A l’affiche: The Killer (2023), Nosferatu (2024)

The Killer: Cela fait bien longtemps que je n’avais pas vu un film récent de Fincher (hormis le Millenium chroniqué sur ce blog)… et vu les déceptions consécutives qu’ont été pour moi Gone Girl et The Social Network, il faut bien avouer que j’y suis un peu allé à reculons! On suit ici le quotidien d’un tueur à gages (jusque dans ses moindres pensées)… jusqu’à l’échec d’une de ses missions qui incitera ses employeurs à se retourner contre lui! Superbement illustré par la musique des Smiths (faut il encore les présenter?), sa photo délavée et grisonnante, des cadres variés (Paris, République Dominicaine, Nouvelle Orléans, Floride, New York, Chicago) et quelques touches humoristiques bienvenues, ce métrage prouve une fois de plus le talent de Michael Fassbender (et de Tilda Swinton parallèlement), parfaitement à l’aise dans ce rôle clinique et un brin paranoïaque (on pensera forcément à Delon dans Le Samouraï), qu’il soit en mission… ou en mode réglement de comptes! Visiblement, beaucoup de spectateurs (aux cerveaux déglingués par la dopamine, je ne vois que ça) n’ont pas aimé le film, surpris par la simplicité de son intrigue, le rythme lancinant et son personnage principal impassible. Peut être parce que c’est plus réaliste? Pas le meilleur Fincher mais pour une production Netflix, c’est plus que correct et prenant!

https://www.imdb.com/fr/title/tt1136617/

Note: Solide

Nosferatu: Adorant le Nosferatu originel (pour moi, le classique de vampires par excellence, la folie expressionniste en plus) et l’univers de Robert Eggers, j’avais beaucoup d’attentes sur ce film. Et le gazier, une fois de plus, m’a conquis! Piochant à la fois dans le film de Murnau, son excellent remake par Herzog (surtout) et le Dracula de Coppola (le plus faible de tous à mon sens), le réalisateur respecte la trame principale de ses prédécesseurs tout en offrant un superbe cadre gothique (à la lumière bleutée omniprésente) infusé de thématiques nouvelles, à commencer par celle du désir féminin et une version plus horrifique d’Orlock. Porté par un casting solide (à commencer par Lily-Rose Depp et Bill Skarsgard, méconnaissable en Comte Orlock) et une mise en scène au poil, le film se permet même de jolis moments d’effroi grâce à une excellente BO (le passage du carrosse dans les bois, putain) ! Si je craignais le plagiat de certaines scènes cultes, Eggers a eu l’intelligence de leur rendre hommage tout en proposant de subtiles variations. Largement infusé de romantisme et de tragédie, ce Nosferatu met clairement en avant le personnage d’Ellen (tout en ambiguïtés, loin du personnage naïf des précédents opus) et pousse plus loin la dimension sexuelle du vampire, ce qui n’est franchement pas pour me déplaire. Beaucoup (toujours les mêmes pisse-froids évoqués au dessus) ont pointé du doigt que ce remake n’apportait rien au mythe, on attend donc que ces gens passent derrière une caméra pour sublimer un film de plus de 100 ans, qu’on rigole un peu… On leur accordera toutefois une longueur pas tout à fait nécessaire. Pour ma part, Robert Eggers vient de confirmer une fois de plus qu’il était le nouveau patron de l’épouvante/horreur (mais vu ses influences… est ce si étonnant?)!

https://www.imdb.com/fr/title/tt5040012/

Note: Pépite

Bisseries: X-Files: Combattre le futur (1998), Night of the Creeps (1986)

