L’Envers du Culte: Last House on Dead End Street (1977), Aux Frontières de l’Aube (1987)

Last House on Dead End Street/The Fun House: Souvent cité comme un des précurseurs des snuffs movies avec… Snuff (d’ailleurs lui aussi passablement inspiré par les meurtres sordides de la Manson Family), Last House a longtemps été sur la liste des video nasties. On préfèrera d’ailleurs retenir l’ambiance malsaine au possible qui émane de sa bobine que les soit disant scènes chocs (plutôt tardives) qui tiennent sur un post it et versent plus dans le splatter fauché qu’autre chose. Et puis il faut bien le dire, entre le jeu d’acteurs approximatif, un certain égotrip arty et de sacrées longueurs, le film a bien mal vieilli, et ce malgré la belle brochette de personnages marginaux/ignobles qu’il met en scène! Il aurait d’ailleurs grandement gagné à être un moyen métrage! Pour vous donner une idée du contenu, imaginez un mélange improbable entre les ambiances crades des premiers Abel Ferrara (Driller Killer en tête), la brutalité d’un Massacre à la tronçonneuse et un scénario hyper crapoteux qui tire vers le torture porn… mais le tout avec un budget étudiant (dont l’essentiel ira dans l’achat de drogues… ce qui explique un peu le foutoir ambulant) et une mise en scène presque expérimentale! Reconnu pour son esthétisation de la violence, son caractère méta et volontairement outrancier, ce qui sauve ce premier film de Roger Watkins est ironiquement son message: celui d’une société de plus en plus extrême et avec elle une industrie du divertissement de plus en plus amorale!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0076295/

Anecdotes:

  1. La BO est composée de titres achetés bon marché, de chants grégoriens, de parties bruitistes et de synthétiseur. Ce qui colle pas mal avec l’atmosphère étrange du métrage… Une bonne partie du film présente un décalage entre le son et l’image, en effet les dialogues ont été ré-enregistrés après le tournage.
  2. Le choix du titre était évidemment destiné à surfer sur le succès de The Last House on the left de Wes Craven. Les autres titres utilisés sont « At The Hour of Our Death » (titre abandonné), « The Fun House » (version cut) et « The Cuckoo Clocks of Hell » (version uncut qui a été perdue mais aussi… une référence à un ouvrage de Kurt Vonnegut, auteur d’Abattoir 5).
  3. Watkins se tournera plus tard vers une carrière de réalisateur porno sous le nom de Richard Mahler (plus pour payer ses factures que par réelle vocation). Dommage car on aurait quand même bien aimé voir son potentiel dans un film de genre avec un réel budget entre les mains!
  4. Les producteurs ont largement encouragé les rumeurs selon lesquelles ce film était une snuff, au vu des pseudonymes utilisés par le casting (que certains spectateurs prendront pour un cartel mexicain) et la qualité médiocre des images. Ce n’est qu’en 2000 que Watkins sortira du bois pour préciser qu’il était à la fois acteur principal, scénariste et réalisateur du film! Il se passera d’ailleurs cinq ans entre la fin du montage et la projection en salles.
  5. Le bâtiment abandonné (détruit depuis) dans lequel se passe le film était situé sur le campus de la fac où Watkins faisait ses études. Le casting est d’ailleurs lui aussi composé d’étudiants et de professeurs de cette même fac.

