10 formats/créateurs à suivre sur le cinéma de genre (ou le cinéma tout court)!

Un article qui parlera à celles et ceux qui suivent ce blog depuis le début! Souvenez vous, on était en 2020, en plein second confinement et tout le monde (ou presque) y allait de son podcast (ou tout autre format) pour parler de cinéma. Le temps a filé et finalement beaucoup ont jeté l’éponge (comme ici, ah ah)! Petit tour d’horizon de quelques créateurs encore actifs ou que j’ai encore plaisir d’écouter malgré leur arrêt! Et inutile de préciser qu’on va parler de chaînes plus méconnues que celles d’Alt236, de Karim Debbache ou du Fossoyeur de films, même si on respecte les tauliers ici!

1- PIFFFcast: Honneur à un des podcasts qui a inspiré ce blog (et ses podcasts du temps jadis)! Est il encore besoin de présenter le Paris International Fantastic Film Festival, un des principaux festivals dédiés au genre depuis 2011? Durant des années Véronique Davidson et d’autres figures bien connues du genre/festival (Cyril Despontin, Xavier Colon, Laurent Duroche,…) se sont attelés à décrypter le genre horrique. Hélas l’aventure s’est arrêtée fin 2021 et tout le monde est reparti se concentrer sur l’organisation du PIFFF! Pas si grave puisqu’on peux retrouver certains de ses membres chez Mad Movies ou même d’autres podcasts dédiés au genre!

2- Le Bistro: Comme le podcast précédent, le Bistro de L’Horreur, une création de l’équipe de FilmoTV (plateforme de SVOD qui possède un joli catalogue d’horreur), a exploré (depuis plus d’une décennie déjà) lui aussi les vastes contrées horrifiques (mais pas que) à travers la sélection de quelques films et (rarement les plus connus d’ailleurs). Hélas, ce format s’est arrêté définitivement en début d’année… mais croyez moi, il y a de quoi se mettre sous la dent!

3- C’est plus que de la SF: Un des podcasts français entièrement consacrés à la science-fiction sous ses multiples formes et animé par Lloyd Chéry (figure incontournable de la culture SF en France)… passionnant et avec une régularité qui impose le respect!

4- SF Theory: Autre création axée 100% SF mais sur Youtube cette fois, SF Theory analyse ce genre cinématographique foisonnant au travers de ses thématiques, anecdotes et influences sur le monde moderne!

5- Blow Up: Une jolie création signée Arte (si vous aimez ce genre de format très bien ficelé et passionnant, je vous recommande également Versus qui fait dans le comparatif de films)… explorant le cinéma sous l’angle d’un acteur, d’une thématique, d’un compositeur, d’une année particulière,… Très utile pour consolider sa culture!

6- Intercut: Un petit youtubeur devenu grand qui a le mérite de très bien connaître le cinéma et de vous faire découvrir régulièrement de jolies pépites méconnues! Et le Monsieur aime beaucoup Lovecraft donc forcément… il a toute sa place ici!

7- Le Coin du Bis: J’ai beau trouver le Youtube Game Cinéma globalement inintéressant (pour son contenu formaté et interchangeable se résumant aux blockbusters actuels/séries à la mode, ses mises en scène cringes et sa culture cinéma toute relative)… le passionné Matthieu Broussolle et moi, on partage le même amour du cinéma d’exploitation et ses multiples ramifications. Et je dois bien avouer que je lui dois quelques superbes découvertes déjà chroniquées ici!

8- La Théorie de Graham: Explorons maintenant des théories originales, passionnantes et méconnues sur vos films favoris avec La Théorie de Graham! Je n’ose pas imaginer les heures de travail et d’écriture derrière ces vidéos fascinantes mais le résultat est là…

9- Comment c’est raconté: A titre personnel, ce qui m’intéresse le plus au delà des films et de leur analyse, ce sont les anecdotes de tournage et la mécanique des scénarios! Et ça tombe bien car CCR (alias Baptiste Rambaud) est justement un podcast entièrement dédié à la structure narrative de nos bobines préférées! Et même s’i le podcast s’il s’est arrêté en bon chemin, c’est toujours un délice à écouter!

10- Culture Prohibée: Finissons maintenant avec le podcast des Films de la Gorgone (situé dans l’Oise) qui revient chaque semaine sur des thématiques ou des entretiens cinématographiques au gré des rééditions DVD. Inutile de préciser que le sujet porte bien souvent sur notre cinéma de genre adoré!

