du survival psychologique et « routier » à la Duel (où le jeu du chat et de la souris ne s’arrête jamais donc), le métrage se pose comme un modèle en terme de rythme et d’inventivité. Poisseux, violent (mais rarement gratuit), sadique, à l’image du mal qui contaminera aussi le personnage principal, ce premier long métrage de Robert Harmon (dont le reste de la carrière sera hélas plutôt confidentiel) est également de ces films dont vous ne sortez pas indemne! A noter, que l’on retrouve également la jeune Jennifer Jason Leigh (déjà vue dans le très bon La Chair et le Sang) au casting! Je n’en dirais pas plus pour réserver la surprise aux chanceuses et chanceux qui ne l’ont pas encore vu!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0091209/

Anecdotes:

  1. Le film s’inspire d’un vrai fait divers (Billy Cook qui se faisait passer pour un auto-stoppeur et tua six personnes dans les années 1950) et de la célèbre chanson Riders on the Storm des Doors (d’où le nom de l’antagoniste).
  2. On pensa d’abord à Terence StampSam Elliott puis Michael Ironside pour le rôle de John Ryder. Rutger Hauer réalisa la plupart de ses cascades lui même. Matthew ModineTom Cruise, Emilio Estevez et Charlie Sheen furent pressentis pour le rôle de Jim.
  3.  Le métrage fut tourné en grande partie en Californie (Amboy, Barstow, le désert des Mojaves, la vallée de la Mort, le comté d’Imperial et Los Angeles) et au Lake Mead.
  4. La première version du scénario était bien plus longue (quasi trois heures de film) et gore, à la limite du slasher. Eric Red, son créateur, y fait d’ailleurs un caméo. La mort de Nash est une idée d’Hauer lui même!
  5. The Hitcher est un des films favoris de Christopher Nolan.

L’Etrange Créature du Lac Noir: Faisant partie des derniers Universal Monsters (univers qui s’étend tout de même sur quatre décennies) et bénéficiant d’un très joli noir et blanc, ce classique des films de monstres a tout pour plaire: des décors originaux et sublimes (extérieurs et fonds marins), un joli casting, une créature plutôt étrange (conçue par Milicent Patrick). Il faut dire qu’à la caméra, c’est Jack Arnold, qui a réalisera peu de temps après Tarentula et L’Homme qui rétrécit. Pour ce qui est du scénario… et bien, les ficelles sont désormais tellement rodées (monstre obsédée par la femme d’un des héros façon King Kong, opposition un peu trop manichéenne entre scientifiques et mercenaires,…) qu’elles sont prévisibles et que l’on peut facilement deviner l’issue du film mais l’excellente interprétation et la beauté du cadre permet de passer outre sans trop de difficulté! Ceci dit, on est loin de la perfection de La Momie et des deux premiers opus de Frankenstein! Ce qui n’empêchera pas Universal d’en produire deux suites: La Revanche de la créature (du même réalisateur) en 1955 et La créature est parmi nous en 1956.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0046876/

Anecdotes:

  1. La Créature (nommée parfois « Gill-Man ») est inspirée de deux monstres marins légendaires de la Renaissance: « l’évêque marin » et le « sea monk »! Quand elle attaque un ennemi, elle tournoie à la manière des crocodiles! Le scénario, lui, est largement influencé par La Belle et la Bête.
  2. Le film fait partie des premiers projets de films destinés à sortir en 3D en salles! Mais cette mode ralentira fortement dès 1953. Beaucoup de spectateurs verront donc le film dans sa version « normale » à l’époque! Il faudra attendre les années 1970 pour que la version 3D ressorte!
  3. Les scènes aquatiques ont été filmées en Floride (Silver Springs et Wakulla). Deux acteurs jouent la Créature: Ben Chapman et Ricou Browning (le premier pour les scènes terrestres, l’autre pour les scènes aquatiques). Le second était d’ailleurs plongeur professionnel.
  4. C’est un des métrages d’épouvante/fantastique favoris de Steven Spielberg, influence qui se ressentira particulièrement dans son Jaws! Même chose pour Ingmar Bergman!
  5. Différents projets de remake font régulièrement surface depuis les années 1980… sans aboutissement à ce jour! The Shape of Water de Del Toro recyclera d’ailleurs des idées du réalisateur pour un remake refusé par Universal.