Aux Frontières de l’Aube/Near Dark: Réalisatrice trop peu citée mais ayant proposé de sacrés métrages originaux et survitaminés à ses débuts (influence de Cameron aidant?), Kathryn Bigelow signe ici son second long métrage (et sa première réalisation solo). Tout comme Génération Perdue sorti quelques mois plus tôt, Near Dark dépoussière un bon coup le mythe des suceurs de sang (posant une base reprise plus tard par Une nuit en enfer et Vampires), tout en y injectant une bonne dose de romance impossible par dessus, avec une jeune homme attiré par une vampire. Doté d’un sacré casting (vu dans Aliens pour la plupart: Jenette Goldstein, Lance Henriksen, Bill Paxton), ce film propose même de sacrées ambiances crépusculaires (voire post-apo), renforcées par un visuel très « western » (ce que devait être Near Dark tout court mais ce sous-genre n’ayant plus la côte à la fin des 80’s…), la BO de Tangerine Dream et la jolie photo dAdam Greenberg. Le seul vrai bémol est une fin un peu convenue (et pas des plus crédibles) et surtout son manque de scènes horrifiques mais Near Dark penche de toute façon vers le drame quand on y regarde de près. Les amateurs de body horror à la Moi Zombie (dont je suis) seront par contre ravis, puisqu’on suit la transformation douloureuse (autant psychologique que physique) du héros en suceur de sang (sans canines surdéveloppées ici) et son « apprentissage » au sein de sa nouvelle famille. A noter qu’ici les humains sont semblent tout aussi amoraux que les vampires!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0093605/

Anecdotes:

  1. Le scénario est signé Bigelow et Eric Red, déjà responsable du script de… The Hitcher. Deux œuvres finalement assez proches quand on y réfléchi!
  2. Contrairement à Génération perdue, les vampires présents dans le film obéissent à très peu de règles de métrages vampiriques « classiques ». Nous n’en dirons pas plus pour vous laisser la surprise mais on peut saluer le parti pris! Le mot « vampire » n’est d’ailleurs pas prononcé dans le métrage.
  3. Le film sera un échec à sa sortie mais gagnera ses galons au fil du temps avec sa sortie en vidéo.
  4. Le tournage a duré 47 jours (dont 40 nuits) et s’est déroulé en Arizona, en Californie et en Oklahoma.
  5. D.B. Sweeney et Johnny Depp ont été également envisagés pour le rôle de Caleb, Michael Biehn pour celui de Jesse.

Nanars magnifiques: Le Manoir de la terreur (1981), Virus Cannibale (1980)

Le Manoir de la terreur/Le notti del terrore/Burial Ground: Dans les métrages italiens (tardifs) surfant sur le succès de L’Enfer des Zombies/Zombi 2, je demande Burial Ground! Et à ma grande surprise, ici on ne lésine vraiment pas sur le crade et le malaise! Je pense évidemment en premier lieu aux maquillages des zombies (renvoyant directement aux zombies putréfiés et suintants de Fulci), parfois grotesques (ça sent quand même le carton-pâte quand les cervelles giclent) mais toujours bien répugnants! Alors oui, évidemment, beaucoup de choses pèchent dans ce film clairement fauché (ça se sent déjà dans son maigre scénario): le jeu d’acteurs général, la cohérence/logique des personnages et des zombies qui passent sans prévenir du débrouillard au franchement débile (et pourtant on en a à revendre de la suspension d’incrédulité ici) dans ce film de siège, les effets spéciaux qui oscillent également entre le craspect réussi et le foutage de gueule, ces personnages de bourgeois peu développés et finalement peu sympathiques qui sont clairement là pour le quota de chair fraîche, l’OST peu mémorable,… Mais sa générosité en gore et en nudité (son réalisateur Andrea Bianchi ira d’ailleurs se consacrer au cinéma porno peu de temps après la sortie du film), sa caméra portée parfois inventive, son rythme (compensant une tension quasi absente), son final cynique et ses jolis décors le sauvent de la liste déjà longue des métrages ridicules de série Z! Et je ne parle même pas de Peter Bark qui incarne un gosse incestueux du plus bel effet… la cerise sur le gâteau si j’ose dire! Bref, Le Manoir de la terreur relève finalement plus du petit film bis d’exploitation sympathique et jouissif (façon plaisir coupable) que du pur nanar. Et si comme moi vous avez été traumatisé par L’Enfer des Zombies, c’est largement regardable!

Note: Curiosité nanardesque, voire Curiosité (tout court)

https://www.imdb.com/title/tt0081248

Bonjour! C’est bien ici la grande bâtisse bourgeoise à « rénover »?

