Bisseries: Le Blob (1988), Vendredi 13, Chapitre Final (1984)

Le Blob: Remake très énervé du déjà solide Danger Planétaire (avec Steve McQueen), Le Blob est un petit joyau de comédie SF/horreur des années 80. Les effets spéciaux et maquillages sont excellents (même si les incrustations commencent à vieillir, forcément), dignes du body horror le plus assumé (façon The Thing, La Mouche, Society) avec un soupçon de Body Snatchers (premier du nom). L’humour fait mouche sans être too much ni verser dans les clichés absolus (on est encore loin du teenage horror). Par exemple, Chuck Russell (Les Griffes de la Nuit 3, The Mask, Le Roi Scorpion) n’hésite pas à faire mourir des personnages importants et totalement innocents dès le début du film, c’est dire si le métrage possède quand même sa patte propre. La créature, à l’instar des boogeymen des slashers isolent les protagonistes (dont se soucient bien peu leurs parents) en s’en prenant en priorité aux figures d’autorité. Inventif, efficace, cela fait longtemps que ce film me faisait de l’oeil mais je n’avais jamais pensé qu’il versait à ce point là dans le jusqu’au boutisme tout en jouant avec les codes du genre (que Russell a parfaitement digéré). Le casting est porté par Kevin Dillon (The Doors) et Shawnee Smith (saga Saw), rempli de rôles secondaires que vous avez sûrement déjà vu quelque part (Jeffrey DeMunn, Candy Clark, Jack Nance,…). Oh et c’est Darabond au scénario (plusieurs passages rappellent d’ailleurs The Mist), ceci expliquant sans doute cela! Un film bien rythmé qui crie son amour et sa nostalgie des films bis des années 50/60, putain ça fait du bien!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0094761/

Vendredi 13, Chapitre Final: Comme il ne faut pas abandonner, j’ai décidé de regarder ce qui semble être… le meilleur film de la première quadrilogie (avec un second degré modéré donc). Et on ne m’y reprendra plus, ce Chapitre Final condense hélas… toujours autant le pire des clichés de l’horreur 80’s à mon goût: meurtres répétitifs et express sans montée de tension préalable, personnages incohérents, insupportables et obsédés par le sexe (autant dire que celui de Tommy Jarvis -qui reviendra dans les deux opus suivants- sort forcément du lot), scénario prévisible comme pas deux,… Quand Carpenter débarrassait son premier Halloween de toute logique humaine pour suggérer que The Shape était une pure incarnation du mal (logique fantastique), toute la saga Vendredi 13 semble s’en servir pour pallier à la maigre qualité de ses synopsis (pourquoi Jason attend d’être dans un caisson mortuaire pour revenir à la vie, nous ne le saurons jamais)… Vraiment navrant! On voit d’ailleurs bien peu Jason dans cet opus (plus brutal certes mais toujours aussi inintéressant quand on cherche un film qui va au delà du simple divertissement) malgré une introduction pleine de flashbacks des épisodes précédents et un départ sur les chapeaux de roues qui laissaient supposer un slasher honnête. Il n’en sera rien. On sauvera quand même de justesse cet opus pour la mise en scène de Joseph Zito (The Prowler, rappelez vous), la superbe photo de João Fernandes et les décors splendides de Shelton H. Bishop. Cette saga mérite décidement sa réputation: bas du front et fière de l’être… A noter aussi que Tom Savini est revenu aux maquillages!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0087298/

L’Envers du Culte: Le Voyeur (1960), Vendredi 13 (1980)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé… chez qui Powell a plusieurs fois opéré d’ailleurs), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire totalement dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera plus tard chez Antonioni, De Palma ou encore Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (magnifique Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout du long, jusqu’au puissant climax final. Mieux, Lewis nous entraîne avec lui! Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie, sera sévèrement charcuté au montage et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur (pourtant riche de plus d’une vingtaine de métrages). Profondément injuste quand on mesure son influence sur le cinéma d’aujourd’hui!

https://www.imdb.com/title/tt0054167/

Anecdotes:

  1. C’est Powell lui même, sa femme et son propre fils qui jouent les rôles du père, la mère du tueur et le tueur enfant.
  2. Il s’agit du tout premier film anglais montrant frontalement du nu féminin à l’écran.
  3. Pamela Green (Milly) était justement un modèle spécialisé dans la nu au moment du film.
  4. Le scénariste Leo Marks s’inspirera de plusieurs souvenirs de son enfance lors de l’écriture du script.
  5. Le Voyeur est un des films favoris de Martin Scorsese himself. Brian De Palma aidera lui aussi grandement à ce qu’il soit redécouvert dans les années 1970-1980.

