Nanars magnifiques: L’Avion de l’apocalypse (1980), Le Lac des morts-vivants (1981)

Bien que n’étant pas du tout adepte du visionnage volontaire de ce genre de films (bien au contraire même), on s’autorisera de temps à autres, quelques nanars ou navets mémorables du genre! On a grandi avec Nanarland après tout! Et on commence avec une salve de six films européens autour de la figure du zombie, tentant de surfer sur les succès de Romero et Fulci!

L’Avion de l’apocalypse/Incubo sulla città contaminata/Nightmare City: Quand un film bis sort sous plusieurs titres (je ne vous ai cité que les trois principaux mais sachez qu’il y en a au moins trois de plus) et est issu d’une co-production entre plusieurs pays (ici Italie, Espagne et Mexique)… généralement ça pue! Et disons le clairement, cet Avion de l’apocalypse schlingue salement ma bonne dame! Pourtant au moment de sa sortie, Umberto Lenzi est loin d’être un jeune premier dans le cinéma italien d’exploitation et affiche même un peu plus de dix ans au compteur. Second choix des producteurs, il propose même de retoucher le scénario, en s’inspirant de la catastrophe de Seveso. Et c’est bien ça le plus rageant: sur le papier, le film avait tout pour devenir un carton (ou au moins un film honnête), entre ses multiples décors, son message écologique (et bien nihiliste sur les bords) n’épargnant ni les médias ni l’armée, son rythme vitaminé, l’ampleur du script, le gore généreux,… Hélas entre ses effets spéciaux carrément aux fraises (on alterne ici entre le zombie tuméfié bleu à la Romero et celui avec des croûtes de pizza sur les joues parce bah qu’on a pas le temps Janine!), son jeu d’acteur complètement aléatoire qui fleurte souvent avec le cabotinage assumé (certains figurants jouant parfois mieux que les acteurs principaux), ses personnages stupides, son absence de tension, ses incohérences nombreuses, on ne peut que classer le film dans les vrais nanars répétitifs des familles (et pas spécialement funs du coup). Reste le concept du zombie « infecté » (même si on tire bien vers le vampire par moments), capable de courir, d’utiliser des armes, de se coordonner, de saboter, de tendre des embuscades… dont ce film est complétement précurseur. Ainsi qu’une fin étonnante qui oscille entre la facilité scénaristique et la boucle temporelle. Mais quoiqu’il en soit un long métrage bien indigne du génie d’un artisan comme Lenzi!

https://www.imdb.com/title/tt0080931/

Note: Nanar dispensable

Regardez moi cette férocité, cette détermination dans le regard!

Le Lac des morts-vivants: Célèbre pour avoir eu une production chaotique (Jess Franco partant au bout des premiers de tournage, scénario retouché sans cesse pour économiser trois francs six sous, caméras défectueuses,…), ce métrage de Jean Rollin (sous pseudonyme ici, vu le désastre) est sans doute LE nanar dont j’ai toujours entendu parlé depuis ma plongée dans le cinéma d’exploitation il y a déjà vingt ans de cela. Et on ne peut pas dire que sa réputation soit usurpée… Pourtant avec un plan dénudé dès le début, il y avait espoir! Comme dans beaucoup de films de Rollin, le rythme est contemplatif, voire chiant et une part belle est laissée aux jolis environnements ruraux (ainsi qu’aux appendices mammaires). Le bougre a donc pu y laisser sa patte et… il passe même faire un coucou le temps d’un caméo (avec un jeu aussi déplorable que le reste du casting). Sur tout le reste, aucun suspense, le bât blesse et pas qu’un peu: effets spéciaux à la ramasse (vous reprendrez bien un peu de vert pastel?), jeu d’acteur inexistant, mise en scène, cohérence narrative, rythme totalement aux fraises et bande-originale très moyenne. On ne va pas se mentir, c’est une souffrance à regarder, d’autant plus que le film ne raconte pas grand chose et que question gore, c’est très avare! On a un léger sursaut au milieu du film avec les flashbacks autour du lac maudit (avec des jolis stock shots des familles) mais ça repart dans le néant juste après… La principale trouvaille du film est sa « poésie » entre un zombie et sa fille (allez voir le film, ça serait long à expliquer) suivi… d’un duel de zombies et de jolis plans aquatiques dans…*ahem*… une piscine (même si ça reste surtout un prétexte pour se rincer l’œil). Ce qui est sûr, c’est qu’on est loin des Raisins de la mort (pas un monument du genre mais au moins ça tentait quelque chose)! Bref, un joli navet signé Eurociné, à réserver aux fans des faux raccords!

Note: Navet dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0081027/

Un budget maquillage vraiment effrayant!