Bisseries: Le Blob (1988), Vendredi 13, Chapitre Final (1984)

Le Blob: Remake très énervé du déjà solide Danger Planétaire (avec Steve McQueen), Le Blob est un petit joyau de comédie SF/horreur des années 80. Les effets spéciaux et maquillages sont excellents (même si les incrustations commencent à vieillir, forcément), dignes du body horror le plus assumé (façon The Thing, La Mouche, Society) avec un soupçon de Body Snatchers (premier du nom). L’humour fait mouche sans être too much ni verser dans les clichés absolus (on est encore loin du teenage horror). Par exemple, Chuck Russell (Les Griffes de la Nuit 3, The Mask, Le Roi Scorpion) n’hésite pas à faire mourir des personnages importants et totalement innocents dès le début du film, c’est dire si le métrage possède quand même sa patte propre. La créature, à l’instar des boogeymen des slashers isolent les protagonistes (dont se soucient bien peu leurs parents) en s’en prenant en priorité aux figures d’autorité. Inventif, efficace, cela fait longtemps que ce film me faisait de l’oeil mais je n’avais jamais pensé qu’il versait à ce point là dans le jusqu’au boutisme tout en jouant avec les codes du genre (que Russell a parfaitement digéré). Le casting est porté par Kevin Dillon (The Doors) et Shawnee Smith (saga Saw), rempli de rôles secondaires que vous avez sûrement déjà vu quelque part (Jeffrey DeMunn, Candy Clark, Jack Nance,…). Oh et c’est Darabond au scénario (plusieurs passages rappellent d’ailleurs The Mist), ceci expliquant sans doute cela! Un film bien rythmé qui crie son amour et sa nostalgie des films bis des années 50/60, putain ça fait du bien!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0094761/

Vendredi 13, Chapitre Final: Comme il ne faut pas abandonner, j’ai décidé de regarder ce qui semble être… le meilleur film de la première quadrilogie (avec un second degré modéré donc). Et on ne m’y reprendra plus, ce Chapitre Final condense hélas… toujours autant le pire des clichés de l’horreur 80’s à mon goût: meurtres répétitifs et express sans montée de tension préalable, personnages incohérents, insupportables et obsédés par le sexe (autant dire que celui de Tommy Jarvis -qui reviendra dans les deux opus suivants- sort forcément du lot), scénario prévisible comme pas deux,… Quand Carpenter débarrassait son premier Halloween de toute logique humaine pour suggérer que The Shape était une pure incarnation du mal (logique fantastique), toute la saga Vendredi 13 semble s’en servir pour pallier à la maigre qualité de ses synopsis (pourquoi Jason attend d’être dans un caisson mortuaire pour revenir à la vie, nous ne le saurons jamais)… Vraiment navrant! On voit d’ailleurs bien peu Jason dans cet opus (plus brutal certes mais toujours aussi inintéressant quand on cherche un film qui va au delà du simple divertissement) malgré une introduction pleine de flashbacks des épisodes précédents et un départ sur les chapeaux de roues qui laissaient supposer un slasher honnête. Il n’en sera rien. On sauvera quand même de justesse cet opus pour la mise en scène de Joseph Zito (The Prowler, rappelez vous), la superbe photo de João Fernandes et les décors splendides de Shelton H. Bishop. Cette saga mérite décidement sa réputation: bas du front et fière de l’être… A noter aussi que Tom Savini est revenu aux maquillages!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0087298/

L’Envers du Culte: Kwaïdan (1964), Perfect Blue (1997)

Kwaïdan: En une phrase: c’est beau mais c’est long. Et lent aussi (3 heures, mes salauds)! Film japonais fantastique à quatre segments datant des années 1960 (mais tous du même réalisateur, Masaki Kobayashi), on ne peut qu’être ébahi devant la qualité esthétique exceptionnelle du métrage, des paysages (véritables fresques grandeur nature) aux costumes (c’est produit par la Toho en même temps), la bande son (de Tōru Takemitsu) et la mise en scène frôlant également la perfection. On appréciera aussi ses êtres fantômatiques venant questionner les mortels sur leur propre morale! Mais pour le reste, notamment les scénarios (même si j’ai une nette préférence pour le segment le plus « traditionnel », Hoïchi sans oreilles), ça a quand même méchamment vieilli! Dommage!

