L’Envers du Culte: French Connection (1971), Marathon Man (1976)

French Connection: N’ayant finalement vu que L’Exorciste (un des rares classiques d’épouvante que je ne porte pas particulièrement dans mon coeur) de Mr Friedkin, il était grand temps de découvrir le tout aussi mythique French Connection, le film qui a propulsé la carrière de son réalisateur! Mise en scène ingénieuse et nerveuse héritée du documentaire (héritage particulièrement efficace dans les scènes de poursuites), ambiances new-yorkaises hivernales crades à souhait mais réalistes (dealers et dopes à tous les coins de rue, bâtiments désaffectés,…), policiers désabusés, brutaux et obsessionnels magistralement interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider (les seconds rôles sont tout aussi excellents), enquête aux allures de descente aux enfers… on comprend facilement pourquoi le film a fait date! Le tout évidemment inspiré du réseau du même nom (et du duo de vrais flics Sonny Grosso et Eddie Egan qui font une apparition dans le film) comme il est décrit dans le roman de Robin Moore! Sachant que je porte un culte à Taxi Driver pour un univers tout aussi poisseux, quelle claque j’ai pris! Alors, allez vite voir ou revoir ce chef d’oeuvre nom de Dieu!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0067116/

Anecdotes:

  1. Les scènes du film ont été tournées à New-York et en Provence (Marseille, Cassis).
  2. William Friedkin a voulu être le plus fidèle possible à l’enquête sur le réseau d’héroïne, ce qui contribue à la force du film. Hackman et Scheider ont d’ailleurs assisté le vrai duo de policiers pendant un mois pour rentrer totalement dans la peau de leurs personnages.
  3. Gene Hackman n’était pas le premier choix du réalisateur pour incarner James « Popeye » Doyle. Paul Newman, James Caan, Charles Bronson, Steve McQueen et bien d’autres encore furent approchés.
  4. Friedkin a dû faire preuve d’ingéniosité sur le tournage (à la fois pour ne pas exploser son budget et parce que l’équipe n’avait pas toujours les permissions de filmer): caméra embarquée dans une voiture, caméraman placé dans un fauteuil roulant (pour remplacer une dolly cam),…
  5. Peu de scènes étaient scriptées avant le jour du tournage, beaucoup ont été improvisées en arrivant sur place.

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Marathon Man: Alors, je vais être honnête avec vous, même si je n’ai pas passé un sale moment avec ce Marathon Man, je dois bien avouer qu’au moment d’écrire ces lignes (des années après donc), je n’en ai plus grand souvenir (ce qui est rarement bon signe quand même)… même si à la relecture de mes notes, j’étais plutôt dithyrambique après le visionnage. Il faut bien avouer que le métrage de John Schlesinger accuse le poids des décennies désormais, à commencer par sa durée, son scénario et ses personnages pas très fins. Reconnaissons lui quand même les qualités d’un thriller politique/à conspiration particulièrement poisseux et plutôt bien interprété (bien que pas fan de Dustin Hoffman de façon générale), gérant bien son suspense mais voilà… beaucoup de thrillers de la même trempe sont sortis depuis et il faut bien reconnaître que cette adaptation du roman de William Goldman n’est pas/plus dans le haut du panier désormais!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0074860/

Anecdotes:

  1. Laurence Olivier était gravement malade au moment du tournage mais a accepté le rôle du Dr Szell (passablement inspiré par Josef Mengele) pour mettre sa famille a l’abri financièrement. Sa prestation lui a valu une nomination aux Oscars, qu’il pu savourer, remis de son cancer de l’époque.
  2. Il s’agit d’un des tout premiers films utilisant la steadicam.
  3. Hoffman se mit à pratiquer régulièrement la course à pied, pour mieux appréhender son personnage.
  4. Plusieurs scènes violentes ont été raccourcies voire coupées, après que le public s’en soit plaint après une projection test.
  5. Si Laurence Olivier joue ici un ancien nazi, il a aussi joué à l’inverse un chasseur de nazi dans Ces Garçons qui venaient du Brésil sorti deux ans plus tard.

