Bisseries: Halloween II (1981), Halloween (2018)

Halloween II: Premier slasher vu durant mon adolescence (et premier film d’horreur loué dans un vidéoclub tout court, je crois bien), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il m’en restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque…

Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant du coup la tension de certaines scènes) pour distiller la peur et nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses. La première partie du film relate le parcours de Michael Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est dans cet opus que l’on apprend que Myers est son frère, élément qui tient plus de la facilité scénaristique que de la réelle mythologie, à mon sens). Suite directe de l’original (l’action se déroulant la même nuit que les évènements du premier opus) avec une atmosphère assez similaire (pas étonnant quand on sait que Big John est au scénario -aidé de Debra Hill qui produit également- et au montage, au désespoir de Rick Rosenthal à qui il a confié le film), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Jamie Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran et qu’il n’égale ni la subtilité ni la puissance de son aîné), cet Halloween II reste surtout plein de belles qualités et sous estimé, même s’il est un pur film de commande. Ah et on retrouve ce bon vieux Donald Pleasence dans le rôle du Dr Loomis, bien sûr!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0082495/

Halloween: J’étais curieux de découvrir ce dernier Halloween en date, qu’on nous vendait comme la suite directe de l’opus de 1978, signant le retour de Lee Curtis dans le rôle qui l’a révélé. Suite validée par Carpenter himself qui plus est! Exit donc les multiples suites bêtes à manger du fois depuis le quatrième opus (le reboot de Rob Zombie étant efficace mais finalement peu mémorable avec le recul)! Et ma foi, il s’avère plutôt une bonne surprise qui a su capter des éléments assez proches de l’original. Visuellement magnifique et plutôt bien rythmé, avec de jolis et généreux clins d’oeil à l’opus originel, il remet en lumière ses deux personnages phares: Laurie Strode en rescapée vengeresse salement badass (sorte de version alternative de Sarah Connor) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera surtout des personnages trop peu développés (les conséquences du trauma sur trois générations de Strode étaient pourtant une idée intéressante) et une fin expédiée à la va vite. A noter que David Gordon Green prépare également deux suites pour cette trilogie, prévues pour 2021 et 2022. A suivre!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1502407/

Bisseries: November (2017), The Perfection (2018)

November: Avec sa photographie en noir et blanc à couper le souffle (Ingmar Bergman es tu là?), November est un bon petit film estonien dans la lignée de The Witch et The Lighthouse, à savoir de l’épouvante à l’ancienne, véritablement plus orienté conte fantastique que véritablement horrifique, faisant donc la part belle aux légendes du folklore local. Le seul bémol est sa longueur, qui aurait méritée d’être pas mal raccourcie. En deux mots: déroutant et fascinant alors…laissez vous tenter! Ah et on me dit dans l’oreillette qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman (Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk).

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt6164502/

The Perfection: The Perfection est un modèle de petit thriller horrifique imprévisible (à regarder de préférence sans ne rien connaître du film comme ce fût mon cas ici), avec des actrices prometteuses (Allison Williams, Logan Browning) où chaque piste envisagée par les spectateurs est ingénieusement brouillée (A Couteaux tirés était également une des claques de 2019 pour les mêmes raisons), sans donner (trop) dans les explications invraisemblables non plus! Il se trouve que c’est une des raisons pour laquelle je regarde des thrillers depuis des années et pourquoi certains « monuments » du genre (Le Prestige, Shutter Island) ne fonctionnent pas sur moi, le moule à surprises étant tout de même bien usé! On pourrait évidemment déplorer la psychologie bâclée des personnages pour mettre l’action en avant, le budget faiblard qui se ressent par moments et certaines facilités de scénario mais bon, ne boudons pas notre plaisir, c’est du Netflix à la base!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt7772580/

Bisseries: Capricorn One (1977), Klute (1971)

Capricorn One: Thriller au scénario ingénieux, porté par une brochette d’acteurs plus ou moins habitués à des seconds rôles mais qu’on déjà forcément vu « quelque part » (James Brolin, Telly Savalas et même… O.J. Simpson), Capricorn One est situé à la croisée du scandale du Watergate et des théories sur l’alunissage d’Apollo 11 filmé en studio (à une époque où la tendance des masses décérébrées et des médias qui vont avec n’était pas à la croisade anti-complots). Trois astronautes sont ainsi forcés de mettre en scène le succès d’une mission spatiale vers Mars, au profit de la NASA (qui a d’ailleurs participé à la création des décors) et du Président des USA du moment, leurs familles étant par ailleurs prises en otage. Mais un technicien de la NASA, ainsi que son ami journaliste vont commencer à avoir eux aussi des doutes sur la véracité du projet spatial. Bien rythmé, doté de décors diversifiés, parsemé de second degré et mettant en scène des américains « ordinaires », ce mélange SF/thriller politique mèle intelligemment ces deux « histoires » (celle des astronautes et l’enquête du journaliste) jusqu’à un final façon survival en guise d’apothéose (un peu grossière d’ailleurs, il faut bien l’avouer). Assez osé pour l’époque vu les sujets abordés (pouvoir des images, intérêts politiques,…)! Une bonne surprise en tout cas!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0077294/