Et impossible de finir sans mentionner le site et forum Devil Dead (qui tient bon depuis plus de vingt ans malgré la concurrence rude des infâmes réseaux sociaux), le site de chroniques (entre autres choses) Psychovision du regretté Gilles « Mallox » Vannier, qui a l’instar de Mad Movies et de quelques autres, font partie des mines d’or intemporelles qui ont su nous donner goût au cinéma de genre et le faire sortir de son ghetto d’autrefois, sans pour autant se résigner à faire du putaclic et du consensuel sur les réseaux… Saluons aussi les initiatives françaises comme la plateforme de SVOD Shadowz qui, a l’heure où tout le monde ou presque regarde des films en streaming, a fait le choix courageux de mettre en avant l’horreur/épouvante à un prix tout à fait abordable!

Par contre, j’ai beau avoir cherché des podcasts spécialisés dans les thrillers/polars, je n’ai rien trouvé, y compris dans la sphère anglophone. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires!

PS: Signalons également un petit « nouveau », le podcast Croix2Malte, animé par Romain, dont la longueur est souvent affolante mais recèle d’informations innombrables et passionnantes sur le cinéma bis!

Bisseries: Wicked City (1987), The Feast (2021)

Wicked City/La Cité Interdite: Si d’Hideyuki Kikuchi, on retient surtout Vampire Hunter D, Wicked City est une autre de ses franchises cultes, sorte de version adulte et extrême de Demon City Shinjuku (du même auteur). Servi par de jolies animations fluides et effets de lumières, cet OAV de Yoshiaki Kawajiri (qui adaptera également d’autres œuvres cultes de Kikuchi par la suite) narrant un Japon en proie à une dissidence démoniaque (remettant en cause le traité de paix entre humains et démons) se distingue par son body horror inspiré (renvoyant directement aux œuvres phares du genre: The Thing, Alien, Videodrome et consorts)… tout autant qu’un aspect sexuel direct et assumé (le hentai n’est jamais très loin)! Et clairement, ce Wicked City vieillit bien, notamment grâce à un twist final qui met un peu de sens dans cette débauche de sexe et de violence! Si comme moi, vous aimez les polars urbains nerveux et hardboiled bien infusés d’horreur, foncez… même si cet anime n’évite pas quelques lourdeurs, comme le professeur Maiyart, particulièrement lourd et cliché…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098692/

The Feast: Même s’il est vrai qu’il met pas mal de temps à entamer les hostilités, ce long métrage de folk horror saura combler les plus téméraires d’entre vous! Servi par une mise en scène froide, minimaliste mais terriblement esthétique me rappelant les monuments Antichrist ou Midsommar (d’autres parlent du cinéma de Lanthimos), un rythme lancinant donc et une Annes Elwy terriblement inquiétante et magnétique, The Feast dresse également un portrait sans fard d’une famille bourgeoise complètement déconnectée et corrompue (où les victimes sont aussi -voire plus- étranges que le chasseur). Une relecture intelligente et moderne des légendes folks galloises. Inutile de vous attendre à des grands moments de gore par contre, Lee Haven Jones ayant choisi de favoriser les hors champs et la suggestions… ce qui rend son film encore plus insidieux!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt10738906/

Bisseries: Tesis (1996), Run and Kill (1993)

Tesis: Plongée dans les limites entre fiction et réalité avec le méta Tesis, premier long métrage d’Amenábar (découvert pour ma part avec l’excellent Les Autres) explorant l’univers suffocant des snuffs movies. On suit ici une étudiante en cinéma qui s’intéresse à la violence audiovisuelle pour son mémoire. Accompagné d’un autre étudiant érudit dans l’univers du cinéma de genre, elle va découvrir que sa propre université aurait peut être un lien avec une étudiante disparue dont le meurtre a été filmé… Même si le film a mal vieilli (seulement 696 000 euros de budget), il interroge intelligement notre rapport voyeuriste aux images et plus précisément au graveleux, à la violence, au morbide (autant te dire qu’on est bien concerné ici ah ah), dans la lignée de Vidéodrome et Funny Games. Et cette réflexion renforce le côté dérangeant de cette thématique, même si finalement elle reste globalement assez suggestive ici. Même si les interprètes principaux (Ana Torrent, Fele Martínez) portent le film avec leur duo improbable, on ne peut que déplorer en revanche que le personnage d’Ángela ne soit pas particulièrement attachant. De la même manière, une longueur excessive et des ficelles scénaristiques peu subtiles plombent également le visionnage. Mais pour un début ça reste foutrement intéressant, avec une jolie mise en scène, des personnages délicieusement ambigus et une ambiance paranoïaque en prime (comme De Palma en son temps)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0117883/

