Zombi 3/Zombie 3: Film attribué à tort à Fulci (déjà bien malade durant le tournage… mais c’était bien plus vendeur de surfer sur le succès d’une pseudo suite de L’Enfer des zombies) alors que c’est bien Mattei et Fragasso derrière la moitié des scènes (le second est aussi au script avec sa femme, Rossella Drudi), Zombi 3 pousse lui aussi les potards du je m’en foutisme au maximum, comme dans tout bon nanar de notre bon Bruno des familles! Alors, c’est un poil moins foufou que Virus Cannibale (quoique!) mais ça reste bien assez débilement divertissant et « monté » correctement (rappelons que Mattei a déjà 20 ans de montage dans les pattes quand il passe derrière la caméra dans les années 1970) pour nous faire tenir jusqu’à la fin. Film d’action/aventures à la logique très fluctuante (à peu près autant que le comportement des zombies qui se mettent à sauter/courir après s’être traîné tout le plan d’avant, façon ninja/vampire chinois), n’attendez aucune scène de tension là dedans… Les décors philippins sont même assez variés et plutôt intéressants. Ce qui fait défaut là encore, c’est le jeu d’acteurs en roue libre, le budget FX (sans cohérence, on passe du vert radioactif au rouge gore puis au noir nécrosé, voire un peu tout à la fois), la bande-originale insipide, le script qui part dans tous les sens (la contamination aviaire, le zombie au sabre et la tête volante, tellement excessifs que ça en devient génial) et la cohésion gloable qui est clairement partie en congés… Et c’est sans doute sur ce dernier point que le foutoir qu’est ce film pêche le plus, avec des faux raccords et des facilités scénaristiques à la pelle! On sait que Mattei et son acolyte ont dû rajouter du temps de pellicule au pied levé après que Fulci soit parti du projet (pour raisons de santé et/ou d’entente avec les producteurs) mais soyons honnête, peu de moments font penser au cinéma de ce dernier (même sur la fin de sa carrière) tellement ça suinte le Z à tous les étages (même en terme de photo, merci les abus de machine à fumer), par contre dans la générosité et la dynamique, on est clairement sur du Mattei pur jus (dans le bon sens du terme donc)! Même dans le nihilisme too much (ici c’est les têtes pensantes de l’armée et les médias qui prennent cher) et le message écolo un brin opportuniste/démago, on sent l’ombre du grand Bruno! Par contre, si jamais vous vous demandez, aucun lien avec Zombi 2 (c’était pourtant le cas dans les premières versions du script), même pas dans l’origine du fléau! On est plus ici sur une compilation de ce que vous avez vu ailleurs (et en mieux) dans le registre zombie, dans le respect du grand cinéma d’exploit’ italien des années 1980: Zombie, Le Jour des morts-vivants, The Crazies, L’Avion de l’apocalypse (no comment), Le Retour des morts-vivants et j’en passe! Mais sans stock shots notables cette fois ci! A réserver en priorité aux fans de nanars rythmés à la production absolument chaotique donc!
Note: Curiosité narnardesque
https://www.imdb.com/title/tt0096511/

L’Abîme des morts-vivants/Oasis of the Zombies: Et on termine ce cycle avec ce métrage de l’incontournable Jess Franco! Déjà c’est signé Eurociné (avec qui le réal fera bon nombre de films) qui vient de sortir Le Lac des zombies verts devant, marrons derrière (aka Le Lac des morts vivants), donc normalement, vous voyez venir l’arnaque! Mais en plus quand c’est servi par un scénario résumable en trois lignes… c’est dur! J’ai compté, les « zombies nazis de l’oasis maudit où à ce qu’on dit il y a un trésor » (original, n’est ce pas?) ne débarquent qu’une fois le premier tiers du film passé. On ne va pas s’amuser à lister tout ce qui pêche dans ce film (à commencer par son absence de tension, la mise en scène et le montage foireux, le jeu d’acteurs et les effets spéciaux au rabais façon dentifrice pour soigner son psoriasis… quand ce n’est pas un vulgaire crâne en plastique fixé à un manche à balai) mais la seule chose à sauver, ce sont ses paysages exotiques. En dehors de ça, c’est très très lent (et dire que ça se veut un film d’aventures!), convenu, peu gore (quelques nus viendront tout de même interrompre notre sieste) et quand ça démarre vraiment, il reste dix minutes de péloche… et le final est presque encore plus bâclé que le reste ! Effectivement, l’abîme… Franco y est tombé dedans et nous avec! On se demande même parfois le sens de certains plans comme les zooms récurrents sur une minuscule araignée (un des gimmicks de tonton Jess ok, mais encore?)! A noter que la version espagnole sortie sous le nom La Tumba de los muertos vivientes (avec Lina Romay) serait plus fidèle à la vision de Franco que celle remontée par Eurociné… On veut bien le croire! Bref, je me suis donné de la peine pour vous mais vous pouvez vous épargner largement cette souffrance inutile!
Note: Navet dispensable
https://www.imdb.com/title/tt0086486/

C’est ici que s’achève notre premier cycle nanar « spécial zombiexploitation », d’autres devraient voir le jour prochainement (mais pour l’instant on va faire une pause, c’est épuisant ces saloperies)!

[…] L’Abîme des morts-vivants (1982) […]
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