Bisseries: La Gorgone (1964), The Vampire Lovers (1970)

C’est pas tout…mais on doit avancer sur notre cycle Hammer, nous! Attendez, on me dit dans l’oreillette qu’on aurait de toute façon trois autres cycles thématiques en attente depuis l’arrêt des podcasts…soit quelques années de retard! Monde de meeerde!

La Gorgone: Encore un film de la firme réunissant le trio mythique Fisher/Lee/Cushing! A la différence près que…si vous vous attendez à un énième film fantastique/épouvante de la Hammer, nous sommes plutôt ici en présence d’un thriller autour de meurtres mystérieux commis par le monstre! Porté par des décors gothiques majestueux et une interprétation au poil (comme toujours) de Peter Cushing et de Christopher Lee (plutôt à contre-courant pour ce dernier), La Gorgone est également l’occasion d’observer le fonctionnement d’un petit village d’Europe de l’Est, ses habitants, ses secrets,… Hélas entre le rythme relativement lent, les éléments fantastiques relayés au second rang au profit de l’enquête principale et un scénario qui ne brille pas vraiment par son originalité, le film perd fatalement en impact! Et c’est bien dommage car le grand intérêt de La Gorgone est bel et bien sa thématique principale, à savoir la réappropriation/modernisation du mythe antique (à rapprocher du loup garou ici)!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0058155/

La Passion des Vampires/The Vampire Lovers: Premier volet de la trilogie Karnstein (tournée entre 1970 et 1971) mettant en scène Carmilla Karnstein. Tourné à une époque où la Hammer n’est déjà pas au meilleur de sa forme (apparition des gialli italiens et de films d’épouvante indépendants américains, plus ancrés dans la modernité), le studio anglais décide de lâcher progressivement les gaz sur ce qui caractérisera le cinéma d’exploitation de la décennie 70’s: toujours plus d’érotisme et de gore assumés! Et il faut dire qu’on va en avoir besoin, des bonnes vieilles recettes pour attirer le chaland avec cet autre film en demie teinte! Car malgré de splendides décors (on a globalement droit à beaucoup d’extérieurs), de bonnes idées (les linceuls, les passages oniriques) et une superbe interprétation d’Ingrid Pitt dans le rôle de l’antagoniste principale, le film patine aussi à de nombreux moments: rythme lent, dialogues nombreux, personnages niais, éléments cheap (la décapitation du début, au hasard!),… Cependant, on ne peut pas reprocher à ce film son manque d’originalité, voir un brin de subtilité bienvenu puisqu’on s’éloigne quand même du traditionnel film de vampires n’agissant que de nuit! Il s’agit en effet d’une adaptation de la nouvelle Carmilla de Sheridan Le Fanu et de son intrigue sur fond d’amour lesbien alors… on aurait pu craindre bien pire de la part de la Hammer! A noter que l’on retrouve Peter Cushing dans un rôle (bien) secondaire! Non, vraiment…encore une fois, dommage!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0066518/

Bisseries: Calvaire (2004), Bleeder (1999)

Calvaire: Voilà un premier métrage belge qui n’est pas passé inaperçu lors de sa sortie grâce à son ambiance rurale et glauque dont Massacre à la tronçonneuse semble être une des principales influences (on aura même droit à un remake de la scène oh combien douloureuse du dîner). Même si de l’aveu de son réalisateur Fabrice Du Welz, il faut plutôt chercher celle ci du côté de La Traque (que je n’ai toujours pas vu au moment où j’écris ces lignes). Ici, nous suivons Marc, un chanteur itinérant qui se perd en forêt après un gala et va être recueilli par Bartel, un hôte pour le moins étrange… Survival porté par un Jackie Berroyer tout en nuances (alternant comique, malaise, pathétique, touchant, inquiétant,…) qui perce littéralement l’écran et un Philippe Nahon bourru comme à son habitude (je vous ai déjà dit que j’adorais Seul contre tous?), Calvaire possède un scénario relativement épuré mais efficace, alternant huis clos et scènes de traque dans un décor crépusculaire et dégénéré où le sens moral est aussi absent que les personnages féminins. Même si le jeu de certains acteurs frise l’approximatif (et c’est surtout le cas de Laurent Lucas campant le premier rôle…un comble pour un survival), le film se permet quelques petites notes d’humour (noir) bien senties et de petites variations surprenantes sur les archétypes du genre. Une certitude: Calvaire porte bien son nom et vous ne sortirez pas indemne de ce cauchemar poisseux…où demander de l’aide au voisin pourrait vous coûtez (très) cher!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0407621/

