Bisseries: Star Time (1992), Vicious Fun (2020)

Star Time: Film de psycho-killer visiblement peu connu en Europe, Star Time est un joli petit OVNI des nineties. Avec une approche stylisée très proche du cinéma de David Lynch (avec une bonne louche de critique médiatique à la Videodrome tout de même), ce premier long métrage d’Alexander Cassini, sorti deux ans seulement après Twin Peaks, reprend à son compte le mélange entre contemplation, étrange et grotesque propre au regretté cinéaste. Timeline (volontairement) floue, traumas, fantasmes, hallucinations, si comme moi, la part psychologique et « sensorielle » d’un film d’exploitation vous motive plus que voir de la bidoche toutes les cinq secondes, Star Time est peut être bien le cauchemar fiévreux qu’il vous faut! Dommage que le film reste trop « sage » par moments… Portée par une belle mise en scène et la prestation de Michael St. Gerard, parfait dans son rôle de paumé assoiffé de gloire télévisuelle (comme le reste du casting principal: John P. Ryan en mentor diabolique, la jolie Maureen Teefy en assistante sociale prise au piège), si vous pensiez voir un slasher de plus… vous risquez d’être surpris!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0105464/

Vicious Fun: Ayant perdu l’essentiel des notes prises pendant ce visionnage (qui date), je vais essayer de faire au mieux avec mes souvenirs… Comédie « méta » dans la droite lignée de Shaun of The Dead, ce métrage joue avec habileté des codes et clichés des slashers des 80’s avec son histoire de critique de zine horrifique se retrouvant par erreur dans une réunion de serial killers. Bien rythmée, joliment mise en scène, le film est foncièrement drôle sans être lourd et rend de la même manière un joli hommage aux films de genre sans être putassier! Portée également par une jolie brochette de personnages et du gore généreux, Vicious Fun est le genre de comédie sans prétention qui se révèle inventive et très agréable à regarder, avec un bon équilibre entre horreur et comédie!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt11778118/

A l’affiche: Running Man (2025), Bugonia (2025)

Running Man: Mettons d’emblée les choses au clair: le cinéma d’Edgar Wright m’intéresse bien plus pour sa mise en scène et son montage que pour son propos. Si le gars s’est fait connaître par une trilogie de comédies (genre dont je ne suis pas particulièrement friand, au passage) devenues cultes depuis… il faut bien dire que Last Night In Soho m’avait bien réconcilié avec le bonhomme! Hélas, si ce Running Man version 2025 démontre une bien belle maîtrise technique (mise en scène, montage, visuel), le film peine bien à cacher les lacunes et incohérences de son (maigre) scénario sur la longueur! Que dire de plus? C’est plutôt bien rythmé, avec de bons retournements de situation et un sympathique caméo de Michael Cerra (sans doute le meilleur personnage du film) mais on a bien du mal à ressentir de la peur pour le personnage principal, vu les grosses ficelles du scénario et les touches d’humour omniprésentes… Et justement, mettre Glen Powell en acteur principal, c’est un choix très discutable! En tout cas si on souhaite que le public s’attache au personnage… Même (le grand) Josh Brolin en mode pilote automatique arrive à être plus convaincant… c’est dire! Question message/thématiques, le ton semble tellement cynique et désabusé (très actuel finalement, au moins autant que ce que le métrage est censé dénoncer) qu’on ne sait pas vraiment si Wright croit réellement au populisme porté par son héros. Au moins, on évite le manichéisme à deux balles, souvent omniprésent dans les films dystopiques… Quand à la comparaison avec l’adaptation de 1987 ou le livre de Stephen King, ne les connaissant pas, cette chronique s’arrêtera ici. Un bon film de divertissement mais pour le reste, cette satire manque cruellement de finesse…

