Tesis: Plongée dans les limites entre fiction et réalité avec le méta Tesis, premier long métrage d’Amenábar (découvert pour ma part avec l’excellent Les Autres) explorant l’univers suffocant des snuffs movies. On suit ici une étudiante en cinéma qui s’intéresse à la violence audiovisuelle pour son mémoire. Accompagné d’un autre étudiant érudit dans l’univers du cinéma de genre, elle va découvrir que sa propre université aurait peut être un lien avec une étudiante disparue dont le meurtre a été filmé… Même si le film a mal vieilli (seulement 696 000 euros de budget), il interroge intelligement notre rapport voyeuriste aux images et plus précisément au graveleux, à la violence, au morbide (autant te dire qu’on est bien concerné ici ah ah), dans la lignée de Vidéodrome et Funny Games. Et cette réflexion renforce le côté dérangeant de cette thématique, même si finalement elle reste globalement assez suggestive ici. Même si les interprètes principaux (Ana Torrent, Fele Martínez) portent le film avec leur duo improbable, on ne peut que déplorer en revanche que le personnage d’Ángela ne soit pas particulièrement attachant. De la même manière, une longueur excessive et des ficelles scénaristiques peu subtiles plombent également le visionnage. Mais pour un début ça reste foutrement intéressant, avec une jolie mise en scène, des personnages délicieusement ambigus et une ambiance paranoïaque en prime (comme De Palma en son temps)!
Note: Curiosité
https://www.imdb.com/fr/title/tt0117883/

Run and Kill: Retour à la Catégorie III avec ce Run and Kill! Le quatrième métrage de Billy Tang (tout juste sorti de Dr Lamb) n’est ni plus ni moins que l’histoire de la descente aux enfers d’un homme trompé qui paye le prix fort de ses mauvais choix (et son manque de chance)! Polar poisseux à souhait, cruel et gore, le film est de ceux qui dépeignent une humanité particulièrement laide, brisée et sans espoir (comme beaucoup de métrages classés Catégorie III finalement). Bien mis en scène et joliment rythmé, il est impossible de s’ennuyer devant! Il souffre néanmoins d’un défaut majeur: son aspect comique peu subtil qui désamorce trop vite les scènes de tension et l’empathie qu’on est censé ressentir pour le personnage joué par Kent Cheng (pourtant déjà bien assez lâche et pathétique dès le départ pour en rajouter une couche). Une scène particulièrement atroce à la fin du métrage devrait néanmoins hanter vos esprits pour longtemps… Signalons évidemment la prestation mémorable de Simon Yam dans le rôle d’un tueur psychopathe rescapé du Vietnam!
Note: Curiosité
https://www.imdb.com/fr/title/tt0108600/