Bisseries: Le Solitaire (1981), La Chose Derrière la Porte (2023)

Mmh tout compte fait, on va reprendre les publications ici plus tôt que prévu… mais ne vous attendez pas à une grosse régularité jusqu’à janvier-février…

Le Solitaire/Thief : Plongez dans le Chicago des eighties avec ce premier long métrage de Michael Mann ! Un thriller poisseux et réaliste où les rapports entre voyous et flics sont légèrement plus flous qu’on ne le pense et les rédemptions ne se passent jamais comme prévu (façon L’Impasse). Servi par une belle mise en scène et une jolie distribution (le couple James Cann/Tuesday Weld en tête), cette adaptation du roman The Home Invaders (narrant l’histoire d’un braqueur solitaire aspirant à raccrocher les gants) est de ces métrages oubliés qui ne payent pas de mine sur le papier mais dont la strcture même est faite en sorte que vous n’en sortiez pas indemne. Impossible de ne pas penser à Drive, tellement Refn multipliera les points communs/hommages… jusque dans sa bande-son électronique (ici, ce sont les excellents Tangerine Dream qui s’en occupent). Un premier film qui, comme souvent, contient en germe les thématiques à venir du réalisateur dont le métrage suivant, Manhunter, sera dans la même veine !

Note : Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0083190/

La Chose derrière la porte : Les bons métrages inspirés par l’univers de Lovecraft, c’est comme les bonnes adaptations des romans de Stephen King, généralement c’est si rare qu’on n’a pas forcément envie de les garder pour soi ! Ici l’histoire est plutôt simple : une veuve tente de ramener à la vie son mari décédé dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Un acte qui aura bien sûr des conséquences… Outre la prestation étonnante de Séverine Ferrer (un nom qui parlera forcément aux gens de ma génération qui ont grandi en regardant M6), c’est avant tout dans son visuel et ses ambiances que ce premier long métrage de Fabrice Blin marque les esprits : on navigue entre onirisme, fantasmes, hallucinations (façon Lucio Fulci) avec un sentiment de paranoïa grandissant ! Outre la très jolie photo, il faut bien reconnaître que l’on a là un film très honnête au vu du scénario qui annonçait un déroulé plutôt prévisible ! Petit budget oblige, la sobriété est de mise, dans les dialogues (au moins on évite le pathos insupportable de beaucoup de films français) comme dans les effets spéciaux (très corrects), ce qui renforce la bizarreté contemplative, la solitude et le basculement vers la folie de l’héroïne! Le film convoque également d’autres œuvres phares du genre comme Evil Dead, Re-Animator, Invasion of the Body Snatchers et bien évidemment la zombiexploitation italienne de la grande époque (plutôt le genre de came qu’on aime ici bas), le tout saupoudré de folk horror. Et même un peu de The Last of Us pour ceux qui auront la réf’ (bon, c’est pas The Hallow non plus mais tout de même)! Ca sent l’amouteux de genre, tout ça! On appréciera aussi le rythme lancinant (raccord avec la mise en scène), les décors/costumes et la bande son (Raphael Gesqua) réussis qui font de ce semi-huis clos rural et fantastique… une jolie bizarrerie française à découvrir!

Note : Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt10340360/

Bisseries: Shin Godzilla (2016), Aenigma (1987)

Shin Godzilla/Godzilla Resurgence: Si on ne se focalise que sur la créature, ses mutations monstrueuses et le chaos qu’elle provoque, Shin Godzilla est sans hésiter un des meilleurs films de la franchise, avec des effets spéciaux impressionnants et un rythme effréné, tourné parfois caméra au poing (façon found footage). Seulement voilà, ce métrage tient également à nous montrer à tout prix la gestion de la crise par un groupe de politiques et de scientifiques installés à la hâte dans des bureaux tokyoïtes (façon huis clos). Et là, c’est verbeux à loisir, interminable, impersonnel (qui peut avoir de l’empathie et de l’intérêt pour ces innombrables têtes d’ampoule, franchement?) et ça dénote complètement avec le reste (quand ça ne sape pas totalement le rythme du film tout entier). Quelles sont les motivations du kaijū par exemple? Nous ne le saurons jamais… On appréciera par contre le retour aux sources avec l’élément atomique qui était bien passé au second plan au fil des nombreux opus ricains. Shin Godzilla, film bicéphale qui manque cruellement d’homogénéité donc et c’est plus que dommage vu son potentiel!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt4262980/

