Alien: Earth (Saison 1): « Je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu »… voilà comment résumer en deux mots mon expérience avec cet Alien: Earth que je n’ai pas réussi à visionner au delà de ses deux tiers tellement… rien ne va! Et pour la seule série chroniquée ici à l’heure actuelle, c’est un peu triste!
Ne perdons pas de temps et commençons avec les rares points forts de cette belle coquille vide: on peut sauver le visuel (la gestion des lumières surtout) et les effets spéciaux (bien que perfectibles) généreux en gore, la majorité du casting (Sydney Chandler et Timothy Olyphant en tête) ainsi que les thématiques futuristes de départ (enfin… sur le papier). Et… c’est tout! Passé un premier épisode intrigant sous forme d’énorme clin d’œil au premier opus (tu le sens le traquenard?), les problèmes commencent déjà à apparaître dès le suivant: manque évident de subtilité, de rythme et de cohérence dans l’écriture des personnages et du scénario (comme l’allusion lourdingue à l’enfance et Peter Pan parce que wouhou on est chez DISNEY, t’as compris? Hein, t’as compris? Peter Pan! Disney! On a les droits, on est chez DISNEYYYYYY!), dilution des quelques thématiques intéressantes dans une histoire bien trop longue et superficielle qui ne dit finalement pas grand chose, aucune réelle prise de risques (normal, c’est Disney), montage qui en fait trop, décors répétitifs bien loin de la noirceur de l’univers de H.R. Giger ou même du cyberpunk de Blade Runner puis… on en vient carrément à bafouer le xénomorphe… héritage et fardeau du passé relayé au stade du « simple monstre parmi tant d’autres » (et clairement pas le spécimen alien le plus intéressant au final) que l’on peut domestiquer tandis que les autres personnages et l’univers exploité n’en finissent plus de se révéler fades et inintéressants, à l’image des synthétiques et des hybrides dont on ne fera absolument rien (on regrette presque les idées saugrenues de Ridley Scott dans Prometheus et Covenant, putain!),… Aucune sensation de menace, aucun moment grandiloquent ou touchant dans cette série qui se déroule pourtant sur Terre, dans un futur proche, beaucoup de dialogues et de purs remplissages dans ces huit interminables épisodes… voilà qui en dit long sur la série de Noah Hawley! Je n’irais pas plus loin et ne rentrerais même pas dans les considérations de timelines et autres cohérences envers les autres volets de la saga, ça serait vraiment tirer sur l’ambulance…
On nous vendait Alien: Earth comme un mélange novateur entre les sagas Alien et Blade Runner et au final, on a à la fois le pire des deux et presque rien de ces monuments (pour ça, il faudrait à minima comprendre l’essence de ces deux œuvres, n’est ce pas?)… Bref, ça ne s’adresse clairement pas aux vieux brisquards de la SF que nous sommes mais plutôt au jeune public (hélas) habitué aux séries modernes, trop souvent gentillettes, trop longues et aux grosses ficelles calibrées pour les plateformes de streaming (chose amplement confirmée quand je lis les rares avis positifs sur la série, faut y aller mollo sur le sucre les zoomers!)… Voire à ceux qui n’ont pas vu ces films canoniques!
En résumé, une série écrite n’importe comment qui aurait grandement gagnée à rester dans son rôle de spin off (et explorer ses thématiques à fond), voire à couper tout lien avec la saga Alien, au lieu de rester dans un entre-deux confortable pour mieux justifier ses faiblesses! Ce qui est sûr, c’est que Romulus (le pire opus de la saga, pour rappel) est tellement meilleur que ce… « truc » alors qu’il a des défauts relativement similaires, c’est dire! Ca m’apprendra à avoir espéré que le responsable de l’ignoble Marvel Cinematic Univers (blockbusters débiles qui vampirisent le cinéma et les cerveaux depuis plus de quinze ans maintenant) et du déclin définitif des icôniques Predator et Star Wars (et sans doute bientôt d’autres licences) allait accoucher d’autre chose que du… vent! Quand on sait que la qualité et l’intérêt des séries est généralement décroissant au fil des saisons… ça laisse rêveur sur la saison 2!
Note: Dispensable
https://www.imdb.com/title/tt13623632/

Frankenstein: S’il y a bien un Universal Monster indépassable à mon sens, c’est bien le Frankenstein original et sa suite! Alors quand un réal talentueux comme Guillermo Del Toro a été annoncé pour cette relecture, il y avait forcément de l’espoir! Doté d’un joli casting (Mia Goth toujours aussi impeccable mais aussi Oscar Isaac, Christoph Waltz et j’en passe), la claque est évidemment esthétique dès les premières minutes: ambiance pesante et gothique (même si on tire sur le steampunk par moments), costumes superbes, décors quasi picturaux, jeux de lumière, effets spéciaux mêlant CGI et effets pratiques à l’ancienne,… tout charme la rétine ici (et on frôle parfois l’overdose)! Construit sous forme d’actes (procédé pourtant assez contestable souvent synonyme de film interminable) et alternant le point de vue du Dr Frankenstein puis de sa créature (ce qui était le cas dans le roman originel… on aura d’ailleurs droit à la partie polaire seulement aperçue dans le film éponyme de 1994), Frankenstein rejoue efficacement le mythe du scientifique obsédé et dépassé par sa création… cette fois ci en lui donnant un minimum de passé familial. Créature qui se révèlera ici encore moins détestable que son géniteur (on saluera d’ailleurs son design moins monstrueux qu’à l’accoutumée). D’ailleurs, si l’on devait pointer un seul véritable défaut dans le film, c’est bien le manque de subtilité/ambiguïté dans l’écriture du personnage principal (Del Toro adore les freaks, on le sait mais ça détonne vraiment ici vu le traitement des autres personnages), autrement on est bien en présence d’un des meilleurs films de l’an passé donc… A la manière du Nosferatu d’Eggers, ce Frankenstein est bien une relecture moderne et intelligente du roman originel (reprenant au passage certains éléments de La Fiancée de Frankenstein) qui n’en dénature pas le propos (encore et toujours ces thématiques existentielles sur l’humanité, la solitude, la création, la « parentalité », la science et ses effets,…) et la portée pour autant! Une jolie fable à la fois sombre et poétique dont Shelley serait fière, pour sûr!
Note: Solide
https://www.imdb.com/title/tt1312221/


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