Nanars magnifiques: Le Manoir de la terreur (1981), Virus Cannibale (1980)

Le Manoir de la terreur/Le notti del terrore/Burial Ground: Dans les métrages italiens (tardifs) surfant sur le succès de L’Enfer des Zombies/Zombi 2, je demande Burial Ground! Et à ma grande surprise, ici on ne lésine vraiment pas sur le crade et le malaise! Je pense évidemment en premier lieu aux maquillages des zombies (renvoyant directement aux zombies putréfiés et suintants de Fulci), parfois grotesques (ça sent quand même le carton-pâte quand les cervelles giclent) mais toujours bien répugnants! Alors oui, évidemment, beaucoup de choses pèchent dans ce film clairement fauché (ça se sent déjà dans son maigre scénario): le jeu d’acteurs général, la cohérence/logique des personnages et des zombies qui passent sans prévenir du débrouillard au franchement débile (et pourtant on en a à revendre de la suspension d’incrédulité ici) dans ce film de siège, les effets spéciaux qui oscillent également entre le craspect réussi et le foutage de gueule, ces personnages de bourgeois peu développés et finalement peu sympathiques qui sont clairement là pour le quota de chair fraîche, l’OST peu mémorable,… Mais sa générosité en gore et en nudité (son réalisateur Andrea Bianchi ira d’ailleurs se consacrer au cinéma porno peu de temps après la sortie du film), sa caméra portée parfois inventive, son rythme (compensant une tension quasi absente), son final cynique et ses jolis décors le sauvent de la liste déjà longue des métrages ridicules de série Z! Et je ne parle même pas de Peter Bark qui incarne un gosse incestueux du plus bel effet… la cerise sur le gâteau si j’ose dire! Bref, Le Manoir de la terreur relève finalement plus du petit film bis d’exploitation sympathique et jouissif (façon plaisir coupable) que du pur nanar. Et si comme moi vous avez été traumatisé par L’Enfer des Zombies, c’est largement regardable!

Note: Curiosité nanardesque, voire Curiosité (tout court)

https://www.imdb.com/title/tt0081248

Bonjour! C’est bien ici la grande bâtisse bourgeoise à « rénover »?

Virus Cannibale/Hell of the Living Dead: Impossible de parler de nanars avec des zombies sans se repencher sur le Virus Cannibale de Bruno Mattei (caché ici derrière le pseudo de Vincent Dawn). Il faut dire que ce stakhanoviste du Z (plus de 50 films au compteur), c’est un peu notre Ed Wood européen à nous (autant vous dire qu’on va en manger du Mattei dans ces cycles nanars)! Mais revenons en au film! Autant vous prévenir de suite: ici les potards de l’excès, du débile et de la repompe sont au max, alors il est difficile de rester objectif! Je commence même à me demander si le Monsieur a sorti des films « normaux », c’est dire! Parce qu’entre le cabotinage violent du casting principal (Franco Garofalo, Josep Lluís Fonoll et Margie Newton en tête), la réutilisation pure et simple des OST des Goblins sur Dawn of the Dead, Blue Holocaust et Contamination (sans avoir les droits, svp!), les effets spéciaux (où on alterne entre les visages à la craie ou au charbon pour les zombies, il ne faudrait pas péter le budget!) et les costumes à la ramasse (les fameux bleus de travail du commando anti-terroriste), ce long métrage ne pouvait que se vautrer! Et je ne parle pas du comportement des zombies, des dialogues et de la cohérence globale! Mais voilà, ce joyeux bordel est tellement assumé et bien rythmé que ça en devient marrant! Sans doute aussi que Mattei et sa petite troupe (dont son complice de toujours Claudio Fragasso, ici co-réalisateur et scénariste) se sont bien amusés sur le tournage et que cela transparait à l’écran! La petite spécialité du métrage, c’est de foutre des stock shots de docu animaliers et de mondos toutes les cinq minutes (ne riez pas trop, certains font plus sursauter que les vrais jumpscares du film). On a droit aussi à de jolis moments improbables: un gosse zombie sur qui les mitraillettes s’acharnent un peu trop longtemps, un chat bien au chaud dans une grand-mère au regard lubrique et surtout Fonoll qui pète un câble avec un tutu! C’est… divin! Que dire de plus? L’ensemble est un croisement entre Cannibal Holocaust et Zombi 2 (voire un soupçon bien foireux d’Apocalypse Now), avec un message tiers-mondiste trop forceur pour paraître honnête! Question sexe et gore, on reste plutôt sur notre faim. Bref, vous l’aurez compris, Virus Cannibale est à voir d’urgence avec des amis, quelques bières et des pizzas! Et puis, pour une fois dans ce cycle, la fin est pas mal!

Note: Curiosité nanardesque

https://www.imdb.com/title/tt0082559/

Virus Cannibale ou l’art du cabotinage de A à Z

Nanars magnifiques: L’Avion de l’apocalypse (1980), Le Lac des morts-vivants (1981)

Bien que n’étant pas du tout adepte du visionnage volontaire de ce genre de films (bien au contraire même), on s’autorisera de temps à autres, quelques nanars ou navets mémorables du genre! On a grandi avec Nanarland après tout! Et on commence avec une salve de six films européens autour de la figure du zombie, tentant de surfer sur les succès de Romero et Fulci!

