La Dame rouge tua sept fois/La dama rossa uccide sette volte: Commençant sur les chapeaux de roue avec une légende de malédiction familiale (dont le titre est une référence directe) sur fond de château médiéval, on se dit qu’on tient enfin un giallo qui sort du lot. C’est vrai qu’avec ses superbes décors, sa photographie, sa mise en scène, sa galerie de beautés de l’époque (la divine Barbara Bouchet mais aussi Marina Malfatti, Pia Giancaro, Sybil Danning,…), La Dame en rouge a tout de quoi charmer… sur le papier! Un joli giallo teinté de fantastique (alternant entre cadre gothique et milieu de la mode) mais qui, il faut bien le reconnaître, reste un peu avare sur le reste (sauf en meurtres inventifs, c’est vrai): peu de nudité, peu de sous texte social/politique, un casting masculin en deçà de son homologue féminin (et de façon générale beaucoup trop de personnages),… de quoi rester sur notre faim! Heureusement le rythme est bon et tient bien le suspense jusqu’à une fin prévisible (surtout si on a vu avant le très bon L’Appel de la chair du même réal) et surtout expéditive à mon goût ! On a encore d’ailleurs droit ici à une Evelyn vengeresse, à une belle famille de bourgeois tordus et aux jolies musiques de Nicolai ! Mais on est en 1972 et soyons clair, il est sorti bien de plus mauvais gialli cette année là!
Note: Curiosité

The Cannibal Man/La Semana del asesino: Voilà un film espagnol atypique qui a dû inspirer des métrages de psycho-killers à venir comme Maniac ou Schizophrenia! Partant d’un postulat plutôt basique (pour cacher un homicide involontaire, un homme commence à décimer son entourage), The Cannibal Man se révèle bien plus un drame psychologique d’auteur (d’ailleurs inspiré du Boucher de Chabrol) qu’un bête film d’horreur d’exploitation. D’ailleurs si vous êtes venu chercher du gore généreux, vous serez sans doute déçu! Porté par une mise en scène réaliste, sobre mais efficace et l’interprétation possédée de Vicente Parra, le film livre également une photographie de l’Espagne franquiste finissante alors en pleine mutation (les gratte-ciels remplacent progressivement les maisons, les machines menacent les ouvriers et les amours impossibles entre classes sociales ne finissent jamais bien). Loin d’être un monstre sanguinaire, Marcos est un homme ordinaire, si englué dans sa routine et terrifié par les conséquences de ses actes que seule une amitié (au sous texte homosexuel évident mais charcuté au montage, thématique très présente dans la filmographie de La Iglesia) permettra de stopper la fuite en avant! On appréciera également le cadre urbain, délabré, nocturne et suffocant qui contribue grandement à l’aspect poisseux de ce conte macabre! Noé s’en inspirera d’ailleurs pour son magistral Seul contre tous!
Note: Curiosité