Run and Kill: Retour à la Catégorie III avec ce Run and Kill! Le quatrième métrage de Billy Tang (tout juste sorti de Dr Lamb) n’est ni plus ni moins que l’histoire de la descente aux enfers d’un homme trompé qui paye le prix fort de ses mauvais choix (et son manque de chance)! Polar poisseux à souhait, cruel et gore, le film est de ceux qui dépeignent une humanité particulièrement laide, brisée et sans espoir (comme beaucoup de métrages classés Catégorie III finalement). Bien mis en scène et joliment rythmé, il est impossible de s’ennuyer devant! Il souffre néanmoins d’un défaut majeur: son aspect comique peu subtil qui désamorce trop vite les scènes de tension et l’empathie qu’on est censé ressentir pour le personnage joué par Kent Cheng (pourtant déjà bien assez lâche et pathétique dès le départ pour en rajouter une couche). Une scène particulièrement atroce à la fin du métrage devrait néanmoins hanter vos esprits pour longtemps… Signalons évidemment la prestation mémorable de Simon Yam dans le rôle d’un tueur psychopathe rescapé du Vietnam!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0108600/

Des news!

Vous vous en êtes rendu compte: depuis quelques semaines, les publications ont repris… lentement mais sûrement! Le rythme ne devrait pas être trop s’accélérer par la suite parce que j’ai pas mal de choses sur le feu en ce moment, vous commencez à connaître la chanson!

Cette année (l’air de rien, la sixième pour votre serviteur), attendez vous à pas mal de chroniques de films cultes, des petits guides sur le cinéma d’horreur, de science-fiction, de thrillers et leurs multiples sous-genres (j’ai enfin commencé à déblayer le terrain pour ne pas publier ici pendant encore 30 ans, quoi ah ah), quelques autres formats surprises et évidemment (running gag oblige)… peut être la fin de ces foutus cycles hard SF et thrillers conspi pour enfin passer à autre chose, qui sait?

Par contre, je ne vous cache pas que pour ce qui est des films récents… vu ce qui sort en salles, ne vous attendez pas à grand chose (à deux doigts de lâcher un « c’était mieux avant! » ah ah)!

A bientôt et n’hésitez pas à commenter si le cœur vous en dit!

L’Envers du Culte: Malevil (1981), Invasion of The Body Snatchers (1978)

Malevil: S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette belle adaptation du roman (éponyme) de Robert Merle, c’est bien la poésie morbide qui émane de ses paysages désolés et des personnages qui errent parmi les ruines (on sent bien le passif de son réalisateur, Christian de Chalonge, jusqu’alors spécialisé dans les documentaires). Porté par un impressionnant/étonnant casting (Serrault, Dutronc, Villeret, Trintignant, Dhéry et j’en passe) et fouillant dans la psyché de ses personnages, le film est sans doute sorti trop tôt pour être réellement apprécié à sa juste valeur… Abordant des thématiques lourdes (solitude, deuil, espoir, humanité, civilisation, reconstruction,…), plutôt avare en dialogues, musiques et effets spéciaux (c’est du cinéma russe ou bien?), doté d’un rythme lancinant, Malevil n’est clairement pas fait pour le grand public. Il n’empêche que ce métrage revient régulièrement dans les meilleurs films post-apocalyptiques (nucléaire ici)… un univers où les français se sont finalement peu risqués! Avant gardiste donc mais d’autan plus marquant, il présente la survie quotidienne (et réaliste) de campagnards isolés au prise avec l’incompréhension, le deuil et bientôt les tensions avec des bandes rivales. Pas si loin d’un Threads visiblement!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082701/

Anecdotes:

  1. Le film a été tourné en Aveyron (Bertholène, Séverac l’Eglise) et dans l’Hérault (Le Caylar, Saint Thibéry).
  2. La fin (plutôt curieuse d’ailleurs) est totalement différente de celle du roman, c’est une des raisons qui poussera Merle à demander à ce que son nom soit retiré au générique.
  3. Le métrage fera tout de même 1,4 millions d’entrées lors de sa sortie en salles.