Bleeder: Rare pellicule de Refn que je n’avais pas encore vu à ce jour, Bleeder s’avère être un efficace drame/thriller comme l’a été sa trilogie Pusher tournée durant la même période (avec laquelle le film partage d’ailleurs son casting principal: Mikkelsen, Bodnia et Buric). Embrassant une nouvelle fois la thématique de la violence pulsionnelle et de la fatalité (thèmes devenus majeurs chez Refn), on y perçoit également une large part autobiographique au travers du personnage de Lenny (offrant ainsi un hommage à ses réalisateurs favoris) et bien sûr celle de la paternité, de l’amour, de la solitude. Disons le clairement, le plus gros défaut de ce film est son manque de budget, avec parfois des moments de flottement et des faiblesses d’écriture. Mais il offre tout de même de jolis moments de noirceur (façon descente aux enfers) et même de poésie (comme avec celui du timide couple naissant Lenny/Léa) au sein d’une banlieue populaire de Copenhague glauque comme jamais! On peut également noter un sens de la mise en scène déjà en place et il est assez marrant de constater que le personnage de Lenny, le weirdo de la bande, est finalement le personnage le plus normal de tous car imperméable à la violence (certainement car c’est le seul à poursuivre un but et avoir des passions). Entre Pusher et Drive, laissez une chance à ce Bleeder!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0161292/

A l’affiche: MaXXXine (2024), Trap (2024)

MaXXXine: Prenez les bas fonds de Los Angeles des 80’s pendant la satanic panic, une suite de slasher à succès, un soupçon de giallo, un autre de thriller, une critique méta de l’industrie hollywoodienne (réécriture acerbe façon Once Upon A Time in… Hollywood), une aspirante actrice travaillant dans l’industrie pour adultes (accessoirement ultime rescapée d’un massacre bien cradingue six ans avant), un serial killer qui a réellement existé et vous aurez (quasi) tous les ingrédients pour attirer tout adepte de films de genre. Hélas…on ne va pas laisser le suspense planer inutilement, MaXXXine a beaucoup à dire sur l’industrie cinématographique (et c’est bien là que le métrage est le plus intéressant) mais bien peu de choses à nous apprendre de plus sur son personnage éponyme. Au point où après visionnage, on se demande de quoi parle finalement ce film. La faute sans doute à un scénario qui ne semble pas savoir où aller, de trop nombreux personnages/histoires parallèles et d’une tension au rabais (à l’image du reveal final prévisible…depuis le premier opus). Autre gros point noir: le personnage incarné par Kevin Bacon apporte une touche d’humour…qui vire très vite au lourdingue. Pris à part, c’est un film moyen…mais replacé dans sa trilogie d’origine (dont on reparlera bientôt sur ce blog), il fait clairement office de remplissage malgré une nouvelle interprétation mémorable de Mia Goth. C’est le métrage le moins bon des trois malgré son propos parfois original, comme celui de son prédécesseur Pearl… Plutôt avare en scènes chocs à mon goût, il conclue donc péniblement cette trilogie commencée en 2022 avec X mais… garde tout de même un certain intérêt grace à une jolie mise en scène vintage et son réalisateur, Ti West, bien décidé à sortir le genre de son petit carcan confortable!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt22048412/

