Bisseries: Le Locataire (1976), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman « Le Locataire chimérique » de Roland Topor (dont on retrouve ici le ton cynique et kafkaïen) clotûrant la trilogie des appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby donc), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais (ici réalisateur et personnage principal) dans ses thématiques de prédilection: ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale, complots, maladies psychiques diverses (notamment la paranoïa et la schizophrénie… autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin). L’appartement du protagoniste, reflet de sa psyché, jouant encore une fois le rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir ici: le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non exempt d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du héros), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt0074811/

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, plutôt contemplatif avec de bons rebondissements (même si parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse d’architecture minimaliste). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (une névrose très actuelle et fort pratique pour généraliser et éviter de balayer devant sa porte… pensez à aller consulter quand même), même si ça reste en filigrane, c’est plutôt mesuré ici. En tout cas rien qui n’empêche de voir le film jusqu’au bout.

Note: Curiosité

https://www.imdb.com/title/tt1051906/

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