Invasion of The Body Snatchers/L’Invasion des profanateurs : Version sans doute plus connue que l’original (sympa mais vieillot) de 1956 ou que l’inutile remake de Ferrara, cette revisite bénéficie d’une jolie photographie et d’un beau casting (Sutherland, Nimoy, Adams, Goldblum, Cartwright). Nous suivons donc ici un groupe de résistants dans un San Francisco progressivement gangrené par des doppelgängers générés par un organisme extraterrestre inconnu… Plus body horror que science fiction comme son aîné… et surtout plus moderne, on retrouve la critique sociale si chère à Romero, notamment dans cette vision de la société de consommation et des sphères de pouvoir (très seventies finalement)! Mais… car il y a un gros mais, le gros problème du métrage est qu’il met énormément de temps à démarrer (une heure ou presque), ne montre jamais réellement les conséquences de l’invasion en dehors de ce quatuor et se perd même dans beaucoup de dialogues… Alors oui, le film joue beaucoup sur son ambiance fiévreuse/paranoïaque héritée des fifties qui monte crescendo, sur la suggestion… mais il faut bien avouer que quand le rythme s’emballe vraiment, pas mal de monde a déjà quitté le navire! De la même façon, je ne suis pas sûr que le monolithique Sutherland ait été un choix judicieux pour le rôle principal… Un remake mitigé donc!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0077745/

Anecdotes:

  1. Pas mal de cameos parsèment le film: Robert Duvall (qui nous a récemment quitté), Don Siegel (réalisateur du premier film), Kevin McCarthy (acteur principal de la première adaptation), Michael Chapman, Philip Kaufman lui même…
  2. Ce film a bénéficié d’un réel travail sur le son, ainsi, au fur et à mesure que l’invasion progresse, les bruits naturels (oiseaux, criquets) disparaissent, remplacés par le bruit urbain et oppressant des alarmes et des voitures…
  3. Veronica Cartwright jouera dans une autre adaptation du roman de Walter Braden Finney: Invasion, sorti en 2007.
  4. Durant la scène finale, l’effroi de Cartwright est réel, ne sachant pas comment le film se terminait.

L’Envers du Culte: The Hitcher (1986), L’Etrange créature du lac noir (1954)

The Hitcher: Il y a des films que vous regrettez de ne pas avoir vu plus tôt dans votre vie… The Hitcher est de ceux là! Déjà, il y a Rutger Hauer (et son énorme charisme) dans le rôle d’un énigmatique auto-stoppeur, psychopathe, inarrêtable et imprévisible. Rien que ça, j’ai déjà envie de voir le film… Et il est vrai que sans lui, le film ne serait qu’une sympathique série B! A la croisée du western crépusculaire sur fond de désert californien, du survival psychologique et « routier » à la Duel (où le jeu du chat et de la souris ne s’arrête jamais donc), le métrage se pose comme un modèle en terme de rythme et d’inventivité. Poisseux, violent (mais rarement gratuit), sadique, à l’image du mal qui contaminera aussi le personnage principal, ce premier long métrage de Robert Harmon (dont le reste de la carrière sera hélas plutôt confidentiel) est également de ces films dont vous ne sortez pas indemne! A noter, que l’on retrouve également la jeune Jennifer Jason Leigh (déjà vue dans le très bon La Chair et le Sang) au casting! Je n’en dirais pas plus pour réserver la surprise aux chanceuses et chanceux qui ne l’ont pas encore vu!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0091209/

Anecdotes:

  1. Le film s’inspire d’un vrai fait divers (Billy Cook qui se faisait passer pour un auto-stoppeur et tua six personnes dans les années 1950) et de la célèbre chanson Riders on the Storm des Doors (d’où le nom de l’antagoniste).
  2. On pensa d’abord à Terence StampSam Elliott puis Michael Ironside pour le rôle de John Ryder. Rutger Hauer réalisa la plupart de ses cascades lui même. Matthew ModineTom Cruise, Emilio Estevez et Charlie Sheen furent pressentis pour le rôle de Jim.
  3.  Le métrage fut tourné en grande partie en Californie (Amboy, Barstow, le désert des Mojaves, la vallée de la Mort, le comté d’Imperial et Los Angeles) et au Lake Mead.
  4. La première version du scénario était bien plus longue (quasi trois heures de film) et gore, à la limite du slasher. Eric Red, son créateur, y fait d’ailleurs un caméo. La mort de Nash est une idée d’Hauer lui même!
  5. The Hitcher est un des films favoris de Christopher Nolan.