L’Avion de l’apocalypse/Incubo sulla città contaminata/Nightmare City: Quand un film bis sort sous plusieurs titres (je ne vous ai cité que les trois principaux mais sachez qu’il y en a au moins trois de plus) et est issu d’une co-production entre plusieurs pays (ici Italie, Espagne et Mexique)… généralement ça pue! Et disons le clairement, cet Avion de l’apocalypse schlingue salement ma bonne dame! Pourtant au moment de sa sortie, Umberto Lenzi est loin d’être un jeune premier dans le cinéma italien d’exploitation et affiche même un peu plus de dix ans au compteur. Second choix des producteurs, il propose même de retoucher le scénario, en s’inspirant de la catastrophe de Seveso. Et c’est bien ça le plus rageant: sur le papier, le film avait tout pour devenir un carton (ou au moins un film honnête), entre ses multiples décors, son message écologique (et bien nihiliste sur les bords) n’épargnant ni les médias ni l’armée, son rythme vitaminé, l’ampleur du script, le gore généreux,… Hélas entre ses effets spéciaux carrément aux fraises (on alterne ici entre le zombie tuméfié bleu à la Romero et celui avec des croûtes de pizza sur les joues parce bah qu’on a pas le temps Janine!), son jeu d’acteur complètement aléatoire qui fleurte souvent avec le cabotinage assumé (certains figurants jouant parfois mieux que les acteurs principaux), ses personnages stupides, son absence de tension, ses incohérences nombreuses, on ne peut que classer le film dans les vrais nanars répétitifs des familles (et pas spécialement funs du coup). Reste le concept du zombie « infecté » (même si on tire bien vers le vampire par moments), capable de courir, d’utiliser des armes, de se coordonner, de saboter, de tendre des embuscades… dont ce film est complétement précurseur. Ainsi qu’une fin étonnante qui oscille entre la facilité scénaristique et la boucle temporelle. Mais quoiqu’il en soit un long métrage bien indigne du génie d’un artisan comme Lenzi!

https://www.imdb.com/title/tt0080931/

Note: Nanar dispensable

Regardez moi cette férocité, cette détermination dans le regard!

Le Lac des morts-vivants: Célèbre pour avoir eu une production chaotique (Jess Franco partant au bout des premiers de tournage, scénario retouché sans cesse pour économiser trois francs six sous, caméras défectueuses,…), ce métrage de Jean Rollin (sous pseudonyme ici, vu le désastre) est sans doute LE nanar dont j’ai toujours entendu parlé depuis ma plongée dans le cinéma d’exploitation il y a déjà vingt ans de cela. Et on ne peut pas dire que sa réputation soit usurpée… Pourtant avec un plan dénudé dès le début, il y avait espoir! Comme dans beaucoup de films de Rollin, le rythme est contemplatif, voire chiant et une part belle est laissée aux jolis environnements ruraux (ainsi qu’aux appendices mammaires). Le bougre a donc pu y laisser sa patte et… il passe même faire un coucou le temps d’un caméo (avec un jeu aussi déplorable que le reste du casting). Sur tout le reste, aucun suspense, le bât blesse et pas qu’un peu: effets spéciaux à la ramasse (vous reprendrez bien un peu de vert pastel?), jeu d’acteur inexistant, mise en scène, cohérence narrative, rythme totalement aux fraises et bande-originale très moyenne. On ne va pas se mentir, c’est une souffrance à regarder, d’autant plus que le film ne raconte pas grand chose et que question gore, c’est très avare! On a un léger sursaut au milieu du film avec les flashbacks autour du lac maudit (avec des jolis stock shots des familles) mais ça repart dans le néant juste après… La principale trouvaille du film est sa « poésie » entre un zombie et sa fille (allez voir le film, ça serait long à expliquer) suivi… d’un duel de zombies et de jolis plans aquatiques dans…*ahem*… une piscine (même si ça reste surtout un prétexte pour se rincer l’œil). Ce qui est sûr, c’est qu’on est loin des Raisins de la mort (pas un monument du genre mais au moins ça tentait quelque chose)! Bref, un joli navet signé Eurociné, à réserver aux fans des faux raccords!

Note: Navet dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0081027/

Un budget maquillage vraiment effrayant!

Bisseries: 8MM (1999), The Tingler (1959)

8MM: Décidément, on aime bien graviter autour des snuffs en ce moment! Et ça tombe bien car c’est justement l’incursion que nous propose ce thriller tendu et poisseux de Joel Schumacher, à travers l’enquête d’un détective privé sur une jeune femme disparue (et supposément assassinée face caméra)! Côté casting, Cage, Phoenix, Stormare et Gandolfini tiennent parfaitement leur rôle. Si on est un peu « familier » avec cet univers déviant, le film manque peut être un peu de surprises (les personnages un peu clichés n’aidant pas) mais on appréciera tout de même cette descente dans la perversité humain gratuite mise en scène tout en suggestions (si vous cherchez du graveleux, rebroussez chemin), le rythme rondement mené et le virage vigilante que prend le métrage à la fin, devant l’horreur progressive (et contagieuse) des découvertes dans les sex shops de Los Angeles et les bas fonds désaffectés de New-York… Et puis, pour une fois que Nicolas Cage ne cabotine pas à mort…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0134273/

