Bisseries: Millénium 2 (2009), Millénium 3 (2010)

Vu qu’on s’est déjà maté le Millénium de Fincher, il est temps de visionner la trilogie de films suédois signés Niels Arden Oplev/Daniel Alfredson, tournée dans la foulée et sortie deux ans avant le remake de Fincher. On finira plus tard avec le premier, histoire de pouvoir comparer tout ça à tête reposée! A savoir que la mini série de 2010 compile justement ces trois films (version longue) en six « épisodes ». Ca va, on suit dans le fond?

Venons en déjà aux interprétations des deux protagonistes: Noomi Rapace est clairement celle qui s’en sort le mieux dans cette trilogie, plus badass et moins « freak » que la Lisbeth Salander jouée par Mara (qui jouait plus sur la complémentarité avec Blomkvist). Quand à Michael Nyqvist (vu ensuite dans John Wick, Europa Report et Mission Impossible 4) qui interprète Mikael Blomkvist, il est clairement moins charismatique que Craig mais gagne sans doute en humanité. Deux salles, deux ambiances, donc!

Millénium 2: La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2009): Adaptation du second tome de Stieg Larsson, ce second opus se recentre sur le personnage de Lisbeth et son passé (pour faire bref et sans trop spoiler Salander se retrouvera accusée de triple meurtre dans une machination mélangeant prostitution, corruption politique et vengeance personnelle), tout en s’inscrivant dans la continuité du premier film. Changement de réal pour celui ci puisque c’est Daniel Alfredson qui prend la caméra. Et autant vous le dire tout de suite, les plus gros défauts de ce film sont un montage peu inspiré et une intrigue nébuleuse mais aussi plus classique que sur le film précédent, qui je pense plaira surtout aux fans de la saga et aux plus curieux. Autres changements: la réalisation au format/grain typiquement téléfilm (contrairement au premier opus, les deux derniers volets sont véritablement des téléfilms) qui colle finalement bien avec l’ambiance générale… et un cadre d’action nettement plus urbain (mais toujours aussi glauque). Comme dans le premier film, chacun des deux protagonistes principaux mène son enquête de son côté, ce qui donne un rythme assez particulier au récit, dépassant cette fois encore les deux heures. Une fois de plus, c’est clairement le personnage de Lisbeth Salander qu’on retiendra, toujours incarnée par une Noomi Rapace investie et en grande forme! Et disons le clairement, si ce Millénium 2 se laisse regarder, c’est surtout pour sa performance et en apprendre plus sur son personnage, car il reste bien en deça de son aîné!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt1216487/

Millénium 3: La Reine dans le palais des courants d’air (2010): Dans ce film, suite directe du second et adaptation du troisième roman, c’est Blomkvist que l’on verra la plupart du temps (le temps d’apprécier les qualités du journaliste et de son équipe mais aussi une Salander plus « ordinaire »), Salander étant hospitalisée puis incarcérée le temps de son procès (accusée d’homicide, pour ceux qui ne suivent pas). On apprend au passage que Zalachenko est en vie, que Niedermann est en cavale et qu’un petit groupe secret est bien déterminé pour faire disparaître tous ces témoins gênants (Salander comprise), on assiste aussi au retour du Docteur Teleborian… de quoi nous faire tenir ces deux heures et demie finales, donc! Le côté téléfilm est beaucoup moins dérangeant ici car le rythme est totalement maîtrisé (malgré ses contraintes de lieux) et l’intrigue plus limpide (car amorcée avec le second opus), même si elle réserve son lot de twists, de noirceur, de machinations, de vengeances. C’est d’ailleurs toujours Alfredson à la caméra! Au registre des plaintes, un certain côté too much est à noter (le relooking de Salander pendant son procès, le procès puis le démantelement de la Section qui se déroulent sans accrocs majeurs) mais c’est vraiment pour pinailler! Annika Hallin, incarnant l’avocate de Salander, est clairement une plus value dans ce film, même si Lena Endre (Erika Berger) fait toujours admirablement le taf, faisant définitivement de Millénium, une saga de thrillers donnant une part belle aux rôles de femmes fortes (comme le voulait Larsson). Un bon ptit thriller/polar en somme!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt1343097/

