L’Envers du Culte: Re-Animator (1985), Le Jour des Morts-Vivants (1985)

Re-Animator (1985): Après ce premier visonnage (complet cette fois ci, je dois bien confesser avoir eu du mal plus jeune avec le cinéma du regretté Stuart Gordon), je comprends mieux pourquoi ce film a traversé les années! Mélange de gore outrancier et de comédie noire décomplexée avec ce qu’il faut de sexe (délicieuse Barbara Crampton), références à Lovecraft (le film est l’adaptation de la nouvelle Herbert West, réanimateur), ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet de la saga a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films bis et d’exploitation. Re-Animator n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois un peu cheap (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs (l’autre jeune révélation du film avec Crampton) et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par son atmosphère morbide omniprésente. Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo Gordon/Yuzna et frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largement plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant parfois le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon (produit par son associé de toujours, Brian Yuzna), avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0089885/

Anecdotes:

  1. Le film remporta plusieurs prix (dont une mention à Avoriaz en 1986), notamment pour ses effets spéciaux. Plus de 90 litres de faux sang furent utilisés pour le métrage.
  2. Hurlements, Evil Dead et The Revenge of Frankenstein sont les inspirations majeures du métrage.
  3. Stuart Gordon adaptera directement d’autres oeuvres de H.P. Lovecraft au cours de sa carrière: From Beyond, Dagon, le segment Dreams in the Witch-House (Masters of Horror).
  4. Le rôle du Dr Hill était initialement prévu pour Christopher Lee. Le premier cadavre réanimé par West est joué par la doublure d’Arnold Schwarzenegger.
  5. Le film fut tourné en seulement 18 jours.

Le Jour des Morts-Vivants:

Bisseries: Le Massacre des morts-vivants (1974)

Réalisé par Jorge Grau, réal espagnol passé quasiment sous les radars (et qui a également signé Cérémonie Sanglante sur la comtesse Bathory), ce film, petit joyeu de l’horreur vintage que vous trouverez peut être plus facilement sous les titres Let sleeping corpses lie ou The Living dead at Manchester morgue, a sans doute connu un seconde souffle grâce à l’interview cinématographique de Jus Oborn, guitariste et leader d’Electric Wizard, excellent groupe de stoner doom réputé pour son visuel et thématiques très bis (et qui samplera d’ailleurs une scène du film). En tout cas, c’est par ce biais là que j’ai découvert le métrage, qui offre de bien belles qualités…

Pour ce film figurant parmi les tout premiers films de zombies modernes européens (hispano-italien ici), Grau se paye le luxe de s’offrir un postulat écologique et anti-technologique (là aussi une première): ici les villes modernes réflètent le progrès dans toute sa laideur et ce sont bien des machines à ultra-sons (censées exterminer insectes et autres parasites des récoltes) qui provoquent le réveil des carcasses inhumées. Le couple de héros, hippies citadins parachutés dans la campagne anglaise par la force des choses, traités comme des malpropres par des autorités zèlées et bornées, va être confronté aux créatures et ne compter que sur eux même pour leur propre survie. Un film crépusculaire et contestataire à bien des niveaux donc (rappelons que le film sort dans les dernières années du régime franquiste), avec un vrai propos et une pointe d’humour, n’hésitant pas à prendre son temps pour poser ses ambiances (à l’instar de la lenteur de ses zombies), soigner sa photographie pour sublimer les décors, avant de tout exploser dans un dernier tiers gore et noir à souhait que Romero et Fulci auraient forcément validé (on retrouve d’ailleurs un certain Giannetto De Rossi aux effets spéciaux). Pour finir, inutile de préciser que Le Massacre réussit tout cela malgré son petit budget…comme c’est le cas d’un certain nombre de films d’exploitation de l’époque!

Comme quoi, certains métrages ne méritent vraiment pas le sort qui leur a été réservé… Si avec ça, j’arrive pas à vous vendre le film, je me la coupe et je la mange facecam, ok?

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0071431/

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2015/11/26/le-massacre-des-morts-vivants-de-jorge-grau/ http://mondocine.net/le-massacre-des-morts-vivants-critique/ https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/2098-massacre-des-morts-vivants-le

Bisseries: La Chevauchée des morts-vivants (1975)

Réalisateur hélas totalement méconnu du grand public et parfois même par celui du cinéma d’exploitation, l’espagnol Amando de Ossorio (1918-2001) a entre autres signé une sympathique saga sur les morts-vivants dans les années 1970. Pour le reste de sa filmographie, on a l’impression d’être chez Jess Franco (avec qui il se partagera d’ailleurs les mêmes acteurs): « films de vampires, traitant le sujet de la possession, quelques comédies, westerns et films érotiques ». Quoiqu’il en soit, dès 1969, Ossorio se consacre surtout à la thématique horrifique. Quatre films sont donc consacrés à la figure de l’horreur qui nous intéresse cet automne, plus connus sous l’appellation « la Tétralogie des Templiers »: La Révolte des morts-vivants/Tombs of the Blind Dead (1971), Le Retour des morts-vivants/Return of the Blind Dead (1973), Le Monde des morts-vivants/The Ghost Galleon (1974) et enfin La Chevauchée des morts-vivants/Night of the Seagulls (1975).

Tout d’abord, notez que le « Templier » est bien éloigné du zombie classique: ici on a affaire à un squelette portant l’appart du chevalier templier, aveugle, exerçant sur les hommes un fort potentiel de terreur, se déplaçant lentement et chevauchant parfois un cheval mort squelettique. Son péché mignon? Il se nourrit de sang humain et à un léger penchant pour les jeunes femmes dévêtues! C’est d’ailleurs bien sur ce seul point qu’une comparaison restera possible!