L’Envers du Culte: Kwaïdan (1964), Perfect Blue (1997)

Kwaïdan: En une phrase: c’est beau mais c’est long. Et lent aussi (3 heures, mes salauds)! Film japonais fantastique à quatre segments datant des années 1960 (mais tous du même réalisateur, Masaki Kobayashi), on ne peut qu’être ébahi devant la qualité esthétique exceptionnelle du métrage, des paysages (véritables fresques grandeur nature) aux costumes (c’est produit par la Toho en même temps), la bande son (de Tōru Takemitsu) et la mise en scène frôlant également la perfection. On appréciera aussi ses êtres fantômatiques venant questionner les mortels sur leur propre morale! Mais pour le reste, notamment les scénarios (même si j’ai une nette préférence pour le segment le plus « traditionnel », Hoïchi sans oreilles), ça a quand même méchamment vieilli! Dommage!

https://www.imdb.com/title/tt0058279/

Anecdotes:

  1. Chaque segment représente une saison de l’année.
  2. Le mot « Kaidan » signifie « histoire de fantômes » ou « conte effrayant ». Deux de ses histoires sont d’ailleurs tirées du recueil « Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things » de Lafcadio Hearn, compilant contes et légendes traditionnels japonais.
  3. Le métrage a dû être raccourci pour être diffusé en salles (le second segment La Femme des Neiges était absent de cette version).

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Perfect Blue: Que dire de plus qui n’a pas déjà été dit sur ce fim d’animation culte des nineties? Thriller solide porté par un dessin superbe (où l’on sent déjà l’héritage d’Akira) et une ambiance aussi poisseuse qu’hypnotisante, le passé « idol » de son héroïne contrastant et renforçant l’horreur et le tragique des évènements à venir. Provoquant constamment et habilement la confusion entre rêves et réalité, frustrations et fantasmes, obsessions et faux semblants, image publique et vie privée, Perfect Blue est un délice labyrinthique et schyzophrénique à parcourir à chaque visionnage, qui reste longtemps en tête. Ici, le spectateur souffre en même temps que le personnage principal! Première réalisation de Satoshi Kon traitant d’un sujet finalement peu évoqué (l’obsession malsaine de certains fans pour leurs idôles) et (déjà) premier chef d’oeuvre (malgré un budget limité de 830 0000 dollars), le film aura une forte influence sur certains réalisateurs majeurs actuels (voir plus bas). On ira donc voir son Paprika avec grand plaisir!

Note: Solide

https://www.imdb.com/fr/title/tt0156887/

Anecdotes:

  1. Le film est une adaptation de la nouvelle « Perfect Blue: Complete Metamorphosis » de Yoshikazu Takeuchi (1991).
  2. Perfect Blue devait à l’origine être un film « live action », ce qui explique le réalisme poussé de ses scènes.
  3. Le métrage a eu un impact considérable sur Darren Aronofsky qui reprendra la séquence du bain dans son Requiem for a Dream. Black Swan possède également des similitudes troublantes avec Perfect Blue tandis qu’Inception en partage avec Paprika.
  4. La pellicule originelle du film a été accidentellement détruite.
  5. La réalité altérée est un des thèmes majeurs de l’oeuvre du réalisateur.

L’Envers du Culte: Total Recall (1990), Au dela du réel (1980)

Total Recall: Une éternité que je n’avais pas vu celui ci! Adaptation d’une nouvelle de l’incontournable Philippe K.Dick, Total Recall, au delà de présenter les thématiques habituelles du hollandais (violence, ambiguité, exagération) est surtout marquant de par ses FX/décors réussis (qui ont plutôt bien vieillis) et sa thématique sur l’identité qui fait craindre un twist à chaque instant. Même si je n’aurai pas forcément choisir Schwarzy (initiateur principal du projet après que Dino De Laurentiis ait abandonné) pour le rôle principal (Michael Ironside et Sharon Stone régalent suffisement pour compenser), la seule véritable ombre au tableau est son côté prévisible. Le scénario de ce côté là est par moments aussi original qu’un film d’action de série B. Dommage! Un film au propos social qui a eu son important dans l’univers SF futuriste/cyberpunk dans tous les cas (pas si fréquent au cinéma l’air de rien).