X-Files: Combattre le futur Ce serait peu exagéré que de dire que X-Files a traumatisé toute ma génération (celle de la fin des années 1980/début 1990 donc) et passablement marqué d’une pierre blanche l’univers des séries, comme Twin Peaks avant elle… mais ce sera justement l’objet d’un prochain dossier thématique! En tant que gros fan de la série, il était grand temps de revoir ce premier film. Sorti entre les saisons 5 et 6 (à l’origine, il devait sortir après la troisième), on y retrouve tous les ingrédients principaux qui ont fait son succès: intrigue conspirationniste autour de l’huile noire comme arme biologique (un des fils rouges de la série… impliquant gouvernement, CIA et aliens), inévitable destruction des preuves à la fin du métrage (un gimmick plutôt frustrant d’ailleurs), complémentarité et tension sexuelle entre Mulder et Schully dont l’avenir au FBI reste incertain, touches d’humour, personnes bienveillants sortis de nulle part… mais également ses principales faiblesses: intrigues trop grosses pour être totalement crédibles, méchants trop permissifs et ambivalents envers notre duo d’enquêteurs paranormaux,… Derrière la caméra, c’est Rob Bowman, qui avait déjà signé plusieurs épisodes de la série et ça se ressent dans la cohérence du récit, même si par moments, ça manque de faste. Le métrage est bien rythmé, avec des effets spéciaux corrects. On retrouve évidemment des personnages récurrents de la série: Skinner, l’homme à la cigarette et le Syndicat, les Lone Gunmen,… ainsi que de jolies références à Alien et The Thing qui font plaisir! Un thriller honnête et « doudou » donc, qui ne s’en sort pas si mal pour un univers de série porté sur grand écran (même s’il est vrai qu’on a parfois l’impression de regarder un long épisode de celle ci… qui ne fait pas avancer grand chose d’ailleurs) et que l’on recommandera en priorité aux fans de la série ainsi qu’aux curieux!

Note: Curiosité

Night of the Creeps/La Nuit des sangsues: Dans la veine de The Blob, voici un métrage des eighties léger et généreux rendant un très joli hommage aux films de SF/épouvante des années 1950! Au carrefour entre thématique zombies (ceux de Romero) et bizarreries cronenbergiennes (Frissons surtout), doté d’effets spéciaux gore crédibles et d’un rythme soutenu, cette comédie/teen movie diablement efficace (accessoirement le premier métrage de Fred Dekker… qui signera The Monster Squad un an plus tard) est aussi l’occasion de revoir le génial Tom Atkins dans le rôle d’un commissaire truculent et clairement dépassé par les évènements! Ici des sangsues (limaces?) extraterrestres ont la fâcheuse tendance à investir le cerveau d’adolescents pour en prendre le contrôle… les transformant du même coup en zombies! Et comme si cela ne suffisait pas, l’humour s’y fait parfois méta, entre deux bizutages de fraternité! Clairement un film à (re)découvrir!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0091630/

Bisseries: La Nuit a dévoré le monde (2018), Les Maîtresses de Dracula (1960)

La Nuit a dévoré le monde: Jolie petite curiosité française que voici, pas prétentieuse pour deux sous mais qui a le mérite de proposer quelque chose d’un peu différent! Adapté du roman de Pit Agarmen (pseudonyme de Martin Page), narrant la survie d’un habitant d’immeuble dans un Paris post-apocalyptique envahi d’infectés (soit un scénario de départ qui vous rappellera forcément 28 Jours plus tard ou encore Je suis une légende), La Nuit prend le temps de poser son ambiance pour rendre cette aventure palpitante et crédible. Je dois dire que l’aspect survie, au centre du récit, est plutôt bien retranscrit, entre le renforcement de « l’abri », la recherche de rations, le manque de liens sociaux,… Un film plutôt subtil et minimaliste, bien que pas exempt de défauts, qui montre bien la solitude et la paranoïa qui guettent son personnage principal dans son quotidien!

