Bisseries: A tombeau ouvert (1999), Alucarda (1977)

A Tombeau ouvert: Même s’il n’est pas le meilleur Scorsese (ni le pire), ce métrage possède une ambiance badante à souhait qu’on aura du mal à trouver ailleurs (on pense à plusieurs reprises à Taxi Driver… forcément ou même à Night Call). Cage, Goodman et Arquette campe un trio parfait de personnages abîmés par la vie dont les destins se croisent (mais qui est parfaitement intact dans ce film en même temps?). Alors oui, par moments, il ne se passe pas grand chose (à l’instar du quotidien du Frank Pierce) et ça manque quand même de subtilité par moments mais la mise en scène ingénieuse du Monsieur, la photographie de Robert Richardson, l’univers nocturne désenchanté de ces ambulanciers et les récurrentes hallucinations morbides du personnage principal font passer la pilule sans (trop de) mal! On retrouve bien évidemment les thématiques chères à l’italien: la mort (et même l’euthanasie ici), la religion, les personnages déglingosses, la dope et même une bonne pincée de comédie! Notons également une belle BO bien rock! Alors i vous souhaitez faire un grand bain dans les bas fonds de la Grande Pomme…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0163988/

Alucarda: Joli mélange de folk horror, sorcellerie et nunsploitation que ce métrage mexicain à l’esthétique européenne très 60’s-70’s (amis de la Hammer, foncez!). On pense plusieurs fois à Blood on Satan’s Claw, Dark Waters voire à certains films de Jess Franco (excusez du peu!). Efficace avec peu (malgré une certaine générosité en nudité et en effets gore) et mettant en scène avec efficacité des thèmes récurents du cinéma d’épouvante comme la possession, le pacte avec le Malin, l’opposition entre bien et mal, science et foi, voire les paradoxes religieux ou la normalité tout court, cette adaptation libre du classique Carmilla brille donc par une certaine subtilité dans le propos comme dans ses atmosphères étranges, surréalistes et gothiques! Porté par l’excellente Tina Romero et la jolie mise en scène de Juan López Moctezuma (notamment dans ses scènes d’extérieur), ses seuls véritables points faibles est que le film arrive un peu tard dans les seventies pour véritablement marquer les esprits… et un final un peu décevant, il faut bien le dire!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0075666/

Bisseries: Brimstone (2016), Cauchemars à Daytona Beach (1981)

Brimstone: Dans une veine pas si éloignée de la brutalité finale de Bone Tomahawk mais semblable à l’esprit d’un rape & revenge aux timelines volontairement alambiquées (façon Pulp Fiction), je demande Brimstone! Ce mélange ultra poisseux de western, thriller et survival horror (voire même un soupçon de fantastique) aux allures de conte cauchemardesque sans fin (où seule la fuite semble être la meilleure option), porté par les talentueux Dakota Fanning et Guy Pearce (même si les seconds rôles ne sont pas en reste), ne peut pas vous laisser indifférent! J’éviterais d’en dire trop pour ne pas vous spoiler sur ce sublime pamphlet à priori amoral (mais terriblement actuel) sur les communautés religieuses, leurs paradoxes et leurs dérives (bien plus qu’une énième charge politiquement correcte sur la patriarcat), servi par une superbe photographie. Une de mes plus grosses claques de 2024!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt1895315/

Cauchemars à Daytona Beach/Nightmare: Voilà un film de psycho-killers dont j’entends parler depuis longtemps! Et je ne regrette pas du tout mon visionnage! Malgré des problèmes évidents de rythme, de longueur et de jeu d’acteurs parfois limite, Cauchemars est clairement à classer entre Maniac et Angst, tellement son personnage principal torturé (impressionnant Baird Stafford!) et son mélange (purement exploit’) de sexe et de violence gore le rendent particulièrement dérangeant… jusqu’à un final tout aussi malsain! Le film faisait partie des Video Nasties et… on peut dire qu’il ne l’a pas volé! Si ce métrage reprend quelques codes des slashers, il est en définitive bien plus original qu’on ne le pense, en plongeant dans la psychologie même du tueur (bien aidée par quelques thérapeutes peu scrupuleux), un procédé encore peu présent à l’époque!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082818/