The Tingler/Le Désosseur de cadavres: A force d’entendre parler des filouteries inventives de William Castle, il fallait bien commencer quelque part! Porté par un Vincent Price qu’on ne présente plus (signalons aussi Patricia Cutts dans un rôle savoureux), cet avant gardiste métrage de body horror se révèle surprenant et rondement mené. Le concept: en cas de peur intense, un parasite présent dans la colonne vertébrale vous brise littéralement les os si vous ne pouvez pas crier… Alors, oui, on peut trouver cette série B cheap ou bavarde comme beaucoup de ses congénères des 50’s mais le métrage est bien ficelé et regorge de bonnes idées, installe le doute a plusieurs moments et a un final savoureux. Alors, que demander de plus?

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0053363/

A l’affiche: Faces of Death (2026), Backrooms (2026)

Faces of Death: J’espère que je ne vous apprends rien en vous disant que le premier Faces of Death (1978 donc) et ses suites ont fait partie des sagas de mondos cultes des années 1970 et 1980. Evidemment, depuis le temps, on sait qu’une large part du documentaire était complètement mis en scène. Faces of Death version 2026 revient donc avec le postulat suivant: tout ce qui se passe dans le Faces of Death originel (que je n’ai pas encore vu) est réel et cet obscur métrage déviant devient un objet de culte pour un psychopathe très motivé à refaire son propre remake… Non content de remettre cette franchise de mondos au goût du jour avec cette petite variation bien sentie, Daniel Goldhaber a aussi l’intelligence de l’immerger dans le monde actuel et ses dérives (notre rapport à la violence, harcèlement, réseaux sociaux, dark web, influenceurs, recherche de célébrité rapide, forums Internet,…), son humanité décidément capable du pire comme du meilleur (mais surtout du pire), pour un propos plus pertinent. Porté par deux jeunes acteurs principaux talentueux (Barbie Ferreira et Dacre Montgomery), le film propose une première partie très prenante et même si la seconde n’évite pas certains clichés et une écriture plus prévisible, cela reste une jolie curiosité bien rythmée et mise en scène à se mettre sous la dent… surtout si vous aimez les thrillers horrifiques méta et les enquêtes poisseuses sur des snuffs qui virent en survival (dans la lignée d’American Sweatshop)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt14619456/

Backrooms: « Enfin un peu de fraîcheur dans un cinéma de genre moderne qui a vite tendance à tourner en rond! » C’est avec cette impression que je suis sorti de ce Backrooms. Il faut dire aussi que Kane Parsons, son jeune réalisateur, n’est pas un inconnu dans cet univers aussi énigmatique que vertigineux puisqu’il réalise la série web à succès du même nom depuis 2022. Bien rythmé, pas trop long, intrigant et angoissant sans en faire trop (grâce à un joli jeu sur l’espace, le son, les effets de l’exploration de ses « salles » illogiques et hors du temps sur la psyché de ses visiteurs, un explicatif plutôt sommaire que chacun s’approriera), Backrooms réussit le cap de la transformation de cette creepypasta virale (inspirée par La Maison des Feuilles) en long métrage, à commencer par ses impressionnants décors dont suinte une étrangeté minimaliste au potentiel cauchemardesque presque infini (car universel). Bien mis en scène (c’est produit par A24 en même temps) et interprété par le duo Chiwetel Ejiofor/Renate Reinsve, c’est même clairement une des très bonnes surprises de cette année bien terne! Evidemment, on pense à quelques références du genre pendant le visionnage (parmi lesquels Shining, The Texas Chain Saw Massacre, Cube, Twin Peaks et le cinéma de Lynch de façon générale, The House) mais rien de suffisamment trop proche pour que cela soit perturbant! Les influences, elles, seraient plutôt à chercher du côté de Punishment Park ou encore One Hour Photo. Peut être un petit bémol sur la fin qui fait un écho forcé à l’introduction alors que le métrage fonctionne très bien sans! Une suite serait visiblement déjà prévue… ce qui est franchement moins enthousiasmant!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt26657236/

Bisseries: La Dame rouge tua sept fois (1972), The Cannibal Man (1971)

La Dame rouge tua sept fois/La dama rossa uccide sette volte: Commençant sur les chapeaux de roue avec une légende de malédiction familiale (dont le titre est une référence directe) sur fond de château médiéval, on se dit qu’on tient enfin un giallo qui sort du lot. C’est vrai qu’avec ses superbes décors, sa photographie, sa mise en scène, sa galerie de beautés de l’époque (la divine Barbara Bouchet mais aussi Marina Malfatti, Pia Giancaro, Sybil Danning,…), La Dame en rouge a tout de quoi charmer… sur le papier! Un joli giallo teinté de fantastique (alternant entre cadre gothique et milieu de la mode) mais qui, il faut bien le reconnaître, reste un peu avare sur le reste (sauf en meurtres inventifs, c’est vrai): peu de nudité, peu de sous texte social/politique, un casting masculin en deçà de son homologue féminin (et de façon générale beaucoup trop de personnages),… de quoi rester sur notre faim! Heureusement le rythme est bon et tient bien le suspense jusqu’à une fin prévisible (surtout si on a vu avant le très bon L’Appel de la chair du même réal) et surtout expéditive à mon goût ! On a encore d’ailleurs droit ici à une Evelyn vengeresse, à une belle famille de bourgeois tordus et aux jolies musiques de Nicolai ! Mais on est en 1972 et soyons clair, il est sorti bien de plus mauvais gialli cette année là!