Aenigma: Après des années à savourer les meilleurs métrages de Lucio Fulci, il fallait bien que je m’attaque à sa (triste) fin de carrière. Rapide éclaircie dans des films bis de plus en plus fauchés depuis l’infâme Manhattan Baby, Aenigma sort (un peu) du lot grâce à quelques scènes inspirées (comment oublier celle des escargots ou celle du musée qui peut être, soyons fou, a inspirée l’idée centrale du Syndrome de Stendhal?), même si bien évidemment on est loin de la maîtrise visuelle et thématique de L’Emmurée Vivante, de L’Au Delà ou de L’Enfer des Zombies… Sorte de slasher fantastique teinté de giallo, coincé entre Carrie, Suspiria et Phenomena, cette histoire de vengeance pêche surtout par son visuel très daté 70’s et ses personnages clichés/peu fouillés incarnés par des actrices peu convaincantes (même si c’était de toute façon déjà le cas avec certains Fulci mémorables dès le départ du scénariste Roberto Gianviti). Dommage aussi de ne pas avoir plus joué sur la carte de l’ambiguïté entre la femme de ménage (je viens d’apprendre que c’est censé être la mère de Kathy, c’est dire si le pitch est mal branlé) et Eva Gordon, leur existence réelle et leurs liens avec Kathy! Ca aurait pu donner un tout autre climax! Ca se laisse tout de même regarder sans trop de peine!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0092516/

Panthéon: Akira (1988)

Pilier et précurseur du mouvement cyberpunk japonais, Akira est un métrage qui continue de fasciner et d’inspirer près de 30 ans après sa sortie… a raison!

Réalisé par son propre créateur/mangaka Katsuhiro Ōtomo et sorti alors que le manga originel n’était pas achevé (son écriture s’étale de 1982 à 1990), Akira regroupe tous les éléments phare de ce sous genre: société dystopique et ultra-urbaine, jeunesse désoeuvré et désabusée, tensions sociales exacerbées, mouvements révolutionnaires, gouvernement corrompu, violence omniprésente, expérimentations scientifiques sur l’homme, peur du nucléaire,… Le tout servi par un dessin plutôt épuré, des arrières plans somptueux et une animation fluide (Tokyo Movie Shinsha), parfois secondés par quelques images de synthèse. Le film battra d’ailleurs plusieurs records à l’époque: un budget de 10 millions de dollars, une palette de 327 couleurs et un nombre de dessins utilisés bien supérieur à la normale, ce qui en fera l’un des films d’animations les plus ambitieux de l’époque. Et on peut le dire avec le recul, ce métrage a très bien traversé les époques au point d’être terriblement d’actualité!

S’il n’est pas au premier abord le plus futuriste de la bande formée par Tetsuo (dont le titre est un clin d’oeil évident au destin du personnage du même nom dans ce métrage), Ghost in the Shell, Gunnm et Cowboy Bebop (pour n’en citer que quelques-uns), ce métrage inspiré (entres autres) par Moebius propose des moments de terreur époustouflants (les hallucinations de Tetsuo, le final dantesque qui parlera à tous les amateurs de body horror) accompagnés d’une bande-son excellente (Geinoh Yamashirogumi). Son intrigue autour d’enfants mutants dotés de pouvoirs psychiques hors du commun lui apporte finalement toute la complexité et la tragédie nécessaire. On notera aussi une gestion du rythme proche de la perfection, y compris dans son final dilaté.

Parmi ses rares défauts, il faut bien avouer que les réactions enfantines de certains personnages (notamment Kameda) détonnent franchement avec le ton cynique du film et sont franchement dispensables, même si elles peuvent insuffler un peu de comédie. La romance entre Kaneda et Kei n’est pas non plus des plus subtiles… Et je dois bien avouer que passée la surprise de la découverte, un second visionnage est nécessaire tant il se passe de choses à l’écran (pas étonnant puisque le manga est aujourd’hui compilé en six tomes).

Distribué par la Tōhō au Japon et Streamline Pictures aux USA, le film aura un impact considérable sur la culture japonaise et occidentale (alors encore peu ouverte aux mangas). Citons entre autres les films Matrix, Inception, Looper ou encore Dark City qui s’en inspireront… sans parler de tous les mangas et films d’animations japonais qui suivront… Il y a bel et bien un avant et un après Akira, comme Blade Runner en son temps!