Bisseries: The Green Knight (2021), Bone Tomahawk (2015)

The Green Knight: Adaptation du roman médiéval Sire Gauvain et le Chevalier Vert (Pearl Poet) produite par les incontournables A24, The Green Knight marque d’abord par sa mise à scène et sa photographie tout simplement splendides! Cette légende arthurienne est ainsi revisitée sous la forme d’un superbe voyage initiatique laissant une part importante aux éléments fantastiques, au symbolisme et aux paysages (aux décors d’une façon plus générale). Le rythme est lancinant et propice à la contemplation/mélancholie d’un Camelot sur le déclin, en opposition aux campagnes environnantes, certes cruelles envers les chevaliers mais infiniment plus belles sur le fond. On retrouve Dev Patel dans le rôle principal, au caractère bien éloigné des canons médiévaux. On pourra éventuellement regretter des personnages peu fouillés mais est ce si important dans cette forme de récit plutôt porté sur la morale et une poésie quasi sensorielle (saluons au passage les effets spéciaux réussis)? Merci à David Lowery pour ce joli moment!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt9243804/

Bone Tomahawk: Place maintenant à ce western cruel, craspect et novateur, matiné d’horreur (plus précisement de survival)! Porté par un casting solide (Russell, Wilson, Fox,…), ce métrage crépusculaire est scindé en deux parties: une pour présenter le groupe de cowboys partis rechercher les membres de leur ville enlevés par une tribu d’indiens locale, l’autre consacrée à la confrontation finale… beaucoup plus terrifiante que prévue (façon La Colline a des yeux)! Entre les deux, la tension monte crescendo dans cette première réalisation de S. Craig Zahler (également scénariste ici). Mais cela ne s’arrête pas là, Bone Tomahawk sait aussi distiller quelques touches d’humour bien senties et saisir la beauté des paysages pour proposer un film suprenant et contrasté. Bref, un sacré potentiel d’écriture (des personnages entre autres!) et de mise en scène pour une traque dans laquelle personne ne sortira indemne (ou… vivant)! Cela fait longtemps qu’un western n’était pas autant remonté aux sources du genre: la survie pure dans des terres inhospitalières!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt2494362/

Bisseries: Censor (2021), Hardware (1990)

Censor: Surprenant film ayant pour thématique principale les video nasties (auxquelles on consacrera un cycle tôt ou tard, ne serait ce que pour compléter un peu notre watch list, même si un certain nombre sont déjà chroniquées ici) et la rigidissime époque thatchérienne qui va avec, il faut bien avouer que Censor contient de bonnes idées de mise en scène et une imagerie vintage réussie (passablement inspirée par le giallo), au delà de cette sympathique mise en abyme qui régalera tout amateur de genre (les yeux les plus affûtés reconnaîtront des extraits de Frightmare, Driller Killer ou encore l’excellent Cauchemars à Daytona Beach). Premier long métrage de Prano Bailey-Bond, ce thriller psychologico-horrifique, porté par la solide Niamh Algar, se distingue aussi par l’ambiance psychotique créée, entre rêves, cauchemars, obsessions et souvenirs du passé (avec une belle lichette de Lynch). Après toutes ces belles propositions, on ne peut que regretter les ressorts tout de même un peu prévisibles de son récit. Dommage…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt10329614/