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt14107334/

Bugonia: Mélange de comédie noire, de thriller et de SF (un tout petit peu), ce métrage laisse une impression… pour le moins étrange. Si on peut saluer les prestations solides d’Emma Stone et de (l’excellent) Jesse Plemons qui portent totalement le film sur leurs épaules… Bugonia tient quand même de la (belle) coquille vide! C’est loin d’être mal filmé (ou même mal joué) mais l’histoire n’est franchement pas passionnante et on s’ennuie même ferme par moments (la folie du final se fait salement attendre dirons nous) ! On passera sur le tir sur l’ambulance que constitue tout l’effet comique des deux personnages conspirationnistes (puisqu’aucun complot n’a jamais existé dans l’Histoire et les médias traditionnels, qui n’ont d’ailleurs aucun collusion avec les politiques, donnent une version toujours parfaitement objective des faits, c’est bien connu… il s’agirait de grandir à un moment, les fragiles). Bien que peu connaisseur de la filmographie et l’univers de Lánthimos, je suis un grand fan d’humour absurde/noir et je ne peux que déplorer une prise de risques ici proche de zéro… Pour un remake d’un film parlant d’écologie et de capitalisme (pourtant deux enjeux majeurs actuels), c’est franchement raté et on frise souvent le ridicule d’un Mickey 17… A croire que la bien-pensance bobo-gauchiste actuelle (en fin de course, ouf!) a une vision du monde (enfin de tous ceux qui ne pensent pas comme eux surtout… ce qui fait un paquet de monde) tellement caricaturale qu’elle est incapable de produire une seule bonne satire ces derniers temps… A réserver à ceux qui adorent les archétypes et le manque cruel de subtilité/courage, finalement! Les autres, passez votre chemin!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/fr/title/tt12300742/

Bisseries: Black Sheep (2006), Happy Birthday To Me (1981)

Black Sheep: Que dire de ce sympathique métrage nous proposant une version alternative et fraîche du zombie? Sorte de délire de sale gosse poussé à son paroxysme façon Troma (mais en plus sage), tout le monde en prend ici pour son grade: des écologistes activistes aux méchants capitalistes prêts à tout pour l’appât du gain… y compris certaines expériences génétiques pour le moins risquées! Prenant place en Nouvelle-Zélande (autant vous dire que les paysages sont à tomber), au sein d’une ferme caprine et d’une vieille rivalité fraternelle pour introduire ses moutons zombies (et ses « mouton-garous »), le métrage s’avère être une comédie réussie et bien rythmée, oscillant entre le gore gratuit et un humour (parfois) un peu plus subtil. Conscient de son manque de moyens qu’il assume pleinement (les effets spéciaux sont d’ailleurs tout à fait honorables), à ranger entre un Braindead et Le Loup Garou de Londres, ce Black Sheep vous fera assurément passer un bon moment! Une suite serait visiblement en préparation!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0779982/

Happy Birthday To Me: Autre slasher ayant bénéficié d’un certain culte mais qui reste plutôt méconnu chez nous, Happy Birthday possède une grande force: celle de maîtriser son suspense jusqu’à la toute fin! Et mine de rien, pour un sous-genre aussi standardisé que le slasher, ça fait une grande différence! La final girl… vous la connaissez sûrement puisqu’il s’agit de Melissa Sue Anderson, une des actrices vedettes de La Petite Maison dans la prairie… qui ici s’en sort très honorablement! Si la plupart des meurtres sont filmés en hors champ, le résultat final ne nous est pas épargné… et ces premiers sont tout de même assez vicieux et originaux pour marquer les esprits! Multipliant habilement les fausses pistes (on est clairement ici dans un whodunit teinté de giallo) grâce au passé de son héroïne jusqu’à une fin poisseuse en diable (et son double twist infernal), soignant sa photo et sa mise en scène (il faut dire que Jack Lee Thompson est loin d’être un débutant), ce métrage figure sans mal dans les plus beaux représentants du genre pendant son âge d’or… avec en prime un sous-texte sur la lutte des classes plutôt appréciable! On regrettera cependant des liens très confus entre les personnages (j’ai passé le film à me demander qui était en couple avec qui, par exemple), une absence de version director’s cut (plus de sang, bordel!) et le choix d’un titre qui spoile bien trop! Mais ça c’est pour pinailler car le film rentre sans mal dans mon top 10 slashers!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/fr/title/tt0082498/

Bisseries: Pearl (2022), Tusk (2014)

