A l’affiche: You Won’t be alone (2022), Hellraiser (2022)

You Won’t be alone: Attention film étrange, contemplatif et expérimental que voilà! Entre la folk horror d’un The Witch (folklore macédonien en prime) et un film introspectif de Terrence Malick, ce drame fantastique sur une jeune sorcière mérite le coup d’oeil pour sa beauté visuelle et donc pour l’expérience sensorielle (quasi naturaliste) qu’il offre, pour sûr. Mais seulement voilà, une fois que l’on a compris où le métrage voulait en venir et les thématiques qu’il souhaitait aborder (identité, innocence, solitude, condition humaine et notamment féminine au siècle dernier), le récit se noie dans de sérieuses longueurs et devient horriblement poussif/répétitif. La rareté des dialogues (mis en retrait au profit d’une voix off) et le rythme lancinant à grands coups de caméra portée venant bien sûr amplifier ce défaut! On en vient même en se demander si, sans la mode de l’ « elevated horror » actuelle, des Noomi Rapace et autres se risqueraient de leur plein gré dans ce genre de premier long métrage trop léger et souvent pataud (à l’image de sa morale)…qui n’arragera sans doute pas la réputation des films arty dont il est lui même issu…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt8296030/

Petit article sur l’elevated horror, parce que… pourquoi pas?

Hellraiser (2022): Un reboot qui s’est longtemps fait attendre… Mais vu la poubelle ambulante qu’est devenue la franchise, valait elle vraiment le coup? Visuellement le pari est réussi, on a droit à un nouveau Pinhead (incarné cette fois ci par Jamie Clayton), de nouveaux cénobites (plus lisses, il faut bien le dire) et l’ensemble se regarde sans trop forcer. On sent que pour une fois l’équipe technique et les producteurs ont été plus respectueux du matériel de base que les opus précédents. Malheureusement si on regarde de près ou que l’on connaît un minimum Hellraiser, Le Pacte…il y a à beaucoup à redire! Si on peut féliciter cette volonté d’inscrire des thématiques sociales actuelles dans l’univers de la franchise (qui en soi n’est pas bien vieillôt, merci Barker!), on peut déplorer la quasi absence d’ambiance poisseuse et surtout d’aspects déviants/amoraux (mais jamais manichéens) qui faisaient tout le sel du premier opus. On pourrait aussi pointer du doigt la longueur du métrage (deux heures) et des protagonistes avec un taux de charisme/sympathie proche de zéro. Alors, oui évidemment, on est loin des catastrophiques suites (on sauvera de justesse Hellbound qui développe un peu le lore sans trop prendre de risques et, pour les plus curieux, Inferno qui nous fait une simili Jacob’s Ladder mais avec un Pinhead quasi absent) mais on a toujours autant l’impression de regarder un slasher lambda avec des boogeymen bizarres qui débarquent buter tout le monde dans la dernière moitié du film (à grands coups de chaînes et de crochets). Et si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que le terme « slasher » n’est pas vraiment un compliment pour moi… Une belle coquille vide à réserver aux néophytes donc!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0887261/

Panthéon: Hellraiser, Le Pacte (1987)

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, alors inutile de revenir longuement dessus: dans les 80’s, Clive Barker (que le public a découvert via ses recueils de nouvelles Book of Blood) obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. C’est alors le début d’une riche collaboration entre Barker et le cinéma de genre: Rawhead Rex, Cabal, Candyman (nouvelle « The Forbidden »), Le Maître des Illusions (« The Last Illusion »), Book of Blood (en 2009 puis 2020), The Midnight Meat Train, Dread… nombreuses seront ses oeuvres transposées sur grand écran.

Il faut dire aussi que l’écrivain anglais avait déjà trouvé un support de taille en la personne de Stephen King! Et ce premier opus d’Hellraiser est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène… et même en terme de scénario et de BO (signée Christopher Young). Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer (et ses gardiens) lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe et horreur, le métrage réussit le pari de rendre fascinant l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites (le titre originel du film était d’ailleurs « Sadomasochists from Beyond the Grave »), le tout avec un budget d’un peu moins d’un million de dollars. Evidemment, les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup (la lente résurrection de Frank fait toujours son petit effet) mais il faut tout de même avouer que pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage très original qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley (ami personnel de Barker) y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept films suivants de la saga, devenant immédiatement une des figures incontournables du cinéma d’horreur. Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli et reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant, sans doute car même s’il n’est pas avare en suggestions horrifiques, il reste tout de même dans une certaine sobriété. Non dénué d’humour (bien dosé), il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot, même si Ashley Laurence n’est pas en reste), avec une certaine subtilité, ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences.

Un classique incontournable, unique et incroyablement mature qui gagnera le prix d’Avoriaz en 1988 et inspirera des suites de plus en plus navrantes (on sauvera tout de même Hellbound qui développera un peu la mythologie des Cénobites tout en restant dans la continuité de ce premier opus).

Pour les plus curieux d’entre vous, sachez qu’Alt236 y a consacré une vidéo entière il y a quelques années!

Note: Pépite

https://www.imdb.com/title/tt0093177/