The Game: Troisième métrage de David Fincher, coincé entre les monuments Seven et Fight Club, The Game est porté par un Michael Douglas impeccable dans son rôle d’homme d’affaires solitaire et détestable pris au piège en acceptant le cadeau empoisonné de son Sean Penn de frère. Un piège si réaliste qu’on navigue entre les « grosses » ficelles évidentes à la The Truman Show et la paranoïa insidieuse toute hitchcockienne qui finira par nous faire sombrer également dans la suspicion de tous les instants. Seulement à trop vouloir brouiller les pistes entre réalité et fiction pour les faire exploser dans un dénouement fort simpliste, The Game épuise et déçoit le spectateur qui finir par se dire « vraiment… tout ça pour ça? ». Dommage, sans cette fin lourdingue et too much (lire les anecdotes plus bas pour avoir un début de réponse sur le pourquoi du comment), ce thriller psychologique avait toute mon attention, au vu de son scénario habile (qui instille le doute à chaque moment), sa mise en scène, sa gestion du rythme, des rebondissements et du suspense… L’important n’est peut être pas la destination mais le voyage, certes… mais on est chez Fincher ici quand même…
Note: Curiosité
https://www.imdb.com/fr/title/tt0119174/

Anecdotes:
- Le scénario a commencé à être écrit en 1991 et est finalement passé par trois studios (MGM, Propaganda, PolyGram) avant de voir le jour. A l’origine, Douglas souhaitait que ce soit Jodie Foster qui joue le rôle de la sœur du personnage principal. Après avoir envisagé qu’elle joue sa fille, un problème de de planning (Foster partira dans le sympathique mais mollasson Contact) lui fera quitter le casting et on réécrira le rôle pour Sean Penn. Elle retrouvera le réalisateur pour Panic Room.
- Fincher devait réaliser ce film avant Seven mais le planning de Brad Pitt a fait que le réalisateur a dû inverser les deux projets! Fincher a souvent dit en interview ne pas être très fier du montage final et que PolyGram a entravé sa créativité (particulièrement sur la fin du film).
- Trois inspirations majeures du film: A Christmas Carol (de Dickens), la série Mission: Impossible et The Sting (de George Roy Hill). Et même un peu de Kafka!
- La scène où le personnage principal se réveille dans une crypte mexicaine est une référence directe (et évidente) à Bring Me the Head of Alfredo Garcia de Peckinpah.
- L’esthétique des bureaux de Consumer Recreation Services a été imaginée comme un labyrinthe, à l’image de leur logo. Des yeux avisés trouveront d’ailleurs ce logo/nom (ou des anagrammes similaires) dans de nombreux plans du film!
Insomnia: Remake du film du même nom d’Erik Skjoldbjærg, Insomnia est un thriller poisseux, tendu et crépusculaire comme on les aime ici, mettant face à face deux gigantesques acteurs: Al Pacino et Robin Williams (ici dont un rôle mémorable à contre emploi, comme dans One Hour Photo sorti la même année) alors au sommet de leur art. Enquêteur talentueux sur la sellette, Will Dormer (Al Pacino) devra faire face à ses démons (et ses insomnies) dans un Alaska lui réservant décidément quelques surprises… C’est le troisième métrage de Nolan qui signe là un film talentueux et intelligent qui m’a rappellé Heat à plusieurs reprises. On y croise aussi Hillary Swank qui confirmera deux ans après avec Million Dollar Baby. Loin d’être un film manichéen, Nolan montre une facette profondément humaine et changeante de ses personnages, autant du côté de son flic régulièrement borderline que de son tueur intelligent mais à l’apparence très ordinaire, au point où l’on se demande si les rôles ne vont pas finir par s’inverser à mesure de la progression du récit. Je ne vais pas plus développer pour vous laisser le surprise de la découverte. Un superbe thriller quoiqu’il en soit, avec un climax mémorable!
Note: Solide
https://www.imdb.com/fr/title/tt0278504/

Anecdotes:
- Il s’agit du seul film de Nolan où il n’est pas responsable (de l’entièreté) du script… ainsi que son premier long métrage à être entièrement en couleurs!
- La plupart des scènes a été filmée au Canada. Seules des prises aériennes viennent d’Alaska. Dans le script originel, le tueur se nomme Walter Byrd… seulement un homonyme vit en Alaska, ce qui a obligé la production a changé son nom.
- Le rôle de Pacino a aussi été proposé à Harrison Ford et Michael Douglas, celui de Swank à Reese Witherspoon et la réalisation à Jonathan Demme.
- Dans le Insomnia norvégien, Jonas Engström, l’équivalent de Dormer, est encore plus borderline dans sa manière de se comporter avec les suspects/pendant l’enquête pour arriver à ses fins, ce qui le rend beaucoup plus proche de la psychologie du tueur.
- En terme de mise en scène, la caméra est constamment braquée sur le personnage d’Al Pacino. Le spectateur est alors embarqué dans les journées sans fin de Will Dormer. Evidemment, la lumière occupe dans ce film une place de choix!

[…] Insomnia (2002) […]
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