Bisseries: Primer (2004), Society (1989)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule complet. Primer est de ceux là. L’histoire?Deux collègues de travail passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…et un jour, celle ci se met à fonctionner! Le sujet semble intéressant de prime abord…mais la mise en scène et les dialogues sont volontairement cryptiques pour que de multiples visionnages soient indispensables à la compréhension du métrage. Mouais… Le comble: les personnages ne sont pas fouillés, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose même quand le métrage est censé nous captiver). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles avec Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. La hard SF et les films WTF, d’habitude je suis client mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je vous conseillerais quand même de le visionner pour vous faire une idée.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0390384/

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Society: Premier et rare film « potable » de la carrière de Brian Yuzna, Society est clairement un film en demie teinte, à savoir présentant des FX réussis (signés Screaming Mad George, qu’on retrouvera dans plusieurs films de genre par la suite), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario et une réalisation « téléfilm » qui ne semblent pas trop où aller, voire n’osent pas aller assez loin. Pourtant entre paranoïa latente (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) comme métaphore de la lutte des classes et du passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense souvent à Invasion Los Angeles, Twin Peaks, Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste (fatalement), voire même Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant lui aussi de rester dans les mémoires. Alors on suit péniblement ce simili-teen movie, jusqu’à l’explosion finale, grotesque et répugnante orgie de chair (qui aurait eu tout intérêt à se montrer plus tôt) qui comblera les amateurs de bizarreries dont je suis… Quel gâchis!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098354/

Bisseries: Millénium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2011), Snake Eyes (1998)

Millénium (2011): Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de la trilogie, plus précisement) ni vu la mini série suédoise de 2009 (avec Noomi Rapace). Mais j’ai cru comprendre que cette adaptation était globalement assez fidèle!

Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le soporifique The Social Network du même réal) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est évidemment son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme ce thriller n’est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse (parfois meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille) et des héros solitaires et torturés, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire, voire détonnant avec le reste du film), grâce également à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross, désormais collaborateurs réguliers du réal). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit ici de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci se révèle assez indigeste sur la durée. Plus subtil qu’il n’y paraît, diablement efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt1568346/

Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmographie, Snake Eyes est porté par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire relate l’enquête de deux vieilles connaissances sur l’asssassinat d’un secrétaire d’état pendant un match de boxe auquel elles assistaient Ce huis clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carriériste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, scènes en vue subjective, travelling en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là (pouvoir des images, corruption, mensonge, bref encore une fois le spectre d’Hitchcock n’est pas bien loin) ! Mais malgré toute la virtuosité de De Palma, le dernier tiers sombre hélas dans des écueils qui pouvaient passer jusque là au second plan: ses personnages principaux en font trop (Sinise notamment… vu que Cage et la sobriété, voilà quoi!), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique finit par franchement lasser. Sans ça et avec un budget un peu plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0120832/

L’Envers du Culte: Ebola Syndrome (1996), La Course à la mort de l’an 2000 (1975)

Première incursion dans le territoire de la catégorie III pour votre serviteur qui a pris une sacrée mandale, même après deux décennies à regarder des dégueulasseries sur petit et grand écran (il faut croire que l’excellente vidéo du Coin du bis et le PIFFcast sur le sujet ont payé)!

Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la catégorie III donc, Ebola Syndrome est juste totalement barré, immoral et inventif au possible! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans l’immonde et le subversif, ce métrage va plus loin, un peu comme dans certains films de Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola, survit… et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! Oui, on a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler de la prestation folle d’Anthony Wong, acteur phare du genre (on notera aussi la présence de Shing Fui-On et Yeung-Ming Wan, têtes bien connues du cinéma local), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas foncièrement plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité et les peurs de l’époque (virus, tueurs en série, risque de rétrocession chinoise,…), du côté très exploit’ de la catégorie III (surjeu et personnages caricaturaux, sexe et violence omniprésents, effets fauchés quoique peu gores ici, mise en scène et musique parfois aléatoires,…) qui fait que je ne conseillerais clairement pas ce genre de films à tout le monde, de son rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême… De quoi passer un bon moment! On regrettera juste certaines longueurs et une fin assez décevante. Hong Kong ne se résume défintivement pas au cinéma de John Woo et de Tsui Hark, les amis… et il se pourrait tout à fait qu’un cycle catégorie III voit le jour un de ces quatre, vu le potentiel du merdier!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0116163/