Virus Cannibale/Hell of the Living Dead: Impossible de parler de nanars avec des zombies sans se repencher sur le Virus Cannibale de Bruno Mattei (caché ici derrière le pseudo de Vincent Dawn). Il faut dire que ce stakhanoviste du Z (plus de 50 films au compteur), c’est un peu notre Ed Wood européen à nous (autant vous dire qu’on va en manger du Mattei dans ces cycles nanars)! Mais revenons en au film! Autant vous prévenir de suite: ici les potards de l’excès, du débile et de la repompe sont au max, alors il est difficile de rester objectif! Je commence même à me demander si le Monsieur a sorti des films « normaux », c’est dire! Parce qu’entre le cabotinage violent du casting principal (Franco Garofalo, Josep Lluís Fonoll et Margie Newton en tête), la réutilisation pure et simple des OST des Goblins sur Dawn of the Dead, Blue Holocaust et Contamination (sans avoir les droits, svp!), les effets spéciaux (où on alterne entre les visages à la craie ou au charbon pour les zombies, il ne faudrait pas péter le budget!) et les costumes à la ramasse (les fameux bleus de travail du commando anti-terroriste), ce long métrage ne pouvait que se vautrer! Et je ne parle pas du comportement des zombies, des dialogues et de la cohérence globale! Mais voilà, ce joyeux bordel est tellement assumé et bien rythmé que ça en devient marrant! Sans doute aussi que Mattei et sa petite troupe (dont son complice de toujours Claudio Fragasso, ici co-réalisateur et scénariste) se sont bien amusés sur le tournage et que cela transparait à l’écran! La petite spécialité du métrage, c’est de foutre des stock shots de docu animaliers et de mondos toutes les cinq minutes (ne riez pas trop, certains font plus sursauter que les vrais jumpscares du film). On a droit aussi à de jolis moments improbables: un gosse zombie sur qui les mitraillettes s’acharnent un peu trop longtemps, un chat bien au chaud dans une grand-mère au regard lubrique et surtout Fonoll qui pète un câble avec un tutu! C’est… divin! Que dire de plus? L’ensemble est un croisement entre Cannibal Holocaust et Zombi 2 (voire un soupçon bien foireux d’Apocalypse Now), avec un message tiers-mondiste trop forceur pour paraître honnête! Question sexe et gore, on reste plutôt sur notre faim. Bref, vous l’aurez compris, Virus Cannibale est à voir d’urgence avec des amis, quelques bières et des pizzas! Et puis, pour une fois dans ce cycle, la fin est pas mal!

Note: Curiosité nanardesque

https://www.imdb.com/title/tt0082559/

Virus Cannibale ou l’art du cabotinage de A à Z

Nanars magnifiques: L’Avion de l’apocalypse (1980), Le Lac des morts-vivants (1981)

Bien que n’étant pas du tout adepte du visionnage volontaire de ce genre de films (bien au contraire même), on s’autorisera de temps à autres, quelques nanars ou navets mémorables du genre! On a grandi avec Nanarland après tout! Et on commence avec une salve de six films européens autour de la figure du zombie, tentant de surfer sur les succès de Romero et Fulci!

L’Avion de l’apocalypse/Incubo sulla città contaminata/Nightmare City: Quand un film bis sort sous plusieurs titres (je ne vous ai cité que les trois principaux mais sachez qu’il y en a au moins trois de plus) et est issu d’une co-production entre plusieurs pays (ici Italie, Espagne et Mexique)… généralement ça pue! Et disons le clairement, cet Avion de l’apocalypse schlingue salement ma bonne dame! Pourtant au moment de sa sortie, Umberto Lenzi est loin d’être un jeune premier dans le cinéma italien d’exploitation et affiche même un peu plus de dix ans au compteur. Second choix des producteurs, il propose même de retoucher le scénario, en s’inspirant de la catastrophe de Seveso. Et c’est bien ça le plus rageant: sur le papier, le film avait tout pour devenir un carton (ou au moins un film honnête), entre ses multiples décors, son message écologique (et bien nihiliste sur les bords) n’épargnant ni les médias ni l’armée, son rythme vitaminé, l’ampleur du script, le gore généreux,… Hélas entre ses effets spéciaux carrément aux fraises (on alterne ici entre le zombie tuméfié bleu à la Romero et celui avec des croûtes de pizza sur les joues parce bah qu’on a pas le temps Janine!), son jeu d’acteur complètement aléatoire qui fleurte souvent avec le cabotinage assumé (certains figurants jouant parfois mieux que les acteurs principaux), ses personnages stupides, son absence de tension, ses incohérences nombreuses, on ne peut que classer le film dans les vrais nanars répétitifs des familles (et pas spécialement funs du coup). Reste le concept du zombie « infecté » (même si on tire bien vers le vampire par moments), capable de courir, d’utiliser des armes, de se coordonner, de saboter, de tendre des embuscades… dont ce film est complétement précurseur. Ainsi qu’une fin étonnante qui oscille entre la facilité scénaristique et la boucle temporelle. Mais quoiqu’il en soit un long métrage bien indigne du génie d’un artisan comme Lenzi!