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Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’avait jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13 il y a peu, le côté slasher au rabais de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et… j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Quand on pense au Halloween originel, on se rappelle immédiatement de la géniale mise en scène de John Carpenter et sa vision d’auteur inattaquable du cinéma horrifique/fantastique. Quand on pense au premier volet des Griffes de la Nuit, on pense au superbe concept de départ (le boogeyman qui tue en modèlant les rêves de ses victimes pour se venger de leurs parents) directement inspirée par des souvenirs d’enfance de Wes Craven. Rien de tout ça ici, simplement un enchaînement de morts sans aucune tension et un lore quasi inexistant en prime (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa valda en moins d’une minute)… Rajoutez à ça une production clairement fauchée qui a subi les outrages du temps, des acteurs mauvais campant de toute façon des personnages débiles (on notera une des premières apparitions de Kevin Bacon), une longueur excessive… et surtout une accumulation de clichés et de défauts déjà dignes d’une parodie d’horreur voire du nanar (se contentant de cocher toutes les cases du slasher) avant l’heure, ça fait vraiment très mal. Le cadre forestier est très mal exploité en prime. Seul le (faux) twist final, ses scènes gores et le mystère autour de l’identité du tueur méritent le coup d’oeil, c’est dire! Et on s’étonnera que le fan moyen de films de genre ait mauvaise réputation avec tout ce que les eighties ont pondu comme métrages bas du front que préfigure ce Vendredi 13… Les suites seront d’ailleurs tout aussi navrantes et même le second dégré mis en avant dès le sixième opus n’arrivera pas à sauver les meubles… Un métrage qui doit beaucoup à son année de sortie, avant le raz de marée slashers des 80’s mais qui a vraiment tout d’un slasher anecdotique dans les faits…

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/fr/title/tt0080761/

« C’est vrai que même vivants, on a l’air sacrément cons, les amis! »

Anecdotes:

  1. Outre Halloween, le film est fortement inspiré par La Baie Sanglante de Mario Bava ainsi que la comédie Meatballs.
  2. Vendredi 13 va inspirer toute une série de slashers se déroulant dans des camps de vacances, parmi lesquels Carnage, Massacre au camp d’été ou encore Madman! Si la production de ce film a tout d’un film bassement commercial (à commencer par capitaliser sur le succès d’Halloween), aucune suite n’était initialement prévu.
  3. Les effets spéciaux sont signés Tom Savini, qui venait de faire ceux de Dawn of the dead de George Romero.
  4. Betsy Palmer a accepté le rôle de la mère de Jason pour se payer une nouvelle voiture.
  5. Adrienne King, l’interprète d’Alice, sera longuement harcelée par un fan après le succès du film. Elle acceptera d’apparaître dans sa suite seulement pour un temps très court et se retira des écrans pendant plus de vingt ans.

Bisseries: The Prowler (1981), Evil Dead Trap (1988)

The Prowler: Le potentiel était là… hélas au lieu de partir totalement à contrepied des clichés du slasher, ce troisième film de Joseph Zito (à qui l’on doit déjà Abduction, Bloodrage et qui signera le volet final de la première quadrilogie des Vendredi 13) s’arrête en cours de chemin… Dommage! Sur le banc des accusés: des personnages peu charismatiques (bon, ça à la rigueur, on est habitué) et une tension mal maîtrisée dans les scènes clefs. On retiendra donc surtout la mise en scène, un rythme lancinant plutôt efficace, quelques écarts sympa avec le genre (le film aurait pu tout aussi bien se passer totalement dans les années 1950) et un tueur ma foi assez original/aux intentions plutôt troubles (la logique du film se rapprochant d’un onirisme à la Fulci… les musiques de Richard Einhorn, habitué du genre, soulignant bien la chose). A noter que l’on doit les effets gore à ce bon vieux Tom Savini des familles!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0082951/

