Le Manoir de la terreur/Le notti del terrore/Burial Ground: Dans les métrages italiens (tardifs) surfant sur le succès de L’Enfer des Zombies/Zombi 2, je demande Burial Ground! Et à ma grande surprise, ici on ne lésine vraiment pas sur le crade et le malaise! Je pense évidemment en premier lieu aux maquillages des zombies (renvoyant directement aux zombies putréfiés et suintants de Fulci), parfois grotesques (ça sent quand même le carton-pâte quand les cervelles giclent) mais toujours bien répugnants! Alors oui, évidemment, beaucoup de choses pèchent dans ce film clairement fauché (ça se sent déjà dans son maigre scénario): le jeu d’acteurs général, la cohérence/logique des personnages et des zombies qui passent sans prévenir du débrouillard au franchement débile (et pourtant on en a à revendre de la suspension d’incrédulité ici) dans ce film de siège, les effets spéciaux qui oscillent également entre le craspect réussi et le foutage de gueule, ces personnages de bourgeois peu développés et finalement peu sympathiques qui sont clairement là pour le quota de chair fraîche, l’OST peu mémorable,… Mais sa générosité en gore et en nudité (son réalisateur Andrea Bianchi ira d’ailleurs se consacrer au cinéma porno peu de temps après la sortie du film), sa caméra portée parfois inventive, son rythme (compensant une tension quasi absente), son final cynique et ses jolis décors le sauvent de la liste déjà longue des métrages ridicules de série Z! Et je ne parle même pas de Peter Bark qui incarne un gosse incestueux du plus bel effet… la cerise sur le gâteau si j’ose dire! Bref, Le Manoir de la terreur relève finalement plus du petit film bis d’exploitation sympathique et jouissif (façon plaisir coupable) que du pur nanar. Et si comme moi vous avez été traumatisé par L’Enfer des Zombies, c’est largement regardable!
Note: Curiosité nanardesque, voire Curiosité (tout court)
https://www.imdb.com/title/tt0081248

Virus Cannibale/Hell of the Living Dead: Impossible de parler de nanars avec des zombies sans se repencher sur le Virus Cannibale de Bruno Mattei (caché ici derrière le pseudo de Vincent Dawn). Il faut dire que ce stakhanoviste du Z (plus de 50 films au compteur), c’est un peu notre Ed Wood européen à nous (autant vous dire qu’on va en manger du Mattei dans ces cycles nanars)! Mais revenons en au film! Autant vous prévenir de suite: ici les potards de l’excès, du débile et de la repompe sont au max, alors il est difficile de rester objectif! Je commence même à me demander si le Monsieur a sorti des films « normaux », c’est dire! Parce qu’entre le cabotinage violent du casting principal (Franco Garofalo, Josep Lluís Fonoll et Margie Newton en tête), la réutilisation pure et simple des OST des Goblins sur Dawn of the Dead, Blue Holocaust et Contamination (sans avoir les droits, svp!), les effets spéciaux (où on alterne entre les visages à la craie ou au charbon pour les zombies, il ne faudrait pas péter le budget!) et les costumes à la ramasse (les fameux bleus de travail du commando anti-terroriste), ce long métrage ne pouvait que se vautrer! Et je ne parle pas du comportement des zombies, des dialogues et de la cohérence globale! Mais voilà, ce joyeux bordel est tellement assumé et bien rythmé que ça en devient marrant! Sans doute aussi que Mattei et sa petite troupe (dont son complice de toujours Claudio Fragasso, ici co-réalisateur et scénariste) se sont bien amusés sur le tournage et que cela transparait à l’écran! La petite spécialité du métrage, c’est de foutre des stock shots de docu animaliers et de mondos toutes les cinq minutes (ne riez pas trop, certains font plus sursauter que les vrais jumpscares du film). On a droit aussi à de jolis moments improbables: un gosse zombie sur qui les mitraillettes s’acharnent un peu trop longtemps, un chat bien au chaud dans une grand-mère au regard lubrique et surtout Fonoll qui pète un câble avec un tutu! C’est… divin! Que dire de plus? L’ensemble est un croisement entre Cannibal Holocaust et Zombi 2 (voire un soupçon bien foireux d’Apocalypse Now), avec un message tiers-mondiste trop forceur pour paraître honnête! Question sexe et gore, on reste plutôt sur notre faim. Bref, vous l’aurez compris, Virus Cannibale est à voir d’urgence avec des amis, quelques bières et des pizzas! Et puis, pour une fois dans ce cycle, la fin est pas mal!
Note: Curiosité nanardesque
https://www.imdb.com/title/tt0082559/


