Trap: Disons le tout de suite: le dilemme actuel avec Shyamalan, c’est sa proposition régulière de scénarios originaux…qui se transforment visiblement en films navrants depuis presque une décennie maintenant. J’ai voulu en avoir le coeur net avec ce Trap, ayant loupé tous ses métrages depuis le (très) décevant Glass. Au final, l’adage s’est vérifié puisque j’en retiens plus la mise en scène toujours aussi léchée de son réalisateur et les performances (correctes) de Josh Hartnett et de Saleka Shyamalan (qui visiblement fait réellement carrière dans la chanson) que ce thriller…beaucoup trop prévisible et grand public! Rebondissements tellement invraisemblables qu’ils finissent par énerver, fin interminable qui sombre dans la pure paresse intellectuelle (et qui aurait pourtant pu démarquer le film de tous les huis clos actuels), humour trop présent (au détriment de la tension nécessaire au bon fonctionnement d’un thriller), serial killer bien trop lisse (mais cliché à souhait dans ses traumas), les défauts de ce métrage sont nombreux et risquent de vous faire sortir du métrage comme il faut… Si l’intrigue de départ peut faire penser à un Snake Eyes à fort potentiel, je vous le dis en toute honnêté, épargnez vous ces 105 minutes de vide (quel est le propos du film, putain?) et de souffrance inutile, ça n’en vaut pas la peine. Peut être serait il temps de se refaire la main sur des synopsis moins ambitieux ou de passer plus de temps à les peaufiner? Voire même d’arrêter de prendre ses spectateurs pour des débiles finis, vu la purge qu’est ce film?

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt26753003/

A l’affiche: Godzilla Minus One (2023), Dune – Deuxième Partie (2024)

Les Bisseries sont de retour (les mauvaises langues me demanderont…pour combien de temps? :p), alors autant marquer le coup avec ces deux films vus en salles en ce début d’année!

Godzilla Minus One: Voilà un blockbuster intéressant qui nous prouve qu’ailleurs dans le monde, on sait faire des blockbusters respecteux de leurs aînés! Précisons quand même d’emblée que je ne suis pas un fan de la franchise, n’ayant vu que le mitigé opus de 1998 (par Roland Emmerich) à sa sortie…mais visiblement celle ci a sévèrement morflé quand les ricains ont repris le flambeau en 2014! Dans ce 37e film (oui, oui), on se centre beaucoup plus sur les personnages, leur passé et leur psychologie, l’impact de cette menace sur leur vie quotidienne que le monstre lui même…et c’est tant mieux. Disons le clairement, ce Godzilla est un drame rétro assumé et réussi (le métrage commence d’ailleurs juste après la Seconde Guerre mondiale) sur fond de science-fiction/film catastrophe! Ce qui n’empêche pas au film d’être spectaculaire pour autant et de mériter d’être vu sur grand écran …même si à mon goût la résolution finale est tout de même vite expédiée! Disons le, la redoutable créature et sa folie destructrice sont une réussite visuelle totale! Visiblement fortement inspiré par le Godzilla originel de 1954 (en même temps, c’est la Toho qui produit cet opus), les opus de 2001 et 2016, le climat anxiogène mondial actuel (qui n’est pas sans rappeller la thématique anti-nucléaire du premier film japonais), ce Minus One se révèle un compromis plutôt subtil (à l’image de sa romance centrale) entre pur Kaijū eiga et traumatismes pas si lointains d’un pays déshonoré par l’issue de la guerre (mais bien déterminé à s’organiser pour contrer le monstre, métaphore de ce passé douloureux). Même s’il est vrai que Takashi Yamazaki aurait pu aller plus loin sur ce second aspect, ne boudons pas notre plaisir!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt23289160/