Note: Curiosité

The Cannibal Man/La Semana del asesino: Voilà un film espagnol atypique qui a dû inspirer des métrages de psycho-killers à venir comme Maniac ou Schizophrenia! Partant d’un postulat plutôt basique (pour cacher un homicide involontaire, un homme commence à décimer son entourage), The Cannibal Man se révèle bien plus un drame psychologique d’auteur (d’ailleurs inspiré du Boucher de Chabrol) qu’un bête film d’horreur d’exploitation. D’ailleurs si vous êtes venu chercher du gore généreux, vous serez sans doute déçu! Porté par une mise en scène réaliste, sobre mais efficace et l’interprétation possédée de Vicente Parra, le film livre également une photographie de l’Espagne franquiste finissante alors en pleine mutation (les gratte-ciels remplacent progressivement les maisons, les machines menacent les ouvriers et les amours impossibles entre classes sociales ne finissent jamais bien). Loin d’être un monstre sanguinaire, Marcos est un homme ordinaire, si englué dans sa routine et terrifié par les conséquences de ses actes que seule une amitié (au sous texte homosexuel évident mais charcuté au montage, thématique très présente dans la filmographie de La Iglesia) permettra de stopper la fuite en avant! On appréciera également le cadre urbain, délabré, nocturne et suffocant qui contribue grandement à l’aspect poisseux de ce conte macabre! Noé s’en inspirera d’ailleurs pour son magistral Seul contre tous!

Note: Curiosité

Bisseries: L’Appel de la chair (1971), Self Driver (2024)

L’Appel de la chair/The Night Evelyn Came Out of the Grave: Giallo mal aîmé d’Emilio Miraglia doté d’un joli casting (Anthony Steffen, Marina Malfatti, Enzo Tarascio,…) et de superbes décors, L’Appel de la chair prend d’emblée le parti de faire du héros un personnage détestable (autant que sa classe sociale) et torturé (Anthony Steffen excellent dans son rôle) par les visions récurrentes de sa femme défunte. Généreux en nudité et influences gothiques (ce qui sera aussi le cas dans La Dame en rouge tua sept fois, le giallo suivant de Miraglia), superbement illustré par la musique de l’incontournable Bruno Nicolai, le métrage est rondement mené jusqu’à un dénouement que certains trouveront un peu too much à force de rebondissements (qui rappellera La Baie Sanglante dans sa chasse à l’héritage en famille)… mais il n’empêche que L’Appel de la chair fait assurément partie du haut du panier des giallis du début des seventies, ne serait ce que pour sa mise en scène efficace (et ses jolies rousses, bien sûr)!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0067487/

Self Driver: Cela fait bien longtemps que l’on n’était pas tombé sur un huis clos motorisé (on se souvient du sympathique Locke)! Prenant le prétexte d’un chauffeur de VTC au bout du rouleau (impeccable Nathanael Chadwick) découvrant que son adhésion à une nouvelle application de courses pourrait l’emmener dans des dilemmes moraux et physiques de plus en plus périlleux que ne compenseront pas une rémunération pourtant alléchante, Self Driver explore, à l’instar des vieux métrages de Refn, des bas fonds urbains aussi sombres que les sociétés modernes et aliénantes qui n’en finissent plus de déshumaniser ses membres. Dommage que quelques tics comiques et psychédéliques viennent désamorcer à plusieurs reprises la tension présente dans cette descente aux enfers… Self Driver reste une jolie curiosité prenante et efficace malgré un budget serré!

https://www.imdb.com/title/tt21072230/

Note: Curiosité

A l’affiche: Alien: Earth (2025), Frankenstein (2025)

Alien: Earth (Saison 1): « Je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu »… voilà comment résumer en deux mots mon expérience avec cet Alien: Earth que je n’ai pas réussi à visionner au delà de ses deux tiers tellement… rien ne va! Et pour la seule série chroniquée ici à l’heure actuelle, c’est un peu triste!