https://www.imdb.com/title/tt0080931/

Note: Nanar dispensable

Regardez moi cette férocité, cette détermination dans le regard!

Le Lac des morts-vivants: Célèbre pour avoir eu une production chaotique (Jess Franco quittant le projet la veille du tournage, scénario retouché sans cesse pour économiser trois francs six sous, caméras défectueuses,…), ce métrage de Jean Rollin (sous pseudonyme ici, vu le désastre) est sans doute LE nanar dont j’ai toujours entendu parlé depuis ma plongée dans le cinéma d’exploitation il y a déjà vingt ans de cela. Et on ne peut pas dire que sa réputation soit usurpée… Pourtant avec un plan dénudé dès le début, il y avait espoir! Comme dans beaucoup de films de Rollin, le rythme est contemplatif, voire chiant et une part belle est laissée aux jolis environnements ruraux (ainsi qu’aux appendices mammaires). Le bougre a donc pu y laisser sa patte et… il passe même faire un coucou le temps d’un caméo (avec un jeu aussi déplorable que le reste du casting). Sur tout le reste, aucun suspense, le bât blesse et pas qu’un peu: effets spéciaux à la ramasse (vous reprendrez bien un peu de vert pastel?), jeu d’acteur inexistant, mise en scène, cohérence narrative, rythme totalement aux fraises et bande-originale très moyenne. On ne va pas se mentir, c’est une souffrance à regarder, d’autant plus que le film ne raconte pas grand chose et que question gore, c’est très avare! On a un léger sursaut au milieu du film avec les flashbacks autour du lac maudit (avec des jolis stock shots des familles) mais ça repart dans le néant juste après… La principale trouvaille du film est sa « poésie » entre un zombie et sa fille (allez voir le film, ça serait long à expliquer) suivi… d’un duel de zombies et de jolis plans aquatiques dans…*ahem*… une piscine (même si ça reste surtout un prétexte pour se rincer l’œil). Ce qui est sûr, c’est qu’on est loin des Raisins de la mort (pas un monument du genre mais au moins ça tentait quelque chose)! Bref, un joli navet signé Eurociné, à réserver aux fans des faux raccords!

Note: Navet dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0081027/

Un budget maquillage vraiment effrayant!

L’Envers du Culte: L’Enfer des armes (1980), La Momie (1932)

L’Enfer des armes/Dangerous Encounters of the First Kind: Troisième film de Tsui Hark, L’Enfer des armes est un sacré coup de pied dans la fourmilière au moment de sa sortie, clôturant ainsi son « cycle du chaos » entamé avec The Butterfly Murders. Violent, nihiliste, radical, impossible de décrocher le regard pendant une heure et demie, tellement ce récit de jeunesse désabusée (et désœuvrée) prend aux tripes. Superbement mise en scène et dotée d’une magnifique photographie (David Chung), le film sera immédiatement censuré et cing minutes seront coupées au montage, obligeant Hark à retourner certaines scènes. Véritable miroir des angoisses honk-kongaises de l’époque (risques de rétrocession à la Chine) et inspiré d’un fait divers réel, ce polar social est construit comme une véritable descente aux enfers et porte clairement bien son nom. Ici, la violence (loin d’être érotisée) contamine toute la société: ses jeunes, sa police, ses rues,… Notre quatuor finira sa petite virée dans un cimetière (si avec ça, vous ne comprenez pas la métaphore) dans une conclusion pour le moins… graphique! Inventif et non dénué de quelques touches d’humour, L’Enfer des armes est une jolie pépite à ne pas manquer, avec une ambiance sombre encore inégalée aujourd’hui !