Note: Solide

Les Maîtresses de Dracula: Soyons clair d’emblée, il n’y a pas plus de Christopher Lee (ne souhaitant pas se cantonner au registre horrifique) que de personnage de Dracula dans ce film et… finalement tant mieux car ça en fait un métrage original et appréciable! Les décors, gros point fort de ce métrage, sont splendides comme à leur habitude. La musique, signée Malcolm Williamson (compositeur qui fera également les OST de Crescendo et Les Horreurs de Frankenstein) est également fort sympathique. Avouons tout de même que cet opus est plutôt sage question sexe et violence. Mais ne boudons pas notre plaisir, on y retrouve de vieilles trognes comme Terence Fisher derrière la caméra et Peter Cushing incarnant à nouveau le Docteur Van Helsing, accompagnées d’une belle brochette d’acteurs (David Peel, Martita Hunt, Freda Jackson). Les scénaristes se sont permis quelques variations bienvenues sur la thématique (déjà bien usée) du vampirisime. Au final, si ce second volet souffre d’une chose, c’est de la logique d’exploitation qui a voulu l’intégrer à tout prix dans la saga des Dracula alors qu’il a autant de liens avec elle que la trilogie Karnstein! Quand à la fin… comment dire, elle change un peu car la façon pour le moins abrupte dont la Hammer avait coutume de conclure ses récits commençait à devenir un véritable running gag!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0053677/

Bisseries: Ennemi d’État (1998), The Strangers (2008)

Ennemi d’État: Thriller technologique et conspirationniste traitant d’un thème terriblement d’actualité (la surveillance du peuple à son insu aux travers des technologies modernes) mêlant mafia, monde de la justice, héros dépassé par les évènements, assassinats politiques, NSA et vieux briscard insaisissable, il faut avouer que ce métrage donne l’eau à la bouche! Et Tony Scott réussit à proposer un métrage clair, prenant et nerveux. La principale ombre au tableau est son côté poussif car… Will Smith ne peut pas s’empêcher de faire… du Will Smith (aka du comique lourdingue et franchement dispensable) et c’est extrêmement dommageable à la fois pour le rythme et la crédibilité de son personnage! C’est rageant car ce Ennemi d’État haletant avait pourtant tout pour marquer les esprits! Gene Hackman s’en sort bien mieux, même si son personnage n’est pas non plus dans du très subtil (à l’image de la résolution du récit)! Il faut aussi reconnaître que le métrage a vieilli (technologiquement forcément mais aussi au niveau du ton employé) et les attentes du public ont bien changé depuis! Ca se regarde bien malgré tout!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0120660/

The Strangers: Voilà un joli survival (bien que infusé de slasher, de drame et de fantastique) inspiré d’une histoire vraie! Scott Speedman et Liv Tyler (bien trop rare sur les écrans) y incarne un couple qui, de retour dans leur résidence secondaire, va se faire harceler toute une nuit par un trio d’agresseurs masqués (masques du plus bel effet, au passage) de plus en plus véhéments. Entre huis clos, couple en proie aux doutes, inversion des rôles (qui sont finalement les vrais intrus ici: le couple de citadins ou les rednecks locaux?), home invasion, The Strangers intrigue et maintient en haleine par sa subtilité (ici, pas de jumpscares car le moindre bruit constitue une menace), sa photographie et son sadisme froid qui n’est pas sans rappeler les films de Ti West! On pensera aussi plusieurs fois à You’re Next et Funny Games… La volonté de rendre les assaillants quasi muets est louable et renforce leur aura et leurs apparitions quasi surnaturelles (soit la vraie nature du slasher selon John Carpenter). Le plus gros défaut du métrage est qu’il se montre extrêmement avare en explications comme sur sa volonté d’étoffer ses personnages principaux… et finit donc par manquer cruellement de consistance! A l’image de sa fin aussi énigmatique qu’incompréhensible!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0482606/

Bisseries: Blood Rage (1987), Haute Tension (2003)

Blood Rage/Nightmare at Shadow Woods/Slasher: Voilà un sympathique slasher sorti à la fin des 80’s (mais tourné en 1983… ce qui peut expliquer son exploitation sous divers titres) quand l’engouement pour le genre commençait clairement à retomber. Ses points forts? Un scénario un minimum original, de généreux effets gore, du second degré décomplexé et quelques variantes déjà bien méta au sein de son propre genre. Par contre, on repassera pour le jeu de certains acteurs, ses personnages globalement peu attachants, le sous-texte assez pauvre (même si on notera un certaine omniprésence de femmes qui élèvent leurs enfants seules) et une photographie un peu à la ramasse. On saluera toutefois sa terrible scène finale et la performance de Louise Lasser et Mark Soper autant à l’aise dans le rôle du psychopathe schizophrène pervers (à l’aspect tout à fait banal, ce qui le rend d’autant plus dangereux) que de son jumeau traumatisé! Dommage tout de même pour le lotissement boisé où se passe le récit et qui, comme dans un certain Vendredi 13, n’est pas du tout exploité!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0085253/