Pearl: On a déjà abordé le cas de X et de Maxxxine ici, il est donc temps de refermer la boucle! Préquelle à X, Pearl est clairement le métrage le plus original de la trilogie, du moins celui qui s’écarte le plus des codes des films d’horreur et de leurs décennies phares (70’s et 80’s donc). Encore une fois porté par une Mia Goth en grande forme, le film revient sur la jeunesse de cette Pearl légèrement bipolaire, ce qui permet de mieux appréhender ses tendances meurtrières dans X. Avec un superbe visuel renvoyant aux films en technicolor trichrome (alors que le film est censé se dérouler vingt ans plus tôt) et un aspect conte macabre quelque part entre les premiers Tim Burton (ses meilleurs… au passage) et les comédies musicales comme Le Magicien d’Oz (la scène de l’épouvantail n’est pas là par hasard), nous suivons donc le personnage, ses envies de gloire et d’ailleurs, coincé dans un Texas rural dans l’attente de nouvelles de son mari, parti servir les USA pendant la Première Guerre Mondiale. Entre une mère rigoriste entièrement dédiée à son mari gravement infirme, une sévère tendance à ne plus canaliser ses frustrations et à se réfugier dans son imaginaire pour mieux supporter le réel, les tueries ne vont pas tarder à s’enchaîner. Oui… le plus gros défaut du film est de pas avoir su éviter certains clichés (même si on a vu pire concernant les maladies mentales), ce qui a mon sens nuit à la crédibilité du personnage mais renforce du même coup le surréalisme morbide qui émane de la pellicule (à l’image de son dernier plan), entre images léchées et le drame qui précède les massacres en règle. En somme, un film audacieux sur des pans encore peu explorés par le genre (comme dans X finalement) mais dont les influences ne me parlent pas spécialement… Dommage!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt18925334/

Tusk: « Viens voir chérie, The Human Centipede nous a enfin fait des petits! » Voilà quelle a été ma réaction en lisant le pitch absurde (idée issue d’un des podcasts du réal) de cette comédie horrifique laissant la part belle au body horror! Et ma foi, ce délire foufou ne fonctionne pas trop mal grâce à un joli casting (où l’on retrouve Haley Joel Osment) et un réalisateur qui a déjà fait ses preuves: Kevin Smith. Nous avons aussi droit à Johnny Depp dans un rôle succulent qui semble taillé sur mesure pour l’animal! Les changements de tons comédie-drame et l’enchaînement calvaire-enquête sont plutôt bien amenés. Mon seul regret est la vitesse avec laquelle les odieuses expérimentations de Howe (bluffant Michael Parks) avancent, on a du mal à ressentir autre chose qu’un juste retour du karma pour l’odieux personnage interprété par Justin Long. Le ton comique général et l’envie de ne pas se retrouver avec une interdiction pour les moins de 16 ans, j’imagine, même si les plans dérangeants sont réussis! Les effets spéciaux sont réussis et je trouve que certains plans ne sont pas dénués d’une certaine poésie morbide (mais je crains que mon cerveau malade ne soit plus vraiment objectif sur le sujet ah ah), le tout formant un regard plutôt pessimiste sur l’humanité! On salue dans tous les cas la prise de risque punk que constitue ce film!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt3099498/

Bisseries: Le Mort-vivant (1974), Teeth (2008)

Le Mort-vivant/Dead of Night: Sorti la même année que Black Christmas du même réal, Le Mort-vivant est un drame fantastique/horrifique solide comme les 70’s en proposaient régulièrement (au pif Dead Zone, Carrie,…). Anticipant la vague de films sur les traumas du Vietnam en faisant revenir à la vie un soldat, ce film s’avère être une jolie variation sur la thématique zombie, au final plus sociale que réellement horrifique. En quête perpétuelle de sang pour pallier à sa dégradation physique, Andy va se retrouver au coeur d’une enquête policière et fera au passage exploser les tensions familiales latentes. Richard Backus est parfait dans le rôle du revenant, marqué par la guerre jusque dans sa psyché profonde (certains y verront sans doute une revanche divine du soldat mort au combat envers une Amérique peu soucieuse du sort des ses enfants). Quelques ombres au tableau: un rythme globalement assez lent, Lynn Carlin dans un rôle irritant au possible (voire incompréhensible par moments) et une thématique post Vietnam malheureusement peu fouillée. Il s’agit aussi du premier film sur lequel a officié Tom Savini comme maquilleur (et on peut dire que c’est déjà très bon).

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0068457/

Teeth: Film que je voulais voir depuis longtemps (il faut dire que le concept de base envoie quand même du bois), ne sachant pas trop à quoi m’attendre, ce Teeth s’avère finalement être une correcte et intelligente comédie noire (et non pas un pur teen movie, ni du body horror grand public, comme on aurait pu le croire, ouf!), se permettant même un final doublement glauque. Avec un bon équilibre entre gore et fable adolescente (au féminisme subtil…aussi rare qu’appréciable en ces sombres jours), Teeth est aussi une allégorie sur l’hypocrisie de la société américaine et surtout une révélation: Jess Weixler, qui porte totalement le film sur ses épaules!

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0780622/