Dune – Deuxième Partie: « Villeneuve, comme une de ses influences majeures Christopher Nolan, fait des films d’auteur esthétiquement impeccables mais qui ont la profondeur de publicités pour le parfum. Et c’est qu’il se prend au sérieux, en plus, le con! » Vous aussi, vous avez pu lire ces critiques des centaines de fois depuis le milieu des années 2010? Ben cette fois ci, on ne pourra que constater que la critique a complètement raison: cette seconde partie de Dune est assurément splendide visuellement mais reste une sacrée coquille vide! Un défaut majeur qui finalement pointait déjà son nez lors dans la première partie. Un film bien trop verbeux et qui manque cruellement de subtilité, voire qui perd complètement le spectateur dans un univers qui coulait (à peu près) de source dans son premier volet (mention spéciale à certaines intrigues qui sortent de nulle part dans son dernier tiers). Un film long, trop long pour le peu qu’il a à raconter et qui ne sait décidement ni mettre en scène la notion de danger (un comble pour un monde réputé dangereux et divisé) ou d’empathie envers son héros (pourtant on ne voit que lui… au détriment des autres factions) joué par un Thimotée Chalamet soporifique (sa sparring partner n’est pas mieux). La destinée de Paul Atréides se passera donc sans accrocs, même au moment de l’affrontement avec Feyd-Rautha (censé être redoutable). Finalement, un métrage aux thèmes majeurs déjà de taille (pouvoir, destin, religion, corruption, choix,…), qui n’a pas vraiment besoin qu’on plombe la chose avec un rythme et un scénario en chute libre, à l’image de son montage (fort) hasardeux. Alors, on sort de la salle de cinéma, mitigé, sans trop savoir ni comprendre ce que l’on a vu… Denis Villeneuve préparerait un troisième volet sur la série de romans (on ne va pas se mentir, ça se sent salement dans cette fin bâclée). Dommage car ça sera certainement sans moi!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt15239678/

L’Envers du Culte: La Malédiction des pharaons (1959), Le Cauchemar de Dracula (1958)

Ca me titille depuis un moment mais il est grand temps pour votre serviteur d’ouvrir un cycle Hammer, parce que mes lacunes sont assez sérieuses concernant cette période faste de l’horreur gothique des 60’s-70’s! Au menu donc, des classiques comme certains opus des sagas cultes Dracula/Frankenstein mais aussi des bisseries qui sentent bon l’exploitation pure et dure!

La Malédiction des pharaons/The Mummy: Après Frankenstein s’est échappé et Le Cauchemar de Dracula, La Malédiction des pharaons est le troisième classique de la firme où l’on retrouve le trio mythique de la Hammer: Terrence Fisher à la caméra, Peter Cushing comme protagoniste principal et Christopher Lee comme antagoniste. La volonté de l’époque était alors de dépoussiérer les classiques de la Universal, avec cette fois ci l’accord de celle ci. Et il faut dire que le métrage y arrive bien, tant dans ses flashbacks égyptiens (les plus intéressants, il faut bien être honnête) que dans un cadre londonien « moderne », les décors sont magnifiques, comme souvent avec la Hammer. Seulement voilà, passé ce visuel aguichant, le film s’avère trop classique, prévisible et lent, bien trop lent à démarrer. On pourrait même déplorer un aspect horrifique timide une fois que le tout se met en route. Fatalement Lee, sous ses bandages, n’a cette fois ci que ses yeux et sa carrure pour suggérer la fatale malédiction qui va s’abattre sur les profanateurs du tombeau de la princesse Ananka. Un film qui de toute évidence a mal traversé les épreuves du temps!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0053085/

Anecdotes

  • 1- Christopher Lee s’étant blessé lors de la scène du marécage, la démarche particulière de la momie n’est pas totalement surjouée. Il se blessera d’ailleurs à de nombreuses reprises sur ce tournage.
  • 2- S’il se veut un remake de La Momie avec Boris Karloff (1932), le film s’inspire surtout de ses trois autres suites, La Main de de la momie, La Tombe de la momie et Le Fantôme de la momie.
  • 3- Certaines scènes (le châtiment de Kharis, quand Banning se défend avec un fusil de chasse) étaient plus graphiques à l’origine mais ont été censurées.
  • 4- Quand Kharis tente de rescuciter Ananka, on peut voir les paupières de cette dernière bouger… Erreur de tournage ou façon de dire aux spectateurs que le sortilège commençait à fonctionner?