Ne perdons pas de temps et commençons avec les rares points forts de cette belle coquille vide: on peut sauver le visuel (la gestion des lumières surtout) et les effets spéciaux (bien que perfectibles) généreux en gore, la majorité du casting (Sydney Chandler et Timothy Olyphant en tête) ainsi que les thématiques futuristes de départ (enfin… sur le papier). Et… c’est tout! Passé un premier épisode intrigant sous forme d’énorme clin d’œil au premier opus (tu le sens le traquenard?), les problèmes commencent déjà à apparaître dès le suivant: manque évident de subtilité, de rythme et de cohérence dans l’écriture des personnages et du scénario (comme l’allusion lourdingue à l’enfance et Peter Pan parce que wouhou on est chez DISNEY, t’as compris? Hein, t’as compris? Peter Pan! Disney! On a les droits, on est chez DISNEYYYYYY!), dilution des quelques thématiques intéressantes dans une histoire bien trop longue et superficielle qui ne dit finalement pas grand chose, aucune réelle prise de risques (normal, c’est Disney), montage qui en fait trop, décors répétitifs bien loin de la noirceur de l’univers de H.R. Giger ou même du cyberpunk de Blade Runner puis… on en vient carrément à bafouer le xénomorphe… héritage et fardeau du passé relayé au stade du « simple monstre parmi tant d’autres » (et clairement pas le spécimen alien le plus intéressant au final) que l’on peut domestiquer tandis que les autres personnages et l’univers exploité n’en finissent plus de se révéler fades et inintéressants, à l’image des synthétiques et des hybrides dont on ne fera absolument rien (on regrette presque les idées saugrenues de Ridley Scott dans Prometheus et Covenant, putain!),… Aucune sensation de menace, aucun moment grandiloquent ou touchant dans cette série qui se déroule pourtant sur Terre, dans un futur proche, beaucoup de dialogues et de purs remplissages dans ces huit interminables épisodes… voilà qui en dit long sur la série de Noah Hawley! Je n’irais pas plus loin et ne rentrerais même pas dans les considérations de timelines et autres cohérences envers les autres volets de la saga, ça serait vraiment tirer sur l’ambulance…

On nous vendait Alien: Earth comme un mélange novateur entre les sagas Alien et Blade Runner et au final, on a à la fois le pire des deux et presque rien de ces monuments (pour ça, il faudrait à minima comprendre l’essence de ces deux œuvres, n’est ce pas?)… Bref, ça ne s’adresse clairement pas aux vieux brisquards de la SF que nous sommes mais plutôt au jeune public (hélas) habitué aux séries modernes, trop souvent gentillettes, trop longues et aux grosses ficelles calibrées pour les plateformes de streaming (chose amplement confirmée quand je lis les rares avis positifs sur la série, faut y aller mollo sur le sucre les zoomers!)… Voire à ceux qui n’ont pas vu ces films canoniques!

En résumé, une série écrite n’importe comment qui aurait grandement gagnée à rester dans son rôle de spin off (et explorer ses thématiques à fond), voire à couper tout lien avec la saga Alien, au lieu de rester dans un entre-deux confortable pour mieux justifier ses faiblesses! Ce qui est sûr, c’est que Romulus (le pire opus de la saga, pour rappel) est tellement meilleur que ce… « truc » alors qu’il a des défauts relativement similaires, c’est dire! Ca m’apprendra à avoir espéré que le responsable de l’ignoble Marvel Cinematic Univers (blockbusters débiles qui vampirisent le cinéma et les cerveaux depuis plus de quinze ans maintenant) et du déclin définitif des icôniques Predator et Star Wars (et sans doute bientôt d’autres licences) allait accoucher d’autre chose que du… vent! Quand on sait que la qualité et l’intérêt des séries est généralement décroissant au fil des saisons… ça laisse rêveur sur la saison 2!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt13623632/

Frankenstein: S’il y a bien un Universal Monster indépassable à mon sens, c’est bien le Frankenstein original et sa suite! Alors quand un réal talentueux comme Guillermo Del Toro a été annoncé pour cette relecture, il y avait forcément de l’espoir! Doté d’un joli casting (Mia Goth toujours aussi impeccable mais aussi Oscar Isaac, Christoph Waltz et j’en passe), la claque est évidemment esthétique dès les premières minutes: ambiance pesante et gothique (même si on tire sur le steampunk par moments), costumes superbes, décors quasi picturaux, jeux de lumière, effets spéciaux mêlant CGI et effets pratiques à l’ancienne,… tout charme la rétine ici (et on frôle parfois l’overdose)! Construit sous forme d’actes (procédé pourtant assez contestable souvent synonyme de film interminable) et alternant le point de vue du Dr Frankenstein puis de sa créature (ce qui était le cas dans le roman originel… on aura d’ailleurs droit à la partie polaire seulement aperçue dans le film éponyme de 1994), Frankenstein rejoue efficacement le mythe du scientifique obsédé et dépassé par sa création… cette fois ci en lui donnant un minimum de passé familial. Créature qui se révèlera ici encore moins détestable que son géniteur (on saluera d’ailleurs son design moins monstrueux qu’à l’accoutumée). D’ailleurs, si l’on devait pointer un seul véritable défaut dans le film, c’est bien le manque de subtilité/ambiguïté dans l’écriture du personnage principal (Del Toro adore les freaks, on le sait mais ça détonne vraiment ici vu le traitement des autres personnages), autrement on est bien en présence d’un des meilleurs films de l’an passé donc… A la manière du Nosferatu d’Eggers, ce Frankenstein est bien une relecture moderne et intelligente du roman originel (reprenant au passage certains éléments de La Fiancée de Frankenstein) qui n’en dénature pas le propos (encore et toujours ces thématiques existentielles sur l’humanité, la solitude, la création, la « parentalité », la science et ses effets,…) et la portée pour autant! Une jolie fable à la fois sombre et poétique dont Shelley serait fière, pour sûr!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt1312221/

L’Envers du Culte: The Game (1997), Insomnia (2002)

