A l’affiche: Megalopolis (2024), Alien: Romulus (2024)

Megalopolis: Perplexe je suis, perplexe je reste! Rarement un film m’aura fait une telle impression en sortant de salles. Impression qui n’est d’ailleurs toujours pas partie depuis… Mi nanard intellectuel, mi curiosité visuelle, on ne peut pas reprocher à Megalopolis de ne pas être ambitieux… sauf quand on comprend que derrière la fable satirique, le réalisateur se prend vraiment au sérieux et nous délivre un message politique (daté) sur l’avenir… si prétentieux, manichéen, naïf et creux qu’il en devient risible (et que l’on résumera à un « ok, boomer! » des familles). La SF n’est qu’un prétexte ici pour aborder les questions de pouvoir, d’idéal sociétal, de décadence civilisationnelle, du temps qui passe, de l’amour, de l’espoir,… Thématiques abordées sous l’angle du politiquement correct et sans grand lien avec la réalité actuelle (bref, la gôche dans toute sa splendeur), donc sans intérêt. On évacuera donc directement cet aspect là pour se concentrer sur le plus important: le sens de la mise en scène de son réalisateur!

Projet vieux de quatre décennies ou plus, on ne va pas se mentir, même en ignorant qu’il s’agit d’un film testament, ça se ressent sur tous les points: Megalopolis donne la désagréable sensation de partir dans tous les sens puisque son réalisateur veut en mettre plein la vue et aborder plein de sujets. Résultat: le spectateur a à peine le temps de respirer et l’indigestion se fait clairement plusieurs fois sentir… Megalopolis, film excessif et éprouvant donc. Ajoutez à cela une longueur excessive et un montage qui n’aide pas à comprendre un scénario fouillis. Le casting luxueux s’en sort plutôt bien malgré la logique incompréhensible de certains personnages. Le trop plein de références à la République romaine n’était franchement pas nécessaire et rajoute aux lourdeurs et au kitsch général du métrage. J’y ai personnellement trouvé pas mal de points communs avec l’oeuvre de Shakespeare et je pense que les inspirations d’un tel métrage sont multiples. Même chose concernant les effets spéciaux: on alterne entre la stupéfaction et l’incompréhension. Sous un joli emballage, il n’y a hélas pas grand chose à sauver de cet ovni à part des passages hallucinés ou grandiloquents (souvent plein de symbolisme) très réussis… Raccourci d’une bonne demie heure, il aurait certainement gagné en puissance. Un peu comme Beau is Afraid, le dernier Aster, tiens!

Film auto-financé, on sent que ce bon vieux Francis a a pu jouir d’une liberté artistique totale sur ce film. Certainement trop. Cette mégalomanie constitue à la fois son intérêt mais aussi ses nombreuses lacunes. Quoiqu’il en soit, sortie de scène râté pour Mr Coppola!

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt10128846/

Alien: Romulus: Alors que Ridley Scott avait laissé la saga Alien en bien piteux état avec Covenant, qu’en est il de ce nouveau opus, bifurquant vers l’arc narratif des quatre premiers films? Hé bien, s’il est loin d’être la catastrophe annoncée par sa bande annonce façon slasher de l’espace (et puis, disons que j’ai encore en mémoire le nullissime/inutile remake d’Evil Dead de son réalisateur) porté par de jeunes acteurs inconnus et même si j’en attendais strictement rien, c’est très loin d’être correct!

Ici, le plus gros défaut de ce film est de ne rien inventer et surtout de penser qu’il suffit d’injecter une bonne dose putassière de fan service pour contenter tout le monde. C’est simple, ce film est une compilation de clins d’oeil voire carrément de remake de scènes cultes de la franchise… L’intention de lier le métrage au reste de la mythologie (y compris Prometheus et Covenant) est louable mais elle rend juste ce Romulus encore plus factice et indigeste. On sauvera tout juste les deux interprètes principaux (Cailee Spaeni et surtout David Jonsson, LE seul personnage intéressant du film) au milieu d’un casting bof bof (on ne va pas se mentir les deux films précédants souffraient déjà de l’absence d’héros porté par des comédien(ne)s de talent comme Weaver. A la place, on a eu un antagoniste mémorable et surprenant joué par Fassbender mais on attendait toujours un contrepoids… mais je m’égare!), un visuel plus qu’honnête (inspiré du jeu Alien: Isolation) avec des effets spéciaux réussis, une introduction sur une planète terraformée (que l’on aurait bien aimé plus longue) et l’idée du cocon dont se sert le chestbuster pour évoluer sous sa forme finale (mais c’est pas comme si chaque phase prenait cinq minutes montre en main depuis Covenant, hein). C’est peu, trop peu!

Le reste est un tissu d’incohérences (le passage avec les facehuggers, put*in, mais j’en ris encore!), de ressucées et de fan service lourdingue au service d’un film qui se déroule tranquillement (alors qu’avec un seul xénomorphe, on avait les bases saines du premier film), entre deux scènes chocs et un compte à rebours, manière de gonfler artificiellement la tension (contrairement à notre patience). Quelques exemples? Le coup de l’hybride moche (oh comme dans Alien Resurrection!) qui devient adulte en l’espace de quelques plans pour donner lieu à un affrontement final qui rappellera la majorité des fins des opus de la saga (d’ailleurs, c’est peut être un running gag ces histoires de dépressurisation, allez savoir!), il fallait oser! Et si t’es un inconditionnel du premier opus comme moi, rassure toi, t’auras droit à un retour d’une autre version d’Ash, l’androïde originel (oui, parce qu’apparement le film prend place entre les deux premiers métrages) parce que pfff pourquoi pas? Et même si Ian Holm est décédé il y a quatre ans bah c’est pas grave, on a la technologie pour faire des face swap mal branlés… Au moins, aucun opus ne sera épargné par la purge, j’aime cette vision moderne de la démocratie! Et si je vous disais qu’ils ont même replacés mot pour mot des punchlines des anciens films? Ah ça rigole moins dans le fond, hein? Pire que le manque d’originalité, cet opus ne prend aucun risque (à l’image de l’happy end). Même s’il était boiteux et incohérent, Covenant proposait quelque chose de nouveau… Et que dire d’Aliens qui passe pour un chef d’oeuvre incontournable à côté de ce… truc! Alors, certes, il ne déforme pas ni la mythologie ni les anciens films mais du coup, quelle est son utilité réelle?

Reste à savoir quelle est la part de responsabilité d’Álvarez ou de Disney dans ce naufrage… Visiblement tout a déjà été dit sur le sujet mais on ne refuse pas quelques billets faciles surtout si on peut toucher les nouvelles générations! On a du mal à ressentir l’amour du réalisateur pour la saga dans ce best of/spin off (malgré ses intentions) tiédasse en tout cas! A noter qu’une série sur le même univers (mais se déroulant sur Terre, comme son nom l’indique), Alien: Earth, est déjà prévue pour 2025…

Note: Dispensable

https://www.imdb.com/title/tt18412256/

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