L’Etrange Créature du Lac Noir: Faisant partie des derniers Universal Monsters (univers qui s’étend tout de même sur quatre décennies) et bénéficiant d’un très joli noir et blanc, ce classique des films de monstres a tout pour plaire: des décors originaux et sublimes (extérieurs et fonds marins), un joli casting, une créature plutôt étrange (conçue par Milicent Patrick). Il faut dire qu’à la caméra, c’est Jack Arnold, qui a réalisera peu de temps après Tarentula et L’Homme qui rétrécit. Pour ce qui est du scénario… et bien, les ficelles sont désormais tellement rodées (monstre obsédée par la femme d’un des héros façon King Kong, opposition un peu trop manichéenne entre scientifiques et mercenaires,…) qu’elles sont prévisibles et que l’on peut facilement deviner l’issue du film mais l’excellente interprétation et la beauté du cadre permet de passer outre sans trop de difficulté! Ceci dit, on est loin de la perfection de La Momie et des deux premiers opus de Frankenstein! Ce qui n’empêchera pas Universal d’en produire deux suites: La Revanche de la créature (du même réalisateur) en 1955 et La créature est parmi nous en 1956.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0046876/

Anecdotes:

  1. La Créature (nommée parfois « Gill-Man ») est inspirée de deux monstres marins légendaires de la Renaissance: « l’évêque marin » et le « sea monk »! Quand elle attaque un ennemi, elle tournoie à la manière des crocodiles! Le scénario, lui, est largement influencé par La Belle et la Bête.
  2. Le film fait partie des premiers projets de films destinés à sortir en 3D en salles! Mais cette mode ralentira fortement dès 1953. Beaucoup de spectateurs verront donc le film dans sa version « normale » à l’époque! Il faudra attendre les années 1970 pour que la version 3D ressorte!
  3. Les scènes aquatiques ont été filmées en Floride (Silver Springs et Wakulla). Deux acteurs jouent la Créature: Ben Chapman et Ricou Browning (le premier pour les scènes terrestres, l’autre pour les scènes aquatiques). Le second était d’ailleurs plongeur professionnel.
  4. C’est un des métrages d’épouvante/fantastique favoris de Steven Spielberg, influence qui se ressentira particulièrement dans son Jaws! Même chose pour Ingmar Bergman!
  5. Différents projets de remake font régulièrement surface depuis les années 1980… sans aboutissement à ce jour! The Shape of Water de Del Toro recyclera d’ailleurs des idées du réalisateur pour un remake refusé par Universal.

Bisseries: Star Time (1992), Vicious Fun (2020)

Star Time: Film de psycho-killer visiblement peu connu en Europe, Star Time est un joli petit OVNI des nineties. Avec une approche stylisée très proche du cinéma de David Lynch (avec une bonne louche de critique médiatique à la Videodrome tout de même), ce premier long métrage d’Alexander Cassini, sorti deux ans seulement après Twin Peaks, reprend à son compte le mélange entre contemplation, étrange et grotesque propre au regretté cinéaste. Timeline (volontairement) floue, traumas, fantasmes, hallucinations, si comme moi, la part psychologique et « sensorielle » d’un film d’exploitation vous motive plus que voir de la bidoche toutes les cinq secondes, Star Time est peut être bien le cauchemar fiévreux qu’il vous faut! Dommage que le film reste trop « sage » par moments… Portée par une belle mise en scène et la prestation de Michael St. Gerard, parfait dans son rôle de paumé assoiffé de gloire télévisuelle (comme le reste du casting principal: John P. Ryan en mentor diabolique, la jolie Maureen Teefy en assistante sociale prise au piège), si vous pensiez voir un slasher de plus… vous risquez d’être surpris!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0105464/

