Bon, alors autant poser les bases dès le début, si ce second opus de la saga Alien s’est hissé au rang des films cultes pour certains, je n’ai jamais compris la fascination des gens pour ce film. Ce revisionnage a d’ailleurs été l’occasion de confirmer qu’il est bel et bien un des pires métrages de la franchise, n’en déplaise aux fans de films d’action mal camouflés sous leur enrobage SF (qui, après lecture de quelques critiques, n’ont de toute façon rien compris au premier opus)!
Vous aimez les films d’action? La « subtilité » typique des réalisateurs américains (oui, Cameron est canadien, ça va)? Les (jolies) coquilles vides? Ca tombe bien, pas moi! Alors si en plus on y ajoute un réalisateur légèrement surcôté (dont on sauvera juste les deux premiers volets de la saga Terminator), autant vous dire qu’on va essayer de rester correct mais ça va être très dur!
Je ne vais pas vous mentir, ce film est esthétiquement beau et inventif, avec de jolis effets spéciaux. De ce côté là rien a dire, on sent que cette fois ci le budget était conséquent (le double de celui de son aîné). Si le métrage ne brille pas particulièrement par son scénario (encore une fois, on est ici dans un pur film d’action), quelques trouvailles bien menées permettent de faire monter la tension crescendo: vue subjective, capteurs de mouvements, caméras de surveillance,… Mais sans le personnage de Ripley, Aliens pourrait tout à fait être un stand alone que la saga ne s’en porterait que mieux. Car oui, à trop vouloir se démarquer du premier opus et son concept intégral de huis clos cauchemardesque, James Cameron loupe tout ce qui faisait l’essence d’Alien et son aura culte. Ici, les grands espaces et les vastes complexes ont remplacé les couloirs glauques et claustrophobes du Nostromo. La suggestion et l’angoisse ont laissé place à la surrenchère et aux marines suréquipés. Ici, on a des aliens par paquet de cinquante (dont le design reste sensiblement le même d’ailleurs) mais jamais on ne ressent leur menace comme dans le film précédent. Attaquant désormais en meute, ils sont même assez stupides pour se suicider volontairement sur des tourelles mécaniques… Signe ultime de cette régression, cette suite est très peu gigerienne, pourtant un des éléments phares du succès d’Alien. Restent le charisme de Ripley, le développement psychologique de son personnage (notamment au travers de sa relation avec la jeune Newt), les prestations mémorables de Sigourney Weaver et Lance Henriksen dans le rôle d’un androïde délicieusement suspect. Mais le mal est fait!
Et puis vient le dernier tiers du film qui fait définitivement sombrer le métrage dans le grotesque et le risible… Même avec beaucoup de second degré, regarder Ripley se la jouer John Rambo avec une gosse dans les bras face à une reine alien (qui, grâce à sa petite taille, prend les ascenceurs et se faufile sans bruit dans les vaisseaux, c’est bien connu), non vraiment, à ce stade là, le foutage de gueule devient difficile à cacher! On est pas dans Predator, putain! Comme si Ripley avait besoin de cette surenchère pour apparaître comme une femme forte dans cet opus…. Et c’est d’autant plus paradoxal que l’apparition de la reine est le seul apport de cet Aliens à la mythologie (ceux qui ont vu la version director’s cut du premier opus savent qu’il n’y avait pas besoin de cet élément pour boucler la boucle).
A l’image du cinéma de « divertissement », si Aliens passe le test de la démonstration technique, il est en revanche d’une pauvreté thématique bien affligeante et donc une parfaite antithèse du premier opus… au vu de la direction choisie qui confine désormais son fascinant univers dans l’interminable liste des suites mercantiles et malléables commes de vulgaires séries B. Et mon petit doigt me dit que la Fox ne doit pas y être pour rien…
Note: Dispensable
https://www.imdb.com/title/tt0090605/

Anecdotes:
- 1. Vous avez trouvé que les marines du film ressemblaient étrangement à ceux de Starship Troopers? Et bien sachez que les acteurs concernés ont justement dû lire le roman d’Heinlein avant le tournage, sur les conseils de James Cameron!
- 2. Sigourney Weaver n’était pas au courant que la Fox prévoyait de tourner une suite. Cameron l’a contacté lui même et elle a finalement accepté le rôle en voyant que son scénario développait l’aspect pyschologique de son personnage.
- 3. La reine alien a été designée par Cameron lui même, puis portée à l’écran par Stan Winston, collaborateur régulier du réalisateur (Terminator, Terminator 2, Avatar).
- 4. Lance Henriksen était à deux doigts d’abandonner sa carrière d’acteur au moment du film. C’est aujourd’hui un de ses plus grands succès…
- 5. A la fin des crédits, on peut entendre un oeuf alien s’ouvrir… Plutôt cohérent avec le scénario d’Alien 3, non?

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