Haute Tension: Cela faisait longtemps que ce survival rural me faisait de l’oeil… Brutal, original, gore (De Rossi, oui vous avez bien lu ce bon Giannetto des familles est aux effets pratiques), bien rythmé, il faut dire que le second (vrai) métrage d’Alexandre Aja avait tout pour plaire… sur le papier! On sent l’influence évidente de Massacre à la tronçonneuse (les champs de maïs, le cadre rural, la station service) bien sûr mais aussi des rape and revenge sur la structure du scénario. Le gros défaut de ce film est le jeu très moyen de Cécile de France, clairement pas à la hauteur de celui de Philippe Nahon, parfait dans son rôle de psychopathe local, froid, brutal et sadique. En même temps, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette actrice… On notera également des comportements illogiques parfois énervants (mais n’est ce pas le propre des slashers/survivals?) et surtout un twist final qui tient plus de la paresse d’écriture (puisqu’en y réfléchissant deux secondes, il n’est pas cohérent avec le déroulé de l’histoire) que du génie, d’ailleurs ça serait mentir que prétendre qu’on ne l’envisage à aucun moment, vu la manière dont est sexualisé le personnage de Marie… Bref, ce n’est pas Haute Tension qui va me réconcilier avec le cinéma de genre français! Une curiosité à voir tout de même, ne serait ce que pour son cadre rural inquiétant réussi et son tueur!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0338095/

A l’affiche: Terrifier 3 (2024), The Substance (2024)

Alors qu’on est en bonne passe de terminer une nouvelle année décidement bien pauvre en sorties mémorables, qu’en est il des dernières sorties en salles ?

Terrifier 3: Vu le tournant que prenait Terrifier 2, autant vous dire que je n’avais aucune attente concernant ce troisième volet! Suite directe du métrage précédent, nous retrouvons ici les personnages de Sienna Shaw, son frère Jonathan ainsi que Victoria Heyes, la rescapée du premier film (toujours interprétés par les mêmes acteurs). Même si bien sûr, la vraie star du film, c’est évidemment Art le Clown (toujours aussi génialement interprété)! Moins de personnages donc et un métrage plus court avec un rythme bien mieux géré, ce qui est déjà une très bonne chose en soi! L’autre gros point fort de cette suite est de renouer avec le côté vicelard et malsain du premier film, aspect qu’avait un peu perdu de vue Terrifier 2 pour se concentrer sur une pseudo mythologie qui n’apportait pas une grosse plus value. Question gore et inventivité, le métrage est tellement généreux que plusieurs personnes ont quitté la salle malgré une rarissime interdiction -18 qui n’aura échappé à personne (clairement méritée d’ailleurs). Le (mémorable) climax final synthétisant parfaitement ces deux points. Question clins d’oeil, on pensera tour à tour à Shining, The House on Sorority Row, Evil Dead 2. Tom Savini himself fait même un caméo! Et ça tombe bien car, encore une fois, les FX à l’ancienne sont à tomber! Placer le récit au moment de Noël crée un contraste intéressant avec les scènes de meurtre et focaliser sur le trauma des survivants leur donne un peu de profondeur. Il semblerait que Damien Leone a retenu la leçon d’un Terrifier 2 assez tiédasse. On relèvera par contre quelques incohérences mais rien de vraiment gênant. Mais même si ce Terrifier 3 s’impose comme une suite très honnête, je ne suis pas certain qu’il faille en passer par un Terrifier 4 voire 5 (comme Leone le souhaiterait) pour clore cette saga de slasher/splatter en beauté…