Vicious Fun: Ayant perdu l’essentiel des notes prises pendant ce visionnage (qui date), je vais essayer de faire au mieux avec mes souvenirs… Comédie « méta » dans la droite lignée de Shaun of The Dead, ce métrage joue avec habileté des codes et clichés des slashers des 80’s avec son histoire de critique de zine horrifique se retrouvant par erreur dans une réunion de serial killers. Bien rythmée, joliment mise en scène, le film est foncièrement drôle sans être lourd et rend de la même manière un joli hommage aux films de genre sans être putassier! Portée également par une jolie brochette de personnages et du gore généreux, Vicious Fun est le genre de comédie sans prétention qui se révèle inventive et très agréable à regarder, avec un bon équilibre entre horreur et comédie!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt11778118/

A l’affiche: Running Man (2025), Bugonia (2025)

Running Man: Mettons d’emblée les choses au clair: le cinéma d’Edgar Wright m’intéresse bien plus pour sa mise en scène et son montage que pour son propos. Si le gars s’est fait connaître par une trilogie de comédies (genre dont je ne suis pas particulièrement friand, au passage) devenues cultes depuis… il faut bien dire que Last Night In Soho m’avait bien réconcilié avec le bonhomme! Hélas, si ce Running Man version 2025 démontre une bien belle maîtrise technique (mise en scène, montage, visuel), le film peine bien à cacher les lacunes et incohérences de son (maigre) scénario sur la longueur! Que dire de plus? C’est plutôt bien rythmé, avec de bons retournements de situation et un sympathique caméo de Michael Cerra (sans doute le meilleur personnage du film) mais on a bien du mal à ressentir de la peur pour le personnage principal, vu les grosses ficelles du scénario et les touches d’humour omniprésentes… Et justement, mettre Glen Powell en acteur principal, c’est un choix très discutable! En tout cas si on souhaite que le public s’attache au personnage… Même (le grand) Josh Brolin en mode pilote automatique arrive à être plus convaincant… c’est dire! Question message/thématiques, le ton semble tellement cynique et désabusé (très actuel finalement, au moins autant que ce que le métrage est censé dénoncer) qu’on ne sait pas vraiment si Wright croit réellement au populisme porté par son héros. Au moins, on évite le manichéisme à deux balles, souvent omniprésent dans les films dystopiques… Quand à la comparaison avec l’adaptation de 1987 ou le livre de Stephen King, ne les connaissant pas, cette chronique s’arrêtera ici. Un bon film de divertissement mais pour le reste, cette satire manque cruellement de finesse…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt14107334/

Bugonia: Mélange de comédie noire, de thriller et de SF (un tout petit peu), ce métrage laisse une impression… pour le moins étrange. Si on peut saluer les prestations solides d’Emma Stone et de (l’excellent) Jesse Plemons qui portent totalement le film sur leurs épaules… Bugonia tient quand même de la (belle) coquille vide! C’est loin d’être mal filmé (ou même mal joué) mais l’histoire n’est franchement pas passionnante et on s’ennuie même ferme par moments (la folie du final se fait salement attendre dirons nous) ! On passera sur le tir sur l’ambulance que constitue tout l’effet comique des deux personnages conspirationnistes (puisqu’aucun complot n’a jamais existé dans l’Histoire et les médias traditionnels, qui n’ont d’ailleurs aucun collusion avec les politiques, donnent une version toujours parfaitement objective des faits, c’est bien connu… il s’agirait de grandir à un moment, les fragiles). Bien que peu connaisseur de la filmographie et l’univers de Lánthimos, je suis un grand fan d’humour absurde/noir et je ne peux que déplorer une prise de risques ici proche de zéro… Pour un remake d’un film parlant d’écologie et de capitalisme (pourtant deux enjeux majeurs actuels), c’est franchement raté et on frise souvent le ridicule d’un Mickey 17… A croire que la bien-pensance bobo-gauchiste actuelle (en fin de course, ouf!) a une vision du monde (enfin de tous ceux qui ne pensent pas comme eux surtout… ce qui fait un paquet de monde) tellement caricaturale qu’elle est incapable de produire une seule bonne satire ces derniers temps… A réserver à ceux qui adorent les archétypes et le manque cruel de subtilité/courage, finalement! Les autres, passez votre chemin!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/fr/title/tt12300742/

Bisseries: When Evil Lurks (2023), The Sadness (2021)