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0083199/

Anecdotes:

  1. La BO du film est très hétéroclite: on peut y entendre du Jean-Michel Jarre, Goblin, The Alan Parsons Project, Pierre Bachelet, Vangelis, Pink Floyd, Mozart, John Williams,…
  2. Les animaux torturés dans le film sont hélas bel et bien réels… et vivants.
  3. Dans la version originale (non censurée), la bande d’adolescents fabriquaient et posaient des bombes dans des lieux publics (une référence aux évènements de 1967).
  4. Le film fut un succès à sa sortie et fait désormais partie de la Honk Kong New Wave (regroupant également des réalisateurs comme Tam, Fong, Hui,…)

La Momie/The Mummy: Encore un classique d’Universal que votre serviteur n’a rattrapé que récemment! Que dire de cette pierre angulaire tant elle pose les bases pour les futurs films de momies à venir? Une malédiction étrange qui s’abat sur les étrangers qui osent troubler le sommeil des Pharaons et de leurs proches (largement inspirée des légendes autour de la découverte du tombeau Toutânkhamon dix ans plus tôt), un manuscrit aux pouvoirs puissants, une modernisation du mythe (la seconde partie du récit a justement lieu en 1932), un supplicié ramené à la vie et qui fera tout pour rejoindre/ressusciter sa bien-aimée et… comme dans bon nombre de films d’épouvante de l’époque une figure féminine, souvent sosie de l’amante du défunt (voire d’une princesse tout court), qui devient la proie (et le talon d’Achille) de la créature… et dont le héros finit par s’éprendre. Si ces éléments vous paraissent familiers aujourd’hui, c’est bien normal! Porté par une jolie esthétique (autant pour la partie des fouilles archéologiques dans le désert que celle plus contemporaine au Caire), des décors réussis et le charisme magnétique évident de Boris Karloff (bien aidé par le superbe maquillage de Jack Pierce) dans ce rôle d’Imhotep revenu d’entre les morts (une prestation si mémorable que le reste du casting paraît oubliable), ce premier long métrage de Karl Freund inspirera quatre suites dans les années 1940 (toutes bien en deçà de cet opus avec lequel elles n’ont finalement pas réellement de liens). Un incontournable du cinéma fantastique qui traverse les épreuves du temps avec succès, tout simplement!

Note: Solide

Anecdotes:

  1. Son réalisateur fut auparavant chef opérateur sur (entre autres) Dracula (dont il est aussi le co-réalisateur officieux) et Metropolis. Il réalisera Mad Love (première adaptation hollywoodienne des Mains d’Orlac) à la fin de sa carrière. En parlant d’ailleurs de Dracula, nous retrouvons ici Edward Van Sloan (qui joua également dans Frankenstein) et David Manners dans le casting principal!
  2. Le maquillage de Boris Karloff en momie nécessitait 8 heures de travail quotidien. Ardeth Bay est d’ailleurs l’anagramme de « Death by Ra ».
  3. Il faudra attendre 1999 et La Momie pour enfin avoir un remake digne de ce nom (avec des effets spéciaux spectaculaires à sa sortie… pas sûr que cela ait bien vieilli aujourd’hui…)
  4. L’écriture du scénario se fit progressivement: on chercha en premier lieu à avoir une figure horrifique pouvant rivaliser avec celle de Dracula et Frankenstein. Puis on y injecta la thématique de l’immortalité (Nina Wilcox Putnam). Le cadre égyptien arriva ensuite (John L. Balderston), puis l’histoire d’amour centrale et enfin le parchemin (imaginaire) de Thoth (inspiré du Livre des morts).
  5. L’ambiance entre le réalisateur et Zita Johann, héroïne du film et parallèlement très intéressée par l’occultisme, était très tendue pendant le tournage.