+++

Le Cauchemar de Dracula/Horror of Dracula: Adaptation du roman de Bram Stocker, bien que prenant des libertés avec celui ci, Le Cauchemar de Dracula est surtout une révélation: celle de Christopher Lee dans un rôle qui lui va à merveille mais dont il ne pourra jamais se défaire par la suite, à son grand regret! Hypnotisante et terrifiante à la fois, cette magistrale interprétation vaut à elle seule le coup d’oeil. Il faut dire que le monsieur a un charisme certain…comme son collègue, Peter Cushing, qui lui donne la réplique ici dans le rôle dru Docteur Van Helsing le chasseur de vampire, comme ce sera le cas dans certains des opus suivants (dont on ne saurait trop vous recommander l’icônique Dracula, Prince des ténèbres). Pour la première fois, le sous-texte érotique (pourtant évident) du vampirisme apparaît à l’écran. Les décors et l’ambiance gothique sont excellents et participent énormément au charme du film. Que dire de plus? Terrence Fisher est derrière la caméra…donc autant dire que le travail est bien fait! Un classique efficace et bien rythmé (second succès conséquent pour la Hammer), qui n’a pas perdu de sa force au fil des décennies, contrairement au Dracula (1931) avec Bela Lugosi!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0051554/

Anecdotes

  1. Le Chien des Baskerville (1959), autre film majeur de la Hammer, réutilisera une partie des décors créés pour ce film. La firme ne tournant généralement qu’un film à la fois, le plus souvent avec la même équipe technique, cela se produira de nombreuses fois par la suite.
  2. Christopher Lee n’a que seize répliques dans ce film, ce qui renforce l’aura mystique et inquiétante du personnage qui apparaît d’ailleurs moins de huit minutes à l’écran.
  3. C’est aussi à Christopher Lee que l’on doit le caractère sexuel et tragique du personnage. Lee déclare s’être inspiré du roman originel quelques temps avant le début du tournage.
  4. Dracula n’a pas la capacité de se transformer (chauve-souris, loup et nappe de brouillard) dans ce film. Le scénariste Jimmy Sangster souhaitait un film d’épouvante aussi réaliste que possible!

A l’affiche: You Won’t be alone (2022), Hellraiser (2022)

You Won’t be alone: Attention film étrange, contemplatif et expérimental que voilà! Entre la folk horror d’un The Witch (folklore macédonien en prime) et un film introspectif de Terrence Malick, ce drame fantastique sur une jeune sorcière mérite le coup d’oeil pour sa beauté visuelle et donc pour l’expérience sensorielle (quasi naturaliste) qu’il offre, pour sûr. Mais seulement voilà, une fois que l’on a compris où le métrage voulait en venir et les thématiques qu’il souhaitait aborder (identité, innocence, solitude, condition humaine et notamment féminine au siècle dernier), le récit se noie dans de sérieuses longueurs et devient horriblement poussif/répétitif. La rareté des dialogues (mis en retrait au profit d’une voix off) et le rythme lancinant à grands coups de caméra portée venant bien sûr amplifier ce défaut! On en vient même en se demander si, sans la mode de l’ « elevated horror » actuelle, des Noomi Rapace et autres se risqueraient de leur plein gré dans ce genre de premier long métrage trop léger et souvent pataud (à l’image de sa morale)…qui n’arragera sans doute pas la réputation des films arty dont il est lui même issu…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt8296030/

Petit article sur l’elevated horror, parce que… pourquoi pas?