https://www.imdb.com/title/tt0058279/

Anecdotes:

  1. Chaque segment représente une saison de l’année.
  2. Le mot « Kaidan » signifie « histoire de fantômes » ou « conte effrayant ». Deux de ses histoires sont d’ailleurs tirées du recueil « Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things » de Lafcadio Hearn, compilant contes et légendes traditionnels japonais.
  3. Le métrage a dû être raccourci pour être diffusé en salles (le second segment La Femme des Neiges était absent de cette version).

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Perfect Blue: Que dire de plus qui n’a pas déjà été dit sur ce fim d’animation culte des nineties? Thriller solide porté par un dessin superbe (où l’on sent déjà l’héritage d’Akira) et une ambiance aussi poisseuse qu’hypnotisante, le passé « idol » de son héroïne contrastant et renforçant l’horreur et le tragique des évènements à venir. Provoquant constamment et habilement la confusion entre rêves et réalité, frustrations et fantasmes, obsessions et faux semblants, image publique et vie privée, Perfect Blue est un délice labyrinthique et schyzophrénique à parcourir à chaque visionnage, qui reste longtemps en tête. Ici, le spectateur souffre en même temps que le personnage principal! Première réalisation de Satoshi Kon traitant d’un sujet finalement peu évoqué (l’obsession malsaine de certains fans pour leurs idôles) et (déjà) premier chef d’oeuvre (malgré un budget limité de 830 0000 dollars), le film aura une forte influence sur certains réalisateurs majeurs actuels (voir plus bas). On ira donc voir son Paprika avec grand plaisir!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0156887/

Anecdotes:

  1. Le film est une adaptation de la nouvelle « Perfect Blue: Complete Metamorphosis » de Yoshikazu Takeuchi (1991).
  2. Perfect Blue devait à l’origine être un film « live action », ce qui explique le réalisme poussé de ses scènes.
  3. Le métrage a eu un impact considérable sur Darren Aronofsky qui reprendra la séquence du bain dans son Requiem for a Dream. Black Swan possède également des similitudes troublantes avec Perfect Blue tandis qu’Inception en partage avec Paprika.
  4. La pellicule originelle du film a été accidentellement détruite.
  5. La réalité altérée est un des thèmes majeurs de l’oeuvre du réalisateur.

Bisseries: Le Locataire (1976), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman « Le Locataire chimérique » de Roland Topor (dont on retrouve ici le ton cynique et kafkaïen) clotûrant la trilogie des appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby donc), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais (ici réalisateur et personnage principal) dans ses thématiques de prédilection: ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale, complots, maladies psychiques diverses (notamment la paranoïa et la schizophrénie… autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin). L’appartement du protagoniste, reflet de sa psyché, jouant encore une fois le rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir ici: le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non exempt d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du héros), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0074811/

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, plutôt contemplatif avec de bons rebondissements (même si parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse d’architecture minimaliste). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (une névrose très actuelle et fort pratique pour généraliser et éviter de balayer devant sa porte… pensez à aller consulter quand même), même si ça reste en filigrane, c’est plutôt mesuré ici. En tout cas rien qui n’empêche de voir le film jusqu’au bout.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1051906/

Bisseries: Maps to the stars (2014), Le Commando des morts-vivants (1977)

Maps to the stars: Cosmopolis (dont ce métrage n’est pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps!