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt27911000/

The Substance: En tant qu’amateur de body horror, voilà un film sur lequel il y a beaucoup de choses à dire! Et plutôt en bien! A commencer par la mise en scène au poil (même si certains pourront la trouver un peu trop clinique) et des prises de vue inspirées. Question clins d’oeil ou influences (parfois putassières), on pensera tour à tour à Elephant Man, Carrie, Requiem for a Dream, Existenz, The Thing, Shining, Society, Basket Case, La Mouche, The Neon Demon,… bref, pas mal de classiques du body horror dans le lot! Il faut dire qu’ici les effets spéciaux à l’ancienne sont efficaces! Si la plastique de Margaret Qualley fait mouche, c’est surtout Demi Moore qui crève l’écran avec sa prestation totalement habitée! Le film, qui sous-exploite déjà ses propres personnages, manque aussi cruellement de véritables personnages secondaires (l’absence totale de famille ou de proches de l’héroïne ressemble plus à une grosse facilité scénaristique qu’une dénonciation de la solitude des femmes qui se lancent à corps perdu dans l’industrie du spectacle) et la BO est franchement moyenne. Alors évidemment, impossible d’aborder le film sans parler de son aspect coquille vide, tellement son discours féministe bas du front (devenu hélas habituel… même dans le cinéma de genre) et la pauvreté de son sous-texte (les deux étant forcément liés quand on connaît la subtilité d’analyse et l’hystérie de ses représentants) l’empêchent de dépasser son statut de simple défouloir visuel. Il est même tellement caricatural qu’il en devient un énorme contre son camp (à moins qu’il dénonce ses travers, ce dont je doute fort au vu du CV de Coralie Fargeat): on a rarement vu autant de nus gratuits dans un film censé condamner la sexualisation à outrance des femmes dans le monde actuel/du spectacle (à se demander si c’est réellement une réalisatrice aux commandes) et les personnages féminins présentés n’ont pas l’air d’être particulièrement décidés à le combattre mais bon, on est plus à un paradoxe près… On se retrouve donc avec un film féministe au message aussi absurde que le combat qu’il est censé soutenir! Ceci dit rassurez vous, on reste malgré tout à des kilomètres de l’infecte propagande woke de Titane! Heureusement les notes d’humour gomment un peu ce gros point noir. Le métrage se montre un poil longuet également (surtout pour ce qu’il a à raconter) malgré son final jouissif (qui a perdu pas mal de monde dans la salle… enfin ceux qui ont résisté à la vision des aiguilles, dents et ongles arrachés ah ah). Développer l’intrigue en essayant de remonter aux créateurs de la substance ou étoffer le discours sur les travers des réseaux sociaux aurait été bien plus pertinente par exemple! En résumé, The Substance est une expérience fascinante et délicieusement éprouvante mais qui manque cruellement de subtilité (y compris dans son symbolisme)! N’est pas Cronenberg qui veut, après tout!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt17526714/

Bisseries: Alien, la Résurrection (1997), Late Night with the Devil (2023)

Alien, la Résurrection: Il est vrai qu’entre le suicide d’Ellen Replay dans Alien3 et Jean Pierre Jeunet qui hérite du projet alors qu’il est le quatrième choix de la Fox (on parlerait même de David Cronenberg)… ce métrage a tout du film de trop sur le papier! Heureusement, ce n’est pas tout à fait le cas! Bien rythmé, reprenant le concept du premier volet d’un équipage traqué dans un vaisseau par une espèce inconnue… ainsi que des aliens utilisés comme armes biologiques par la Weyland, ce surprenant « Alien 4 » se laisse agréablement regarder, même si on sent que beaucoup de choses ont déjà été dites avec les trois premiers opus! Si certains effets spéciaux (créés par des collaborateurs réguliers de Jeunet) sont salement datés, on retrouve aisément la patte du réalisateur: le filtre jaune-vert, l’humour noir ainsi que certaines trognes qui ont déjà tourné pour lui: Dominique Pinon et Ron Perlman. Et étrangement, ça fonctionne plutôt bien avec cet univers! Weaver quand à elle achève sa collaboration avec cette saga qui l’a révélé en incarnant un clone de Ripley plus charismatique que jamais, boostée par de nouvelles capacités (suite à son hybridation avec l’ADN alien): force, réflexes, sang acide, intuition,… Winona Ryder campe l’androïde Call, un personnage secondaire qui se révèle finalement comme un des plus intéressants du film. Alors évidemment, ça serait mentir que de dire que ce film innove énormement et enrichit la saga car il a grosso modo les mêmes défauts qu’Aliens à peu de choses près… mais ne serait ce que pour le plaisir de revoir le personnage de Ripley dans un film agrémenté de quelques bonnes idées (son ton pessimiste -et que dire de la fin de l’édition spéciale?-, son approche résolument SF, les clones ratés de Ripley, la relation ambigüe entre Call et cette dernière, une variante de reine alien, le perturbant New Born de fin) et bien lié à la mythologie (sans trop la salir comme le feront les opus suivants), il serait dommage de s’en priver!