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0100802/

Anecdotes:

  1. Cette adapation est un vieux projet datant des années 1970… une de ses versions donnera finalement… le script d’Alien! Cronenberg travaillera sur une autre version au milieu des années 1980 avant d’abandonner pour tourner La Mouche. Le scénario connaîtra ainsi plus de 40 moutures!
  2. Le tournage s’est déroulé à Mexico et dans le Nevada.
  3. Certains éléments sont inspirés de The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy de Douglas Adams.

Au Delà du Réel/Altered States: Comme il ne faut pas rester sur une mauvaise impression, je me suis lancé dans cet autre métrage culte de Ken Russell qui me faisait envie depuis longtemps! Et le réalisateur a réussi à me toucher beaucoup plus dans celui ci (comment ça, ce n’est pas difficile?), malgré un univers particulier bien à lui (cet amour du kitsch et d’un certain mauvais goût qui peut en décourager certains… on ne pourra d’ailleurs que constater que le film a d’ailleurs passablement vieilli)! Mais… avec des passages hallucinés du plus bel effet, rappellant le meilleur de Jodorowsky mais aussi les mutations corporelles de l’ami Cronenberg, Au Delà du Réel possède deux grandes forces: un scénario alléchant, à la fois fort et original (une quête du savoir originel adaptée de la nouvelle de Paddy Chayefsky qui n’est pas sans rappeller un certain Dr Jekyll & Mr Hyde) et les solides interprétations du duo William Hurt/Blair Brown qui portent le film. Autrement, ça part un peu dans tous les sens: SF, drame, fantastique, métaphysique, épouvante, surréalisme,… mais ça reste suffisamment intrigant pour se regarder jusqu’au bout! Le gros problème est finalement le rythme: c’est long, lent et par moments… carrément verbeux (voire culcul comme pour la fin)! On ne pourra pas reprocher à son réalisateur d’être resté en terrain connu en tout cas! Une véritable expérience cinématographique!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0080360/

Anecdotes:

  1. La direction du film a été proposée à beaucoup de beau monde: on parle de Spielberg, Kubrick, Pollack, Wise, Welles (la flemme de mettre les liens, débrouillez vous!)… mais c’est finalement Arthur Penn qui sera choisi… dans un premier temps!
  2. La collaboration entre Russell (régulièrement ivre sur le plateau) et Chayefsky (qui mourra peu de temps après la sortie du film) a été tellement conflictuelle pendant le tournage que ce dernier n’apparaît que sous pseudonyme pendant le générique (« Sidney Aaron »). Russell deviendra d’ailleurs peu après persona non grata à Hollywood (Altered States est son premier film américain) et devra revenir en Angleterre quelques années plus tard.
  3. Ce film marque les débuts au cinéma de William Hurt et Drew Barrymore. C’est également un des premiers métrages à utiliser des effets spéciaux numériques.
  4. Le film s’inspire des expériences scientifiques de John C. Lilly, l’inventeur du caisson d’isolaton (entre autres).
  5. John Dykstra, spécialiste des effets spéciaux, quitta le tournage peu après Arthur Penn et c’est Bran Ferren qui prendra sa suite… avec un budget amoindri!