Ce film c’est évidemment une satire du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, enfants comme adultes, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde comme dans un bon Lynch (période Mulholland Drive, forcément) ou même un métrage des frères Cohen. Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour un manque certain de subtilité et des FX déjà datés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt2172584/

Le Commando des morts-vivants/Shock Waves: Horreur marine en plein jour, surfant sur le mythe de l’ésotérisme SS mais également variation sur la thématique zombie (ici les créatures peuvent survivre sous l’eau), l’île maudite et le vaisseau fantôme, ce Shock Waves déborde d’idées originales mais mal exploitées à mon goût! La faute certainement au budget de 150 000 dollars (même si les effets spéciaux sont réussis) et aux conditions de tournage visiblement exécrables. Le rythme général et les acteurs (Caradine senior, Brooke Adams et Peter Cushing pour les plus connus) contrebalancent largement le problème. Loin d’être un nanar comme j’ai pu le lire à maintes reprises, le métrage se permet même de détourner les codes de l’horreur avec un hôte finalement bien plus accueillant qu’il en a l’air! Il est clair que niveau ambiance, on est plus proche du film d’aventure que de l’épouvante pure (ne vous attendez pas à du gore), sorte de Zombi 2 sans l’aspect craspect! Etonnant!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0076704/

Bisseries: Beatrice Cenci (1969), Horribilis (2006)

Beatrice Cenci (connu aussi en France sous le nom Liens d’amour et de sang): Je dois dire qu’au delà que trouver perturbant de voir Fulci diriger un drame historique réel (le film de Fulci est le cinquième métrage traitant du sujet), il est assez marrant de constater que l’italien dirigeait de bons acteurs dans les années 1960 et 1970…car autant prévenir les non initiés, sa quadrilogie des zombies (1979-1981) ne brille pas vraiment de ce côté là (ni par la qualité de ses scénarios d’ailleurs, l’arrêt de sa collaboration avec Roberto Gianviti au profit de Dardano Sacchetti n’y est clairement pas étrangère). Adrienne La Russa (qu’on retrouvera dans plusieurs séries par la suite) et Georges Wilson (à la longue carrière) crèvent littéralement l’écran dans ce mélodrame sadique prenant place durant la Renaissance. On retrouvera également Tomás Milián (ici dans le rôle d’Olimpo), un habitué des westerns spaghetti et des poliziotteschi, dans deux films suivants du réalisateur: La Longue Nuit de l’exorcisme (1972) et Les Quatre de l’Apocalypse (1975). Les ambiances sont plutôt réussies, le rythme est bien dosé et encore une fois les thématiques et les plans nerveux caractéristiques du réal sont bien présents. En même temps, quoi de mieux qu’une histoire de paricide, dans le contexte de l’Inquisition (qui, petit point culture, n’a été abolie qu’au début du XIXe siècle), mettant en scène un patriarche détestable et une martyre sublime pour mettre en lumière l’hypocrisie de la bourgeoisie de l’époque et l’ambivalence de la religion? Même si l’italien se montre ici un peu avare en hémoglobine, une fois n’est pas coutume! Encore une bonne surprise en tout cas!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0064073/

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (autre chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre mais aussi aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire aussi que James Gunn (dont c’est ici la première réalisation) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur surpassant son modèle (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …donc ça paraît finalement assez logique! Quoi qu’il en soit, visionnez ce Horribilis, vous passerez un bon moment!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0439815/

Bisseries: Le Venin de la peur (1971), Chromosome 3 (1979)

Le Venin de la peur: Formant le quintet des giallis les plus connus du réalisateur avec Perversion Story (1969), La Longue nuit de l’exorcisme (1972), L’Emmurée vivante (1977) et L’Eventreur de New York (1982), Le Venin de la peur brille plus par quelques séquences (les hallucinations oniriques de Carol, sa poursuite avec le hippie) que par son rythme, relativement en retrait (les scènes d’enquête proprement dites plombant sérieusement le métrage). L’ambiance est à mi chemin entre Polanski, Hitchcock et De Palma, soit une bonne dose de paranoïa, d’érotisme, de doubles vies et de gore (Fulci échappera d’ailleurs de peu à la prison pour sa scène de vivisection jugée trop réaliste)! Les thématiques macabres et nihilistes sont bien présentes (on est en 1971 et la génération hippie en prend déjà pour son grade…la bourgeoisie aussi) et le jeu d’acteurs est solide. La mise en scène est excellente (on a encore droit à ces fameux zooms et ces gros plans sur les regards, typiques de l’italien) et son twist de fin vaut amplement le détour (et mériterait bien un second visionnage, du coup). Dans tous les cas, ce second giallo a le mérite de s’éloigner des canons du genre avec classe. A noter que c’est le légendaire Morricone à la musique.