Hellraiser (2022): Un reboot qui s’est longtemps fait attendre… Mais vu la poubelle ambulante qu’est devenue la franchise, valait elle vraiment le coup? Visuellement le pari est réussi, on a droit à un nouveau Pinhead (incarné cette fois ci par Jamie Clayton), de nouveaux cénobites (plus lisses, il faut bien le dire) et l’ensemble se regarde sans trop forcer. On sent que pour une fois l’équipe technique et les producteurs ont été plus respectueux du matériel de base que les opus précédents. Malheureusement si on regarde de près ou que l’on connaît un minimum Hellraiser, Le Pacte…il y a à beaucoup à redire! Si on peut féliciter cette volonté d’inscrire des thématiques sociales actuelles dans l’univers de la franchise (qui en soi n’est pas bien vieillôt, merci Barker!), on peut déplorer la quasi absence d’ambiance poisseuse et surtout d’aspects déviants/amoraux (mais jamais manichéens) qui faisaient tout le sel du premier opus. On pourrait aussi pointer du doigt la longueur du métrage (deux heures) et des protagonistes avec un taux de charisme/sympathie proche de zéro. Alors, oui évidemment, on est loin des catastrophiques suites (on sauvera de justesse Hellbound qui développe un peu le lore sans trop prendre de risques et, pour les plus curieux, Inferno qui nous fait une simili Jacob’s Ladder mais avec un Pinhead quasi absent) mais on a toujours autant l’impression de regarder un slasher lambda avec des boogeymen bizarres qui débarquent buter tout le monde dans la dernière moitié du film (à grands coups de chaînes et de crochets). Et si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que le terme « slasher » n’est pas vraiment un compliment pour moi… Une belle coquille vide à réserver aux néophytes donc!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0887261/

Bisseries: It Comes at night (2017), The House of the devil (2009)

It Comes at night: Intelligent huis clos épuré et flirtant avec le post-apocalyptique (les rares séquences choc sont d’ailleurs très réussies à mon sens, même si fatalement déjà vues ailleurs) pour mieux nous surprendre et proposer un drame/thriller psychologique, It Comes at night propose une réflexion sur des thématiques lourdes comme la cellule familiale et sa inexorable destruction, l’humanité, la survie, le jusqu’au boutisme face à une menace inconnue, l’individualisme, la morale, la paranoïa,… Si on peut déplorer que la menace extérieure n’est jamais réellement développée ni explicitée (pour se concentrer sur son impact même au sein des rapports humains), on ne pourra reprocher au métrage de tomber dans la facilité. Côté images et lumières, c’est totalement maîtrisé également, même si le potentiel inquiétant du cadre forestier aurait pu être développé un peu plus. Comme avec The Witch (avec lequel ce film partage bon nombre de thématiques), on s’attend à un film d’horreur classique…et on en ressort dérouté mais finalement grandi! Pour un premier long métrage, c’est honorable!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt4695012/

The House of the devil: Avant de me lancer dans X et Pearl du même réalisateur, je comptais quand même visionner ce The House of the devil, qui à l’époque avait fait son petit buzz! Et bien m’en a pris! Partant d’un concept vu et revu (une jeune baby sitter se retrouve dans une maison isolée une nuit d’éclipse, maison qui bien évidemment cache de terrifiants secrets), ce métrage prend son temps et fait monter doucement mais sûrement sa tension jusqu’à un final aussi surprenant que malsain (quoiqu’un peu vite expédié, il faut bien l’avouer). Le spectateur n’a donc d’autre choix que de faire connaissance et éprouver un minimum d’empathie pour le personnage principal (combien de films d’horreur essayent d’y parvenir en nous présentant des personnages totalement insipides et insupportables?). Un mélange habile de maison hantée, de slasher et de secte satanique, qui fonctionne bien grâce à son côté rétro eighties très bien rendu et un gros travail sur le son/lumières. Côté casting, on peut retrouver entre autres Tom Noonan (Manhunter, Robocop 2) dans le rôle d’un des inquiétants maîtres des lieux. Un véritable hommage aux pépites d’horreur vintages et qualitatives (La Malédiction, Amityville et Halloween en tête)…parfois fauchés mais qui compensaient par une qualité d’écriture se rapprochant du cinéma d’auteur…et qui évite donc intelligemment les clichés du genre et le fan service!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1172994/

A l’affiche: Terrifier 2 (2022), Infinity Pool (2023)