L’Envers du Culte: Les Diables (1971), L’Heure du Loup (1968)

Les Diables: Film culte (inspiré d’un récit historique réel que relatera Aldous Huxley dans Les Diables de Loudun) qui s’avère être une énorme farce au vu du (sur)jeu d’acteurs, de son scénario, de son montage et même de sa BO tellement excessifs ou à la ramasse (mais jamais dans l’entre-deux et c’est bien tout le problème) qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie. On connaît le goût habituel de Ken Russell pour le mauvais goût, le surréalisme et la provocation mais là, les potards du grotesque ne sont pas loin d’exploser… Même Oliver Reed, souvent génial dans des rôles flamboyants, fait office de petit joueur… Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le rigorisme/fanatisme religieux, la frustration sexuelle, la noblesse et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, n’était il pas possible de proposer quelque chose de plus fin, sans se vautrer dans des clichés provocateurs ridicules au point de décrédibiliser totalement ses personnages et son récit? C’est pas comme si Ken Russell était un manchot total non plus… Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant et constant… J’imagine que c’est déjà énorme! Ceci dit, tout n’est pas à jeter, à commencer par quelques séquences inspirées (cf photo du dessous), les décors et les costumes foutrement réussis! Historiquement, ce film fait partie des débuts de la nunsploitation mais franchement, quelle corvée les amis!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0066993/

Anecdotes:

  1. Le film s’inspire également de la pièce de théâtre du même nom de John Whiting et de La possession de Loudun de Michel de Certeau.
  2. Certains éléments modernes (et donc anachroniques) ont été volontairement intégrés au récit par Russell.
  3. Ce film a fait grand bruit au moment de sa sortie de par son caractère violent et sexuel, malgré le montage final éliminant les scènes les plus sulfureuses. Il faudra attendre 30 ans pour qu’une version director’s cut soit disponible, la Warner faisant volontairement opposition à cela.
  4. Les films Metropolis et La Passion de Jeanne d’Arc ont eu une grande influence sur les décors et les costumes.

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L’Heure du Loup: Depuis le temps, il fallait quand même bien découvrir Ingmar Bergman! Surtout qu’au vu de son univers, ça avait beaucoup de chances de me parler! Et effectivement, ce fut une très belle découverte. Déjà, le noir et blanc est magnifique ici, l’ambiance oppressante à mi chemin entre drame et fantastique que ne renieraient pas des Lars Von Trier (Antichrist surtout) ou (et c’est bien plus évident) des Lynch. Les acteurs principaux Max Von Sydow et Liv Ullmann (qui collaboreront plusieurs fois avec le réalisateur) sont totalement habités par leur rôle. Enfin, c’est surtout un film qui laisse court à l’interprétation du spectateur, ce qui est toujours appréciable. L’Heure du Loup est il un film sur l’angoisse de la paternité, les mensonges au sein d’un couple, les fantasmes et la tentation adultère, les troubles identitaires, la dévotion extrême d’une femme menant à l’isolement social? Les occupants du château sont ils seulement réels ou purement dans l’imagination/souvenirs du peintre torturé? D’ailleurs ce peintre… et si c’était l’alter-ego de Bergman lui même (qui sortait alors d’une liaison avec Ullman)? Libre à vous d’y adhérer ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on replongera avec grand plaisir dans cet univers réaliste et minimaliste (très peu de musique dans celui ci… le Dogme 95 n’a finalement rien inventé) qui, grâce à de fascinantes étrangetés avant-gardistes… fait beaucoup avec peu!

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0063759/

Anecdotes:

  1. Le film s’inspire aussi bien des propres cauchemars du réalisateur, que de La Flûte Enchantée ou encore des récits gothiques de Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann (particulièrement sa nouvelle « The Golden Pot »).
  2. Le premier jet de ce film se nommait « Les Cannibales » mais fut temporairement abandonné pour réaliser Persona (avec lequel L’Heure du Loup partage des thématiques communes).
  3. Ce métrage est un des films favoris d’Andrei Tarkovsky.