When Evil Lurks: Bonne petite surprise que ce métrage américano-argentin! Traitant du sujet très éculé de la possession démoniaque mais en y injectant du folk horror, une logique de contamination, des anti-héros plutôt attachants au passé un brin torturé et une brutalité sans concession (si vous avez des enfants, ça risque de piquer !), je parie sans grand risque que ce When Evil Lurks signé Demián Rugna risque de vite devenir une référence dans sa catégorie! Dommage pour cette fin un peu poussive à mon goût mais qui renforce tout de même le nihilisme absolu du film! On apprécie aussi la jolie photographie, la métaphore du capitalisme international qui pourrit tout ce qu’il touche, un sentiment de paranoïa qui monte crescendo et un rythme lancinant assez bien maîtrisé (malgré une seconde partie assez inégale)! Une belle curiosité à découvrir en tout cas!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt16300962/

The Sadness: Bien que n’étant pas spécialement fan de gore (c’est même de pire en pire en vieillissant), j’avais forcément entendu parler de ce film taïwanais (réalisé par le canadien Rob Jabbaz dont c’est le premier long métrage) qui avait fait parler de lui et surfait clairement sur le bordel sanitaire/social qu’a été le Covid19 (et son lot d’angoisses associées). Alors oui, c’est clairement sanglant à souhait, brutal (on apprécie le clin d’œil -involontaire ?- à Irréversible), malsain, sans limite et ça rappelle forcément les meilleurs heures de la Catégorie III (un argument qui a fini par me convaincre de regarder le film, d’ailleurs) et entre le rythme nerveux et le propos très actuel sur les dérives des sociétés modernes (addiction à la technologie, individualisme mortifère, gestion catastrophique de l’épidémie par des politiciens opportunistes, harcèlement,…), c’est franchement plaisant à regarder à mon sens! On pourrait bien sûr pointer du doigt un mode de contamination peu clair, un propos intéressant mais peu exploité et un film d’infectés qui finalement arrive 5 ans après la bataille (pas comme si ce sous-genre regorgeait de pépites mais quand même) mais ne boudons pas notre plaisir, il y a de l’originalité, une bonne mise en scène, quelques touches d’humour, des infectés réussis, une fin ouverte à la poésie morbide,.. Que voulez vous de plus?

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt13872248/

Bisseries: A tombeau ouvert (1999), Alucarda (1977)

A Tombeau ouvert: Même s’il n’est pas le meilleur Scorsese (ni le pire), ce métrage possède une ambiance badante à souhait qu’on aura du mal à trouver ailleurs (on pense à plusieurs reprises à Taxi Driver… forcément ou même à Night Call). Cage, Goodman et Arquette campe un trio parfait de personnages abîmés par la vie dont les destins se croisent (mais qui est parfaitement intact dans ce film en même temps?). Alors oui, par moments, il ne se passe pas grand chose (à l’instar du quotidien du Frank Pierce) et ça manque quand même de subtilité par moments mais la mise en scène ingénieuse du Monsieur, la photographie de Robert Richardson, l’univers nocturne désenchanté de ces ambulanciers et les récurrentes hallucinations morbides du personnage principal font passer la pilule sans (trop de) mal! On retrouve bien évidemment les thématiques chères à l’italien: la mort (et même l’euthanasie ici), la religion, les personnages déglingosses, la dope et même une bonne pincée de comédie! Notons également une belle BO bien rock! Alors i vous souhaitez faire un grand bain dans les bas fonds de la Grande Pomme…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0163988/

Alucarda: Joli mélange de folk horror, sorcellerie et nunsploitation que ce métrage mexicain à l’esthétique européenne très 60’s-70’s (amis de la Hammer, foncez!). On pense plusieurs fois à Blood on Satan’s Claw, Dark Waters voire à certains films de Jess Franco (excusez du peu!). Efficace avec peu (malgré une certaine générosité en nudité et en effets gore) et mettant en scène avec efficacité des thèmes récurents du cinéma d’épouvante comme la possession, le pacte avec le Malin, l’opposition entre bien et mal, science et foi, voire les paradoxes religieux ou la normalité tout court, cette adaptation libre du classique Carmilla brille donc par une certaine subtilité dans le propos comme dans ses atmosphères étranges, surréalistes et gothiques! Porté par l’excellente Tina Romero et la jolie mise en scène de Juan López Moctezuma (notamment dans ses scènes d’extérieur), ses seuls véritables points faibles est que le film arrive un peu tard dans les seventies pour véritablement marquer les esprits… et un final un peu décevant, il faut bien le dire!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0075666/