Terrifier 2: Loin d’être mauvaise, cette suite n’est hélas pas aussi impactante que son aîné: pas d’effet de surprise (forcément), un hommage appuyé aux années 1980… comme la majorité des films sortis depuis ces dernières années (va falloir vraiment passer à autre chose les gars maintenant…et c’est un vieux né dans les années 1980 qui vous le dit!), un lore étoffé à grands coups de surnaturel mais qui n’apporte pas grand chose de plus, un scénario et des décors plus classiques (même si on peut y voir un clin d’oeil à The Funhouse ou La Maison des 1000 Morts) flirtant parfois avec les clichés. Heureusement, on retrouve avec plaisir l’essentiel de la recette qui a fait le succès du premier opus: David Howard Thornton qui incarne toujours ce satané clown infernal, le côté gore débridé, des FX artisanaux à l’ancienne, de l’humour bien senti,… La durée excessive du métrage (un peu plus de deux heures) n’aidant évidemment pas à ce constat bien mitigé. Notez qu’un troisième volet est en préparation à ce jour!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt10403420/

Infinity Pool: Et alors, qu’en est il du dernier métrage du fils Cronenberg? Bah, trois ans après Possessor, l’essai n’est toujours pas transformé ma bonne dame…et se révèle même d’un ennui assez considérable! Si le concept de départ, à mi chemin entre horreur et SF, avait du potentiel (se servir de ses doubles pour commettre des atrocités sur la population locale façon Hostel ou American Nightmare…avec une bonne dose de dédoublement paranoïaque en prime) même s’il rappelle évidemment le cinéma du Père, le rythme, le scénario et les personnages (aussi antipathiques qu’invraisemblables) sont totalement à revoir! Les prestations honorables de Mia Goth et Alexander Skarsgard n’y changeront rien. Et si on se met en tête de poursuivre quand même le métrage pour avoir un début de réponses, l’ennui laissera place à la frustration avec cet Infinity Pool qui ne va décidement jamais au bout de ses thématiques!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt10365998/

Bisseries: Terrifier (2016), Prom Night (1980)

Terrifier: Slasher servi par des décors bien glauques et un boogeyman mémorable, au sadisme gore/torture porn, Terrifier a été clairement la claque de début d’année pour votre serviteur (au point de courir voir sa suite en salles…et les autres métrages du réalisateur, Damien Leone, quelques jours après)! Pourtant, étant très peu fan de ce sous-genre horrifique, je n’en attendais vraiment rien! La trauma que « Ça » a infligé à ma génération a t il joué favorablement? Possible! Il n’empêche que ce métrage ne faiblit à aucun moment, pour les victimes comme pour les spectateurs…grâce à de jolies trouvailles et un humour noir…très très noir. Mention spéciale évidemment pour David Howard Thornton qui incarne un Art le Clown malsain au possible, flirtant avec l’idée d’un mal absolu à la Michael Myers. Mais les autres acteurs ne déméritent pas non plus! Une excellente surprise qui sent bon l’amour du cinéma d’exploitation à l’ancienne (notamment dans les effets spéciaux), quand il était réservé aux afficionados du genre et aux spectateurs les plus avertis! Et ça…fatalement, ici on valide!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt4281724/

Prom Night/Le Bal de l’horreur: Pour ces premières bisseries de 2023, je ne vous cache pas que je rédige essentiellement avec mes souvenirs (indulgence… quand tu nous tiens). J’ai passé un bon moment avec celui ci, entre teen movie, whodunit et slasher qui joue déjà avec les codes du genre (nous ne sommes pourtant que deux ans après Halloween). Voire même d’un soupçon de giallo! Si on croit deviner bien vite un slasher un peu différent des autres avec la mort accidentelle d’un enfant et une culpabilité collective comme point de départ (idée que réutilisera The House on sorority row quelques années après, sans parler des néo-slashers qui lui devront beaucoup), Prom Night tient toutes ses promesses grâce à de bonnes idées de scénario/mise en scène, se permet de prendre son temps pour mieux faire monter le suspense (les pinailleurs focaliseront sur le manque de sang à l’écran) et même à plusieurs reprises de varier les registres autant de fois qu’il brouille les pistes. Les touches d’humour sont appréciables. On appréciera aussi les clins d’oeil aux emblématiques Carrie, Halloween et La Fièvre du samedi soir! Son principal défaut est d’être finalement sorti en pleine « slasher mania » au début des années 1980 et donc d’être passé relativement inaperçu! Et bien évidemment si vous êtes fan de Jamie Lee Curtis (même si les autres actrices ne sont pas en reste) ou de Leslie Nielsen avant sa carrière comique, foncez!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0081383/