Klute: Enquêtant sur la disparition d’un homme à la supposée double vie, le détective privé John Klute (Donald Sutherland) n’a d’autre choix que de repartir à zéro et interroger Bree Daniels, une call-girl new yorkaise (Jane Fonda crève l’écran dans ce rôle aussi inhabituel que détonnant) que le disparu aurait fréquenté. Voilà le pitch de départ de ce formidable thriller néo-noir qui vous entraînera dans les bas fonds de la Grande Pomme! La complémentarité entre ce Klute froid/incorruptible et Daniels alternant entre indépendance et vulnérabilité rappelle les rapports complexes mais fascinants entre Blomkvist et Salander dans la saga Millenium. La BO de Michael Small (qui collaborera maintes fois avec le réalisateur) est mémorable. Et que dire de ce final glaçant en diable? En tout cas, si vous n’êtes pas allergique aux thrillers au rythme lancinant, à la menace suggérée (plutôt que montrée), tenant magistralement le suspense sur la durée et n’ayant pas peur de développer ses personnages (finalement plus importants que l’enquête elle même), avec une image classe et une ambiance paranoïaque à la De Palma (Pakula ayant commencé sa carrière en même temps que l’ami Brian), Klute est fait pour vous! Oui, c’est vrai que dit comme ça, il faudrait être fou pour refuser, alors… foncez!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0067309/

Bisseries: Alice (1988), Body Melt (1993)

Alice: Très bonne surprise que ce « Alice » tchèque, à l’univers tout aussi fascinant, créatif que subtilement macabre. Mélange de prises de vues classiques et d’animation (marionnettes en stop motion), le rendu est fluide et l’univers totalement surréaliste, procurant au film une originalité certaine! Je ne vous spoilerai pas plus cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll mais je ne conseille pas ce genre de métrage à des enfants en bas âge (à moins que vous ne vouliez les traumatiser durablement… mais aussi parce que sans musique et avec peu de dialogues, pas sûr que cela soit très accrocheur pour eux). Une jolie pépite d’onirisme, de second degré et de folie visuelle dans tous les cas! Notez que Jan Švankmajer, le réalisateur, a passablement influencé Tim Burton et Terry Gilliam. Oui, rien que ça! On tentera donc ses autres métrage avec grand plaisir !

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0095715/

Body Melt: Premier (et dernier ?) film de l’australien Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle des films de fous furieux comme Bad Taste, Society ou Street Trash, Body Melt est clairement une pépite underground à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce film bisseux à souhait est une belle surprise, visiblement encore bien méconnue, même s’il ne vous épargnera évidemment pas les défauts typiques du genre (mais c’est le jeu)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0106450/

Bisseries (express): La Jetée (1962), Taxidermie (2006)

La Jetée: Ce film est la preuve qu’avec trois bouts de ficelle, une bonne histoire et de la détermination, on peut arriver à quelque chose! Moyen métrage sous la forme d’un roman photo, mettant en scène un scénario de SF dystopique original et efficace, que j’imagine volontiers novateur pour l’époque, ce film est une sacrée claque esthétique! A noter que La Jetée est aussi connu pour avoir inspiré L’Armée des douze singes de Terry Gilliam et Les Frissons de l’angoisse de Dario Argento…la poésie en moins bien sûr. Classe, non?

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0056119/

Taxidermie: Film hongrois revenant pas mal chez les amateurs de genre, Taxidermie est une bonne surprise, OVNI à la fois par son esthétique (assez proche d’un Jeunet) et son côté cru/dérangeant (mais rien d’insoutenable non plus, à mon sens, les touches d’humour contrebalaçant pas mal). Seulement, je trouve personnellement qu’à part le dernier des trois segments, le métrage est un peu frileux à exploiter pleinement ses thématiques… Mais d’un autre côté, ça fait bien longtemps que le cinéma d’horreur a anesthésié chez moi tout ce qui se rapproche au malsain de près ou de loin, alors…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0410730/

Bisseries: Millénium 2 (2009), Millénium 3 (2010)

Vu qu’on s’est déjà maté le Millénium de Fincher, il est temps de visionner la trilogie de films suédois signés Niels Arden Oplev/Daniel Alfredson, tournée dans la foulée et sortie deux ans avant le remake de Fincher. On finira plus tard avec le premier, histoire de pouvoir comparer tout ça à tête reposée! A savoir que la mini série de 2010 compile justement ces trois films (version longue) en six « épisodes ». Ca va, on suit dans le fond?