Note: Pépite

https://www.imdb.com/fr/title/tt0094625/

Bisseries: Terrifier (2016), Prom Night (1980)

Terrifier: Slasher servi par des décors bien glauques et un boogeyman mémorable, au sadisme gore/torture porn, Terrifier a été clairement la claque de début d’année pour votre serviteur (au point de courir voir sa suite en salles…et les autres métrages du réalisateur, Damien Leone, quelques jours après)! Pourtant, étant très peu fan de ce sous-genre horrifique, je n’en attendais vraiment rien! La trauma que « Ça » a infligé à ma génération a t il joué favorablement? Possible! Il n’empêche que ce métrage ne faiblit à aucun moment, pour les victimes comme pour les spectateurs…grâce à de jolies trouvailles et un humour noir…très très noir. Mention spéciale évidemment pour David Howard Thornton qui incarne un Art le Clown malsain au possible, flirtant avec l’idée d’un mal absolu à la Michael Myers. Mais les autres acteurs ne déméritent pas non plus! Une excellente surprise qui sent bon l’amour du cinéma d’exploitation à l’ancienne (notamment dans les effets spéciaux), quand il était réservé aux afficionados du genre et aux spectateurs les plus avertis! Et ça…fatalement, ici on valide!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt4281724/

Prom Night/Le Bal de l’horreur: Pour ces premières bisseries de 2023, je ne vous cache pas que je rédige essentiellement avec mes souvenirs (indulgence… quand tu nous tiens). J’ai passé un bon moment avec celui ci, entre teen movie, whodunit et slasher qui joue déjà avec les codes du genre (nous ne sommes pourtant que deux ans après Halloween). Voire même d’un soupçon de giallo! Si on croit deviner bien vite un slasher un peu différent des autres avec la mort accidentelle d’un enfant et une culpabilité collective comme point de départ (idée que réutilisera The House on sorority row quelques années après, sans parler des néo-slashers qui lui devront beaucoup), Prom Night tient toutes ses promesses grâce à de bonnes idées de scénario/mise en scène, se permet de prendre son temps pour mieux faire monter le suspense (les pinailleurs focaliseront sur le manque de sang à l’écran) et même à plusieurs reprises de varier les registres autant de fois qu’il brouille les pistes. Les touches d’humour sont appréciables. On appréciera aussi les clins d’oeil aux emblématiques Carrie, Halloween et La Fièvre du samedi soir! Son principal défaut est d’être finalement sorti en pleine « slasher mania » au début des années 1980 et donc d’être passé relativement inaperçu! Et bien évidemment si vous êtes fan de Jamie Lee Curtis (même si les autres actrices ne sont pas en reste) ou de Leslie Nielsen avant sa carrière comique, foncez!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0081383/

Bisseries: Pi (1998), Dément (1982)

Pi: Premier long métrage de Darren Aronofsky, Pi est une sympathique bizzarerie expérimentale, entre thriller paranoïaque et hard SF. On y suit un mathématicien autiste un brin mystique et (légèrement) obsédé par les mathématiques au point de chercher à tout prix un lien entre celles ci et les « lois » du monde moderne (en l’occurence ici: la bourse). Sujet peu prenant de prime abord mais entre le rythme haletant et de sublimes plans en noir et blanc granuleux, on se laisse entraîner sans mal dans l’histoire. On y entrevoit déjà les passages hallucinés à venir de Requiem for a dream tellement la mise en scène porte déjà une patte bien singulière, pas si loin d’un Eraserhead! Porté par des acteurs peu connus mais qu’on reverra parfois dans des films plus récents du réalisateur (Mark Margolis notamment), Pi peut diviser par ses excès mais propose tout de même de solides séquences paranoïaques plutôt innovantes et marquantes pour l’époque!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0138704/

Dément/Alone in the dark: Si comme moi, vous vous attendez à un slasher basique en regardant ce Dément, vous risquez d’être agréablement surpris! Il s’agit du premier long métrage de Jack Sholder (qui signera par la suite le potable second opus des Griffes de la Nuit et le très surestimé Hidden). Mené par Donald Pleasence (ici en grande forme), Dwight Schultz et d’autres sacrées gueules croisées ailleurs (Palance, Landau) dans le rôle de psychopathes dérangeants, ce home invasion dont le scénario rappellera le Halloween originel (ainsi qu’une autre séquence fortuite le changement de look de Jason Voorhees dans le troisième opus de Vendredi 13) détourne les codes du slasher et se révèle à la fois ingénieux (proposant au passage une réflexion sur la folie/normalité) et teinté d’humour noir pour un ensemble plutôt plaisant à suivre, même si on reste loin de la violence des slashers qui vont marquer les 80’s! On déplorera un rythme un peu irrégulier mais qui est vite contrebalancé par un solide jeu d’acteurs. Une curiosité à découvrir, bien ancrée dans son époque en somme!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0083542/