Hardware: Ayant entendu parler de ce métrage pour sa BO et le caméo de divers musiciens rock (Fields of Nephilim, Motörhead, P.I.L., Iggy Pop, Ministry, GWAR), il était temps d’enfin passer le pas. Et ma foi, on tient là un représentant tout à fait honnête du cinéma cyber-punk/post-apo! Son réalisateur/scénariste n’est pas un parfait inconnu aujourd’hui puisqu’il s’agit de Richard Stanley, peu productif mais qui s’était illustré il y a quelques années avec (le prometteur mais décevant) Colour Out of Space. Et dès l’intro, on sent qu’on a affaire à un film bis unique et généreux que l’histoire aurait oublié: élements électroniques omniprésents, huis clos urbain, monde dévasté par l’arme atomique, population entassée dans des villes crasseuses où l’on rationne aussi bien la nourriture que l’on contrôle les naissances, membres bio-mécaniques,… si ces éléments (de moins en moins SF hélas) peuvent vous paraître familiers aujourd’hui, ils l’étaient bien moins au moment de la sortie du film (pour rappel, nous sommes neuf ans avant Matrix et un an avant Terminator 2). Terminator, Soleil Vert et RoboCop sont évidemment les grosses influences de ce premier long métrage. Porté par la performance de (la trop rare) Stacey Travis et une belle photographie (ah ce filtre rouge/orange!), Hardware reste un film ingénieux, oppressant, sans concession et plutôt convaincant vu son ridicule budget (1,5 millions de dollars)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0099740/

Bisseries: Toutes les couleurs du vice (1972), Beauty Water (2020)

Toutes les couleurs du vice/Tutti i colori del buio: Autre giallo 70’s de l’artisan-joaillier transalpin Sergio Martino, sorti la même année que son Ton Vice est une chambre close dont moi seul ai la clef (titre à rallonge mais diablement évocateur!), Toutes les couleurs du vice (également connu sous le titre L’Alliance Invisible) est un film inspiré, audacieux et surprenant, quelque part entre Rosemary’s Baby et Le Venin de la Peur. Porté par la divine et charismatique Edwige Fenech (alors belle-soeur du réalisateur) et des seconds rôles de choix (George Hilton, Nieves Navarro, Ivan Rassimov), ce giallo fantastique brille également par sa mise en scène, ses décors londoniens, sa gestion du doute/suspense (la scène de poursuite dans le métro, put*in quelle claque!) et sa bande sonore signée Bruno Nicolai. Balancé entre influences psychédéliques, gothiques et whodunit (même si on a clairement aussi des éléments proto-slasher), il ne se contente pas d’être une énième redite d’Argento, Bava et compagnie (pile au moment où la folie giallo est à son paroxysme, c’est louable) et se permet même de jolies allégories sur la crise du couple et l’isolement social. Pas impossible non plus qu’il ait inspiré Suspiria à sa façon! Rappelons aussi à cette occasion que bien avant le slasher, le giallo avait pris le parti de mettre en avant les femmes à l’écran… et pas seulement dans des rôles de potiches ou de victimes. C’est encore le cas ici. Ce qui est sûr, c’est qu’on va se faire un cycle giallo d’ici peu qui risque de me régaler!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0069390/

Beauty Water: Film d’animation coréen (ça change un peu!) généreux en body horror, Beauty Water vous fera certainement penser à The Substance au vu des thématiques similaires (culte du corps, réseaux sociaux,…) et de son produit miracle, capable de remodeler le corps à volonté! Mais également à Society et American Psycho car évidemment la recherche de célébrité et de beauté à tout prix se paye (très) cher! Oui, vous l’avez compris, ce métrage n’est pas un simple film de divertissement bête et méchant mais également une critique (facile, certes) de la modernité (et certainement de tout un pan de la société coréenne). On regrettera juste une animation trop simpliste par moment (même si les « effets spéciaux » sont particulièrement réussis sans sombrer dans l’excès) et un personnage principal pour lequel il est difficiel de ressentir de l’empathie! Un bon petit film mais qui ne va pas réellement au bout de son concept!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt12354886/

Bisseries: Black Sheep (2006), Happy Birthday To Me (1981)

Black Sheep: Que dire de ce sympathique métrage nous proposant une version alternative et fraîche du zombie? Sorte de délire de sale gosse poussé à son paroxysme façon Troma (mais en plus sage), tout le monde en prend ici pour son grade: des écologistes activistes aux méchants capitalistes prêts à tout pour l’appât du gain… y compris certaines expériences génétiques pour le moins risquées! Prenant place en Nouvelle-Zélande (autant vous dire que les paysages sont à tomber), au sein d’une ferme caprine et d’une vieille rivalité fraternelle pour introduire ses moutons zombies (et ses « mouton-garous »), le métrage s’avère être une comédie réussie et bien rythmée, oscillant entre le gore gratuit et un humour (parfois) un peu plus subtil. Conscient de son manque de moyens qu’il assume pleinement (les effets spéciaux sont d’ailleurs tout à fait honorables), à ranger entre un Braindead et Le Loup Garou de Londres, ce Black Sheep vous fera assurément passer un bon moment! Une suite serait visiblement en préparation!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0779982/