Pour votre serviteur, sur les sept films que compte actuellement la saga, cet opus (injustement) mal aimé se situe justement pile après le trio de tête! C’est pas si mal!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0118583/

Late Night with the Devil: Found footage/mockumentaire ayant eu son petit succès au moment de sa sortie, Late Night with the Devil montre les évènements paranormaux qui se sont succédés sur le plateau TV d’un talk show nocturne des 70’s jusqu’à ce qu’une séance de spiritisme avec une survivante d’une secte fasse définitivement basculer l’émission en bain de sang. On peut saluer le joli casting (à commencer par la solide prestation de David Dastmalchian) et les effets spéciaux/maquillages réussis (apparemment en partie générés par des IA), deux éléments qui portent le film sur leurs épaules. Le côté rétro est très bien mis en scène et le suspense admirablement entretenu, notamment grâce aux scènes sur les coulisses de l’émission. Dénonçant autant le sensationnalisme des médias (et le jusqu’au boutisme de leurs détenteurs) que les charlatans du paranormal, Late Night offre de jolis moments de terreur (on pensera forcément à L’Exorciste ou d’autres films fondateurs du genre) entrecoupés d’humour so 70’s, sans en perdre en efficacité. Le seul véritable défaut est plutôt à chercher du côté de son scénario, plutôt classique et donc prévisible. Malgré tout plus qu’un bête film d’épouvante, le métrage prend le temps d’installer une ambiance et approfondir ses personnages. S’il vous semble que le diable tarde à pointer leur nez, restez patient car le final halluciné risque bien de vous rester en tête!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt14966898/

Bisseries: Pearl (2022), Tusk (2014)

Pearl: On a déjà abordé le cas de X et de Maxxxine ici, il est donc temps de refermer la boucle! Préquelle à X, Pearl est clairement le métrage le plus original de la trilogie, du moins celui qui s’écarte le plus des codes des films d’horreur et de leurs décennies phares (70’s et 80’s donc). Encore une fois porté par une Mia Goth en grande forme, le film revient sur la jeunesse de cette Pearl légèrement bipolaire, ce qui permet de mieux appréhender ses tendances meurtrières dans X. Avec un superbe visuel renvoyant aux films en technicolor trichrome (alors que le film est censé se dérouler vingt ans plus tôt) et un aspect conte macabre quelque part entre les premiers Tim Burton (ses meilleurs… au passage) et les comédies musicales comme Le Magicien d’Oz (la scène de l’épouvantail n’est pas là par hasard), nous suivons donc le personnage, ses envies de gloire et d’ailleurs, coincé dans un Texas rural dans l’attente de nouvelles de son mari, parti servir les USA pendant la Première Guerre Mondiale. Entre une mère rigoriste entièrement dédiée à son mari gravement infirme, une sévère tendance à ne plus canaliser ses frustrations et à se réfugier dans son imaginaire pour mieux supporter le réel, les tueries ne vont pas tarder à s’enchaîner. Oui… le plus gros défaut du film est de pas avoir su éviter certains clichés (même si on a vu pire concernant les maladies mentales), ce qui a mon sens nuit à la crédibilité du personnage mais renforce du même coup le surréalisme morbide qui émane de la pellicule (à l’image de son dernier plan), entre images léchées et le drame qui précède les massacres en règle. En somme, un film audacieux sur des pans encore peu explorés par le genre (comme dans X finalement) mais dont les influences ne me parlent pas spécialement… Dommage!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt18925334/

