Malevil: S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette belle adaptation du roman (éponyme) de Robert Merle, c’est bien la poésie morbide qui émane de ses paysages désolés et des personnages qui errent parmi les ruines (on sent bien le passif de son réalisateur, Christian de Chalonge, jusqu’alors spécialisé dans les documentaires). Porté par un impressionnant/étonnant casting (Serrault, Dutronc, Villeret, Trintignant, Dhéry et j’en passe) et fouillant dans la psyché de ses personnages, le film est sans doute sorti trop tôt pour être réellement apprécié à sa juste valeur… Abordant des thématiques lourdes (solitude, deuil, espoir, humanité, civilisation, reconstruction,…), plutôt avare en dialogues, musiques et effets spéciaux (c’est du cinéma russe ou bien?), doté d’un rythme lancinant, Malevil n’est clairement pas fait pour le grand public. Il n’empêche que ce métrage revient régulièrement dans les meilleurs films post-apocalyptiques (nucléaire ici)… un univers où les français se sont finalement peu risqués! Avant gardiste donc mais d’autan plus marquant, il présente la survie quotidienne (et réaliste) de campagnards isolés au prise avec l’incompréhension, le deuil et bientôt les tensions avec des bandes rivales. Pas si loin d’un Threads visiblement!
Note: Curiosité
https://www.imdb.com/fr/title/tt0082701/

Anecdotes:
- Le film a été tourné en Aveyron (Bertholène, Séverac l’Eglise) et dans l’Hérault (Le Caylar, Saint Thibéry).
- La fin (plutôt curieuse d’ailleurs) est totalement différente de celle du roman, c’est une des raisons qui poussera Merle à demander à ce que son nom soit retiré au générique.
- Le métrage fera tout de même 1,4 millions d’entrées lors de sa sortie en salles.
Invasion of The Body Snatchers/L’Invasion des profanateurs : Version sans doute plus connue que l’original (sympa mais vieillot) de 1956 ou que l’inutile remake de Ferrara, cette revisite bénéficie d’une jolie photographie et d’un beau casting (Sutherland, Nimoy, Adams, Goldblum, Cartwright). Nous suivons donc ici un groupe de résistants dans un San Francisco progressivement gangrené par des doppelgängers générés par un organisme extraterrestre inconnu… Plus body horror que science fiction comme son aîné… et surtout plus moderne, on retrouve la critique sociale si chère à Romero, notamment dans cette vision de la société de consommation et des sphères de pouvoir (très seventies finalement)! Mais… car il y a un gros mais, le gros problème du métrage est qu’il met énormément de temps à démarrer (une heure ou presque), ne montre jamais réellement les conséquences de l’invasion en dehors de ce quatuor et se perd même dans beaucoup de dialogues… Alors oui, le film joue beaucoup sur son ambiance fiévreuse/paranoïaque héritée des fifties qui monte crescendo, sur la suggestion… mais il faut bien avouer que quand le rythme s’emballe vraiment, pas mal de monde a déjà quitté le navire! De la même façon, je ne suis pas sûr que le monolithique Sutherland ait été un choix judicieux pour le rôle principal… Un remake mitigé donc!
Note: Curiosité
https://www.imdb.com/fr/title/tt0077745/

Anecdotes:
- Pas mal de cameos parsèment le film: Robert Duvall (qui nous a récemment quitté), Don Siegel (réalisateur du premier film), Kevin McCarthy (acteur principal de la première adaptation), Michael Chapman, Philip Kaufman lui même…
- Ce film a bénéficié d’un réel travail sur le son, ainsi, au fur et à mesure que l’invasion progresse, les bruits naturels (oiseaux, criquets) disparaissent, remplacés par le bruit urbain et oppressant des alarmes et des voitures…
- Veronica Cartwright jouera dans une autre adaptation du roman de Walter Braden Finney: Invasion, sorti en 2007.
- Durant la scène finale, l’effroi de Cartwright est réel, ne sachant pas comment le film se terminait.

[…] Invasion of the Body Snatchers (1978) […]
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