Si de mémoire le troisième opus est franchement affreux (disons le clairement, la principale différence entre les trois premiers films est l’environnement où l’action prend place: un village en ruines dans le premier, un village parfaitement habité dans le second, un bâteau fantôme dans le troisième), le quatrième possède une ambiance mémorable, coincée entre celles gothiques de la Hammer (donzelles dénudées incluses) et celles plus mystiques de Lovecraft.

Car oui, c’est bien dans leur maison en bord de mer que le couple de héros va se retrouver agressé par les Templiers, revenant tous les sept ans réclamer au village sept vierges à offrir en sacrifice à un obscur dieu aquatique (ça ne vous rappelle rien?). Et encore oui, contrairemement à ses aînés, La Chevauchée est, dans sa majeure partie, un huit-clos horrifique! D’ailleurs disons le, je suis clairement à contre-courant sur le sujet, puisque beaucoup boudent cet opus, pourtant plein de jolies trouvailles. Enfin, quand je vois que le deuxième film (sorte de remake du premier…qui n’apporte rien au bousin) est mieux noté que le premier (où les impressionnants Templiers sortant de leur tombe rappelleront immédiatement L’Enfer des zombies de Fulci, sans parler des décors glauques à souhait, pour n’en citer que deux points forts), on peut se questionner sur la pertinence de certains avis… Cet opus final venant finalement conclure la saga sur une note positive, au lien de définitivement l’enfoncer. Cette tétralogie souffrant au final bien plus d’avoir voulu se maintenir coûte que coûte sur la durée (au détriment de l’originalité du premier film, donc) que d’une baisse d’inspiration et un manque de savoir-faire de son créateur.

Note: Curiosité

Je m’arrêterai là pour ne pas trop en dire et donc vous gâcher le plaisir de la découverte, mais si vous n’êtes pas réfractaire au cinéma d’exploitation (donc, on le rappelle pour les cancres qui n’écoutent rien au fond: aux acteurs moyens, au budget à la ramasse qui se ressent dans les effets spéciaux et la logique du scénario, aux thématiques volontairement outracières, notamment en matière de sexe et violence), allez découvrir d’urgence le premier et surtout dernier opus (La Révolte des morts-vivants et La Chevauchée des morts-vivants donc) et vous m’en direz des nouvelles! Je vous invite d’ailleurs fortement à (re)découvrir le cinéma bis espagnol, moins connu que celui de Bava, Fulci et Argento mais qui pourtant mérite amplement le détour! On en reparle de toute façon très vite avec un certain Jorge Grau!

https://www.imdb.com/title/tt0067500/

https://www.imdb.com/title/tt0073461/

http://www.toxiccrypt.fr/?p=3135

http://www.chaosreign.fr/la-revolte-des-morts-vivants-amando-de-ossorio-1971/

https://savoirsenprisme.files.wordpress.com/2014/04/6-levagueresse.pdf

Bisseries: Le Retour des morts-vivants (1985), La Nuit des morts-vivants (1990)

Le Retour des morts-vivants: De la saga lancée par Dan O’Bannon (cinq films à ce jour), je n’avais vu que le troisième réalisé par Brian Yuzna en 1993. Hormis le minois de Melinda Clarke, j’ai un souvenir d’un film bis plutôt fun et plaisant à regarder! Il était donc temps de voir ce premier opus de 1985! Honnêtement, j’ai passé un très bon moment, entre les très bonnes idées du scénario, la bande originale aux petits oignons (entre autres les Cramps, Roky Erickson, les Damned,…), des personnages 80’s hauts en couleurs comme l’embaumeur Ernie Kaltenbrunner (la bande de punks aurait mérité cependant un meilleur traitement, malgré Linnea Quigley qui donne tout ah ah), une fin cynique à souhait…bref du très bon bis comme on l’aime, qui a bien traversé les décennies et qui ne franchit pas la ligne rouge du nanar !

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0089907/

La Nuit des morts-vivants: Le saviez vous? « À la suite d’une erreur d’enregistrement de droit d’auteur, le film original de 1968 est entré dans le domaine public. L’équipe du tournage n’ayant pas gagné d’argent, Romero décida de tourner un remake pour combler ce manque à gagner, en essayant de garder la même équipe. »

En plus d’être un film référentiel, le premier film de Romero a tout pour me plaire: huit-clos, personnages un minimum fouillés, une sacrée ambiance en grande partie dûe au format utilisé, un bon twist de fin,… Autant dire que le remake de Tom Savini, cet homme à tout faire et collaborateur proche de tonton Georges, relève un sacré défi, même avec tonton himself au scénar! Et ma foi, ils s’en tirent bien, les cons! Car au delà de tout le respect et l’amour pour son aîné qui se ressentent à chaque seconde (même si à mon avis, ce genre de choses tient surtout à la compréhension de l’oeuvre), Savini se permet dans ce remake colorisé des variations bien senties sur des ressorts secondaires du scénario (en les modernisant parfois) et le caractère des personnages (incarnés par une jolie brochette de gueules connues du genre: Todd, Towles, Moseley): on a donc droit à un Ben moins sûr de lui et un Barbara beaucoup plus badass…même si pour le coup, on pouvait difficilement faire pire que l’original (Harry Cooper, lui, est toujours aussi détestable, rassurez vous). Les acteurs se débrouillent bien, l’ambiance est aussi austère que dans le film de 1968 et les maquillages sont au poil (notons une quasi absence de gore)! Je reste cependant sur ma faim concernant la tension peu présente au long des scènes (le remake se penchant plus sur la confrontation Ben/Harry que celle entre le groupe et les créatures) et le dénouement, cynique à souhait (tout droit sortie du Zombie de Romero) mais sans doute dispensable! Une très belle surprise en tout cas!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0100258/