A l’affiche: Crimes of the future (2022), Nope (2022)

Crimes of the future: Cronenberg au cinéma, c’est toujours un petit évènement, surtout au vu de la bande-annonce qui annonçait (enfin!) un retour au body horror qui l’a rendu célèbre (et qu’il boudait depuis près de 20 ans). Cosmopolis restant pour moi une des expériences cinématographiques les plus ennuyeuses de ma vie de cinéphile et le seul film du canadien vu en salles, autant vous dire que je n’étais pas spécialement serein pour autant…

Effectivement, le retour à la new flesh frontale ravira les fans de longue date et particulièrement à ceux ayant apprécié Faux Semblants, Crash et Existenz: c’est sulfureux, provoquant et fascinant à la fois, le monde dépeint est glauque est possible (on soupçonnera même un clin d’oeil taquin au foutage de gueule intégral que sont les performances d’art moderne) et H.R. Giger lui même aurait été fier du résultat! Mais…car il y a un gros mais, passée la première demie heure, l’idée principale est bien mal exploitée et ne suffit pas à intéresser sur la durée. Comme les derniers films du réalisateurs, Crimes of the future (aucun lien particulier avec son second long métrage du même titre) passe vite pour un film mal rythmé, lourd et verbeux, où le spectateur passera son temps à essayer de comprendre le pourquoi du comment (à moins que ça ne soit Cronenberg lui même qui ne sait pas quelle direction prendre), d’autant plus que les thématiques font un peu redite face à ses aînés… Reste les acteurs principaux qui s’en sortent honorablement (on aurait aimé voir Kristen Stewart un peu plus à l’écran) et une réflexion sur ce que ce triste monde moderne laissera aux générations futures… mais également du réalisateur sur sa propre oeuvre. Un film bien mitigé donc, avec un soupçon de fan service!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt14549466/

Nope: Le principal souvenir que j’ai de ce film est un immense foutoir surnaturel (n’étant pas fan de fantastique, ça partait déjà mal), semi nanardesque, mélangeant les genres cinématographiques (SF, western, thriller,…), les tons et les thématiques (critique du monde du divertissement, exploitation animale, recherche du moment de gloire et rapport pathologique à l’image) mais qui ne fait jamais l’effort de rendre le tout intéressant, cohérent et crédible, dans son histoire comme dans ses personnages. C’est simple par moments c’est tellement le bordel qu’on se croirait dans Dreamcatcher! Alors, oui Nope possède une jolie mise en scène et parfois de bonnes idées (qui nous rappellerons forcément quelques classiques de l’invasion extraterrestre comme La Guerre des Mondes, Signes, Rencontres du troisième type) mais…ne les exploite réellement jamais (comme les terrifiante scènes avec Gordy ou celle de l’écurie). Il faut aussi souligner les sérieuses longueurs et une fin bien ridicule… Ca fait finalement bien peu à sauver pour un film lourdaud de plus de deux heures découpé en trois actes. D’un côté, c’est pas comme si j’avais toujours trouvé son réalisateur surestimé comme pas permis, hein (on en profite pour bien lever son majeur et le diriger vers les bandeurs de cancel culture qui ont porté Get Out aux nues…sans doute les mêmes qui ont acclamé la baudruche Titane à sa sortie)… Et que je suis de ceux qui pensent que les bons films sur les aliens…bah sont finalement bien rares, surtout quand lesdits aliens sont montrés frontalement!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt10954984/