Anecdotes:

  1. Ce film est un remake (à peine) déguisé de The Untold Story du même réalisateur, avec… Anthony Wong et inspirée d’un véritable fait divers.
  2. Le métrage parodie certaines scènes d’Alerte! sorti un an plus tôt et traitant également du virus Ebola.
  3. La version uncut dévoile deux minutes de scènes gores coupées au montage au moment de sa sortie en salles.

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La Course à la mort de l’an 2000: Et bien, moi qui m’attendait à un banal film bis produit par Roger Corman, il ne faudra pas qu’en plus d’avoir passé un agréable moment, ce film ait du fond! Inventif malgré son petit budget, ce métrage décrit une course automobile dans un monde dystopique où le monde est gouverné par un seul homme (tandis que la course transcontinentale est la version moderne du « pain et des jeux »). Mais cette année… il y aura un participant surprise en plus! Fun (entre le gore et les jolies filles peu farouches, l’amateur d’exploitation ne sera pas trop dépaysé) et doté d’un bel humour noir, il tacle évidemment les médias et le monde politique marchant main dans la main. Un film pionner et visionnaire qui profite bien évidemment du succès de Rollerball, avec qui il partage plusieurs points communs. David Caradine (que l’on retrouvera dans Cannonball du même Paul Bartel) y incarne le pilote favori tandis qu’on y retrouve aussi un certain Stallone… un avant Rocky! Jouissif!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0072856/

Anecdotes:

  1. La plupart des voitures utilisées dans les films étaient des engins qui plafonnaient à 100 km/heure. Il a donc fallu faire preuve d’ingéniosité pour donner une impression de vitesse lors du tournage. Caradine et Stallone n’utilisèrent d’ailleurs pas de doublure.
  2. Le film est inspiré en partie de la nouvelle The Racer d’Ib Melchior.
  3. Le rôle de Frankenstein a été proposé à Peter Fonda qui déclina l’offre, jugeant le film ridicule. Le costume du personnage inspirera plus tard celui de Judge Dredd
  4. La violence de la course et ses règles pour le moins saugrenues inspireront de nombreux jeux vidéos des années 1990/2000: Carmageddon, Burnout, Destruction Derby et bien d’autres!

L’Envers du Culte: Le Fugitif (1993), Le Samouraï (1967)

Alors, ma foi, je n’ai pas grand chose à dire sur ce film mêlant assez habilement thriller et action, adapté d’une série des sixties (dont le concept sera repris dans les années 2000 puis 2020), hormis la performance de ses deux acteurs principaux Harrison Ford/Tommy Lee Jones et un rythme général assez bien mené le long de ses deux heures dans un Chicago bien gris… tant son suspense n’a pas fonctionné sur moi. Est ce le scénario aujourd’hui cliché et prévisible (un médecin accusé à tort du meutre de sa femme faute de preuves, un marshal zélé qui le poursuit, un ami qui n’en est finalement pas un, la découverte d’un complot de grande ampleur aux deux tiers du film et j’en passe), des facilités d’écriture qui deviennent des gimmicks poussifs et ridicules (les marshals constamment à la traîne, par exemple), le film même qui a quand même passablement vieilli, la mise en scène finalement peu mémorable, le scénario qui se casse vite la gueule question crédibilité passée la première heure ou… tout ça à la fois? Je ne saurais trop dire, toujours est il que j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Peut etre parce que les blockbusters US n’ont jamais été ma tasse de thé. Et là, vous demanderez sûrement que ce que ce brave Andrew Davis a fait d’autre dans sa carrière? Bah des films de seconde zone avec Norris, Seagal et Schwarzy (bref, tout ce que vous ne verrez jamais chroniqué ici)… Tout s’explique! Au moins, on ne passe pas trop un sale moment ici (toujours conclure sur du positif)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0106977/