Evil Dead Trap: Slasher culte ne reniant pas ses spécificités japonaises (grosse tendance à l’expérimentation, éléments démoniaco-fantastiques et clins d’oeil à la saga des fausses snuffs Guinea Pig) mais hélas aussi aux références un peu trop visibles (Evil Dead, Vidéodrome, BO de Tomohiko Kira rappelant évidemment les gialli d’Argento et Fulci magnifiés par les morceaux des Goblins et de Fabio Frizzi), et souffrant d’une durée un poil abusive, Evil Dead Trap a forcément influencé les délires gores/sadiques d’un Takashi Miike et voire une bonne partie du torture porn. Et rien que pour tout ça, sa fin bisseuse à souhait et sa mise en scène soignée dans des décors abandonnés véritablement cauchemardesques, ce film de Toshiharu Ikeda (avec un scénario de Takashi Ishii, bien connu des amateurs de gekiga/pinku eiga) mérite le coup d’oeil!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0167147/

Bisseries: The House on sorority row (1982), Sleepaway Camp (1983)

The House on sorority row: Globalement bien rythmé, gore à souhait, Sorority Row fait assurément partie du haut du panier des slashers sortis dans les 80’s, ménageant son suspense (je n’ai pas forcément vu venir le twist final, même si j’y ai pensé en début de film), dans la droite lignée de Black Christmas (comment ne pas y voir un joli clin d’oeil, entre la sororité et le rôle central du grenier?). Sans être à la hauteur de ses aînés les plus notables, le métrage présente tout de même un boogeyman original, un scénario ingénieux et une unité de temps/de lieu habile, ce qui est déjà pas mal, vu le nombre de bouses sorties dans ce sous-genre! Et les actrices, débutantes en majorité, s’en sortent honorablement!

Note: Curiosité

Bonus: une bien belle chronique

https://www.imdb.com/title/tt0085694/

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur le succès de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists finaux… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0086320/

Théma: Courte chronologie des slashers: influences/précurseurs, âge d’or, néo-slashers

Remontons aux origines…

Influences premières: « Whodunits » adaptés de Sherlock Holmes et Agatha Christie

« Horror thrillers » 60’s:  Psychose (60), Peeping Tom (60), Homicidal (61), Dementia 13 (63)…qui poseront également les bases des thrillers modernes

« Krimi » 60’s, adaptés des nouvelles d’Edgar Wallace

Citons également The Haunted house of horror (69), The House that screamed (69)

Giallos 70’s dont La Baie sanglante (71), Torso (73), Profondo Rosso (75)

Films d’exploitation 70’s (Grindhouse) et ses plus gros succès comme  L’Exorciste (73), Massacre à la tronçonneuse (74), La Colline a des yeux (77)

Splatters 60’s (Herschell Gordon Lewis): Blood Feast (63), 2000 Maniacs (64), The Wizard of gore (70)

Suivront And Soon the Darkness (70), Fright (71), Tower of Evil (72), Home for the Holidays (72), Silent Night, Bloody Night (72), Frightmare (74) mais surtout Black Christmas (74), premier slasher historique

Citons également Alice, Sweet Alice (76), The Town that dreaded sundown (76), The Redeemer: Son of Satan (78)

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L’âge d’or: 1978-1984 (non exhaustif)

1978: Are You in the House AloneEyes of Laura MarsThe Toolbox murdersMeurtres au 43e étage, Halloween 

1979: When a stranger calls , Tourist trap , Driller Killer 

1980: Vendredi 13Prom NightTerror TrainSilent ScreamDon’t Answer the phoneDon’t Go in the houseManiac 

1981: SurvivanceMy Bloody ValentineThe FunhouseThe BurningHappy Birthday to meHell NightThe Prowler sans oublier les premières suites d’Halloween et de Vendredi 13

1982:  The Slumber Party MassacrePiecesAlone in the darkMadmanVisiting HoursNight Warning

1983: The House on sorority rowSleepaway CampThe Final Terror mais également la première suite de Psychose

1984: Les Griffes de la NuitSilent Night, Deadly NightSatan’s Blade

Le déclin

Dès 1985, c’est la crise, l’engouement du public n’est plus là, les producteurs ne suivent plus et la censure sévit toujours autant… Il faut dire que la ficelle a été utilisée jusqu’à la rupture.