Bisseries: Wicked City (1987), The Feast (2021)

Wicked City/La Cité Interdite: Si d’Hideyuki Kikuchi, on retient surtout Vampire Hunter D, Wicked City est une autre de ses franchises cultes, sorte de version adulte et extrême de Demon City Shinjuku (du même auteur). Servi par de jolies animations fluides et effets de lumières, cet OAV de Yoshiaki Kawajiri (qui adaptera également d’autres œuvres cultes de Kikuchi par la suite) narrant un Japon en proie à une dissidence démoniaque (remettant en cause le traité de paix entre humains et démons) se distingue par son body horror inspiré (renvoyant directement aux œuvres phares du genre: The Thing, Alien, Videodrome et consorts)… tout autant qu’un aspect sexuel direct et assumé (le hentai n’est jamais très loin)! Et clairement, ce Wicked City vieillit bien, notamment grâce à un twist final qui met un peu de sens dans cette débauche de sexe et de violence! Si comme moi, vous aimez les polars urbains nerveux et hardboiled bien infusés d’horreur, foncez… même si cet anime n’évite pas quelques lourdeurs, comme le professeur Maiyart, particulièrement lourd et cliché…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098692/

The Feast: Même s’il est vrai qu’il met pas mal de temps à entamer les hostilités, ce long métrage de folk horror saura combler les plus téméraires d’entre vous! Servi par une mise en scène froide, minimaliste mais terriblement esthétique me rappelant les monuments Antichrist ou Midsommar (d’autres parlent du cinéma de Lanthimos), un rythme lancinant donc et une Annes Elwy terriblement inquiétante et magnétique, The Feast dresse également un portrait sans fard d’une famille bourgeoise complètement déconnectée et corrompue (où les victimes sont aussi -voire plus- étranges que le chasseur). Une relecture intelligente et moderne des légendes folks galloises. Inutile de vous attendre à des grands moments de gore par contre, Lee Haven Jones ayant choisi de favoriser les hors champs et la suggestions… ce qui rend son film encore plus insidieux!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt10738906/

Bisseries: Primer (2004), Society (1989)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule complet. Primer est de ceux là. L’histoire?Deux collègues de travail passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…et un jour, celle ci se met à fonctionner! Le sujet semble intéressant de prime abord…mais la mise en scène et les dialogues sont volontairement cryptiques pour que de multiples visionnages soient indispensables à la compréhension du métrage. Mouais… Le comble: les personnages ne sont pas fouillés, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose même quand le métrage est censé nous captiver). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles avec Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. La hard SF et les films WTF, d’habitude je suis client mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je vous conseillerais quand même de le visionner pour vous faire une idée.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0390384/

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Society: Premier et rare film « potable » de la carrière de Brian Yuzna, Society est clairement un film en demie teinte, à savoir présentant des FX réussis (signés Screaming Mad George, qu’on retrouvera dans plusieurs films de genre par la suite), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario et une réalisation « téléfilm » qui ne semblent pas trop où aller, voire n’osent pas aller assez loin. Pourtant entre paranoïa latente (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) comme métaphore de la lutte des classes et du passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense souvent à Invasion Los Angeles, Twin Peaks, Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste (fatalement), voire même Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant lui aussi de rester dans les mémoires. Alors on suit péniblement ce simili-teen movie, jusqu’à l’explosion finale, grotesque et répugnante orgie de chair (qui aurait eu tout intérêt à se montrer plus tôt) qui comblera les amateurs de bizarreries dont je suis… Quel gâchis!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098354/

L’Envers du Culte: Re-Animator (1985), Le Jour des Morts-Vivants (1985)

Re-Animator (1985): Après ce premier visonnage (complet cette fois ci, je dois bien confesser avoir eu du mal plus jeune avec le cinéma du regretté Stuart Gordon), je comprends mieux pourquoi ce film a traversé les années! Mélange de gore outrancier et de comédie noire décomplexée avec ce qu’il faut de sexe (délicieuse Barbara Crampton), références à Lovecraft (le film est l’adaptation de la nouvelle Herbert West, réanimateur), ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet de la saga a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films bis et d’exploitation. Re-Animator n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois un peu cheap (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs (l’autre jeune révélation du film avec Crampton) et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par son atmosphère morbide omniprésente. Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo Gordon/Yuzna et frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largement plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant parfois le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon (produit par son associé de toujours, Brian Yuzna), avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0089885/