Venons en déjà aux interprétations des deux protagonistes: Noomi Rapace est clairement celle qui s’en sort le mieux dans cette trilogie, plus badass et moins « freak » que la Lisbeth Salander jouée par Mara (qui jouait plus sur la complémentarité avec Blomkvist). Quand à Michael Nyqvist (vu ensuite dans John Wick, Europa Report et Mission Impossible 4) qui interprète Mikael Blomkvist, il est clairement moins charismatique que Craig mais gagne sans doute en humanité. Deux salles, deux ambiances, donc!

Millénium 2: La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2009): Adaptation du second tome de Stieg Larsson, ce second opus se recentre sur le personnage de Lisbeth et son passé (pour faire bref et sans trop spoiler Salander se retrouvera accusée de triple meurtre dans une machination mélangeant prostitution, corruption politique et vengeance personnelle), tout en s’inscrivant dans la continuité du premier film. Changement de réal pour celui ci puisque c’est Daniel Alfredson qui prend la caméra. Et autant vous le dire tout de suite, les plus gros défauts de ce film sont un montage peu inspiré et une intrigue nébuleuse mais aussi plus classique que sur le film précédent, qui je pense plaira surtout aux fans de la saga et aux plus curieux. Autres changements: la réalisation au format/grain typiquement téléfilm (contrairement au premier opus, les deux derniers volets sont véritablement des téléfilms) qui colle finalement bien avec l’ambiance générale… et un cadre d’action nettement plus urbain (mais toujours aussi glauque). Comme dans le premier film, chacun des deux protagonistes principaux mène son enquête de son côté, ce qui donne un rythme assez particulier au récit, dépassant cette fois encore les deux heures. Une fois de plus, c’est clairement le personnage de Lisbeth Salander qu’on retiendra, toujours incarnée par une Noomi Rapace investie et en grande forme! Et disons le clairement, si ce Millénium 2 se laisse regarder, c’est surtout pour sa performance et en apprendre plus sur son personnage, car il reste bien en deça de son aîné!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt1216487/

Millénium 3: La Reine dans le palais des courants d’air (2010): Dans ce film, suite directe du second et adaptation du troisième roman, c’est Blomkvist que l’on verra la plupart du temps (le temps d’apprécier les qualités du journaliste et de son équipe mais aussi une Salander plus « ordinaire »), Salander étant hospitalisée puis incarcérée le temps de son procès (accusée d’homicide, pour ceux qui ne suivent pas). On apprend au passage que Zalachenko est en vie, que Niedermann est en cavale et qu’un petit groupe secret est bien déterminé pour faire disparaître tous ces témoins gênants (Salander comprise), on assiste aussi au retour du Docteur Teleborian… de quoi nous faire tenir ces deux heures et demie finales, donc! Le côté téléfilm est beaucoup moins dérangeant ici car le rythme est totalement maîtrisé (malgré ses contraintes de lieux) et l’intrigue plus limpide (car amorcée avec le second opus), même si elle réserve son lot de twists, de noirceur, de machinations, de vengeances. C’est d’ailleurs toujours Alfredson à la caméra! Au registre des plaintes, un certain côté too much est à noter (le relooking de Salander pendant son procès, le procès puis le démantelement de la Section qui se déroulent sans accrocs majeurs) mais c’est vraiment pour pinailler! Annika Hallin, incarnant l’avocate de Salander, est clairement une plus value dans ce film, même si Lena Endre (Erika Berger) fait toujours admirablement le taf, faisant définitivement de Millénium, une saga de thrillers donnant une part belle aux rôles de femmes fortes (comme le voulait Larsson). Un bon ptit thriller/polar en somme!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt1343097/

Bisseries: Primer (2004), Society (1989)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule complet. Primer est de ceux là. L’histoire?Deux collègues de travail passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…et un jour, celle ci se met à fonctionner! Le sujet semble intéressant de prime abord…mais la mise en scène et les dialogues sont volontairement cryptiques pour que de multiples visionnages soient indispensables à la compréhension du métrage. Mouais… Le comble: les personnages ne sont pas fouillés, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose même quand le métrage est censé nous captiver). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles avec Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. La hard SF et les films WTF, d’habitude je suis client mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je vous conseillerais quand même de le visionner pour vous faire une idée.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0390384/