Happy Birthday To Me: Autre slasher ayant bénéficié d’un certain culte mais qui reste plutôt méconnu chez nous, Happy Birthday possède une grande force: celle de maîtriser son suspense jusqu’à la toute fin! Et mine de rien, pour un sous-genre aussi standardisé que le slasher, ça fait une grande différence! La final girl… vous la connaissez sûrement puisqu’il s’agit de Melissa Sue Anderson, une des actrices vedettes de La Petite Maison dans la prairie… qui ici s’en sort très honorablement! Si la plupart des meurtres sont filmés en hors champ, le résultat final ne nous est pas épargné… et ces premiers sont tout de même assez vicieux et originaux pour marquer les esprits! Multipliant habilement les fausses pistes (on est clairement ici dans un whodunit teinté de giallo) grâce au passé de son héroïne jusqu’à une fin poisseuse en diable (et son double twist infernal), soignant sa photo et sa mise en scène (il faut dire que Jack Lee Thompson est loin d’être un débutant), ce métrage figure sans mal dans les plus beaux représentants du genre pendant son âge d’or… avec en prime un sous-texte sur la lutte des classes plutôt appréciable! On regrettera cependant des liens très confus entre les personnages (j’ai passé le film à me demander qui était en couple avec qui, par exemple), une absence de version director’s cut (plus de sang, bordel!) et le choix d’un titre qui spoile bien trop! Mais ça c’est pour pinailler car le film rentre sans mal dans mon top 10 slashers!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082498/

Bisseries: X-Files: Combattre le futur (1998), Night of the Creeps (1986)

X-Files: Combattre le futur Ce serait peu exagéré que de dire que X-Files a traumatisé toute ma génération (celle de la fin des années 1980/début 1990 donc) et passablement marqué d’une pierre blanche l’univers des séries, comme Twin Peaks avant elle… mais ce sera justement l’objet d’un prochain dossier thématique! En tant que gros fan de la série, il était grand temps de revoir ce premier film. Sorti entre les saisons 5 et 6 (à l’origine, il devait sortir après la troisième), on y retrouve tous les ingrédients principaux qui ont fait son succès: intrigue conspirationniste autour de l’huile noire comme arme biologique (un des fils rouges de la série… impliquant gouvernement, CIA et aliens), inévitable destruction des preuves à la fin du métrage (un gimmick plutôt frustrant d’ailleurs), complémentarité et tension sexuelle entre Mulder et Schully dont l’avenir au FBI reste incertain, touches d’humour, personnes bienveillants sortis de nulle part… mais également ses principales faiblesses: intrigues trop grosses pour être totalement crédibles, méchants trop permissifs et ambivalents envers notre duo d’enquêteurs paranormaux,… Derrière la caméra, c’est Rob Bowman, qui avait déjà signé plusieurs épisodes de la série et ça se ressent dans la cohérence du récit, même si par moments, ça manque de faste. Le métrage est bien rythmé, avec des effets spéciaux corrects. On retrouve évidemment des personnages récurrents de la série: Skinner, l’homme à la cigarette et le Syndicat, les Lone Gunmen,… ainsi que de jolies références à Alien et The Thing qui font plaisir! Un thriller honnête et « doudou » donc, qui ne s’en sort pas si mal pour un univers de série porté sur grand écran (même s’il est vrai qu’on a parfois l’impression de regarder un long épisode de celle ci… qui ne fait pas avancer grand chose d’ailleurs) et que l’on recommandera en priorité aux fans de la série ainsi qu’aux curieux!