The Game: Troisième métrage de David Fincher, coincé entre les monuments Seven et Fight Club, The Game est porté par un Michael Douglas impeccable dans son rôle d’homme d’affaires solitaire et détestable pris au piège en acceptant le cadeau empoisonné de son Sean Penn de frère. Un piège si réaliste qu’on navigue entre les « grosses » ficelles évidentes à la The Truman Show et la paranoïa insidieuse toute hitchcockienne qui finira par nous faire sombrer également dans la suspicion de tous les instants. Seulement à trop vouloir brouiller les pistes entre réalité et fiction pour les faire exploser dans un dénouement fort simpliste, The Game épuise et déçoit le spectateur qui finir par se dire « vraiment… tout ça pour ça? ». Dommage, sans cette fin lourdingue et too much (lire les anecdotes plus bas pour avoir un début de réponse sur le pourquoi du comment), ce thriller psychologique avait toute mon attention, au vu de son scénario habile (qui instille le doute à chaque moment), sa mise en scène, sa gestion du rythme, des rebondissements et du suspense… L’important n’est peut être pas la destination mais le voyage, certes… mais on est chez Fincher ici quand même…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0119174/

Anecdotes:

  1. Le scénario a commencé à être écrit en 1991 et est finalement passé par trois studios (MGM, Propaganda, PolyGram) avant de voir le jour. A l’origine, Douglas souhaitait que ce soit Jodie Foster qui joue le rôle de la sœur du personnage principal. Après avoir envisagé qu’elle joue sa fille, un problème de de planning (Foster partira dans le sympathique mais mollasson Contact) lui fera quitter le casting et on réécrira le rôle pour Sean Penn. Elle retrouvera le réalisateur pour Panic Room.
  2. Fincher devait réaliser ce film avant Seven mais le planning de Brad Pitt a fait que le réalisateur a dû inverser les deux projets! Fincher a souvent dit en interview ne pas être très fier du montage final et que PolyGram a entravé sa créativité (particulièrement sur la fin du film).
  3. Trois inspirations majeures du film: A Christmas Carol (de Dickens), la série Mission: Impossible et The Sting (de George Roy Hill). Et même un peu de Kafka!
  4. La scène où le personnage principal se réveille dans une crypte mexicaine est une référence directe (et évidente) à Bring Me the Head of Alfredo Garcia de Peckinpah.
  5. L’esthétique des bureaux de Consumer Recreation Services a été imaginée comme un labyrinthe, à l’image de leur logo. Des yeux avisés trouveront d’ailleurs ce logo/nom (ou des anagrammes similaires) dans de nombreux plans du film!

Insomnia: Remake du film du même nom d’Erik Skjoldbjærg, Insomnia est un thriller poisseux, tendu et crépusculaire comme on les aime ici, mettant face à face deux gigantesques acteurs: Al Pacino et Robin Williams (ici dont un rôle mémorable à contre emploi, comme dans One Hour Photo sorti la même année) alors au sommet de leur art. Enquêteur talentueux sur la sellette, Will Dormer (Al Pacino) devra faire face à ses démons (et ses insomnies) dans un Alaska lui réservant décidément quelques surprises… C’est le troisième métrage de Nolan qui signe là un film talentueux et intelligent qui m’a rappellé Heat à plusieurs reprises. On y croise aussi Hillary Swank qui confirmera deux ans après avec Million Dollar Baby. Loin d’être un film manichéen, Nolan montre une facette profondément humaine et changeante de ses personnages, autant du côté de son flic régulièrement borderline que de son tueur intelligent mais à l’apparence très ordinaire, au point où l’on se demande si les rôles ne vont pas finir par s’inverser à mesure de la progression du récit. Je ne vais pas plus développer pour vous laisser le surprise de la découverte. Un superbe thriller quoiqu’il en soit, avec un climax mémorable!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0278504/

Anecdotes:

  1. Il s’agit du seul film de Nolan où il n’est pas responsable (de l’entièreté) du script… ainsi que son premier long métrage à être entièrement en couleurs!
  2. La plupart des scènes a été filmée au Canada. Seules des prises aériennes viennent d’Alaska. Dans le script originel, le tueur se nomme Walter Byrd… seulement un homonyme vit en Alaska, ce qui a obligé la production a changé son nom.
  3. Le rôle de Pacino a aussi été proposé à Harrison Ford et Michael Douglas, celui de Swank à Reese Witherspoon et la réalisation à Jonathan Demme.
  4. Dans le Insomnia norvégien, Jonas Engström, l’équivalent de Dormer, est encore plus borderline dans sa manière de se comporter avec les suspects/pendant l’enquête pour arriver à ses fins, ce qui le rend beaucoup plus proche de la psychologie du tueur.
  5. En terme de mise en scène, la caméra est constamment braquée sur le personnage d’Al Pacino. Le spectateur est alors embarqué dans les journées sans fin de Will Dormer. Evidemment, la lumière occupe dans ce film une place de choix!

