L’Envers du Culte: Malevil (1981), Invasion of The Body Snatchers (1978)

Malevil: S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette belle adaptation du roman (éponyme) de Robert Merle, c’est bien la poésie morbide qui émane de ses paysages désolés et des personnages qui errent parmi les ruines (on sent bien le passif de son réalisateur, Christian de Chalonge, jusqu’alors spécialisé dans les documentaires). Porté par un impressionnant/étonnant casting (Serrault, Dutronc, Villeret, Trintignant, Dhéry et j’en passe) et fouillant dans la psyché de ses personnages, le film est sans doute sorti trop tôt pour être réellement apprécié à sa juste valeur… Abordant des thématiques lourdes (solitude, deuil, espoir, humanité, civilisation, reconstruction,…), plutôt avare en dialogues, musiques et effets spéciaux (c’est du cinéma russe ou bien?), doté d’un rythme lancinant, Malevil n’est clairement pas fait pour le grand public. Il n’empêche que ce métrage revient régulièrement dans les meilleurs films post-apocalyptiques (nucléaire ici)… un univers où les français se sont finalement peu risqués! Avant gardiste donc mais d’autan plus marquant, il présente la survie quotidienne (et réaliste) de campagnards isolés au prise avec l’incompréhension, le deuil et bientôt les tensions avec des bandes rivales. Pas si loin d’un Threads visiblement!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082701/

Anecdotes:

  1. Le film a été tourné en Aveyron (Bertholène, Séverac l’Eglise) et dans l’Hérault (Le Caylar, Saint Thibéry).
  2. La fin (plutôt curieuse d’ailleurs) est totalement différente de celle du roman, c’est une des raisons qui poussera Merle à demander à ce que son nom soit retiré au générique.
  3. Le métrage fera tout de même 1,4 millions d’entrées lors de sa sortie en salles.

Invasion of The Body Snatchers/L’Invasion des profanateurs : Version sans doute plus connue que l’original (sympa mais vieillot) de 1956 ou que l’inutile remake de Ferrara, cette revisite bénéficie d’une jolie photographie et d’un beau casting (Sutherland, Nimoy, Adams, Goldblum, Cartwright). Nous suivons donc ici un groupe de résistants dans un San Francisco progressivement gangrené par des doppelgängers générés par un organisme extraterrestre inconnu… Plus body horror que science fiction comme son aîné… et surtout plus moderne, on retrouve la critique sociale si chère à Romero, notamment dans cette vision de la société de consommation et des sphères de pouvoir (très seventies finalement)! Mais… car il y a un gros mais, le gros problème du métrage est qu’il met énormément de temps à démarrer (une heure ou presque), ne montre jamais réellement les conséquences de l’invasion en dehors de ce quatuor et se perd même dans beaucoup de dialogues… Alors oui, le film joue beaucoup sur son ambiance fiévreuse/paranoïaque héritée des fifties qui monte crescendo, sur la suggestion… mais il faut bien avouer que quand le rythme s’emballe vraiment, pas mal de monde a déjà quitté le navire! De la même façon, je ne suis pas sûr que le monolithique Sutherland ait été un choix judicieux pour le rôle principal… Un remake mitigé donc!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0077745/

Anecdotes:

  1. Pas mal de cameos parsèment le film: Robert Duvall (qui nous a récemment quitté), Don Siegel (réalisateur du premier film), Kevin McCarthy (acteur principal de la première adaptation), Michael Chapman, Philip Kaufman lui même…
  2. Ce film a bénéficié d’un réel travail sur le son, ainsi, au fur et à mesure que l’invasion progresse, les bruits naturels (oiseaux, criquets) disparaissent, remplacés par le bruit urbain et oppressant des alarmes et des voitures…
  3. Veronica Cartwright jouera dans une autre adaptation du roman de Walter Braden Finney: Invasion, sorti en 2007.
  4. Durant la scène finale, l’effroi de Cartwright est réel, ne sachant pas comment le film se terminait.

A l’affiche: Furiosa (2024), Mickey 17 (2025)

Furiosa: Dernier opus de la saga Mad Max, on peut dire que Furiosa n’a pas la tâche facile… passer après Fury Road, soit un des meilleurs films de la dernière décennie en terme de rythme, de montage et d’univers (et pour l’avoir revu récemment, qui constituait une alternative et modernisation du -déjà costaud- second opus, avec plus de moyens et de technique), le risque de décevoir est grand. Et effectivement, si ce cinquième opus consitue un bon divertissement/film d’action, ses apports à la saga sont bien maigres… A tel point que George Miller se sent obligé de multiplier les clins d’oeil lourdauds aux autres opus pour tenter de mieux faire avaler la pilulle… Le film est de toute trop long pour ce qu’il a à dire (une énième histoire de vengeance), les soucis de rythme/répétitions (le choix de diviser le métrage en actes n’était clairement pas une bonne idée) et d’effets spéciaux sont nombreux. Le casting n’est pas toujours au niveau, Chris Hemsworth en tête… dans un rôle clairement mal écrit (ce qui resterait anecdotique s’il n’incarnait pas l’antagoniste principla). Reste une Anya Taylor-Joy qui s’en sort globalement bien dans un personnage finalement peu fouillé et un univers post-apocalyptique réussi mais qui fait salement redite après un Fury Road aux petits oignons. D’ailleurs, celui ci apparaît bien moins hostile dans cette préquelle!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt12037194/

Mickey 17: Et alors qu’en est il de ce film de Bong Joon Ho, dernier film vu en salles pour ma part? Hé bien si la bande-annonce semblait annoncer une comédie noire de science-fiction… Mickey 17 tire malheureusement vers la satire SF qui part dans tous les sens (SF, comédie, thriller, action et j’en passe). Etant plus adepte des films noirs, posés et premier degré du réalisateur, je ne peux pas dire que je suis sorti satisfait du visionnage. Visuellement, c’est splendide et le film se tient plutôt bien sur les deux tiers (notamment grace à la prestation de Pattinson) avant de sombrer dans le vrai n’importe quoi, se perdant dans des intrigues multiples (et pas vraiment essentielles), désamorçant du coup tout intérêt du spectateur pour le récit. Et ce n’est pas un problème de rythme mais bien d’écriture/montage. Alors oui, on saisit bien la critique de la culture/politique américaine actuelle: ses médias (coucou Verhoeven!), son impérialisme, son messianisme et son populisme (sur ce point on a vu plus courageux mais pourquoi pas) au travers du couple incarné par Ruffalo et (l’excellente) Colette mais question subtilité, on est vraiment au ras du sol. Comme une impression de subir un mauvais film de Terry Gilliam… Histoire bien nous achever, le métrage nous pond un moralisme niais dans son dernier tiers… pour ceux qui n’étaient pas encore lassés de ce grossier spectacle. Bref, une dystopie à fort potentiel de par ses thématiques mais qui pêche par ses excès et dans lequel j’ai même eu du mal à retrouver le Joon Ho que j’aime. On repassera!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/fr/title/tt12299608/