L’Envers du Culte: Le Voyeur (1960), Vendredi 13 (1980)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé… chez qui Powell a plusieurs fois opéré d’ailleurs), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire totalement dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera plus tard chez Antonioni, De Palma ou encore Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (magnifique Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout du long, jusqu’au puissant climax final. Mieux, Lewis nous entraîne avec lui! Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie, sera sévèrement charcuté au montage et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur (pourtant riche de plus d’une vingtaine de métrages). Profondément injuste quand on mesure son influence sur le cinéma d’aujourd’hui!

https://www.imdb.com/title/tt0054167/

Anecdotes:

  1. C’est Powell lui même, sa femme et son propre fils qui jouent les rôles du père, la mère du tueur et le tueur enfant.
  2. Il s’agit du tout premier film anglais montrant frontalement du nu féminin à l’écran.
  3. Pamela Green (Milly) était justement un modèle spécialisé dans la nu au moment du film.
  4. Le scénariste Leo Marks s’inspirera de plusieurs souvenirs de son enfance lors de l’écriture du script.
  5. Le Voyeur est un des films favoris de Martin Scorsese himself. Brian De Palma aidera lui aussi grandement à ce qu’il soit redécouvert dans les années 1970-1980.

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Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’avait jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13 il y a peu, le côté slasher au rabais de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et… j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Quand on pense au Halloween originel, on se rappelle immédiatement de la géniale mise en scène de John Carpenter et sa vision d’auteur inattaquable du cinéma horrifique/fantastique. Quand on pense au premier volet des Griffes de la Nuit, on pense au superbe concept de départ (le boogeyman qui tue en modèlant les rêves de ses victimes pour se venger de leurs parents) directement inspirée par des souvenirs d’enfance de Wes Craven. Rien de tout ça ici, simplement un enchaînement de morts sans aucune tension et un lore quasi inexistant en prime (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa valda en moins d’une minute)… Rajoutez à ça une production clairement fauchée qui a subi les outrages du temps, des acteurs mauvais campant de toute façon des personnages débiles (on notera une des premières apparitions de Kevin Bacon), une longueur excessive… et surtout une accumulation de clichés et de défauts déjà dignes d’une parodie d’horreur voire du nanar (se contentant de cocher toutes les cases du slasher) avant l’heure, ça fait vraiment très mal. Le cadre forestier est très mal exploité en prime. Seul le (faux) twist final, ses scènes gores et le mystère autour de l’identité du tueur méritent le coup d’oeil, c’est dire! Et on s’étonnera que le fan moyen de films de genre ait mauvaise réputation avec tout ce que les eighties ont pondu comme métrages bas du front que préfigure ce Vendredi 13… Les suites seront d’ailleurs tout aussi navrantes et même le second dégré mis en avant dès le sixième opus n’arrivera pas à sauver les meubles… Un métrage qui doit beaucoup à son année de sortie, avant le raz de marée slashers des 80’s mais qui a vraiment tout d’un slasher anecdotique dans les faits…

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/fr/title/tt0080761/

« C’est vrai que même vivants, on a l’air sacrément cons, les amis! »

Anecdotes:

  1. Outre Halloween, le film est fortement inspiré par La Baie Sanglante de Mario Bava ainsi que la comédie Meatballs.
  2. Vendredi 13 va inspirer toute une série de slashers se déroulant dans des camps de vacances, parmi lesquels Carnage, Massacre au camp d’été ou encore Madman! Si la production de ce film a tout d’un film bassement commercial (à commencer par capitaliser sur le succès d’Halloween), aucune suite n’était initialement prévu.
  3. Les effets spéciaux sont signés Tom Savini, qui venait de faire ceux de Dawn of the dead de George Romero.
  4. Betsy Palmer a accepté le rôle de la mère de Jason pour se payer une nouvelle voiture.
  5. Adrienne King, l’interprète d’Alice, sera longuement harcelée par un fan après le succès du film. Elle acceptera d’apparaître dans sa suite seulement pour un temps très court et se retira des écrans pendant plus de vingt ans.