Anecdotes:

  1. Ford et Jones (qui reprendra son rôle dans U.S. Marshals) n’étaient pas les premiers choix pour les rôles principaux. C’était Kevin Costner et Gene Hackman qui étaient pressentis au départ. Ford refusa le rôle d’Alan Grant dans Jurassic Park pour tourner le film.
  2. Harisson Ford se blessa sévèrement au genou pendant le tournage. Une grande partie du film a été tourné dans les Great Smoky Mountains, en Caroline du Nord.
  3. Beaucoup de scènes furent improvisées, comme celle de l’interrogatoire à Chicago ou celle de la parade de la Saint Patrick.
  4. Minority Report partage beaucoup de points communs avec Le Fugitif.

Le Samouraï: C’est vrai qu’ici, on parle énormément de films d’exploitation mais il se trouve que j’adore les films français des années 60/70 d’autant plus s’ils versent dans le polar… seulement j’ai encore de grosses lacunes dans ce carcan. Et c’est particulièrement le cas avec la filmographie d’Alain Delon et de Jean-Pierre Melville! Mais c’est désormais chose faite avec ce Samouraï! Au delà de la superbe photographie et de l’interprétation magistrale de Delon dans ce rôle de tueur à gages impassible et solitaire (ou quand la profession a achevé de phagocyter l’humain), c’est avant tout l’ambiance poisseuse et haletante de ce film noir que l’on retiendra… et la mise en scène brillante et minimaliste de Melville, évidemment! Les scénarios de tueurs qui se retrouvent traqués dans une urbanité glauque sont pourtant légion mais celui ci est tout simplement fascinant et intense! Le voilà, le cinéma français que l’on aime! Un film qui fera d’ailleurs date au vu des réalisateurs influents qu’il a inspiré: Walter Hill, John Woo, Nicolas Winding Refn, Jim Jarmusch, Johnnie To pour les plus évidents mais bien d’autres encore!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0062229/

Anecdotes:

  1. Si le film est adapté d’un roman « The Ronin » de Joan MacLeod (bizarrement introuvable de nos jours), il s’inspire également du film Tueur à gages/This Gun for Hire de Frank Tuttle.
  2. Ce métrage marque les débuts au cinéma de Nathalie Delon (alors épouse du comédien).
  3. Les studios Jenner dans lesquels ont été tournés une partie du film ont été ravagés par un incendie pendant le tournage. Les décors ont donc dûs être reconstruits en un temps record (deux semaines).
  4. Le Samouraï est si avare en dialogues qu’il faut attendre environ dix minutes pour que la première réplique soit prononcée!

L’Envers du Culte: Re-Animator (1985), Le Jour des Morts-Vivants (1985)

Re-Animator (1985): Après ce premier visonnage (complet cette fois ci, je dois bien confesser avoir eu du mal plus jeune avec le cinéma du regretté Stuart Gordon), je comprends mieux pourquoi ce film a traversé les années! Mélange de gore outrancier et de comédie noire décomplexée avec ce qu’il faut de sexe (délicieuse Barbara Crampton), références à Lovecraft (le film est l’adaptation de la nouvelle Herbert West, réanimateur), ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet de la saga a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films bis et d’exploitation. Re-Animator n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois un peu cheap (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs (l’autre jeune révélation du film avec Crampton) et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par son atmosphère morbide omniprésente. Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo Gordon/Yuzna et frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largement plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant parfois le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon (produit par son associé de toujours, Brian Yuzna), avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0089885/

Anecdotes:

  1. Le film remporta plusieurs prix (dont une mention à Avoriaz en 1986), notamment pour ses effets spéciaux. Plus de 90 litres de faux sang furent utilisés pour le métrage.
  2. Hurlements, Evil Dead et The Revenge of Frankenstein sont les inspirations majeures du métrage.
  3. Stuart Gordon adaptera directement d’autres oeuvres de H.P. Lovecraft au cours de sa carrière: From Beyond, Dagon, le segment Dreams in the Witch-House (Masters of Horror).
  4. Le rôle du Dr Hill était initialement prévu pour Christopher Lee. Le premier cadavre réanimé par West est joué par la doublure d’Arnold Schwarzenegger.
  5. Le film fut tourné en seulement 18 jours.