Citons néanmoins April Fool’s day (86) Bloody Bird (87), The Stepfather (87), Maniac Cop (1988), Evil Dead Trap (88), Candyman (1992)

Le revival

Il est évidemment incarné par Scream (96) qui engendrera une vague de slashers partout dans le monde. Il présente un slasher plus « mature », de par son scénario, ses thématiques et ses personnages.

Citons aussi Souviens-toi l’été dernier (97), Urban Legend (98), Camp Blood (99), Destination Finale (2000),

Les néo slashers

Ces slashers « modernes » jouent et détournent les codes des slashers…et les mélangent à ceux d’autres genres, alors que le slasher tombera peu à peu dans l’oubli, au profit d’autres tendances horrifiques…

Citons en vrac: Jeepers Creepers (2001), Détour mortel (2003, tirant quand même sévèrement vers le survival), Haute Tension (2003), La Maison des 1000 Morts (2003), Hatchet (2006), Cold Prey (2006), Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon (2006), All the boys love Mandy Lane (2006), A l’intérieur (2007), Martyrs (2008), The Strangers (2008), You’re next (2011), La Cabane dans les bois (2011), Detention (2011), Scream Girl (2016), Happy Birthdead (2017)

Remakes/séries

Période de remakes des grands classiques des 70-80’s dès le Psychose de Gus Van Sant (98), suivront Black Christmas (2006, 2019), April Fool’s day (2008), When a stranger calls (2006), Prom Night (2008) Halloween (2007), My Bloody Valentine (2009), Vendredi 13 (2009), Sorority Row (2009), The Stepfather (2009), Les Griffes de la nuit (2010), Mother’s Day (2010), Silent Night 2012), Silent Night, Bloody Night: The Homecoming (2013)

Je n’ai pas évoqué les séries basées sur l’univers des slashers comme Bates Motel (2013) Scream (2015), Scream Queens (2015), Slasher (2016) (merci Lucy pour la remarque)

N’oublions pas non plus les satiriques La Cité de la peur (1994), Scary Movie (2000)

Bisseries: Halloween II (1981), Halloween (2018)

Halloween II: Premier slasher vu durant mon adolescence (et premier film d’horreur loué dans un vidéoclub tout court, je crois bien), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il m’en restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque…

Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant du coup la tension de certaines scènes) pour distiller la peur et nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses. La première partie du film relate le parcours de Michael Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est dans cet opus que l’on apprend que Myers est son frère, élément qui tient plus de la facilité scénaristique que de la réelle mythologie, à mon sens). Suite directe de l’original (l’action se déroulant la même nuit que les évènements du premier opus) avec une atmosphère assez similaire (pas étonnant quand on sait que Big John est au scénario -aidé de Debra Hill qui produit également- et au montage, au désespoir de Rick Rosenthal à qui il a confié le film), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Jamie Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran et qu’il n’égale ni la subtilité ni la puissance de son aîné), cet Halloween II reste surtout plein de belles qualités et sous estimé, même s’il est un pur film de commande. Ah et on retrouve ce bon vieux Donald Pleasence dans le rôle du Dr Loomis, bien sûr!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0082495/

Halloween: J’étais curieux de découvrir ce dernier Halloween en date, qu’on nous vendait comme la suite directe de l’opus de 1978, signant le retour de Lee Curtis dans le rôle qui l’a révélé. Suite validée par Carpenter himself qui plus est! Exit donc les multiples suites bêtes à manger du fois depuis le quatrième opus (le reboot de Rob Zombie étant efficace mais finalement peu mémorable avec le recul)! Et ma foi, il s’avère plutôt une bonne surprise qui a su capter des éléments assez proches de l’original. Visuellement magnifique et plutôt bien rythmé, avec de jolis et généreux clins d’oeil à l’opus originel, il remet en lumière ses deux personnages phares: Laurie Strode en rescapée vengeresse salement badass (sorte de version alternative de Sarah Connor) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera surtout des personnages trop peu développés (les conséquences du trauma sur trois générations de Strode étaient pourtant une idée intéressante) et une fin expédiée à la va vite. A noter que David Gordon Green prépare également deux suites pour cette trilogie, prévues pour 2021 et 2022. A suivre!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1502407/

Bisseries: Alice (1988), Body Melt (1993)