Bisseries: L’Invasion des morts-vivants (1966), Manhunter (1986)

L’Invasion des morts-vivants/The Plague of the Zombies: Ouvrant une voie royale pour un certain George Romero et autres Lucio Fulci, ce film vaut surtout le coup d’oeil pour sa relecture moderne de la figure du zombie, désormais pourrissant à souhait, sortant directement de sa tombe! Reprenant tout le décorum vaudou (alors en vogue dans les films de zombies de l’époque) sans en oublier le cahier des charges de la Hammer pour autant (scènes extérieures nombreuses, décors splendides – déjà utilisés pour les deux premiers Dracula avec Christopher Lee et La Femme Reptile du même réalisateur-, maquillages efficaces, personnages bien campés -mention spéciale à John Carson impeccable dans son rôle de châtelain-), le métrage propose aussi quelques petites originalités ça et là qui rendent son visionnage agréable! On est pas dans le haut du catalogue des britaniques mais il faut bien reconnaître que ce The Plague est tout à fat honnête au vu de son budget! On ne va pas tarder à entamer officiellement un cycle Hammer Films, d’ailleurs, tellement je manque de références pour les films de cette époque. A noter que c’est l’unique film du studio anglais qui traîte de cette thématique, aussi surprenant que cela puisse paraître!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0060841/

Manhunter/Le Sixième Sens: Première adaptation de Dragon Rouge de Thomas Harris, ce troisième film de Michael Mann ne démérite pas à côté du mythique Le Silence des Agneaux, grâce à un joli casting (William Petersen, Tom Noonan, Brian Cox), une mise en scène, des lumières et une bande-originale aux petits oignons (le final sur In a gadda da vida, putain!). Subtile (le manichéisme n’est pas vraiment la tasse de thé du réalisateur et c’est tant mieux) et poisseuse à souhait, cette enquête opposant un profiler jusqu’au boutiste et une paire de serial killers machiavéliques (Cox campe un Hannibal Lecktor qu’on verra finalement peu mais qui marquera d’autant plus par son détachement quasi inhumain) vous tiendra en haleine tout au long de ses deux heures! Moins dans la surenchère visuelle que la trilogie qui suivra (Le Silence des Agneaux, Hannibal, Dragon Rouge) certes, mais au moins tout aussi fascinant de par l’ambivalence de son protagoniste et ses ambiances comme les eighties savaient si bien les faire!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0091474/

Panthéon: Hellraiser, Le Pacte (1987)

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, alors inutile de revenir longuement dessus: dans les 80’s, Clive Barker (que le public a découvert via ses recueils de nouvelles Book of Blood) obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. C’est alors le début d’une riche collaboration entre Barker et le cinéma de genre: Rawhead Rex, Cabal, Candyman (nouvelle « The Forbidden »), Le Maître des Illusions (« The Last Illusion »), Book of Blood (en 2009 puis 2020), The Midnight Meat Train, Dread… nombreuses seront ses oeuvres transposées sur grand écran.

Il faut dire aussi que l’écrivain anglais avait déjà trouvé un support de taille en la personne de Stephen King! Et ce premier opus d’Hellraiser est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène… et même en terme de scénario et de BO (signée Christopher Young). Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer (et ses gardiens) lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe et horreur, le métrage réussit le pari de rendre fascinant l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites (le titre originel du film était d’ailleurs « Sadomasochists from Beyond the Grave »), le tout avec un budget d’un peu moins d’un million de dollars. Evidemment, les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup (la lente résurrection de Frank fait toujours son petit effet) mais il faut tout de même avouer que pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage très original qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley (ami personnel de Barker) y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept films suivants de la saga, devenant immédiatement une des figures incontournables du cinéma d’horreur. Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli et reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant, sans doute car même s’il n’est pas avare en suggestions horrifiques, il reste tout de même dans une certaine sobriété. Non dénué d’humour (bien dosé), il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot, même si Ashley Laurence n’est pas en reste), avec une certaine subtilité, ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences.

Un classique incontournable, unique et incroyablement mature qui gagnera le prix d’Avoriaz en 1988 et inspirera des suites de plus en plus navrantes (on sauvera tout de même Hellbound qui développera un peu la mythologie des Cénobites tout en restant dans la continuité de ce premier opus).