L’Envers du Culte: L’Enfer des armes (1980), La Momie (1932)

L’Enfer des armes/Dangerous Encounters of the First Kind: Troisième film de Tsui Hark, L’Enfer des armes est un sacré coup de pied dans la fourmilière au moment de sa sortie, clôturant ainsi son « cycle du chaos » entamé avec The Butterfly Murders. Violent, nihiliste, radical, impossible de décrocher le regard pendant une heure et demie, tellement ce récit de jeunesse désabusée (et désœuvrée) prend aux tripes. Superbement mise en scène et dotée d’une magnifique photographie (David Chung), le film sera immédiatement censuré et cing minutes seront coupées au montage, obligeant Hark à retourner certaines scènes. Véritable miroir des angoisses honk-kongaises de l’époque (risques de rétrocession à la Chine) et inspiré d’un fait divers réel, ce polar social est construit comme une véritable descente aux enfers et porte clairement bien son nom. Ici, la violence (loin d’être érotisée) contamine toute la société: ses jeunes, sa police, ses rues,… Notre quatuor finira sa petite virée dans un cimetière (si avec ça, vous ne comprenez pas la métaphore) dans une conclusion pour le moins… graphique! Inventif et non dénué de quelques touches d’humour, L’Enfer des armes est une jolie pépite à ne pas manquer, avec une ambiance sombre encore inégalée aujourd’hui !

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0083199/

Anecdotes:

  1. La BO du film est très hétéroclite: on peut y entendre du Jean-Michel Jarre, Goblin, The Alan Parsons Project, Pierre Bachelet, Vangelis, Pink Floyd, Mozart, John Williams,…
  2. Les animaux torturés dans le film sont hélas bel et bien réels… et vivants.
  3. Dans la version originale (non censurée), la bande d’adolescents fabriquaient et posaient des bombes dans des lieux publics (une référence aux évènements de 1967).
  4. Le film fut un succès à sa sortie et fait désormais partie de la Honk Kong New Wave (regroupant également des réalisateurs comme Tam, Fong, Hui,…)

La Momie/The Mummy: Encore un classique d’Universal que votre serviteur n’a rattrapé que récemment! Que dire de cette pierre angulaire tant elle pose les bases pour les futurs films de momies à venir? Une malédiction étrange qui s’abat sur les étrangers qui osent troubler le sommeil des Pharaons et de leurs proches (largement inspirée des légendes autour de la découverte du tombeau Toutânkhamon dix ans plus tôt), un manuscrit aux pouvoirs puissants, une modernisation du mythe (la seconde partie du récit a justement lieu en 1932), un supplicié ramené à la vie et qui fera tout pour rejoindre/ressusciter sa bien-aimée et… comme dans bon nombre de films d’épouvante de l’époque une figure féminine, souvent sosie de l’amante du défunt (voire d’une princesse tout court), qui devient la proie (et le talon d’Achille) de la créature… et dont le héros finit par s’éprendre. Si ces éléments vous paraissent familiers aujourd’hui, c’est bien normal! Porté par une jolie esthétique (autant pour la partie des fouilles archéologiques dans le désert que celle plus contemporaine au Caire), des décors réussis et le charisme magnétique évident de Boris Karloff (bien aidé par le superbe maquillage de Jack Pierce) dans ce rôle d’Imhotep revenu d’entre les morts (une prestation si mémorable que le reste du casting paraît oubliable), ce premier long métrage de Karl Freund inspirera quatre suites dans les années 1940 (toutes bien en deçà de cet opus avec lequel elles n’ont finalement pas réellement de liens). Un incontournable du cinéma fantastique qui traverse les épreuves du temps avec succès, tout simplement!

Note: Solide

Anecdotes:

  1. Son réalisateur fut auparavant chef opérateur sur (entre autres) Dracula (dont il est aussi le co-réalisateur officieux) et Metropolis. Il réalisera Mad Love (première adaptation hollywoodienne des Mains d’Orlac) à la fin de sa carrière. En parlant d’ailleurs de Dracula, nous retrouvons ici Edward Van Sloan (qui joua également dans Frankenstein) et David Manners dans le casting principal!
  2. Le maquillage de Boris Karloff en momie nécessitait 8 heures de travail quotidien. Ardeth Bay est d’ailleurs l’anagramme de « Death by Ra ».
  3. Il faudra attendre 1999 et La Momie pour enfin avoir un remake digne de ce nom (avec des effets spéciaux spectaculaires à sa sortie… pas sûr que cela ait bien vieilli aujourd’hui…)
  4. L’écriture du scénario se fit progressivement: on chercha en premier lieu à avoir une figure horrifique pouvant rivaliser avec celle de Dracula et Frankenstein. Puis on y injecta la thématique de l’immortalité (Nina Wilcox Putnam). Le cadre égyptien arriva ensuite (John L. Balderston), puis l’histoire d’amour centrale et enfin le parchemin (imaginaire) de Thoth (inspiré du Livre des morts).
  5. L’ambiance entre le réalisateur et Zita Johann, héroïne du film et parallèlement très intéressée par l’occultisme, était très tendue pendant le tournage.

10 formats/créateurs à suivre sur le cinéma de genre (ou le cinéma tout court)!