Pour aller plus loin, autre superbe chronique de Psychovision: https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/805-venin-de-la-peur-le

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0067361/

Chromosome 3/The Brood: Rare vieux classique du canadien que je n’avais pas encore vu, The Brood s’avère un bon Cronenberg, drame horrifique teinté d’un fond social très intéressant quasi cathartique (le réalisateur venait alors de divorcer de sa première épouse, alors membre d’une secte refusant la psychiatrie et s’est vu contrait de lui arracher leur fille) et continue la piste de sa fascination pour l’horreur corporelle déjà bien entamé avec Rage deux ans avant. L’ambiance glauque (quasi cauchemardesque) caractéristique de ses premiers films est bien présente malgré le budget (1,5 millions), certains plans font déjà mouche et le fond se prête déjà à beaucoup d’interprétations: le « créateur » dépassé par les pouvoirs de sa « créature », les familles séparées se livrant des guerres ouvertes via l’influence/le discours qu’ils infligent à leurs enfants, les liens entre psyché et corps, la mémoire génétique, etc. Seules véritables ombres au tableau: certains seconds rôles assez moyens (Cindy Hinds en tête) et un script un peu répétitif à la longue. Métrage qui signe aussi le début d’une période faste pour Cronenberg, qui nous régalera pendant presque vingt ans (Existenz) avec son body horror des familles. Commencera alors une seconde période pour le réalisateur, plus verbeuse et analytique mais hélas assurément moins passionnante!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0078908/

Bisseries: The Prowler (1981), Evil Dead Trap (1988)

The Prowler: Le potentiel était là… hélas au lieu de partir totalement à contrepied des clichés du slasher, ce troisième film de Joseph Zito (à qui l’on doit déjà Abduction, Bloodrage et qui signera le volet final de la première quadrilogie des Vendredi 13) s’arrête en cours de chemin… Dommage! Sur le banc des accusés: des personnages peu charismatiques (bon, ça à la rigueur, on est habitué) et une tension mal maîtrisée dans les scènes clefs. On retiendra donc surtout la mise en scène, un rythme lancinant plutôt efficace, quelques écarts sympa avec le genre (le film aurait pu tout aussi bien se passer totalement dans les années 1950) et un tueur ma foi assez original/aux intentions plutôt troubles (la logique du film se rapprochant d’un onirisme à la Fulci… les musiques de Richard Einhorn, habitué du genre, soulignant bien la chose). A noter que l’on doit les effets gore à ce bon vieux Tom Savini des familles!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0082951/

Evil Dead Trap: Slasher culte ne reniant pas ses spécificités japonaises (grosse tendance à l’expérimentation, éléments démoniaco-fantastiques et clins d’oeil à la saga des fausses snuffs Guinea Pig) mais hélas aussi aux références un peu trop visibles (Evil Dead, Vidéodrome, BO de Tomohiko Kira rappelant évidemment les gialli d’Argento et Fulci magnifiés par les morceaux des Goblins et de Fabio Frizzi), et souffrant d’une durée un poil abusive, Evil Dead Trap a forcément influencé les délires gores/sadiques d’un Takashi Miike et voire une bonne partie du torture porn. Et rien que pour tout ça, sa fin bisseuse à souhait et sa mise en scène soignée dans des décors abandonnés véritablement cauchemardesques, ce film de Toshiharu Ikeda (avec un scénario de Takashi Ishii, bien connu des amateurs de gekiga/pinku eiga) mérite le coup d’oeil!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0167147/