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Society: Premier et rare film « potable » de la carrière de Brian Yuzna, Society est clairement un film en demie teinte, à savoir présentant des FX réussis (signés Screaming Mad George, qu’on retrouvera dans plusieurs films de genre par la suite), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario et une réalisation « téléfilm » qui ne semblent pas trop où aller, voire n’osent pas aller assez loin. Pourtant entre paranoïa latente (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) comme métaphore de la lutte des classes et du passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense souvent à Invasion Los Angeles, Twin Peaks, Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste (fatalement), voire même Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant lui aussi de rester dans les mémoires. Alors on suit péniblement ce simili-teen movie, jusqu’à l’explosion finale, grotesque et répugnante orgie de chair (qui aurait eu tout intérêt à se montrer plus tôt) qui comblera les amateurs de bizarreries dont je suis… Quel gâchis!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0098354/

Bisseries: Millénium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes (2011), Snake Eyes (1998)

Millénium (2011): Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de la trilogie, plus précisement) ni vu la mini série suédoise de 2009 (avec Noomi Rapace). Mais j’ai cru comprendre que cette adaptation était globalement assez fidèle!

Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le soporifique The Social Network du même réal) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est évidemment son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme ce thriller n’est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse (parfois meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille) et des héros solitaires et torturés, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire, voire détonnant avec le reste du film), grâce également à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross, désormais collaborateurs réguliers du réal). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit ici de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci se révèle assez indigeste sur la durée. Plus subtil qu’il n’y paraît, diablement efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt1568346/

Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmographie, Snake Eyes est porté par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire relate l’enquête de deux vieilles connaissances sur l’asssassinat d’un secrétaire d’état pendant un match de boxe auquel elles assistaient Ce huis clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carriériste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, scènes en vue subjective, travelling en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là (pouvoir des images, corruption, mensonge, bref encore une fois le spectre d’Hitchcock n’est pas bien loin) ! Mais malgré toute la virtuosité de De Palma, le dernier tiers sombre hélas dans des écueils qui pouvaient passer jusque là au second plan: ses personnages principaux en font trop (Sinise notamment… vu que Cage et la sobriété, voilà quoi!), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique finit par franchement lasser. Sans ça et avec un budget un peu plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0120832/

Bisseries: Le Retour des morts-vivants (1985), La Nuit des morts-vivants (1990)

Le Retour des morts-vivants: De la saga lancée par Dan O’Bannon (cinq films à ce jour), je n’avais vu que le troisième réalisé par Brian Yuzna en 1993. Hormis le minois de Melinda Clarke, j’ai un souvenir d’un film bis plutôt fun et plaisant à regarder! Il était donc temps de voir ce premier opus de 1985! Honnêtement, j’ai passé un très bon moment, entre les très bonnes idées du scénario, la bande originale aux petits oignons (entre autres les Cramps, Roky Erickson, les Damned,…), des personnages 80’s hauts en couleurs comme l’embaumeur Ernie Kaltenbrunner (la bande de punks aurait mérité cependant un meilleur traitement, malgré Linnea Quigley qui donne tout ah ah), une fin cynique à souhait…bref du très bon bis comme on l’aime, qui a bien traversé les décennies et qui ne franchit pas la ligne rouge du nanar !

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0089907/

La Nuit des morts-vivants: Le saviez vous? « À la suite d’une erreur d’enregistrement de droit d’auteur, le film original de 1968 est entré dans le domaine public. L’équipe du tournage n’ayant pas gagné d’argent, Romero décida de tourner un remake pour combler ce manque à gagner, en essayant de garder la même équipe. »

En plus d’être un film référentiel, le premier film de Romero a tout pour me plaire: huit-clos, personnages un minimum fouillés, une sacrée ambiance en grande partie dûe au format utilisé, un bon twist de fin,… Autant dire que le remake de Tom Savini, cet homme à tout faire et collaborateur proche de tonton Georges, relève un sacré défi, même avec tonton himself au scénar! Et ma foi, ils s’en tirent bien, les cons! Car au delà de tout le respect et l’amour pour son aîné qui se ressentent à chaque seconde (même si à mon avis, ce genre de choses tient surtout à la compréhension de l’oeuvre), Savini se permet dans ce remake colorisé des variations bien senties sur des ressorts secondaires du scénario (en les modernisant parfois) et le caractère des personnages (incarnés par une jolie brochette de gueules connues du genre: Todd, Towles, Moseley): on a donc droit à un Ben moins sûr de lui et un Barbara beaucoup plus badass…même si pour le coup, on pouvait difficilement faire pire que l’original (Harry Cooper, lui, est toujours aussi détestable, rassurez vous). Les acteurs se débrouillent bien, l’ambiance est aussi austère que dans le film de 1968 et les maquillages sont au poil (notons une quasi absence de gore)! Je reste cependant sur ma faim concernant la tension peu présente au long des scènes (le remake se penchant plus sur la confrontation Ben/Harry que celle entre le groupe et les créatures) et le dénouement, cynique à souhait (tout droit sortie du Zombie de Romero) mais sans doute dispensable! Une très belle surprise en tout cas!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0100258/