Le Jour des Morts-Vivants:

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  • Petit guide du cinéma d’horreur et son évolution: 1 2
  • Petit guide du cinéma de SF et son évolution: 1 2
  • Petit guide du thriller au cinéma et son évolution: 1 2
  • 15 réalisateurs favoris du Taulier
  • 15 films d’horreur ultimes

Bisseries: Le Massacre des morts-vivants (1974)

Réalisé par Jorge Grau, réal espagnol passé quasiment sous les radars (et qui a également signé Cérémonie Sanglante sur la comtesse Bathory), ce film, petit joyeu de l’horreur vintage que vous trouverez peut être plus facilement sous les titres Let sleeping corpses lie ou The Living dead at Manchester morgue, a sans doute connu un seconde souffle grâce à l’interview cinématographique de Jus Oborn, guitariste et leader d’Electric Wizard, excellent groupe de stoner doom réputé pour son visuel et thématiques très bis (et qui samplera d’ailleurs une scène du film). En tout cas, c’est par ce biais là que j’ai découvert le métrage, qui offre de bien belles qualités…

Pour ce film figurant parmi les tout premiers films de zombies modernes européens (hispano-italien ici), Grau se paye le luxe de s’offrir un postulat écologique et anti-technologique (là aussi une première): ici les villes modernes réflètent le progrès dans toute sa laideur et ce sont bien des machines à ultra-sons (censées exterminer insectes et autres parasites des récoltes) qui provoquent le réveil des carcasses inhumées. Le couple de héros, hippies citadins parachutés dans la campagne anglaise par la force des choses, traités comme des malpropres par des autorités zèlées et bornées, va être confronté aux créatures et ne compter que sur eux même pour leur propre survie. Un film crépusculaire et contestataire à bien des niveaux donc (rappelons que le film sort dans les dernières années du régime franquiste), avec un vrai propos et une pointe d’humour, n’hésitant pas à prendre son temps pour poser ses ambiances (à l’instar de la lenteur de ses zombies), soigner sa photographie pour sublimer les décors, avant de tout exploser dans un dernier tiers gore et noir à souhait que Romero et Fulci auraient forcément validé (on retrouve d’ailleurs un certain Giannetto De Rossi aux effets spéciaux). Pour finir, inutile de préciser que Le Massacre réussit tout cela malgré son petit budget…comme c’est le cas d’un certain nombre de films d’exploitation de l’époque!

Comme quoi, certains métrages ne méritent vraiment pas le sort qui leur a été réservé… Si avec ça, j’arrive pas à vous vendre le film, je me la coupe et je la mange facecam, ok?

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0071431/

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2015/11/26/le-massacre-des-morts-vivants-de-jorge-grau/ http://mondocine.net/le-massacre-des-morts-vivants-critique/ https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/2098-massacre-des-morts-vivants-le

L’Envers du Culte: Lost Highway (1997), Häxan (1922)