Pour les plus curieux d’entre vous, sachez qu’Alt236 y a consacré une vidéo entière il y a quelques années!

Note: Pépite

https://www.imdb.com/title/tt0093177/

Bisseries: Halloween 3 (1982), Réincarnations (1981)

Halloween 3 (Le Sang du Sorcier): Vous connaissez certainement le contexte, Halloween 3 a constitué une tentative de faire de la saga une anthologie autour de la fête d’Halloween (à l’origine la fête celtique de Samhain), Carpenter refusant de réaliser une suite mais voulant tout de même garder une oeil sur son bébé en tant que producteur. Les fans, déçus de ne pas y retrouver Michael Myers et du gore à gogo, bouderont le film et on repartira sur des bases plus classiques dès le quatrième opus. Depuis sa sortie, le métrage a heureusement trouvé son lot de défenseurs. Ayant découvert ce métrage tout jeune, j’avoue que pour moi aussi, l’incompréhension fut grande de ne pas apercevoir The Shape de tout le métrage… Il était donc temps de le redécouvrir car son ambiance poisseuse (finalement assez proche de l’univers de Big John) me hantait toujours!

Et j’ai eu du nez: Le Sang du Sorcier se révèle un bon film bis, plein de qualités comme on les aime! Réalisé par Tommy Lee Wallace (ami de longue date de Carpenter et habitué du genre horrifique), à mi chemin entre Mondwest, Invasion Los Angeles, Twin Peaks et Soleil Vert (oui, rien que ça), ce troisième opus narre l’enquête d’un médecin (Tom Atkins, vu dans Fog, New York 1997, Maniac Cop,…) sur un mystérieux assassinat…ce qui le conduira à découvrir une machination de grande envergure dans une ville sans histoire. Conspiration dont l’échéance est fixée…le soir même d’Halloween! Bien rythmé, avec une mise en scène correcte, mélangeant habilement les genres (thriller, SF et épouvante…ça ne vous rappelle rien?) et doté de FX parfois proches du body horror (même si fatalement datés), ce troisième opus se laisse suivre sans mal pour peu qu’on rentre dans cette histoire classique en apparence (peut être son vrai point faible, avec une certaine avarice en scènes chocs et une romance inutile mais tellement récurrente à l’époque) et qu’on abandonne l’idée de voir un slasher. On appréciera aussi le nouveau thème musical (Carpenter himself), le folklore autour d’Halloween et ses racines celtes (même si on évite pas les sempiternels clichés merdiques sur le paganisme), la réflexion sur la propagande médiatique et le consumérisme, le sacrifice décomplexé de gamins ou encore une fin…mmh idéale? Une critique et un fatalisme chers à Carpenter, je vous disais! Bref, avec autant de bonnes idées, on ne peut donc que saluer cette tentative (par moments une peu bancale, c’est vrai) de renouveller la saga qui avait déjà fait le tour de sa propre histoire en deux films (rappelons que Myers meurt à la fin du second opus). Même si l’histoire en a hélas décidé autrement…pour les inconditionnels du premier volet dont je suis!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0085636/?ref_=nm_knf_i1

Réincarnations: Toujours dans la veine des séries B ayant eu leur petit succès, Réincarnations/Dead & Buried de Gary Sherman (Poltergeist 3) est plutôt bien côté. A raison car question rythme et scènes macabres montrées frontalement, ça vaut largement le coup d’oeil! Robert Englund y incarne un petit rôle et pas mal de coïncidences laissent à penser que le film a très probablement inspiré Wes Craven pour Les Griffes de la Nuit. Toute l’enquête sur fond de sorcellerie/conspiration dans un petit village rappellera tour à tour des classiques comme Twin Peaks, Le Locataire, Vaudou (car oui, Réincarnation est bien une variation originale sur la figure du mort-vivant), The Wicker Man…et ça, on ne va pas se le cacher, ça fait toujours plaisir! Question twists, le métrage tient la route même si on a vu plus original. De belles idées, de bons acteurs et de jolis maquillages (Stan Witson entre autres) à retenir en tout cas! Notons aussi que c’est Dan O’Bannon (faut il encore le présenter?) et Ronald Shusett (son compère sur Alien, Total Recall) au scénario, autant dire de sacrés arguments de vente! Qu’est ce que vous attendez pour aller le découvrir?

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0082242/?ref_=nv_sr_srsg_0