Note: Curiosité

Night of the Creeps/La Nuit des sangsues: Dans la veine de The Blob, voici un métrage des eighties léger et généreux rendant un très joli hommage aux films de SF/épouvante des années 1950! Au carrefour entre thématique zombies (ceux de Romero) et bizarreries cronenbergiennes (Frissons surtout), doté d’effets spéciaux gore crédibles et d’un rythme soutenu, cette comédie/teen movie diablement efficace (accessoirement le premier métrage de Fred Dekker… qui signera The Monster Squad un an plus tard) est aussi l’occasion de revoir le génial Tom Atkins dans le rôle d’un commissaire truculent et clairement dépassé par les évènements! Ici des sangsues (limaces?) extraterrestres ont la fâcheuse tendance à investir le cerveau d’adolescents pour en prendre le contrôle… les transformant du même coup en zombies! Et comme si cela ne suffisait pas, l’humour s’y fait parfois méta, entre deux bizutages de fraternité! Clairement un film à (re)découvrir!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0091630/

Bisseries: La Nuit a dévoré le monde (2018), Les Maîtresses de Dracula (1960)

La Nuit a dévoré le monde: Jolie petite curiosité française que voici, pas prétentieuse pour deux sous mais qui a le mérite de proposer quelque chose d’un peu différent! Adapté du roman de Pit Agarmen (pseudonyme de Martin Page), narrant la survie d’un habitant d’immeuble dans un Paris post-apocalyptique envahi d’infectés (soit un scénario de départ qui vous rappellera forcément 28 Jours plus tard ou encore Je suis une légende), La Nuit prend le temps de poser son ambiance pour rendre cette aventure palpitante et crédible. Je dois dire que l’aspect survie, au centre du récit, est plutôt bien retranscrit, entre le renforcement de « l’abri », la recherche de rations, le manque de liens sociaux,… Un film plutôt subtil et minimaliste, bien que pas exempt de défauts, qui montre bien la solitude et la paranoïa qui guettent son personnage principal dans son quotidien!

Note: Solide

Les Maîtresses de Dracula: Soyons clair d’emblée, il n’y a pas plus de Christopher Lee (ne souhaitant pas se cantonner au registre horrifique) que de personnage de Dracula dans ce film et… finalement tant mieux car ça en fait un métrage original et appréciable! Les décors, gros point fort de ce métrage, sont splendides comme à leur habitude. La musique, signée Malcolm Williamson (compositeur qui fera également les OST de Crescendo et Les Horreurs de Frankenstein) est également fort sympathique. Avouons tout de même que cet opus est plutôt sage question sexe et violence. Mais ne boudons pas notre plaisir, on y retrouve de vieilles trognes comme Terence Fisher derrière la caméra et Peter Cushing incarnant à nouveau le Docteur Van Helsing, accompagnées d’une belle brochette d’acteurs (David Peel, Martita Hunt, Freda Jackson). Les scénaristes se sont permis quelques variations bienvenues sur la thématique (déjà bien usée) du vampirisime. Au final, si ce second volet souffre d’une chose, c’est de la logique d’exploitation qui a voulu l’intégrer à tout prix dans la saga des Dracula alors qu’il a autant de liens avec elle que la trilogie Karnstein! Quand à la fin… comment dire, elle change un peu car la façon pour le moins abrupte dont la Hammer avait coutume de conclure ses récits commençait à devenir un véritable running gag!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0053677/

Bisseries: Ennemi d’État (1998), The Strangers (2008)

Ennemi d’État: Thriller technologique et conspirationniste traitant d’un thème terriblement d’actualité (la surveillance du peuple à son insu aux travers des technologies modernes) mêlant mafia, monde de la justice, héros dépassé par les évènements, assassinats politiques, NSA et vieux briscard insaisissable, il faut avouer que ce métrage donne l’eau à la bouche! Et Tony Scott réussit à proposer un métrage clair, prenant et nerveux. La principale ombre au tableau est son côté poussif car… Will Smith ne peut pas s’empêcher de faire… du Will Smith (aka du comique lourdingue et franchement dispensable) et c’est extrêmement dommageable à la fois pour le rythme et la crédibilité de son personnage! C’est rageant car ce Ennemi d’État haletant avait pourtant tout pour marquer les esprits! Gene Hackman s’en sort bien mieux, même si son personnage n’est pas non plus dans du très subtil (à l’image de la résolution du récit)! Il faut aussi reconnaître que le métrage a vieilli (technologiquement forcément mais aussi au niveau du ton employé) et les attentes du public ont bien changé depuis! Ca se regarde bien malgré tout!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0120660/