Lost Highway: Alors pour faire simple et parce que je n’ai pas trop envie de trop vous spoiler le film, Lost Highway commence comme une histoire d’homicide étrange qui va en croiser une autre… jusqu’à la révélation finale, qui achèvera la boucle narrative. Il est bien évidemment ici question de désir, de jalousie mais aussi et surtout de doubles, de troubles d’identité, de narration alternative tout en restant relativement compréhensible, ce qui n’est pas le cas de tous les films de Lynch (ce qui, à mon avis, fait tout le sel de son cinéma mais a pu bien lui desservir à la longue). L’étrangeté et l’ambiance onirique/surréaliste y sont bien dosées (façon Twin Peaks). Les clins d’oeil entre les deux histoires sont suffisament nombreux pour le spectateur lambda, ce qui fait de Lost Highway une bonne porte d’entrée vers un univers lynchéen plus expérimental avant le chef d’oeuvre suivant qu’est Mulholland Drive (avec lequel ce film partage beaucoup de points communs). C’est à mon sens le véritable tour de force de ce film! Autrement, les rôles principaux sont bien campés (Pullman, Blake, Loggia, putain, quelle classe!), il y a une floppée d’acteurs connus dans les seconds, Patricia Arquette, elle, crève littéralement l’écran dans le rôle de la femme fatale héritée des films noirs. Le film est bien rythmé, bien filmé (à cheval entre modernité et vintage) et tient en haleine le spectateur sur plus de deux heures. La bande-son est à tomber: Billy Corgan, David Bowie, Marilyn Manson, Brian Eno, Rammstein, Lou Reed, This Mortal Coil et d’autres… Franchement, que demander de plus? Un revisionnage grandement appréciable dans tous les cas!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0116922/

Anecdotes:

  1. Le scénario du film a été écrit à quatre mains par Lynch et l’écrivain Barry Gifford (dont Lynch a adapté Sailor et Lula sept ans plus tôt)…et parce que le réalisateur adorait l’expression « lost highway » dans son livre Night People.
  2. Le film s’inspire en partie de l’affaire O. J. Simpson et
  3. L’apparence de l’homme mystère, interprété par Robert Blake a été improvisée par ce dernier, auquel Lynch a laissé quartier libre.
  4. La maison de Fred et Renée est une des propriétés de David Lynch, remodelée pour l’occasion.
  5. Initialement, Lynch voulait filmer le métrage en noir et blanc. Il s’arrange finalement avec Peter Deming, directeur de la photographie, pour tourner la plupart des scènes de nuit, sans toucher aux constrastes en post-production.

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Häxan/La Sorcellerie à travers les âges: Film d’épouvante pionnier des années 1920 et souvent oublié au profit des expressionnistes Nosferatu et Le Cabinet du Docteur Caligari, Häxan se présente de prime abord sous la forme d’un documentaire sur la sorcellerie et son « évolution », des temps anciens jusqu’à nos jours. Au final, le métrage oscille plutôt entre fiction fantastique et scénettes satiriques, contrainte du cinéma muet oblige, j’imagine! Cette association de tons est plutôt efficace et permet des séquences osées (les scènes de nus, la critique du rigorisme religieux, par exemple) et inspirées pour l’époque, même si l’ombre de Méliès (ou des grands peintres flamands) n’est jamais très loin! Si le film a plutôt bien traversé les décennies grâce à son visuel léché et son atmosphère malsaine réussie, sa longueur excessive pourra en revanche rebuter certains spectateurs! Dans tous les cas, il interpelle l’imaginaire et reste un formidable témoignage d’un savoir faire artisanal… en nous rappellant que finalement, les plus belles oeuvres sont souvent celles qui savent occulter leurs contraintes financières et techniques (525 000 dollars à l’époque, ce qui en faisant pourtant le film scandinave le plus coûteux de l’époque)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0013257/

Anecdotes:

  1. Le film ne sera pas épargné par la censure qui fera couper de nombreuses scènes… Il était censé être le premier d’une trilogie… qui ne verra jamais le jour!
  2. Le réalisateur, Benjamin Christensen, joue à la fois le rôle du Diable et du Christ dans ce métrage.
  3. La majorité des scènes a été filmée de nuit, dans un vieux studio danois.
  4. Häxan se base en partie sur le Malleus Maleficarum, un ouvrage du XVe siècle rédigé par deux inquisiteurs allemands.