L’Envers du Culte: Tetsuo (1989), Vaudou (1943)

Tetsuo: Quel bonheur de prendre une si grosse claque esthétique et inventive quand on a le sentiment d’avoir tout vu ou presque dans le cinéma de genre! C’est que Tetsuo est un métrage (cyber)punk totalement possédé et déjanté (à un point qu’il devient énergivore à regarder), grâce à moultes expérimentations que je vais tenter de résumer brièvement ici: noir et blanc stylisé et granuleux, transformations physiques radicales comme métaphores de la déshumanisation progressive des sociétés industrialisées et technologiques, effets spéciaux faits à la main, sous-texte sexuel (Eros et Thanatos, n’est ce pas?), sentiment de paranoïa constante,… C’est bien simple, Tetsuo ne ressemble à aucune autre métrage à part peut être un certain Eraserhead et ses friches urbaines glauques! Même s’il est un poil trop long à mon goût, le second degré, la musique bruitiste (signée Chū Ishikawa), le montage hystérique et les effets spéciaux hallucinés (tout en stop motion) tiennent en haleine sans trop de mal. Je me suis même demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent (ou quand Burton ne passait pas des décennies entières à s’auto-parodier). Assurement impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Shin’ya Tsukamoto. Un film qui divisera à coup sûr mais reste une expérience unique.

Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

Note: Solide

https://www.imdb.com/title/tt0096251/

Anecdotes:

  1. Tetsuo est le premier volet d’une trilogie, poursuivie par Tetsuo II: Body Hammer (1992) et Tetsuo: Bullet Man (2009)
  2. Les kaiju et l’univers sado-masochiste/fétichiste ont été deux influences visuelles majeures du réalisateur.
  3. Le tournage a été éprouvant pour l’équipe technique qui se réduisait jour après jour. Certains acteurs ont dû parfois les remplacer afin de terminer le métrage.

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Vaudou/I Walked with a Zombie: Il m’aura fallu entamer ce cycle zombie pour voir enfin mon premier film de Jacques Tourneur. Car je dois bien vous avouer que le cinéma d’épouvante durant les deux décennies 1940-1950 ne m’ont jamais attiré. Et ce métrage n’a pas échappé à la règle: Vaudou est un film qui tient plus de la curiosité vintage que du classique incontournable, faute à un scénario banal (une jeune infirmière est envoyée sur une île proche d’Haïti soigner une femme atteinte d’un mal étrange…rajoutez à cela de grosses ficelles, comme l’amour impossible et la rivalité fraternelle qui tombent comme des cheveux sur la soupe), des personnages trop archétypaux, l’absence d’élements fantastiques/d’épouvante et même de tensions avant la révélation finale. Alors, oui, le visuel magnifique (noir et blanc sublime, décors, gros travail sur les lumières, mise en scène soignée) sauve un peu les meubles mais le mal est fait. Heureusement, le métrage est court et ne se transforme donc pas en supplice interminable. Il est aussi et surtout un des premiers films d’épouvante (aheum!) des années 1930/1940 à revenir aux sources du zombie: la culture vaudou haïtienne (ce que fera aussi plus tard Lucio Fulci avec son Zombi 2 ou Wes Craven avec L’Emprise des ténèbres par exemple) qui permettrait de redonner la vie à des personnes décédées afin de prendre le contrôle de leur esprit…ici traitée de manière fort inintéressante, tout comme l’histoire coloniale bien évacuée du récit (et qui aurait pu mettre un peu d’enjeu dans le merdier). La suggestion et la sobriété ont décidement leurs limites…

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt0036027/

Anecdotes:

  1. Le film est librement inspiré de Jane Eyre de Charlotte Brontë et d’un article de presse sur le vaudou de l’époque (intitulé « I Walked with a Zombie »). Les scénaristes ont toutefois poussé plus loin leurs recherches sur le sujet, sur la demande du producteur!
  2. Le rôle de Betsy (interprètée par Frances Dee) était à l’origine écrit pour Anna Lee, qui l’a finalement refusée car elle était engagée sur un autre projet.
  3. Le film a eu droit à son remake: Ritual, sorti en 2002.