Tusk: « Viens voir chérie, The Human Centipede nous a enfin fait des petits! » Voilà quelle a été ma réaction en lisant le pitch absurde (idée issue d’un des podcasts du réal) de cette comédie horrifique laissant la part belle au body horror! Et ma foi, ce délire foufou ne fonctionne pas trop mal grâce à un joli casting (où l’on retrouve Haley Joel Osment) et un réalisateur qui a déjà fait ses preuves: Kevin Smith. Nous avons aussi droit à Johnny Depp dans un rôle succulent qui semble taillé sur mesure pour l’animal! Les changements de tons comédie-drame et l’enchaînement calvaire-enquête sont plutôt bien amenés. Mon seul regret est la vitesse avec laquelle les odieuses expérimentations de Howe (bluffant Michael Parks) avancent, on a du mal à ressentir autre chose qu’un juste retour du karma pour l’odieux personnage interprété par Justin Long. Le ton comique général et l’envie de ne pas se retrouver avec une interdiction pour les moins de 16 ans, j’imagine, même si les plans dérangeants sont réussis! Les effets spéciaux sont réussis et je trouve que certains plans ne sont pas dénués d’une certaine poésie morbide (mais je crains que mon cerveau malade ne soit plus vraiment objectif sur le sujet ah ah), le tout formant un regard plutôt pessimiste sur l’humanité! On salue dans tous les cas la prise de risque punk que constitue ce film!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt3099498/

Bisseries: Les Trois Jours du Condor (1975), RoboCop 2 (1990)

Les Trois Jours du Condor: Il serait de temps de nous remettre à notre cycle « conspiracy thrillers », non? Peu convaincu par La Firme du même réalisateur, j’ai donc lancé cet excellent thriller 70’s, porté par Robert Redford et Faye Dunaway (dont on pourra reprocher au personnage ambigu d’être sous-exploité) sans trop savoir à quoi m’attendre! Un film haletant narrant l’histoire d’un brillant cryptographe de la CIA traqué par sa propre organisation après l’assassinat commandité de toute son équipe. Bien rythmé mais parfois un peu osbcur dans ses explications, l’enquête sur les responsables du massacre s’accompagne d’un suspens qui va crescendo et d’une atmosphère paranoïaque particulièrement réussie. La romance « forcée » (passage obligé pour alléger le récit, on se doute bien), elle, l’est bien moins! Adapté du roman de James Grady et sans doute inspiré par les affaires du Watergate survenues trois ans plus tôt, le métrage dénonce la toute puissance et les dérives (en premier lieu leur corruption) des organisations politiques et de renseignements, thématiques soulignées par une fin nihiliste/cynique à souhait et le glaçant personnage incarné par Max Von Sydow. Servi par une remarquable jeu d’acteurs et un cadre urbain aussi terne que l’est devenu (depuis bien longtemps) le pays de l’Oncle Sam, ce film de Sydney Pollack est clairement un incontournable du genre!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0073802/

RoboCop 2: Suite méconnue et mal aîmée mais néanmoins sympathique que ce Robocop 2! Il faut dire que le film avait pourtant tout pour plaire: les acteurs principaux du premier opus (Peter Weller, Nancy Allen, Dan O’Herlihy), un réalisateur loin d’être manchot (Irvin Kershner, responsable de L’Empire contre-attaque), le même univers urbain sordide et les mêmes thématiques désabusées. Alors oui, évidemment le film n’a ni la puissance ni la subtilité du sous-texte de celui de Verhoeven (pour sa défense, ce métrage a connu une production chaotique, entre faillite imminente d’Orion Pictures -c’est justement pour l’éviter que cette suite verra le jour-, grève des scénaristes) mais il nous donne tout de même ce qu’on attend de lui: encore plus d’action, de violence, de divertissement, des saillies satiriques. Le pitch pourra d’ailleurs rappeller celui de Terminator 2 sorti un an plus tard! Alors ne boudons pas notre plaisir, si toutes les suites de films cultes étaient de cet acabit! A noter que Frank Miller est au scénario, Phil Tippet et Rob Bottin aux effets spéciaux!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0100502/