Bisseries: La Chevauchée des morts-vivants (1975)

Réalisateur hélas totalement méconnu du grand public et parfois même par celui du cinéma d’exploitation, l’espagnol Amando de Ossorio (1918-2001) a entre autres signé une sympathique saga sur les morts-vivants dans les années 1970. Pour le reste de sa filmographie, on a l’impression d’être chez Jess Franco (avec qui il se partagera d’ailleurs les mêmes acteurs): « films de vampires, traitant le sujet de la possession, quelques comédies, westerns et films érotiques ». Quoiqu’il en soit, dès 1969, Ossorio se consacre surtout à la thématique horrifique. Quatre films sont donc consacrés à la figure de l’horreur qui nous intéresse cet automne, plus connus sous l’appellation « la Tétralogie des Templiers »: La Révolte des morts-vivants/Tombs of the Blind Dead (1971), Le Retour des morts-vivants/Return of the Blind Dead (1973), Le Monde des morts-vivants/The Ghost Galleon (1974) et enfin La Chevauchée des morts-vivants/Night of the Seagulls (1975).

Tout d’abord, notez que le « Templier » est bien éloigné du zombie classique: ici on a affaire à un squelette portant l’appart du chevalier templier, aveugle, exerçant sur les hommes un fort potentiel de terreur, se déplaçant lentement et chevauchant parfois un cheval mort squelettique. Son péché mignon? Il se nourrit de sang humain et à un léger penchant pour les jeunes femmes dévêtues! C’est d’ailleurs bien sur ce seul point qu’une comparaison restera possible!

Si de mémoire le troisième opus est franchement affreux (disons le clairement, la principale différence entre les trois premiers films est l’environnement où l’action prend place: un village en ruines dans le premier, un village parfaitement habité dans le second, un bâteau fantôme dans le troisième), le quatrième possède une ambiance mémorable, coincée entre celles gothiques de la Hammer (donzelles dénudées incluses) et celles plus mystiques de Lovecraft.

Car oui, c’est bien dans leur maison en bord de mer que le couple de héros va se retrouver agressé par les Templiers, revenant tous les sept ans réclamer au village sept vierges à offrir en sacrifice à un obscur dieu aquatique (ça ne vous rappelle rien?). Et encore oui, contrairemement à ses aînés, La Chevauchée est, dans sa majeure partie, un huit-clos horrifique! D’ailleurs disons le, je suis clairement à contre-courant sur le sujet, puisque beaucoup boudent cet opus, pourtant plein de jolies trouvailles. Enfin, quand je vois que le deuxième film (sorte de remake du premier…qui n’apporte rien au bousin) est mieux noté que le premier (où les impressionnants Templiers sortant de leur tombe rappelleront immédiatement L’Enfer des zombies de Fulci, sans parler des décors glauques à souhait, pour n’en citer que deux points forts), on peut se questionner sur la pertinence de certains avis… Cet opus final venant finalement conclure la saga sur une note positive, au lien de définitivement l’enfoncer. Cette tétralogie souffrant au final bien plus d’avoir voulu se maintenir coûte que coûte sur la durée (au détriment de l’originalité du premier film, donc) que d’une baisse d’inspiration et un manque de savoir-faire de son créateur.

Note: Curiosité

Je m’arrêterai là pour ne pas trop en dire et donc vous gâcher le plaisir de la découverte, mais si vous n’êtes pas réfractaire au cinéma d’exploitation (donc, on le rappelle pour les cancres qui n’écoutent rien au fond: aux acteurs moyens, au budget à la ramasse qui se ressent dans les effets spéciaux et la logique du scénario, aux thématiques volontairement outracières, notamment en matière de sexe et violence), allez découvrir d’urgence le premier et surtout dernier opus (La Révolte des morts-vivants et La Chevauchée des morts-vivants donc) et vous m’en direz des nouvelles! Je vous invite d’ailleurs fortement à (re)découvrir le cinéma bis espagnol, moins connu que celui de Bava, Fulci et Argento mais qui pourtant mérite amplement le détour! On en reparle de toute façon très vite avec un certain Jorge Grau!

https://www.imdb.com/title/tt0067500/

https://www.imdb.com/title/tt0073461/

http://www.toxiccrypt.fr/?p=3135

http://www.chaosreign.fr/la-revolte-des-morts-vivants-amando-de-ossorio-1971/

https://savoirsenprisme.files.wordpress.com/2014/04/6-levagueresse.pdf