Un article qui parlera à celles et ceux qui suivent ce blog depuis le début! Souvenez vous, on était en 2020, en plein second confinement et tout le monde (ou presque) y allait de son podcast (ou tout autre format) pour parler de cinéma. Le temps a filé et finalement beaucoup ont jeté l’éponge (comme ici, ah ah)! Petit tour d’horizon de quelques créateurs encore actifs ou que j’ai encore plaisir d’écouter malgré leur arrêt! Et inutile de préciser qu’on va parler de chaînes plus méconnues que celles d’Alt236, de Karim Debbache ou du Fossoyeur de films, même si on respecte les tauliers ici!

1- PIFFFcast: Honneur à un des podcasts qui a inspiré ce blog (et ses podcasts du temps jadis)! Est il encore besoin de présenter le Paris International Fantastic Film Festival, un des principaux festivals dédiés au genre depuis 2011? Durant des années Véronique Davidson et d’autres figures bien connues du genre/festival (Cyril Despontin, Xavier Colon, Laurent Duroche,…) se sont attelés à décrypter le genre horrique. Hélas l’aventure s’est arrêtée fin 2021 et tout le monde est reparti se concentrer sur l’organisation du PIFFF! Pas si grave puisqu’on peux retrouver certains de ses membres chez Mad Movies ou même d’autres podcasts dédiés au genre!

2- Le Bistro: Comme le podcast précédent, le Bistro de L’Horreur, une création de l’équipe de FilmoTV (plateforme de SVOD qui possède un joli catalogue d’horreur), a exploré (depuis plus d’une décennie déjà) lui aussi les vastes contrées horrifiques (mais pas que) à travers la sélection de quelques films et (rarement les plus connus d’ailleurs). Hélas, ce format s’est arrêté définitivement en début d’année… mais croyez moi, il y a de quoi se mettre sous la dent!

3- C’est plus que de la SF: Un des podcasts français entièrement consacrés à la science-fiction sous ses multiples formes et animé par Lloyd Chéry (figure incontournable de la culture SF en France)… passionnant et avec une régularité qui impose le respect!

4- SF Theory: Autre création axée 100% SF mais sur Youtube cette fois, SF Theory analyse ce genre cinématographique foisonnant au travers de ses thématiques, anecdotes et influences sur le monde moderne!

5- Blow Up: Une jolie création signée Arte (si vous aimez ce genre de format très bien ficelé et passionnant, je vous recommande également Versus qui fait dans le comparatif de films)… explorant le cinéma sous l’angle d’un acteur, d’une thématique, d’un compositeur, d’une année particulière,… Très utile pour consolider sa culture!

6- Intercut: Un petit youtubeur devenu grand qui a le mérite de très bien connaître le cinéma et de vous faire découvrir régulièrement de jolies pépites méconnues! Et le Monsieur aime beaucoup Lovecraft donc forcément… il a toute sa place ici!

7- Le Coin du Bis: J’ai beau trouver le Youtube Game Cinéma globalement inintéressant (pour son contenu formaté et interchangeable se résumant aux blockbusters actuels/séries à la mode, ses mises en scène cringes et sa culture cinéma toute relative)… le passionné Matthieu Broussolle et moi, on partage le même amour du cinéma d’exploitation et ses multiples ramifications. Et je dois bien avouer que je lui dois quelques superbes découvertes déjà chroniquées ici!

8- La Théorie de Graham: Explorons maintenant des théories originales, passionnantes et méconnues sur vos films favoris avec La Théorie de Graham! Je n’ose pas imaginer les heures de travail et d’écriture derrière ces vidéos fascinantes mais le résultat est là…

9- Comment c’est raconté: A titre personnel, ce qui m’intéresse le plus au delà des films et de leur analyse, ce sont les anecdotes de tournage et la mécanique des scénarios! Et ça tombe bien car CCR (alias Baptiste Rambaud) est justement un podcast entièrement dédié à la structure narrative de nos bobines préférées! Et même s’i le podcast s’il s’est arrêté en bon chemin, c’est toujours un délice à écouter!

10- Culture Prohibée: Finissons maintenant avec le podcast des Films de la Gorgone (situé dans l’Oise) qui revient chaque semaine sur des thématiques ou des entretiens cinématographiques au gré des rééditions DVD. Inutile de préciser que le sujet porte bien souvent sur notre cinéma de genre adoré!

Et impossible de finir sans mentionner le site et forum Devil Dead (qui tient bon depuis plus de vingt ans malgré la concurrence rude des infâmes réseaux sociaux), le site de chroniques (entre autres choses) Psychovision du regretté Gilles « Mallox » Vannier, qui a l’instar de Mad Movies et de quelques autres, font partie des mines d’or intemporelles qui ont su nous donner goût au cinéma de genre et le faire sortir de son ghetto d’autrefois, sans pour autant se résigner à faire du putaclic et du consensuel sur les réseaux… Saluons aussi les initiatives françaises comme la plateforme de SVOD Shadowz qui, a l’heure où tout le monde ou presque regarde des films en streaming, a fait le choix courageux de mettre en avant l’horreur/épouvante à un prix tout à fait abordable!

Par contre, j’ai beau avoir cherché des podcasts spécialisés dans les thrillers/polars, je n’ai rien trouvé, y compris dans la sphère anglophone. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires!

PS: Signalons également un petit « nouveau », le podcast Croix2Malte, animé par Romain, dont la longueur est souvent affolante mais recèle d’informations innombrables et passionnantes sur le cinéma bis!