The Strangers: Voilà un joli survival (bien que infusé de slasher, de drame et de fantastique) inspiré d’une histoire vraie! Scott Speedman et Liv Tyler (bien trop rare sur les écrans) y incarne un couple qui, de retour dans leur résidence secondaire, va se faire harceler toute une nuit par un trio d’agresseurs masqués (masques du plus bel effet, au passage) de plus en plus véhéments. Entre huis clos, couple en proie aux doutes, inversion des rôles (qui sont finalement les vrais intrus ici: le couple de citadins ou les rednecks locaux?), home invasion, The Strangers intrigue et maintient en haleine par sa subtilité (ici, pas de jumpscares car le moindre bruit constitue une menace), sa photographie et son sadisme froid qui n’est pas sans rappeler les films de Ti West! On pensera aussi plusieurs fois à You’re Next et Funny Games… La volonté de rendre les assaillants quasi muets est louable et renforce leur aura et leurs apparitions quasi surnaturelles (soit la vraie nature du slasher selon John Carpenter). Le plus gros défaut du métrage est qu’il se montre extrêmement avare en explications comme sur sa volonté d’étoffer ses personnages principaux… et finit donc par manquer cruellement de consistance! A l’image de sa fin aussi énigmatique qu’incompréhensible!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0482606/

Bisseries: Blood Rage (1987), Haute Tension (2003)

Blood Rage/Nightmare at Shadow Woods/Slasher: Voilà un sympathique slasher sorti à la fin des 80’s (mais tourné en 1983… ce qui peut expliquer son exploitation sous divers titres) quand l’engouement pour le genre commençait clairement à retomber. Ses points forts? Un scénario un minimum original, de généreux effets gore, du second degré décomplexé et quelques variantes déjà bien méta au sein de son propre genre. Par contre, on repassera pour le jeu de certains acteurs, ses personnages globalement peu attachants, le sous-texte assez pauvre (même si on notera un certaine omniprésence de femmes qui élèvent leurs enfants seules) et une photographie un peu à la ramasse. On saluera toutefois sa terrible scène finale et la performance de Louise Lasser et Mark Soper autant à l’aise dans le rôle du psychopathe schizophrène pervers (à l’aspect tout à fait banal, ce qui le rend d’autant plus dangereux) que de son jumeau traumatisé! Dommage tout de même pour le lotissement boisé où se passe le récit et qui, comme dans un certain Vendredi 13, n’est pas du tout exploité!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0085253/

Haute Tension: Cela faisait longtemps que ce survival rural me faisait de l’oeil… Brutal, original, gore (De Rossi, oui vous avez bien lu ce bon Giannetto des familles est aux effets pratiques), bien rythmé, il faut dire que le second (vrai) métrage d’Alexandre Aja avait tout pour plaire… sur le papier! On sent l’influence évidente de Massacre à la tronçonneuse (les champs de maïs, le cadre rural, la station service) bien sûr mais aussi des rape and revenge sur la structure du scénario. Le gros défaut de ce film est le jeu très moyen de Cécile de France, clairement pas à la hauteur de celui de Philippe Nahon, parfait dans son rôle de psychopathe local, froid, brutal et sadique. En même temps, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette actrice… On notera également des comportements illogiques parfois énervants (mais n’est ce pas le propre des slashers/survivals?) et surtout un twist final qui tient plus de la paresse d’écriture (puisqu’en y réfléchissant deux secondes, il n’est pas cohérent avec le déroulé de l’histoire) que du génie, d’ailleurs ça serait mentir que prétendre qu’on ne l’envisage à aucun moment, vu la manière dont est sexualisé le personnage de Marie… Bref, ce n’est pas Haute Tension qui va me réconcilier avec le cinéma de genre français! Une curiosité à voir tout de même, ne serait ce que pour son cadre rural inquiétant réussi et son tueur!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0338095/