Bisseries: Tesis (1996), Run and Kill (1993)

Tesis: Plongée dans les limites entre fiction et réalité avec le méta Tesis, premier long métrage d’Amenábar (découvert pour ma part avec l’excellent Les Autres) explorant l’univers suffocant des snuffs movies. On suit ici une étudiante en cinéma qui s’intéresse à la violence audiovisuelle pour son mémoire. Accompagné d’un autre étudiant érudit dans l’univers du cinéma de genre, elle va découvrir que sa propre université aurait peut être un lien avec une étudiante disparue dont le meurtre a été filmé… Même si le film a mal vieilli (seulement 696 000 euros de budget), il interroge intelligement notre rapport voyeuriste aux images et plus précisément au graveleux, à la violence, au morbide (autant te dire qu’on est bien concerné ici ah ah), dans la lignée de Vidéodrome et Funny Games. Et cette réflexion renforce le côté dérangeant de cette thématique, même si finalement elle reste globalement assez suggestive ici. Même si les interprètes principaux (Ana Torrent, Fele Martínez) portent le film avec leur duo improbable, on ne peut que déplorer en revanche que le personnage d’Ángela ne soit pas particulièrement attachant. De la même manière, une longueur excessive et des ficelles scénaristiques peu subtiles plombent également le visionnage. Mais pour un début ça reste foutrement intéressant, avec une jolie mise en scène, des personnages délicieusement ambigus et une ambiance paranoïaque en prime (comme De Palma en son temps)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0117883/

Run and Kill: Retour à la Catégorie III avec ce Run and Kill! Le quatrième métrage de Billy Tang (tout juste sorti de Dr Lamb) n’est ni plus ni moins que l’histoire de la descente aux enfers d’un homme trompé qui paye le prix fort de ses mauvais choix (et son manque de chance)! Polar poisseux à souhait, cruel et gore, le film est de ceux qui dépeignent une humanité particulièrement laide, brisée et sans espoir (comme beaucoup de métrages classés Catégorie III finalement). Bien mis en scène et joliment rythmé, il est impossible de s’ennuyer devant! Il souffre néanmoins d’un défaut majeur: son aspect comique peu subtil qui désamorce trop vite les scènes de tension et l’empathie qu’on est censé ressentir pour le personnage joué par Kent Cheng (pourtant déjà bien assez lâche et pathétique dès le départ pour en rajouter une couche). Une scène particulièrement atroce à la fin du métrage devrait néanmoins hanter vos esprits pour longtemps… Signalons évidemment la prestation mémorable de Simon Yam dans le rôle d’un tueur psychopathe rescapé du Vietnam!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0108600/

L’Envers du Culte: Ebola Syndrome (1996), La Course à la mort de l’an 2000 (1975)

Première incursion dans le territoire de la catégorie III pour votre serviteur qui a pris une sacrée mandale, même après deux décennies à regarder des dégueulasseries sur petit et grand écran (il faut croire que l’excellente vidéo du Coin du bis et le PIFFcast sur le sujet ont payé)!

Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la catégorie III donc, Ebola Syndrome est juste totalement barré, immoral et inventif au possible! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans l’immonde et le subversif, ce métrage va plus loin, un peu comme dans certains films de Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola, survit… et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! Oui, on a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler de la prestation folle d’Anthony Wong, acteur phare du genre (on notera aussi la présence de Shing Fui-On et Yeung-Ming Wan, têtes bien connues du cinéma local), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas foncièrement plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité et les peurs de l’époque (virus, tueurs en série, risque de rétrocession chinoise,…), du côté très exploit’ de la catégorie III (surjeu et personnages caricaturaux, sexe et violence omniprésents, effets fauchés quoique peu gores ici, mise en scène et musique parfois aléatoires,…) qui fait que je ne conseillerais clairement pas ce genre de films à tout le monde, de son rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême… De quoi passer un bon moment! On regrettera juste certaines longueurs et une fin assez décevante. Hong Kong ne se résume défintivement pas au cinéma de John Woo et de Tsui Hark, les amis… et il se pourrait tout à fait qu’un cycle catégorie III voit le jour un de ces quatre, vu le potentiel du merdier!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0116163/

Anecdotes:

  1. Ce film est un remake (à peine) déguisé de The Untold Story du même réalisateur, avec… Anthony Wong et inspirée d’un véritable fait divers.
  2. Le métrage parodie certaines scènes d’Alerte! sorti un an plus tôt et traitant également du virus Ebola.
  3. La version uncut dévoile deux minutes de scènes gores coupées au montage au moment de sa sortie en salles.

————————————————————

La Course à la mort de l’an 2000: Et bien, moi qui m’attendait à un banal film bis produit par Roger Corman, il ne faudra pas qu’en plus d’avoir passé un agréable moment, ce film ait du fond! Inventif malgré son petit budget, ce métrage décrit une course automobile dans un monde dystopique où le monde est gouverné par un seul homme (tandis que la course transcontinentale est la version moderne du « pain et des jeux »). Mais cette année… il y aura un participant surprise en plus! Fun (entre le gore et les jolies filles peu farouches, l’amateur d’exploitation ne sera pas trop dépaysé) et doté d’un bel humour noir, il tacle évidemment les médias et le monde politique marchant main dans la main. Un film pionner et visionnaire qui profite bien évidemment du succès de Rollerball, avec qui il partage plusieurs points communs. David Caradine (que l’on retrouvera dans Cannonball du même Paul Bartel) y incarne le pilote favori tandis qu’on y retrouve aussi un certain Stallone… un avant Rocky! Jouissif!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0072856/

Anecdotes:

  1. La plupart des voitures utilisées dans les films étaient des engins qui plafonnaient à 100 km/heure. Il a donc fallu faire preuve d’ingéniosité pour donner une impression de vitesse lors du tournage. Caradine et Stallone n’utilisèrent d’ailleurs pas de doublure.
  2. Le film est inspiré en partie de la nouvelle The Racer d’Ib Melchior.
  3. Le rôle de Frankenstein a été proposé à Peter Fonda qui déclina l’offre, jugeant le film ridicule. Le costume du personnage inspirera plus tard celui de Judge Dredd
  4. La violence de la course et ses règles pour le moins saugrenues inspireront de nombreux jeux vidéos des années 1990/2000: Carmageddon, Burnout, Destruction Derby et bien d’autres!