Alice: Très bonne surprise que ce « Alice » tchèque, à l’univers tout aussi fascinant, créatif que subtilement macabre. Mélange de prises de vues classiques et d’animation (marionnettes en stop motion), le rendu est fluide et l’univers totalement surréaliste, procurant au film une originalité certaine! Je ne vous spoilerai pas plus cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll mais je ne conseille pas ce genre de métrage à des enfants en bas âge (à moins que vous ne vouliez les traumatiser durablement… mais aussi parce que sans musique et avec peu de dialogues, pas sûr que cela soit très accrocheur pour eux). Une jolie pépite d’onirisme, de second degré et de folie visuelle dans tous les cas! Notez que Jan Švankmajer, le réalisateur, a passablement influencé Tim Burton et Terry Gilliam. Oui, rien que ça! On tentera donc ses autres métrage avec grand plaisir !

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0095715/

Body Melt: Premier (et dernier ?) film de l’australien Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle des films de fous furieux comme Bad Taste, Society ou Street Trash, Body Melt est clairement une pépite underground à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce film bisseux à souhait est une belle surprise, visiblement encore bien méconnue, même s’il ne vous épargnera évidemment pas les défauts typiques du genre (mais c’est le jeu)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0106450/

L’Envers du Culte: Tetsuo (1989), Vaudou (1943)

Tetsuo: Quel bonheur de prendre une si grosse claque esthétique et inventive quand on a le sentiment d’avoir tout vu ou presque dans le cinéma de genre! C’est que Tetsuo est un métrage (cyber)punk totalement possédé et déjanté (à un point qu’il devient énergivore à regarder), grâce à moultes expérimentations que je vais tenter de résumer brièvement ici: noir et blanc stylisé et granuleux, transformations physiques radicales comme métaphores de la déshumanisation progressive des sociétés industrialisées et technologiques, effets spéciaux faits à la main, sous-texte sexuel (Eros et Thanatos, n’est ce pas?), sentiment de paranoïa constante,… C’est bien simple, Tetsuo ne ressemble à aucune autre métrage à part peut être un certain Eraserhead et ses friches urbaines glauques! Même s’il est un poil trop long à mon goût, le second degré, la musique bruitiste (signée Chū Ishikawa), le montage hystérique et les effets spéciaux hallucinés (tout en stop motion) tiennent en haleine sans trop de mal. Je me suis même demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent (ou quand Burton ne passait pas des décennies entières à s’auto-parodier). Assurement impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Shin’ya Tsukamoto. Un film qui divisera à coup sûr mais reste une expérience unique.

Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0096251/

Anecdotes:

  1. Tetsuo est le premier volet d’une trilogie, poursuivie par Tetsuo II: Body Hammer (1992) et Tetsuo: Bullet Man (2009)
  2. Les kaiju et l’univers sado-masochiste/fétichiste ont été deux influences visuelles majeures du réalisateur.
  3. Le tournage a été éprouvant pour l’équipe technique qui se réduisait jour après jour. Certains acteurs ont dû parfois les remplacer afin de terminer le métrage.

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Vaudou/I Walked with a Zombie: Il m’aura fallu entamer ce cycle zombie pour voir enfin mon premier film de Jacques Tourneur. Car je dois bien vous avouer que le cinéma d’épouvante durant les deux décennies 1940-1950 ne m’ont jamais attiré. Et ce métrage n’a pas échappé à la règle: Vaudou est un film qui tient plus de la curiosité vintage que du classique incontournable, faute à un scénario banal (une jeune infirmière est envoyée sur une île proche d’Haïti soigner une femme atteinte d’un mal étrange…rajoutez à cela de grosses ficelles, comme l’amour impossible et la rivalité fraternelle qui tombent comme des cheveux sur la soupe), des personnages trop archétypaux, l’absence d’élements fantastiques/d’épouvante et même de tensions avant la révélation finale. Alors, oui, le visuel magnifique (noir et blanc sublime, décors, gros travail sur les lumières, mise en scène soignée) sauve un peu les meubles mais le mal est fait. Heureusement, le métrage est court et ne se transforme donc pas en supplice interminable. Il est aussi et surtout un des premiers films d’épouvante (aheum!) des années 1930/1940 à revenir aux sources du zombie: la culture vaudou haïtienne (ce que fera aussi plus tard Lucio Fulci avec son Zombi 2 ou Wes Craven avec L’Emprise des ténèbres par exemple) qui permettrait de redonner la vie à des personnes décédées afin de prendre le contrôle de leur esprit…ici traitée de manière fort inintéressante, tout comme l’histoire coloniale bien évacuée du récit (et qui aurait pu mettre un peu d’enjeu dans le merdier). La suggestion et la sobriété ont décidement leurs limites…