Bisseries: Torso (1973), Abattoir 5 (1972)

Torso: Si Black Christmas est historiquement le premier slasher, alors Torso est effectivement un de ses plus beaux précurseurs (avec entre autres La Baie Sanglante d’un certain Mario Bava). Tueur cagoulé, gros plans sur l’arme du crime (et sur le gant du tueur, giallo oblige), filles réfugiés dans un endroit isolé, flashback sur le trauma du tueur, personnages les plus sexués qui meurent en premier, grosse louche d’érotisme et de voyeurisme, vue subjective, meurtres gores, « final girl », le contrat est ici parfaitement rempli! Avec en prime une superbe mise en scène, des décors somptueux et un twist final pas daubé du tout (façon torture psychologique)! Merci Sergio Martino et Ernesto Gastaldi (scénario)!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0069920/

Abattoir 5: Adapté du roman de Kurt Vonnegut (lui même rescapé de Dresde), Abattoir 5 est un film dont la narration déconstruite raconte la vie de Billy Pilgrim, soldat américain rescapé de la Seconde Guerre Mondiale (plus particulièrement des bombardements de Dresde) dont la particularité… est de pouvoir de voyager dans le temps (dans le passé comme dans l’avenir). Gros point noir, le (trop) bon fond du personnage principal et l’aspect comique de certaines scènes sont un sérieux frein à la crédibilité de ce film, finalement assez vide et dont le seul intérêt est de développer sur un aspect méconnu de la dernière guerre… Dommage!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0069280/

Bisseries: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Vous êtes vous déjà demandé ce qu’il se passerait si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un soupçon de David Cronenberg et même un peu de David Lynch? Hé bien… un film comme Borgman, tiens! Un métrage avec une grande qualité: celle de laisser suffisamment de place aux zones d’ombres pour ouvrir la porte aux métaphores et aux multiples interprétations (notamment celles autour du déclassement social, de l’hypocrisie bourgeoise ou de la cellule famiale), sans toutefois proposer de fil conducteur trop incohérent/expérimental/surréaliste qui nous ferait vite décrocher du récit. Saluons d’ailleurs Jan Bijvoet qui crève l’écran en intrus placide et inquiétant. A la fois sobre et belle dans sa mise en scène maîtrisée, une curiosité hollandaise assez dérangeante à voir dans tous les cas!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1954315/

*Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et superbe hommage aux films d’épouvante des années 1950, du temps où science-fiction et horreur ne faisant qu’un (avec souvent pour résultats de monstreux insectes géants). Pourtant, ce n’était pas gagné, c’est typiquement la décennie qui m’indiffère le plus dans ce genre… alors autant dire que je ne vais pas trop m’étaler sur les références que reprend le film! Teen movie astucieux et matûre, bien rythmé et bien mis en scène, reprenant à son compte les peurs omniprésentes et réelles de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien au moral, tellement ça sent la nostalgie constructive et le véritable amour pour les folles années de l’adolescence, l’art du divertissement et les vieilles bobines de monstres! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0107529/

Bisseries: The House on sorority row (1982), Sleepaway Camp (1983)

The House on sorority row: Globalement bien rythmé, gore à souhait, Sorority Row fait assurément partie du haut du panier des slashers sortis dans les 80’s, ménageant son suspense (je n’ai pas forcément vu venir le twist final, même si j’y ai pensé en début de film), dans la droite lignée de Black Christmas (comment ne pas y voir un joli clin d’oeil, entre la sororité et le rôle central du grenier?). Sans être à la hauteur de ses aînés les plus notables, le métrage présente tout de même un boogeyman original, un scénario ingénieux et une unité de temps/de lieu habile, ce qui est déjà pas mal, vu le nombre de bouses sorties dans ce sous-genre! Et les actrices, débutantes en majorité, s’en sortent honorablement!

Note: Curiosité

Bonus: une bien belle chronique

https://www.imdb.com/title/tt0085694/

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur le succès de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists finaux… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0086320/