Anecdotes:

  1. Le film remporta plusieurs prix (dont une mention à Avoriaz en 1986), notamment pour ses effets spéciaux. Plus de 90 litres de faux sang furent utilisés pour le métrage.
  2. Hurlements, Evil Dead et The Revenge of Frankenstein sont les inspirations majeures du métrage.
  3. Stuart Gordon adaptera directement d’autres oeuvres de H.P. Lovecraft au cours de sa carrière: From Beyond, Dagon, le segment Dreams in the Witch-House (Masters of Horror).
  4. Le rôle du Dr Hill était initialement prévu pour Christopher Lee. Le premier cadavre réanimé par West est joué par la doublure d’Arnold Schwarzenegger.
  5. Le film fut tourné en seulement 18 jours.

Le Jour des Morts-Vivants:

Bisseries: Le Retour des morts-vivants (1985), La Nuit des morts-vivants (1990)

Le Retour des morts-vivants: De la saga lancée par Dan O’Bannon (cinq films à ce jour), je n’avais vu que le troisième réalisé par Brian Yuzna en 1993. Hormis le minois de Melinda Clarke, j’ai un souvenir d’un film bis plutôt fun et plaisant à regarder! Il était donc temps de voir ce premier opus de 1985! Honnêtement, j’ai passé un très bon moment, entre les très bonnes idées du scénario, la bande originale aux petits oignons (entre autres les Cramps, Roky Erickson, les Damned,…), des personnages 80’s hauts en couleurs comme l’embaumeur Ernie Kaltenbrunner (la bande de punks aurait mérité cependant un meilleur traitement, malgré Linnea Quigley qui donne tout ah ah), une fin cynique à souhait…bref du très bon bis comme on l’aime, qui a bien traversé les décennies et qui ne franchit pas la ligne rouge du nanar !

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0089907/

La Nuit des morts-vivants: Le saviez vous? « À la suite d’une erreur d’enregistrement de droit d’auteur, le film original de 1968 est entré dans le domaine public. L’équipe du tournage n’ayant pas gagné d’argent, Romero décida de tourner un remake pour combler ce manque à gagner, en essayant de garder la même équipe. »

En plus d’être un film référentiel, le premier film de Romero a tout pour me plaire: huit-clos, personnages un minimum fouillés, une sacrée ambiance en grande partie dûe au format utilisé, un bon twist de fin,… Autant dire que le remake de Tom Savini, cet homme à tout faire et collaborateur proche de tonton Georges, relève un sacré défi, même avec tonton himself au scénar! Et ma foi, ils s’en tirent bien, les cons! Car au delà de tout le respect et l’amour pour son aîné qui se ressentent à chaque seconde (même si à mon avis, ce genre de choses tient surtout à la compréhension de l’oeuvre), Savini se permet dans ce remake colorisé des variations bien senties sur des ressorts secondaires du scénario (en les modernisant parfois) et le caractère des personnages (incarnés par une jolie brochette de gueules connues du genre: Todd, Towles, Moseley): on a donc droit à un Ben moins sûr de lui et un Barbara beaucoup plus badass…même si pour le coup, on pouvait difficilement faire pire que l’original (Harry Cooper, lui, est toujours aussi détestable, rassurez vous). Les acteurs se débrouillent bien, l’ambiance est aussi austère que dans le film de 1968 et les maquillages sont au poil (notons une quasi absence de gore)! Je reste cependant sur ma faim concernant la tension peu présente au long des scènes (le remake se penchant plus sur la confrontation Ben/Harry que celle entre le groupe et les créatures) et le dénouement, cynique à souhait (tout droit sortie du Zombie de Romero) mais sans doute dispensable! Une très belle surprise en tout cas!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0100258/