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0036027/

Anecdotes:

  1. Le film est librement inspiré de Jane Eyre de Charlotte Brontë et d’un article de presse sur le vaudou de l’époque (intitulé « I Walked with a Zombie »). Les scénaristes ont toutefois poussé plus loin leurs recherches sur le sujet, sur la demande du producteur!
  2. Le rôle de Betsy (interprètée par Frances Dee) était à l’origine écrit pour Anna Lee, qui l’a finalement refusée car elle était engagée sur un autre projet.
  3. Le film a eu droit à son remake: Ritual, sorti en 2002.

Bisseries: Primer (2004), Society (1989)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule complet. Primer est de ceux là. L’histoire?Deux collègues de travail passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…et un jour, celle ci se met à fonctionner! Le sujet semble intéressant de prime abord…mais la mise en scène et les dialogues sont volontairement cryptiques pour que de multiples visionnages soient indispensables à la compréhension du métrage. Mouais… Le comble: les personnages ne sont pas fouillés, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose même quand le métrage est censé nous captiver). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles avec Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. La hard SF et les films WTF, d’habitude je suis client mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je vous conseillerais quand même de le visionner pour vous faire une idée.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0390384/

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Society: Premier et rare film « potable » de la carrière de Brian Yuzna, Society est clairement un film en demie teinte, à savoir présentant des FX réussis (signés Screaming Mad George, qu’on retrouvera dans plusieurs films de genre par la suite), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario et une réalisation « téléfilm » qui ne semblent pas trop où aller, voire n’osent pas aller assez loin. Pourtant entre paranoïa latente (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) comme métaphore de la lutte des classes et du passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense souvent à Invasion Los Angeles, Twin Peaks, Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste (fatalement), voire même Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant lui aussi de rester dans les mémoires. Alors on suit péniblement ce simili-teen movie, jusqu’à l’explosion finale, grotesque et répugnante orgie de chair (qui aurait eu tout intérêt à se montrer plus tôt) qui comblera les amateurs de bizarreries dont je suis… Quel gâchis!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098354/

L’Envers du Culte: Re-Animator (1985), Le Jour des Morts-Vivants (1985)

Re-Animator (1985): Après ce premier visonnage (complet cette fois ci, je dois bien confesser avoir eu du mal plus jeune avec le cinéma du regretté Stuart Gordon), je comprends mieux pourquoi ce film a traversé les années! Mélange de gore outrancier et de comédie noire décomplexée avec ce qu’il faut de sexe (délicieuse Barbara Crampton), références à Lovecraft (le film est l’adaptation de la nouvelle Herbert West, réanimateur), ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet de la saga a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films bis et d’exploitation. Re-Animator n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois un peu cheap (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs (l’autre jeune révélation du film avec Crampton) et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par son atmosphère morbide omniprésente. Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo Gordon/Yuzna et frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largement plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant parfois le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon (produit par son associé de toujours, Brian Yuzna), avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0089885/

Anecdotes:

  1. Le film remporta plusieurs prix (dont une mention à Avoriaz en 1986), notamment pour ses effets spéciaux. Plus de 90 litres de faux sang furent utilisés pour le métrage.
  2. Hurlements, Evil Dead et The Revenge of Frankenstein sont les inspirations majeures du métrage.
  3. Stuart Gordon adaptera directement d’autres oeuvres de H.P. Lovecraft au cours de sa carrière: From Beyond, Dagon, le segment Dreams in the Witch-House (Masters of Horror).
  4. Le rôle du Dr Hill était initialement prévu pour Christopher Lee. Le premier cadavre réanimé par West est joué par la doublure d’Arnold Schwarzenegger.
  5. Le film fut tourné en seulement 18 jours.

Le Jour des Morts-Vivants: